Hé bien mon coco. C’est curieux, elle ne t’a jamais parlé de ce Jacques. Pourtant ils se sont rencontrés le lendemain de leur arrivée, et nous nous sommes téléphonés tous les jours, Caroline et moi. Pourquoi ne m’en a-t-elle jamais parlé, hein ?
Holà !! Tu ne vas pas te montrer jaloux mon vieux. Tu sais très bien que Caroline ne te trompera jamais. Bon. Je vais aller jouer un peu au ballon avec les gosses.
Ouille !! Je suis un peu rouillé. Il faudrait bien que je refasse un peu de sport. Pourquoi dis tu « que je refasse ? » Tu sais bien que tu n’as jamais été sportif. Tiens, je vais demander au gosse.
- Dis donc, Denis, Vous le voyez souvent ce Monsieur Jacques ?
- Oh, oui. Tous les jours.
- Vous vous voyez sur la plage ?
- Sur la plage, oui, et souvent, on mange ensemble.
- Ah ? Vous mangez ensemble ? A midi ?
- A midi et souvent le soir. Il est très gentil Monsieur Jacques. Et qu’est ce qu’il nage bien.
Merde !! Qu’est ce que je fais moi ? Une enquête ? Ce n’est pas digne de toi mon Coco. Laisse tomber. C’est un ancien camarade de lycée et puis c’est tout. Il n’y a pas de quoi en faire un fromage.
- Il doit être là demain, ce Monsieur Jacques ?
- Je crois, oui. Il sait tout faire. Il danse très bien.
- Tu l’as vu danser ?
- Non. C’est Maman qui m’a dit qu’il dansait bien.
Dis donc Coco ! Tu ne crois pas que ça commence à faire beaucoup. Ils se voient tous les jours, ils déjeunent et dînent ensemble, ils vont danser…Remarque, ils ne se cachent pas. Et s’ils ne se cachent pas c’est qu’ils n’ont rien à cacher. Mais tu es ridicule de penser à tout ça. Ca n’a pas d’importance. Aucune importance. Un copain de lycée et c’est tout.
Samedi matin. J’ai drôlement bien dormi. Vraiment très agréable cette petite maison. Caroline est déjà levée et j’entends les enfants qui piaillent dans le jardinet. Je suis bien. Très bien. Tout à l’heure, je vais faire la connaissance du fameux Jacques. Au fond, c’est amusant. Je vais exercer mes talents de psychologue pour savoir s’ils sont amant et maîtresse.
Il est 10 heures. Il n’y a pas grand monde sur la petite plage. Les gosses sont déjà dans l’eau. Caroline se badigeonne de crème solaire. Moi, je n’aime pas ça. Je préfère me mettre sous le parasol.
Tiens ? Voilà un grand dégingandé qui vient vers nous. C’est ça Jacques ? Il n’est pas jojo. Oh, tu sais mon vieux, cela ne veut rien dire. Les femmes sont bizarres. Elles voient du charme ou nous ne voyons que du banal.
C’est bien lui. Il embrasse Caroline sur les joues. Elle me le présente. Je décide de ne pas me lever. Après tout, je suis peut être le cocu. Je ne vais pas lui faire des salamalecs.
Il faut avouer qu’il est assez bien bâti. Mais il a une drôle de voix, et ses gestes…il est un peu efféminé, non ?. Mon coco, tu n’es peut être pas très objectif. Je reconnais qu’il a l’air intelligent et cultivé. Il parle littérature, avec Caroline. Je ne participe pas à la conversation. Non ! Je ne boude pas, mais je l’observe. C’est ça. Je l’observe. Et je ne lui vois rien de particulier , sauf cet air efféminé.
Il dit qu’il doit aller faire le plein de sa voiture. Il s’en va et monte dans une mercédés. Mazette, elle n’est pas mal sa bagnole. Pas le dernier modèle, mais pas mal.
Après un moment de silence, Caroline me questionne :
- Comment le trouves tu, Jacques ?
- - Ma foi, difficile de juger en si peu de temps. Il semble sympathique. Mais….Il n’est pas un peu efféminé ?
- - Tu es très observateur mon chéri. Jacques est homosexuel.
- - Ah ? Je m’en doutais un peu.
Alors mon vieux, voilà. Tu es renseigné ?. Ils ne sont pas maîtresse et amant. Qu’est ce que ça te fait Coco ? ? Tu es déçu ou soulagé ? Décu ? Faut pas pousser. Je ne peux pas être déçu de ne pas être cocu. Je ne suis pas maso. Mais, soulagé ? Au moins, es tu soulagé ? Je n’en sais rien. Si tu n’en sais rien, c’est qu’au fond, tu t’en fous !! Faut être honnête, oui, tu t’en fous ! Ca c’est une donnée nouvelle. D’être cocu ou non, je m’en fous. C’est grave, docteur ? C’est selon, c’est selon,…..
Je suis sur le retour. J’ai bien fait de ne pas partir hier soir. Le Dimanche, il y a un monde fou. Là, la circulation est fluide comme disent les spécialistes. Et puis, il fait bon. Je n’ai pas mis la clim. Je conduis, la vitre baissée, le bras sur la portière. Je suis bien. C’est chouette. Tiens ? Je vais lever le pied pour faire durer. Après tout, je suis mon patron. Je ne suis pas à quelques minutes prés. Et Roxane ouvrira le bureau à 9 heures. Ca, j’en suis sûr. J’ai confiance en elle. Je ne vais pas passer par la maison. Je vais aller directement au bureau.
Quand j’arrive au bureau, je vois Roxane de dos. Elle est penchée vers un classeur du bas .Elle a une belle croupe Roxane. Je ne m’en étais jamais aperçu. Une secrétaire, c’est un peu un meuble. C’est fonctionnel. Et comme Secrétaire, elle fonctionne bien.
- Bonjour, Roxane, pouvez vous venir dans mon bureau avec le dossier Valayer ?
- Tout de suite Monsieur.
Je la vois de face. Elle est vraiment jolie Roxane .Et bien foutue. Dire que je ne m’en étais jamais aperçu. Tu es un crétin mon coco !
- Cela fait combien de temps que vous travaillez avec moi, Roxane ?
- - Cela fait trois ans Monsieur !
- - Trois ans ? Ah ? Je pensais moins. Vous ne trouvez pas que c’est curieux. Nous sommes ensemble 5 jours par semaine, depuis 3 ans, et nous ne savons rien l’un de l’autre
- - Oh, moi Monsieur je vous connais un peu.
- - Ah oui ? Que savez vous ?
- - Vous êtes marié. Votre femme s’appelle Caroline, et vous avez deux enfants : Alain et Denis
- - Mais c’est formidable ça ! Et que savez vous encore à mon sujet ?
- -Je sais que vous n’aimez pas beaucoup le sport, et…..
Elle s’arrête subitement et rougit délicieusement. Mais alors mon vieux, elle est amoureuse de toi ! Crétin !! Tu n’avais rien vu.
- Et quoi ?
- - Rien Monsieur, c’est tout ce que je sais sur vous.
- - Mais moi je ne vous connais pas. Il faut rétablir l’équilibre. Vous êtes mariée ?
- - Lorsque je suis entrée chez vous, je venais de divorcer
- - Ah oui, c’est vrai. Maintenant, je m’en souviens .Et….Vous n’avez pas refait votre vie.
- - Non Monsieur.
- - Jolie comme vous l’êtes, je pense que c’est un choix de votre part ? Vous préférez être seule et indépendante ?
- - Non , Monsieur, je n’aime pas la solitude.
- - Ah bon ! Vous n’aimez pas la solitude ? moi non plus. Le jour, on travaille, ça va. La nuit, on dort, ça va aussi. Mais les soirées !!!Les soirées, seul, c’est insupportable. Tiens ? et si nous dînions ensemble ce soir ?
- - Dîner ensemble ce soir ?
- - Oui. Cela vous pose un problème ?
- - Oh non, monsieur, aucun problème.
- - Bien. Vous me noterez votre adresse sur un morceau de papier et je viendrai vous prendre chez vous vers 19 heures 30. C’est d’accord ?
- - Oui. C’est d’accord, Monsieur.
- Et voilà. L’affaire est dans le sac mon Coco.
- Merci, merci Jacques. C’est toi qui m’as ouvert les yeux. C’est marrant, non ? C’est grâce à un homosexuel que je vais pouvoir tromper ma femme. J’aime bien les homosexuels. Moi, je n’ai pas de remords. Après tout, s’il n’y avait pas eu Jacques, je serais resté fidèle à Caroline. Elle va sur la plage, déjeune, dîne avec lui, va danser…C’est bien de la faute de Caroline. Moi, je n’y suis pour rien. Je me sens bien.
( A suivre)
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