Incontestablement, les deux jeunes gens appréciaient d’être ensemble, mais, assez curieusement pour notre époque permissive, jamais il n’y avait eu entre eux le moindre geste équivoque.
Lorsque les parents arrivèrent, ils furent évidemment surpris de voir leur fille avec un homme jeune dans leur maison. Mais lorsqu’ils surent que c’est grace à cet homme, que leur fille était toujours en vie, non seulement leurs préventions tombèrent, mais ils furent d’une grande gentillesse avec Pierre.
Monsieur Bonnefoi demanda à sa fille de lui décrire minutieusement, le gangster qui venait lui apporter ses repas et qu’elle avait donc eu tout loisir de bien voir.
Elle le fit, sans attacher trop d’importance à cette question.
Soudain, son père, qui semblait très soucieux lui demanda
- Réfléchis bien avant de me répondre. Avait il les oreilles un peu décollées.
Un peu surprise, après un instant de réflexion, elle répondit par l’affirmative.
- Bon sang !! S’exclama Monsieur Bonnefoi, ce n’est pas possible !!! André !!
- Papa, tu le connais ?
- Attends ! Tu m’as dit qu’il avait des cheveux blonds. Comment est il coiffé ?
- Mathilde réfléchit à nouveau.
- Je ne suis pas absolument formelle, mais je crois qu’il a des cheveux un peu bouclés et longs, sans raie, et tirés vers l’arrière.
-
- - Je me demande….Il me semble que je sais qui c’est. L’adjoint de mon chef comptable. Mais pourquoi a-t-il fait ça ? Et sans prendre de précaution ? C’était idiot ! Cela ne lui ressemble pas. J‘en aurai le cœur net dés demain !
Durant toute la soirée, il ne fut plus question de « l’affaire », et, interrogé par Monsieur Bonnefoi, Pierre, dut donner des explications sur l’apiculture, la vie des abeilles et les produits de la ruche. De temps en temps, Mathilde intervenait, prouvant ainsi, qu’en quelques jours, elle avait acquis de nombreuses connaissances en la matière.
Le lendemain matin, demanda à Pierre
- Vous avez sauvé ma fille. Je vous en remercie encore. Mais pourriez vous encore me rendre un service ?
- Certainement, s’il est en mon pouvoir de vous le rendre.
- Hé bien voilà, Je ne veux pas que ma fille se retrouve en présence de celui qui l’a kidnappée. Pourtant, je voudrais qu’elle l’identifie.
Il y a attenant à mon bureau, un petit cabinet de toilette. Mon bureau est clair. Vous pourriez du cabinet de toilette, prendre 3 ou 4 photos, sans flash, et nous verrions si Mathilde l’identifie formellement. Qu’en pensez vous ?
- Je suis d’accord évidemment. Il faudra que je me trouve sur les lieux, bien avant votre comptable.
- Bien sur. Vous pourrez entrer par la porte fenètre qui donne sur le jardin, et, quand vous serez en place, je convoquerai André.
Tout se passa normalement, et lorsque les photos furent développées, on demanda à Mathilde de les examiner.
Les photos étaient très nettes. Pourtant, Mathilde hésitait
- Il est certain que cet André ressemble beaucoup à l’un de mes ravisseurs, et pourtant….pourtant, je ne crois pas que ce soit lui.
Monsieur Bonnefoi était songeur.
- Tu m’as bien dit, Mathilde, que tes ravisseurs savaient que je partais Dimanche et pensaient que je serais de retour Mercredi ?
- Oui. C’est exact.
- Alors, je crois bien qu’André est notre homme.
Lorsque je discutais avec le chef comptable, André travaillait à coté de nous.. Il savait donc que je partais Dimanche après midi, j’en ai parlé. Par ailleurs, nous avons une grosse facture impayée, chez un de nos clients, et j’ai dit à mon chef comptable que je passerai chez ce client, Mercredi. .André a pu en conclure que Mercredi, je serais rentré. En fait, ce client est à Pointe à Pitre, en Guadeloupe, ou j’étais en vacances.
Cette erreur prouve bien qu’André était l’un des ravisseurs.
Mathilde regardait longuement les photos, et ne parvenait pas à reconnaître son kidnappeur..
- Il y a une chose très simple Papa. Durant toute la journée de lundi, mon homme à moi se trouvait prés de Toulouse. Si ton André était au travail, c’est qu’il s’agissait d’un autre..
- Très juste, ma fille. Je passe un coup de fil à mon chef comptable.
André était bien à Orange, le Lundi en question.
Bon, dit monsieur Bonnefoi, Mathilde et Pierre, vous allez venir dans mon bureau. Je ferai venir André. Nous verrons bien sa réaction en voyant Mathilde, et toi, tu nous diras si oui ou non, c’est lui qui te servait tes repas.
Quand André entra dans le bureau, il ne réagit pas en voyant Mathilde ;
Monsieur Bonnefoi demanda :
- Je suppose que vous vous connaissez ?
Non, Monsieur, je regrette…
- C’est ma fille !
- Ah ? Enchanté Mademoiselle !
- Très heureuse également. En effet, nous ne nous connaissons pas. Pourtant vous me rappelez quelqu’un que j’ai rencontré dernièrement.
- Ce n’était pas moi Mademoiselle
- Je sais bien que ce n’était pas vous. Mais cette ressemblance !!Peut être avez-vous des frères ?
- Un frère jumeau, c’est vrai. Nous nous ressemblons physiquement, mais nous sommes différents de caractère et …..De mentalité.
- Ah ! Nous y voilà ! dit Monsieur Bonnefoi. C’est vous qui avez donné les renseignements à votre frère, qui s’est chargé d’enlever ma fille pour obtenir de moi une forte somme d’argent.
André pâlit fortement
- Je vous jure, Monsieur, que je n’étais pas au courant, et que je ne suis pas directement concerné.
Dans une conversation, mon frère m’avait questionné pour savoir si vous étiez là, car, me dit il, il avait une affaire à vous proposer.
Sans penser à mal, je lui ai dit que vous partiez le Dimanche après midi et que vous seriez sans doute de retour le Mercredi suivant, puisque vous deviez aller voir un client.
Ce n’est que le mardi, qu’il est venu m’avouer l’enlèvement de Mademoiselle Bonnefoi, et sa fuite du lieu ou elle était détenue.
-E t bien entendu, vous n’avez rien fait ? demanda monsieur Bonnefoi.
Que vouliez vous que je fasse, Monsieur ? Votre fille avait réussi à s’échapper, il était probable qu’elle reviendrait chez elle. Et c’est bien ce qui s’est passé, puisque vous êtes là !
- Je suis là, mais j’ai bien failli mourir. Sans ce Monsieur ( elle désigna Pierre) je ne serais plus de ce monde, à cause de votre frère, et un peu de vous-même qui par vos renseignements avez permis mon enlèvement..
Vous auriez du avertir les autorités pour que des recherches soient lancées.
- Vous savez, Mademoiselle, dénoncer son frère, n’est pas une chose facile. Et je ne vous croyais pas en danger. Je pensais qu’après vous être échappée, vous seriez allée dans une gendarmerie.
- Je reconnais que c’est assez logique. Mais maintenant, vous devez nous dire ou se trouvent votre frère et son complice.
Si vous ne dites rien, alors, vous deviendriez vous-même leur complice.
- Ils sont tous les deux chez moi, mais je doute qu’ils veuillent se rendre. D’ailleurs, pour tout dire, ils me font un peu peur.
- Bon. Restez à la Société toute la journée. Ne prenez aucun contact avec eux, dans votre propre intérêt, …..Et le leur. Faites votre travail. C’est tout.
Monsieur Bonnefoi et Mathilde allèrent à la Gendarmerie d’Orange, pendant que Pierre téléphonait à celle d’Agen pour les tenir au courant.
Dans l’après midi, Alain, le frère d’André, et Jacques son complice, étaient arrétés au domicile d’André. Ils n’offrirent aucune résistance. Ils savaient que leur coup étant manqué, la jeune fille avait suffisamment d’éléments pour les faire retrouver.
La présence de Pierre à Orange, ne se justifiait plus. Sur l’insistance de Mathilde, ( qui n’eut pas à forcer son talent) il resta deux jours de plus, puis repartit vers le Lot et Garonne.
Mathilde et Pierre restèrent en contact par mail.
Cette histoire, véridique bien sur, va se terminer bètement. Mais ne m’en voulez pas. Je ne peux tout de même pas inventer pour vous faire plaisir !!!!
Oui, cette histoire se termine bètement. Pierre épousa Mathilde, mais ils n’eurent pas beaucoup d’enfants.
Ils n’en eurent que deux.
FIN
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