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Full Version: Un super conte sur les Rhetous...
Rastaba's Forum > Culture > Archéologie > Mythologies et Légendes
superbiboune
A l'aube des âges, quand la Terre était encore une planète jeune, à peine pubère, les premiers chats étaient des créatures indolentes et oisives, qui promenaient benoîtement leur insouciance dans les sous-bois et dans les plaines, se nourrissant exclusivement de fruits et d'herbes. happy.gif
Quelques fois, un matou un peu plus intrépide se risquait à dérober aux abeilles quelques lichettes de miel. Mais l'espèce était essentiellement pacifique et n'avait guère d'ennemis.

Les quatres grands Esprits de la Terre, de l'Eau, de l'Air et du Feu, qui régnaient en maître sur toute la nature, conçurent, chacun à sa manière, une intense jalousie contre ce félin dont la grâce parfaite leur semblait une insulte à leur propre suprématie.
A l'issue d'un bref conciliabule entre les 4 éléments, la Terre se chargea de mettre un terme à ce scandale.

- Cet animal, assura-t-elle, je n'en ferais qu'une bouchée. Je vais l'étouffer et le broyer entre mes immenses montagnes. Puis je le reduirai en poudre et l'ensevelirai au plus noir de mes entrailles.

Aussitôt se déclanchèrent d'épouventables séismes. Les roches volèrent en éclats, les terrains se plissèrent, les abîmes s'ouvrirent dans le sol. Mais les matous cat.gif , vifs at agiles, se faufilèrent entre les éboulis et zigzaguèrent entre les gouffres.
Pour se venger, ils résolurent d'enfouir leurs excréments. Infesté par la puanteur, l'élément Terre fut pris d'une telle nausée qu'au bord de la syncope, il finit par crier grâce. Les chats lui dirent:

- O esprit de la Terre, tu t'es vraiment très mal conduit avec nous qui ne t'avions causé aucun dommage. Nous voulons bien pourtant te pardonner. A condition que tu nous offre un gage.
- Et quelle sorte de gage?
- Tu sais que nous sommes particulièrement gourmand. Alors nous voulons une friandise exceptionnellement savoureuse, quelque chose que nous n'avons encore jamais gouté.


La Terre, à contrecoeur, produisit aussitôt les rats, les souris, les mulots, les musaraignes et toutes les autres races de petits rongeurs, dont les félins se repurent pour la 1ère fois avec délectation.
Mais, se méfiant des promesses de la Terre, les chats continuèrent à enterrer leur excréments, ce qui obligea le grand esprit à fournir sans cesse de nouvelle proies, pour obtenir à chaque fois un minuscule répit.
Les quatres éléments se concertèrent à nouveau. L'eau dit solennellement:

-Toi, la Terre, tu es certes puissantes. Mais tu es trop lourde et maladroite. Moi, je connais les chats. Ils me craignent comme la peste. Je les noierai et je les dissoudrai dans ma masse plus vite et plus sûrement qu'une goutte de pluie...

Les matous, menacés par les flots, déléguèrent les plus valeureux d'entre eux qui se mirent en devoir de boire tout le liquide. Ces chats-là grossirent, leurs griffes s'allongèrent, leurs crocs s'affutèrent, ils devinrent lions, léopards, tigres.
Les lacs, les fleuves et mêm les océans se vidaient, lapés par toutes ces langues insatiables. Bientôt, le grand esprit de l'Eau eut peur d'être à sec.

- Que voulez-vous donc, gémit-il, bêtes cruelles, pour me laisser en paix à la fin?
- O esprit de l'Eau, tu t'es vraiment très mal conduit avec nous qui ne t'avions causé aucun tort. En gage, propose-nous quelque chose de bien succulent. Un met que nous n'avons jamais gouté...


Ainsi, pour la 1ère fois, les chats mangèrent du poisson.
Les quatres éléments eurent une autre conférence.

- Fort bien, dit l'Air. A moi de prendre nos affaires en main. La Terre est bien trop rustre, et l'Eau bien trop impressionnable. Avec moi, ça ne va pas trainer. Quelques ouragans, un ou deux cyclones, et je balaierai cette insolente engeance comme fétu de paille.

Or, devant la tempête, loin de s'enfuir épouvantés, les chats se hérissèrent, feulèrent, grondèrent, crachèrent, écumèrent, puis se lancèrent à l'assaut du ciel qui fut lacéré, déchiqueté, ensanglanté de crépuscules écarlates et d'aurores boréales jusqu'à verser des larmes d'étoiles filantes. L'esprit de l'Air se voyait déjà éventré, perdant ses astres, lune, soleil, nébuleuses, dans une horrible boucherie sidérale.

- Que dois-je donc faire, cria-t-il, pour terminer cette guerre monstrueuse?
- Nous voulons quelques petits amuse-gueules très alléchants.


Et pour la première fois, les chats croquèrent des oiseaux.

- Ca ne va pas du tout! pesta l'esprit du Feu, en fulminant et foudroyant ses trois compères du regard. Allez-vous donc longtemps nous laisser ridiculiser par ces vulgaires mammifères? Moi, je vais leur donner une leçon qu'il ne sont pas près d'oublier! Car nul ne me résiste. Le temps d'un battement de cil, et je réduis tout en fumée!

Le Feu, très sûr de lui, bomba fièrement le torse, pointa pompeusement le menton, et se présenta devant les chats, qui se doutaient un peu de sa venue prochaine.

- Maintenant, grogna un vieux matou, la coupe est pleine!

Et aussitôt, ils enfermèrent le feu à tout jamais au fond de leur prunelle.




innocent.gif Elle est mignonne, hein?
Metalou
trop chou hihihi j'adore
rastaba
C'est tellement beau smile.gif !

(Y devien de Mieux en Mieux ce Forum ! BRAVO wink.gif)
Dartz
Quelle histoire fascinante! Moi qui ne m'intéresse pas spécialement à ce genre de contes, ça m'a captivée et redonné le goût du savoir. Merci superbiboune!
superbiboune
Mais de rien, je l'ai relu du coup, il est vraiment chouette ^^

Je n'ai pas mis la source ! C'est extrait du livre "La Sagesse des Chats" de Julia Deuley !
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