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Full Version: LES MUTANTS
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aristee


LES MUTANTS

Sa raison lui disait qu’il n’avait aucune chance de s’en tirer. Bien sur il était stressé, mai, estimait il, pas autant qu’il le devrait.
Alors de deux choses l’une :
Ou il était beaucoup plus courageux qu’il ne le pensait
Ou il ne parvenait pas à croire que c’était la fin..
Le fait qu’il puisse tenir ce raisonnement ne favorisait aucune de deux hypothèses.
Il décida une fois de plus d’examiner la situation avec le maximum d’objectivité.
Cela faisait près de 48 heures qu’il était là, dans la pénombre. Il avait à sa disposition un espace de 1 mètre cinquante sur près de deux mètres au sol, et sans doute un peu plus de 2 50 mètres en hauteur. Il avait calculé ces dimensions en se servant de l’empan de sa main, de 22 cm.
Le sol était une dalle en ciment, certainement très épaisse. Il avait sauté dessus à plusieurs reprises : Pas le moindre ébranlement.
2 côtés de sa cellules étaient constitués par deux murs épais en pierre. Le troisième était en brique, quand au 4éme coté il provenait sans doute, du sol du balcon qui était descendu sous les coups de roquettes. Le plafond de sa prison était une plaque métallique, peut être un portail qui avait été projeté en l’air et était retombé en s’encastrant dans l’ouverture supérieure.
Pas un seul outil à sa disposition. Son couteau de poche absolument dérisoire, et trois ou quatre morceaux de ciment, malheureusement friables.. rien à manger.
Une chance : la nuit dernière, il avait plu abondamment, et la plaque métallique avait laissé passer suffisamment d’eau pour qu’il étanche sa soif, lave ses deux chaussures, et les remplissent d’eau. De ce coté là, il avait une petite réserve .
Pierre savait qu’il ne pouvait pas attendre de secours extérieur. Le village avait été complètement abandonné, dés le début des bombardements il y a quatre jours. Il avait voulu tenir le plus longtemps possible pour pouvoir apporter son témoignage, et dans les minutes qui avaient suivies sa décision de partir, il s’était retrouvé bloqué sous les décombres.
Pour évaluer la résistance du portail métallique en haut ; il lança le plus gros morceau de ciment qui redescendit en ayant diminué de moitié. Le reste se répandait en poussières sur le sol. Il lui semblait que la tôle avait bougée, et se fit la réflexion que cela ne l’avançait pas beaucoup puisque cette tôle était hors de sa portée.
( A suivre)
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Reporter au Figaro, Pierre avait appris que des évènements curieux mais pas définis se déroulaient dans le Lot et garonne.
Par l’autoroute surchargée vers Bordeaux par des gens qui visiblement s’enfuyaient, mais absolument déserte vers Toulouse, il était arrivé rapidement à Agen, sans avoir à observer la limitation de vitesse. Il traversa la ville absolument déserte. Il ne rencontra pas un être humain. Toute la population était partie. Il prit la Nationale 113 vers Toulouse sans rencontrer un seul véhicule, une seule personne.
Au niveau de La Fox, la route était complètement détruite, impraticable, comme si un énorme bombardement avait eu lieu. Impossible de continuer. La route à gauche, menant à Puymirol , elle,était intacte, et il l’emprunta. La route n’avait pas été touchée, mais de part et d’autre, des champs étaient éventrés, des maisons entièrement détruites, et Pierre s’était rendu compte que son réservoir d’essence était pratiquement vide. Or, il n’avait pas rencontré une station d’essence en état de marche depuis l’autoroute.
Le petit village de Puymirol, bâti en hauteur, avait du subir un terrible bombardement, puisqu’il n’y avait plus une seule maison intacte. Il arrêta sa voiture rue des amours et descendit de son véhicule pour s’approcher du bord d’anciennes fortifications d’où la vue était magnifique.
C’est là qu’il vit à environ 1 km un grouillement d’une centaine d’êtres bizarres. Il revint en courant vers sa voiture, prit ses jumelles, les régla et le spectacle qu’il vit lui sembla irréel.
Il examinait ce spectacle depuis moins d’une minute, lorsqu’il vit venir vers lui, à une vitesse relativement modérée, un projectile Il lui était manifestement destiné.
Pierre courut vers une maison en ruine dont un pan de mur portait le numéro 35., et le nom de la rue : Rue des amours. Il entra dans la maison et se réfugia dans un couloir sur la gauche .
C’est alors qu’ il venait de prendre la décision d’essayer de repartir vers le nord, vers la civilisation, que des roquettes et des obus se mirent à tomber, et l’enfermèrent dans le réduit que nous avons décrit.
Personne ne viendrait le secourir. En tous cas aucun humain. Maintenant ces choses bizarres qu’il avait pu voir à la jumelle , pouvaient venir, mais d’après des dégâts qu’ils avaient faits partout, on ne pouvait s’attendre à une aide de leur part..
Il but un peu d’eau dans sa chaussure, et se leva comme si une idée subite lui était venue. En fait, quelle idée pourrait venir quand on ne possède absolument aucun outil à sa disposition
Il lui sembla entendre des plaintes, dont il ne put trouver d’où elles venaient.
( A suivre)
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Il pensa d’abord que sous l’effet de la diète forcée, il commençait à ressentir des troubles comme des acouphènes. Il se boucha les oreilles avec les deux paumes de ses mains. Les plaintes cessèrent puis reprirent lorsqu’ il se déboucha les oreilles
Quelqu’un se plaignait, gémissait, et cette personne n’était pas très loin.
A voix relativement basse pour ne pas risquer d’alerter les choses bizarres, il se mis à appeler : Il y a quelqu’un ? Répondez moi S’il vous plait.
Puis il se tut.
Pendant de nombreuses secondes le silence fut complet ce qui confirma à Pierre que ce n’était pas des acouphènes qu’il avait dans les oreilles.
Puis une voix s’éleva, frêle, faible émouvante.
- Je suis là. Mon pied est coincé. Venez, je vous en supplie.
Une femme était là, pas très loin de lui sans doute, mais ou ? Et d’ailleurs lui même n’avait pas la possibilité de sortir de son trou.
Il reprit.
-Ecoutez moi bien. Nous allons essayer de savoir à combien nous nous trouvons l’un de l’autre, et de quels éléments vous possédez à portée de votre main. A vous de parler.
- J’ai une pierre à coté de moi. Je vais taper sur les trois cloisons que je peux atteindre. Attention je commence.
Pierre entendit nettement les trois coups, mais était incapable de dire d’où ils venaient. Les trois coups suivants, semblaient plus proches et moins sourds, sans pouvoir être situés non plus. Les trois derniers au contraire venait nettement de derrière le mur de brique, si bien que Pierre dit aussitôt :
- Attendez, je crois savoir ou vous vous trouvez . C’est moi qui vais taper. Essayez de savoir si vous êtes loin. Maintenant silence : Ecoutez.
- Avec un bloc de ciment, Pierre frappa sur la cloison en briques, et il entendit soudain crier.
- Vous êtes là, vous êtes là, tout près. Je vous entends bien, oh Venez vite !!
- Doucement, doucement. Je n’ai pas d’outil. Qu’avez-vous auprès de vous. ?
- Pas grand-chose, et surtout je ne peux pas me déplacer
- Quel objets pouvez vous attraper ?
- Des cailloux, une petite barre de fer et un couverture de laine dont je me sers. J’ai très froid
- Ah ! si j’avais votre barre de fer ! Mais attendez, avec mon couteau je vais essayer.
Le couteau était en fin de compte plus solide, la lame plus épaisse, qu’il ne l’avait jugé la veille et en moins de une heure, Pierre parvint à retirer une brique, d’autres furent retirées plus facilement et Pierre pénétra dans la petite poche qui s’était formée lors des bombardements.
Il vit une jeune femme, les cheveux collés sur le visage par des larmes, et qui tout à la fois geignait et criait de bonheur.
( A suivre)
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- Vous allez dégager mon pied, s’il vous plait, mon pied
Son pied était coincé sous une petite dalle de ciment. Il mit une heure pour dégager la jeune femme. Avec la tige de métal, faisant levier, il coinçait une pierre dessous pour que la dalle ne retombe pas, puis il recommençait l’opération. Pierre était en sueur mais au bout d’une heure, la jeune femme avec un cri de soulagement dégageait sa jambe.
- Oh, merci, Monsieur. Je m’appelle Anne Malonne
- Pierre Traque. Vous avez le pied dégagé, mais je ne vous cache pas que sur le plan général notre situation n’est pas brillante.
- Maintenant que mon pied est dégagé et que nous sommes deux, nous nous en sortirons.
Pierre pensa que cette jeune personne était bien optimiste, mais il ne jugea pas opportun de lui démolir le moral
- La question est de savoir s’il y a plus de possibilités de sortir de chez vous que de chez moi. Laissez moi regarder votre logement.
La poche dans laquelle se trouvait Anne était plus petite que la sienne, et en dehors de la cloison en brique qui les réunissait, tous les autres murs sol et plafond étaient en pierre.
Par ici, nous ne pourrons vraiment rien faire. Venez » chez moi ». Peut être qu’à deux nous pourrions tenter quelques chose du coté de la tôle
Anne mourait de soif et Pierre lui offrit la fin de l’eau de la première chaussure.
- Il va falloir nous restreindre en eau. Nous ne savons pas combien de temps nous allons rester là.
Nous allons essayer de voir s’il y a une possibilité de fuite par le haut. Vous allez monter sur mes épaules, avec la barre fer . Vous verrez s’il y a une possibilité de soulever la tôle. D’accord ?
- D’accord, allons y.
Elle enleva ses chaussures monta sur les épaules de Pierre qui se redressa. La tête de Anne venait contre la tôle, et en se servant de la barre de fer comme d’un levier, elle parvint plus rapidement et plus facilement qu’elle ne l’avait craint à soulever la tôle, et même à la faire glisser de façon à dégager un passage qui serait suffisant pour qu’un corps passe…….A condition d’accéder à cette hauteur.
- Essayez de voir ce qu’il y a au dessus, puis descendez pour reprendre des forces et nous allons réfléchir
Quelques secondes plus tard, Anne sautait des épaules de Pierre et par gestes lui fit comprendre qu’elle devait reprendre son souffle avant de pouvoir parler.
- Bon, voilà. Je n’ai pas pu voir ce qu’il y avait au dessus, mais je crois que dans un premier temps, je vais pouvoir m’accrocher au rebord, et si vous me poussez par les pieds, je dois pouvoir monter et vous dire ce qu’il y a .
- Dès que vous serez un peu reposée, nous tenterons.
Ca va. J’ai repris mon souffle, allons y !
( A suivre)
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Anne n’eut pas beaucoup de difficultés pour monter à l’étage supérieur, et elle disparut pendant que Pierre, impatient lui demandait comment cela se présentait. Sans réponse, il commençait à se faire sérieusement du mauvais sang, quand la tête de Anne apparut au bord du trou.
- J’ai mis du temps parce qu’il fallait que je trouve quelques chose pour que vous sortiez de là. Je n’ai pas trouvé de corde, mais j’ai un chevron qui devrait pouvoir vous servir. Attention, Pierre je vais le faire descendre.
.
Le chevron faisait 3 mètres de long et donc était suffisamment long pour que Pierre, rompu aux exercices physiques, monte facilement au premier étage. Il faisait beaucoup plus clair qu’en bas, d’où la clarté ne pouvait venir que de l’un des bords de la tôle.
Là, ils se trouvaient sur un plancher de 8 ou 10 mètres carré, et une fenêtre, dont tous les carreaux étaient cassés permis aux deux jeunes gens de voir la clarté du jour.
- Bien dit Pierre. Nous savons maintenant que nous pouvons sortir. Mais nous allons devoir être prudents, puisque nous ne savons pas ce qui se passe à l’extérieur
- Moi je sais, dit Anne.
- Vous savez ? Qu’est ce que vous savez. ?
- Je sais qu’ un accident est intervenu dans la centrale de Golfech. A vrai dire, je ne pense pas que ce soit vraiment un accident. Cela a été provoqué.
J’étais chez moi, il y a 4 ou 5 jours je ne sais plus, lorsque j’ai vu arriver mon père. Mon père travaille à Golfech. C’est à peine si je l’ai reconnu. Il mesurait plus de 2 mètres, ses bras étaient devenus très courts, sa tête était toute petite et il avait du mal à parler. Il est arrivé à me dire :
« Pars vite, le plus loin possible, nous sommes plus de cent complètement transformés, moi j’en ai pour 3 ou 4 heures pour être comme les autres parce que j’étais à l’extérieur. Les autres sont déjà fous, pars, pars vite, je peux moi-même te faire du mal, pars !!
Durant le peu de temps que je vis mon père, sa métamorphose continuait. Il grandissait, sa tête rapetissait pendant que son front se bombait. C’était horrible.
- Je comprends parfaitement ce qu’a du être votre état d’esprit. Il s’agirait donc d’un accident survenu à la centrale de Golfech.
- Non, je vous l’ai dit : Pas un accident. Je suis persuadée qu’il y a une volonté mauvaise derrière tout ça
- Qu’est ce qui vous le fait penser ?
- Les armes. La veille du jour ou mon père est venu me dire de partir, alors que tout paraissait normal, mon père m’a dit : C’est curieux, il y a une dizaine de camions près de la centrale et j’ai pu entrevoir que dans l’un au moins, il y avait des armes.
D’ailleurs, Pierre, pour provoquer tous ces dégâts, il fallait que des hommes devenus fous aient à leur disposition des armes puissantes.
( A suivre)
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- Votre raisonnement se tient. Mais quel est le but poursuivi ? Si le déclanchement de cette affaire remonte à 4 ou 5 jours, comment expliquer que des forces armées n’aient pas déjà été envoyées ici ?
- Je l’ignore évidemment. Mais vous qui n’étiez pas dans la région, pourquoi êtes vous venu ? Que saviez vous ?
- On savait qu’il se passait quelque chose, mais personne ne se doutait que ce soit aussi grave. Tout se passe comme si instantanément, aucun renseignement n’ait pu sortir de cette région. J’ai un portable. A plusieurs reprises, au fond de mon trou, j’ai essayé d’appeler. Rien. Tiens ! Au fait, c’est une idée, je vais aller près de la fenêtre et encore essayer d’appeler. Ma batterie est encore bien chargée.
Pierre fit plusieurs numéros, mais rien. Pas une seule sonnerie, et il revint vers Anne qui s’était assise , sanglotait et tremblait de tout le corps.
En revenant près de la jeune fille il lui dit
- Vous avez une réaction, c’est tout à fait normal. Dans quelques minutes, vous verrez, tout ira mieux. En premier lieu, il faut que je trouve de quoi manger. Vous allez m’attendre ici. Surtout ne bougez pas. Faites moi confiance, nous allons nous sortir de cette situation cauchemardesque. J’en suis certain. Je reviens !!
Pierre passa par la fenêtre qui normalement se trouvait au premier étage, mais qui du fait de l’abondance de matériaux effondrés devant elle, ne se trouvait qu’a un mètre en hauteur, et en marchant sur les matériaux en pente, il arriva sur l’ancienne route sans difficulté.
Il marcha une centaine de mètres avant d’arriver devant une maison un peu moins détruite que les autres. La porte n’était pas fermée à clé, et si les murs et cloisons étaient fissurés, tout semblait tenir encore debout.
Dans la cuisine il trouva une coupe avec 6 pommes. Il en croqua une immédiatement avec énormément de plaisir, en se dirigeant vers le réfrigérateur qui bien sur n’était plus en état de marche, mais contenait des bouteilles de bière, et quelques denrées encore consommables .
Rapidement, car il ne voulait pas laisser Anne seule trop longtemps, il mit toutes les provisions possibles dans un sac en plastique et revint vers elle.
Elle ne pleurait plus, était restée sur place, et s’était endormie.
Pierre rangea quelques provisions,auprès d’elle, ouvrit une bouteille de bière avec le décapsuleur de son couteau, la but et décida de laisser Anne dormir. En se réveillant, elle trouvera des provisions et aura à s’occuper. Quand à lui, il voulait aller glaner quelques renseignements pour appréhender la situation.
Il venait de parcourir quelques mètres, lorsqu’il entendit quelques voix. Immédiatement, il se cacha derrière un pan de mur, et vit arriver 4 « mutants »
Il s’agissait bien d’être humains, mais ils mesuraient environ 2 mètres cinquante, les bras étaient réduits à une cinquantaine de centimètres, et la tête, d’un volume également réduit avaient un front bombé.
Ils parlaient français, mais semblaient avoir le vocabulaire d’un enfant de 4 ans. Tous les quatre étaient habillés de la même façon, et les vêtements étaient parfaitement à leur taille, ce qui semblait confirmer l’opinion de Anne. Tout ce qui se passait avait était prévu, préparé. Il ne s’agissait pas d’un simple accident nucléaire.
Avec leurs grandes jambes, ces mutants se déplaçaient assez rapidement et Pierre ne put entendre leur conversation que durant quelques courtes secondes. Tous les 4 ou 5 mots, il était question d’un certain Joseph : « Joseph a dit de rester ensemble» « Joseph veut que l’on regarde bien » « Joseph dit qu’il faut tuer les petits » « Joseph va être content, j’en ai tué un »
Lorsque les mutants se furent éloignés Pierre retourna vers Anne qui se réveilla quand il arriva.
( A suivre)
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- Vous avez dormi un peu, c’est bien. Maintenant mangez, vous verrez que cela ira encore mieux. Je viens de voir des mutants. Ils sont assez curieux et ressemblent à ce que vous m’aviez dit. Ils ont un chef, un dénommé Joseph, et je suis persuadé que vous aviez raison. Il ne s’agit pas d’un simple accident nucléaire, mais d’un plan préparé de longue date. Des vêtements à leur taille avaient été prévus. Quand aux armes dont ils sont munis, je n’en avais jamais vu de pareilles. Certes, je ne suis pas un spécialiste, mais pour en avoir vu un tirer sur moi, le jour de mon arrivée, j’ai tout lieu de penser qu’il s’agit d’une arme analogue à des lances roquettes qui envoient des projectiles auto propulsés
Si les mutants sont grands, leurs facultés intellectuelles sont atrophiées, et ils sont conditionnés pour tuer les hommes qu’ils peuvent rencontrer et qu’ils appellent « les petits ».
Quel but poursuit ce Joseph, et comment pouvons nous en sortir vivants, cela je l’ignore pour l’instant, mais ayez confiance : Nous trouverons.
- Puisque vous êtes venu en voiture, nous pouvons partir avec elle.
- Malheureusement non. Tout d’abord, je n’ai plus d’essence. Mais même si j’arrivais à en trouver ( ce qui est certainement possible) une automobile fait trop de bruit et ils nous repèreraient vite. Nous n’irions pas loin. Vous avez vu la puissance de leurs armes, par les destructions opérées ?
Je crois que la meilleure solution, pour l’instant est de nous trouver une cachette sure, et je propose celle dans laquelle je me trouvais. Il suffirait de trouver une petite échelle pour y entrer et en sortir facilement. Nous tacherons de l’aménager avec deux matelas, des couvertures et nous entreposerons de la nourriture. Lorsque cette base sera constituée, alors, j’irai glaner le maximum de renseignements/
- Pourquoi » j’irai » ? Demanda Anne Et moi alors ? Vous voulez que je reste dans ce trou à rat ? Non je veux aussi trouver des renseignements. Nous aurons deux fois plus de chance d’en rapporter en s’y mettant à deux.
- Nous verrons. Pour l’instant nous devons aménager notre camp de base, et pour cela nous allons partir ensemble.
Pierre et Anne n’eurent pas à aller loin pour trouver des matelas et des couvertures qu’ils laissèrent tomber dans leur trou. C’est Anne qui trouva un petit escabeau métallique ultra léger largement suffisant pour descendre et remonter dans ce qu’ils appelèrent leur camp de base..
Toute la population étant partie en catastrophe en emportant le strict minimum, ils trouvèrent autant de provisions qu’ils voulurent.
Ils avaient donc largement de quoi tenir durant plusieurs semaines.
Pierre décida de procéder à l’aménagement de leur camp, et de partir le lendemain, avec le maximum de précautions pour recueillir des renseignements.
( A suivre)
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Il partit le matin de bonne heure, alors que Anne dormait encore. La paire de jumelle en bandoulière, il progressa lentement, sautant d’un poste protégé en poste protégé des regards .
Il vit de petits groupes de mutants qui semblaient s’amuser comme des enfants en tirant avec cette arme qui avait surpris Pierre. La dimension de cette arme, était celle d’un pistolet mitrailleur, mais le canon était d’un diamètre bien supérieur. Il ne tirait pas de balles mais des roquettes autopropulsées et à charges creuses sans doute, ce qui pouvait expliquer l’importance des dégâts occasionnés.
Il réussit à s’approcher suffisamment d’un groupe pour entendre leurs propos. L’un disait » Dans 10 minutes, faut aller voir Joseph » C’est vrai répondit un autre, et Pierre pensa qu’il allait prendre des risques pour essayer de voir enfin ce Monsieur Joseph
Planqué dans les ruines, Pierre vit les mutants passer devant lui. Ils se dirigeaient vers la place de Puymirol, ou sans doute le rassemblement était prévu.
Par des petites rues intérieures il arriva à proximité de la place et se cacha dans l’ancienne pharmacie qui très abîmée offrait de nombreuses cachettes avec ses pans de murs descendus
Il y avait entre 80 et 120 mutants, bizarrement tous de la même taille et habillés de la même façon
Un escabeau avait été installé au milieu de la place, et un homme monta dessus pour haranguer la foule. Tous les yeux étant tournés vers l’orateur, Pierre put s’installer derrière un murette et regarder par-dessus sans risque de se faire repérer, car tous les regards étaient tournés vers Joseph.
L’orateur, était le seul de l’assistance qui avait conservé sa forme d’homme normal. Il parla comme s’il s’adressait à de très jeunes enfants..
- On s’est bien amusé. On va encore faire joujou.. Vous voulez bien ?
- Oui crièrent les assistants, on va tuer, tuer, tuer.
- Oui, mes amis on va tuer. Mais ici il n’y a plus de vivants. On va aller vers Toulouse. Tuez tous ceux que vous verrez, on va bien s’amuser.
A ce moment un autre homme normal que Pierre n’avait pas vu, monta à son tour sur l’escabeau et dit à Joseph
- Crois tu que notre appareil de brouillage de toutes les ondes sera assez puissant jusqu’à Toulouse. ? Il suffirait qu’un message passe pour que toute l’armée soit jetée sur la région, et là, nous n’aurions plus le dessus.
- Si je t’avais écouté, nous n’aurions jamais rien fait. Tu as toujours la frousse. Mon appareil peut brouiller toutes les ondes jusqu’à 200 km à la ronde, alors, tu vois, nous avons de la marge
Après cet aparté Joseph reprit :
Les 10 camions vont venir jusqu’ici. Nous allons partir aussitôt.

Les camions arrivèrent peu après et les mutants y montèrent en jacassant comme des enfants de l’école primaire.
Lorsque le dernier fut parti, Pierre rejoignit en courant le camp ou Anne lui dit
- Je m’étais donné encore 5 minutes, après quoi, je partais à votre recherche.
- Vous avez bien fait de ne pas bouger !
Et il lui raconta tout ce qu’il avait vu et entendu.
- C’est affreux, Pierre ! Ils vont tuer, tuer encore, et nous ne pouvons rien faire !
- Attendez ! Ce n’est pas sûr ! Certes il n’est pas question d’essayer d’envoyer un message, puisqu’ils brouillent tout dans un rayon de 200 km( d’ailleurs, je me demande comment nous nous y prendrions)
En revanche, puisqu’ils pensent qu’il n’y a plus un seul vivant ici et qu’ils sont tous partis vers le sud, si nous trouvons de l’essence, nous pourrons partir vers le nord aussi pour nous éloigner d’eux et aller chercher du secours..
( A suivre)
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Pierre et Anne partirent visiter toutes les maisons, ou plus exactement tous les garages pas trop endommagés et c’est Anne qui découvrit un jerrican de 20 litres, ce qui était largement suffisant pour aller jusqu’à Agen ou ils trouveraient certainement des pompes à essence abandonnées.
Ils trouvèrent en effet une station d’essence qui avait été abandonnée en catastrophe, ou ils firent le plein et remplirent le jerrican par précaution.
L‘autoroute vers Valence d’Agen était entièrement labourée par des bombardements, en revanche, vers Bordeaux, si les premiers kilomètres avaient été touchés, après la première sortie, il était possible de rouler normalement, et Pierre décida de sortir à Marmande.
Arrivés à la gendarmerie, ils constatèrent qu’il y avait une certaine effervescence et il purent voir immédiatement le chef de Brigade.
Ce dernier avait recueilli quelques témoignages de personnes qui s’étaient enfuient, mais ils pensait qu’il s’agissait d’un accident survenu à la centrale atomique de Golfech. Lorsqu’il sut que c’était une attaque préparée minutieusement et que des mutants avaient été crées dont le seul but était de tuer, il alerta immédiatement Bordeaux, et dans le 5 minutes qui suivirent, Paris était au courant.
Le ministère de la Défense envoya aussitôt un avion pour que Pierre et Anne viennent faire une déposition complète sur tout ce qu’ils avaient vu.
Les bases aériennes du sud ouest furent mis en état d’alerte, et des avions décollèrent immédiatement pour repérer le convoi des 10 camions.
Le premier pilote qui les repéra au sud de Montauban, eut le temps d’envoyer un message radio avant d’être abattu.
Des bombardiers prirent l’air très rapidement et ordre leur fut donné de larguer leurs bombes en haute altitude pour éviter d’être descendus avant d’avoir accompli leur mission.
Un quart d’heure après le début du bombardement , des avions de reconnaissance purent survoler à basse altitude les carcasses des camions. Il ne semblait pas y avoir de survivants.
Une compagnie de paras fut dropée sur la zone, et la confirmation arriva rapidement. 108 mutants avaient trouvés la mort, ainsi que deux hommes normaux, les chefs
( A suivre)
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Les identités des deux chefs de cette criminelle aventure furent assez rapidement connues. Il s’agissait de deux ingénieurs atomistes, dont l’un, le chef suprême , avait présenté il y a quelques années des troubles psychiatriques légers qui n’avaient pas été jugés dangereux à l’époque.
Une abondante documentation a été trouvée à son domicile qui est encore en cours d’étude, mais l’on sait déjà en gros ce qui s’était passé.
Un matin, il avait rassemblé tout le personnel présent pour leur annoncer qu’un petit accident venait de se produire, dont les conséquences seraient nulles à condition qu’un traitement soit entamé immédiatement.
Il avait fait absorber à tout le personnel un demi verre d’un produit qu’il avait confectionné à base de glandes thyroïde ( glande de croissance responsable du nanisme et du gigantisme). Puis ils avaient été enfermés dans un caisson que Joseph avait présenté comme étant de décontamination, alors qu’au contraire, des doses minimes de radioactivité étaient émises.
En quelques heures des modifications physiques et mentales faisaient de ces hommes, des mutants, à la seule idée fixe : Tuer, tuer.
Le père de Anne, le premier, et sans doute le seul, s’était rendu compte de l’entreprise criminelle et il était venu prévenir sa fille avant qu’il ne soit trop tard.
Il est encore difficile de déterminer le nombre de personnes qui ont été exécutées car une grande partie de la population était partie et certains n’avaient pas encore signalé qu’ils étaient sains et sauf. Mais le nombre de morts dépasse sans doute les 3000. il n’y a aucun survivant,dans la zone, en dehors de Pierre et Anne.
Le but de Joseph, cet illuminé criminel, était de se rendre maître de tout le sud ouest pour devenir Duc d’Aquitaine. Projet fou né dans un cerveau déréglé.
Le maire de Puymirol avait été prévenu par le père d’Anne par téléphone après avoir fait fuir sa fille. Le maire procéda à l’évacuation de la population, ce qui fit que si les dégâts matériels ont été importants, il n’y eut pas de victime puymirolaise.
Durant une huitaine de jours, Pierre et Anne furent les héros sollicités par les journaux, les radios, et les télévisions.
Un immense plan de reconstruction est étudié pour la dizaine de villages qui ont été détruits par Joseph et sa bande. Tout sera reconstruit avec les matériaux qui sont restés sur place, et ces travaux devraient être terminés en deux ans. En attendant, le relogement reste le problème n°1
Et comme l’Etat, dans cette circonstance exceptionnelle, met vraiment des moyens exceptionnels à la disposition des maires, tout devrait se dérouler dans les meilleures conditions.
Je sais que je vais en désoler quelques uns, mais je me dois de ne dire que la vérité avérée. Non, Pierre et Anne ne se marièrent pas ensemble, mais ils restèrent d’excellents amis.
Pour se changer les idées, après cette période dramatique suivie de ces obligations médiatiques, ils sont partis une quinzaine de jours en Grèce . Certains disent qu’à cette occasion…….mais je ne me ferai pas l’écho de ces rumeurs. Il s’agit d’ailleurs d’un domaine qui ne nous regarde pas. Non. !!!n’insistez pas ! Je ne dirai pas ce que je peux savoir. Le croustillant n’est pas mon domaine.

FIN
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