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Full Version: PRINTEMPS TURBULENT
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PRINTEMPS TURBULENT

Ce mois de février, comme les précédents mois, était froid cette annèe.
Pourtant, la saison apicole allait bientôt commencer. Les abeilles étaient toujours en hivernage, mais dans les ruches, la reine devait commencer à augmenter sa ponte.
Pierre arréta sa camionnette tout prés de son rucher. Cela faisait 3 mois qu’il n’y était pas venu. Lorsque les abeilles sont en hivernage, le meilleur service que l’on puisse leur rendre, c’est de leur ficher la paix.
Pierre s’approcha de la première ruche, et colla son oreille contre la paroi. Il entendit distinctement un doux bruissement. Avec son index replié, il frappa sur la paroi de la ruche, et immédiatement, le bruissement augmenta, puis après quelques secondes, redescendit au niveau du départ. C’était un excellent signe. La reine était bien là, et en bonne santé. Les abeilles avaient été affolées par le choc intempestif, mais la présence d’une bonne reine les rasséréna bien vite.
C’est lorsque il se releva avec une moue de satisfaction, que Pierre entendit des gémissements qui semblaient venir d’un buisson à une vingtaine de mètres.
Il se dirigea rapidement vers le buisson, et découvrit avec stupéfaction, une femme allongée et qui paraissait à bout de forces.
En se penchant vers elle il constata que c’était une femme jeune, qui les yeux fermés , était inanimée en dehors de ses lèvres qui psalmodiaient des plaintes.
Elle ne répondit pas aux questions de Pierre, qui pensa aussitôt qu’il n’était pas question d’aller chercher du secours. Il fallait faire vite. Il arriva à l’asseoir, et lui demanda de passer ses bras autour de son cou. Une fraction de seconde, elle ouvrit les yeux, puis semblant rassembler ses dernières forces, elle s’accrocha au cou de Pierre, qui réussit à se relever.
Le plus dur était fait, et quelques secondes plus tard, il installait la jeune femme sur le siège droit de son véhicule. Il eut un peu de mal à dénouer les bras qui enserraient nerveusement son cou, puis, mettant le chauffage à fond, il mit le cap sur son domicile.
Arrivé à destination, il expliqua à son père et à sa mère ce qui était arrivé. Sa mère appela aussitôt un médecin, pendant que Pierre et son père portaient la jeune femme dans la chambre d’amis.
Elle était frigorifiée et pendant que Pierre préparait une tisane sucrée au miel, sa mère, frictionnait la jeune femme pour activer sa circulation sanguine, et son père installait un appareil de chauffage soufflant complémentaire dans la chambre.
La jeune femme ne gémissait plus, mais elle était prise d’un tremblement nerveux, qui au bout d’un quart d’heure commença à s’apaiser.
Lorsque le médecin arriva, elle était calme et semblait dormir.
Pendant que le docteur procédait à son examen, Pierre téléphona à la gendarmerie pour signaler sa découverte .La jeune femme portait un manteau mais aucun sac, et ses poches étaient absolument vides, sans même un mouchoir. Il était pour l’instant impossible de l’identifier.
En ressortant de la chambre, le médecin indiqua que la jeune femme avait une foulure de la cheville droite, une tension basse, mais ne présentait pas d’autres signes cliniques inquiétants. Son transport à l’hopital ne s’imposait pas pour l’instant. Il repasserait dans la soirée
Lorsque le chef de la brigade de gendarmerie et un gendarme, arrivèrent, Pierre leur fit une relation des évènements, et proposa de garder la jeune femme jusqu’à ce qu’elle reprenne connaissance, le medecin estimant lui-même que son état ne présentait pas un caractère de gravité.
Le chef de Brigade donna son accord, à condition qu’après la visite que le médecin ferait le soir, il soit tenu au courant des suites sur le plan médical. Pour sa part, il allait faire des recherches pour le cas ou sa description correspondrait à une personne signalée disparue.
C’est en entendant parler de description de la personne, que Pierre se rendit compte, qu’absorbé par sa volonté de faire ce qu’il avait à faire, obsédé par la nécessité d’agir au mieux, il était incapable de donner un signalement de la jeune femme.
Il alla dans la chambre, ou l’inconnue sous l’influence de la piqure faite par le médecin, dormait avec une respiration relativement régulière et quelques spasmes.
Elle avait de longs cheveux blonds et n’était certainement pas très agée. Pierre n’était pas trop doué pour donner un age, mais il était certain qu’elle n’avait pas 25 ans. A sa main gauche, une fine bague avec une pierre bleue, sans doute un saphir…ou une améthyste….dans ce domaine également Pierre n’était pas très calé.
En revanche, ce dont il était sur, c’est qu’elle n’avait pas d’alliance…il est vrai que de nos jours, des couples se forment sans passer la bague au doigt.
Bien entendu, au repas du soir, Pierre et ses parents parlèrent de l’inconnue trouvée à plus de 3 km d’une maison habitée, et qui semblait au cours de sa promenade s’être foulée la cheville et n’avait pu continuer à marcher.
Monsieur, Madame Chauvet et leur fils Pierre, habitaient dans un petit village du Lot et garonne, et connaissant presque tout le monde, au moins de vue à 10 km à la ronde, ils conclurent que la jeune femme « n’était pas d’ici ».
Le soir, le médecin revint, et son examen fut tout aussi encourageant qu’en début d’après midi. Il pensait, qu’après une bonne nuit, qui se prolongerait sans doute un peu dans la matinée, le mystère entourant la jeune femme serait dissipé, car elle reprendrait connaissance et pourrait s’exprimer.
Pierre téléphona, comme il l’avait promis, à la brigade de gendarmerie, pour leur donner les conclusions optimistes du médecin. Aucune personne n’avait été portée disparue durant la semaine écoulée, dans le département en tous cas.
Durant la nuit, par 3 fois, Pierre alla voir dans la chambre d’amis, si la jeune femme dormait normalement. Le matin, au petit déjeuner, il sut que son père et sa mère étaient aussi allés voir au cours de la nuit, si tout était normal.
C’est vers 11 heures du matin que la jeune inconnue ouvrit les yeux. Madame Chauvet se trouvait dans la chambre.
- -Comment vous sentez vous , demanda t elle ?
- La jeune femme la regarda sans répondre
- - Comment vous sentez vous ? Avez-vous mal quelque part ?
- La jeune femme ferma les yeux et sembla se rendormir
- Madame Chauvet alla prévenir son mari et son fils que leur jeune pensionnaire commençait à se réveiller, mais qu’elle n’avait pas répondu à ses questions.
- Vers midi, le médecin revint, et c’est lorsqu’il procédait à son examen, que la jeune femme se réveilla vraiment.
( A suivre)
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. Le médecin l’aida à s’asseoir sur le lit, mais dés qu’elle posa le pied par terre, une violente douleur l’obligea à se rasseoir. Il était probable qu’elle souffrait d’une fracture de la cheville et non d’une simple entorse. Une radio était nécessaire, et Pierre proposa de l’emmener à l’hôpital d’Agen dans l’après midi.
Bien que réveillée, la jeune femme n’avait pas prononcé un seul mot, et lorsque le médecin lui demanda son nom pour établir son ordonnance, elle sembla ne rien entendre et ne répondit pas.
Aussi pensa t il qu’en fin de compte, il vaudrait mieux l’hospitaliser, des troubles, non décelables par un simple examen clinique pouvant exister. C’est lorsqu’il exprima sa pensée que la jeune femme, prononça ses premiers mots.

-- J’ai mal à ma cheville, mais c’est tout. Je veux seulement dormir. S’il vous plait, laissez moi dormir.
Ils sortirent de la chambre, et le médecin dit qu’il valait mieux la laisser récupérer un peu, mais que dans l’après midi, il faudrait absolument lui passer une radio de la cheville.
Pierre, sa mère et son père, se relayèrent silencieusement à son chevet jusqu'à 16 heures. Lorsqu’elle s’éveilla vraiment, c’est Pierre qui était dans la chambre. Elle était nettement mieux qu’à midi, et put enfin parler normalement.
Elle s’appelait Mathilde Bonnefoi. Elle habitait chez ses parents, à Orange, dans le Vaucluse, et après s’être présentée, demanda quel jour on était.
-Nous sommes le Mercredi 15 Février. Que vous est il arrivé ?
- Comme je vous l’ai dit, je vis chez mes parents. Ils sont partis Lundi dernier en voyage d’agrément en Guadeloupe.
Le Lundi soir, j’étais donc seule dans notre villa à Orange. Vers 20 heures, on sonna à ma porte. Je crus que c’était nos voisins qui venaient demander si je n’avais besoin de rien. Nous sommes très liés avec eux. Aussi je suis allé ouvrir sans méfiance.
2 hommes étaient sur le pas de la porte. L’un d’eux me menaçait d’un revolver et me dit
- Suivez nous sans résistance. Il ne vous sera fait aucun mal, si vous nous obéissez. Prenez un manteau et venez.
Bien sur, j’étais un peu affolée, mais je sentais bien que la meilleure chose pour l’instant était de leur obéir.
Leur voiture était devant notre portail. Nous sommes montés tous les trois, et nous avons pris l’autoroute.
Ils m’avaient fait monter à coté du conducteur, je n’avais pas les yeux bandés, je n’étais pas attachée. L’autre homme, qui tenait toujours le revolver était assis à l’arrière.
Je leur ai demandé ce qu’ils voulaient exactement, et c’est le chauffeur qui me répondit
- Vous ne risquez rien si vous êtes sage. Votre père est très riche. Nous, non. Nous lui demanderons une rançon, et lorsque nous l’aurons, nous vous libérerons.Vous voyez c’est simple.
En fait, ce n’était pas si simple que ça, car je me demandais pourquoi ils s’étaient présentés à visage découvert. S’ils me libéraient, je pourrais facilement donner leur signalement. Je me demandais si je devais leur faire part de mes craintes pour savoir leur intention réelle. Mais finalement, j’ai décidé de ne rien dire.
J’ai pu suivre tout notre trajet. Nimes, Montpellier, Sète, Béziers, à Narbonne ,nous avons pris la direction de Bordeaux, nous avons passé Carcassonne et nous nous sommes arrétés dans les environs de Toulouse vers une heure du matin.
C’était une maison cossue, en pleine campagne. Elle était entourée d’un mur d’environ 2 mètres 50 de haut.
Ils m’ont enfermée dans une chambre assez confortable et bien chauffée. Sur le lit, une chemise de nuit été préparée à mon intention. Tout donc avait été prévu. Attenante à la chambre un petit cabinet de toilette avec une cabine de douches.
Ils m’ont enfermé à clef dans ma chambre.
Je me suis jetée sur le lit, et….j’ai pleuré…et puis, je me suis endormie jusqu’à 9 heures du matin.
J’ai été réveillée par l’un des deux hommes qui me portait une tasse de café, du lait et 2 croissants.
C’était mon ravisseur, mais il me parlait gentiment.
- Avez-vous pu dormir un peu ? Ne vous faites pas de mauvais sang. Dés que votre père aura payé la rançon, vous serez libérée….etc Il essayait de me rassurer, sans grand succés, parce que je me demandais toujours, pourquoi, ils laissaient voir leur visage, et n’avaient même pas essayé de cacher mon lieu de détention.
Ou, ils comptaient se débarrasser de moi , ou ils étaient complétement inconscients.
Malheureusement la deuxième hypothèse me semblait peu probable, et c’est la raison pour laquelle, j’ai décidé d’essayer de m’échapper par n’importe quel moyen.
Durant la journée du lundi, j’eus 3 visites du même homme qui m’a apporté le petit déjeuner, et les repas de midi et du soir.
La nourriture était très correcte et bien trop copieuse pour moi, car je n’avais pas faim. J’avais très peur.
La porte de ma chambre, en bois épais était toujours fermée à clef.
La chambre se trouvait au 2 ème étage, et en étudiant bien la situation, je vis qu’il y avait peut être une possibilité.
A un peu plus d’un mètre de la gauche de la fenètre, une treille montait, accrochée à des pitons plantés dans le mur.
J’ai examiné attentivement les liens qui avaient été utilisés pour fixer la treille contre le mur. C’était du fil de fer, malheureusement assez fin.
Le problème de sauter et m’accrocher à la treille, ne présentait pas de difficulté pour moi. Je suis professeur d’Education physique. En revanche, la treille et sa fixation tiendrait elle le coup sous mon poids ? C’était plus douteux, et je restais de longues heures à peser mes chances de réussir mon évasion.
Vers 19 heures, mon geolier vint m’apporter mon repas, et il s’attarda à discuter un peu avec moi. Il me dit que si mon père était raisonnable, dans 48 heures je serais libre. Il ignorait donc que mes parents étaient absents pour 15 jours, et je me décidais de le lui dire.
- Même si mon père, voulait être raisonnable, comme vous dites, je me demande comment vous pourriez entrer en contact avec lui. Mes parents viennent de partir en vacances pour 15 jours, et je ne sais pas moi-même ou les toucher.
- Quoi ?? D’après nos renseignements, ils doivent rentrer demain matin Mercredi
- Je me demande qui vous a dit ça ? Ils rentrent Dimanche en huit.
- Vous en êtes certaine ?
- Bien sur. !!!
Il me parut un peu affolé et me quitta précipitamment.
J’étais un peu rassuré. Il semblait, en fin de compte que j’avais à faire à des amateurs, ce qui pouvait expliquer l’absence de précaution pour cacher leur visage.
J’entendis, sans comprendre les paroles, qu’une apre discussion avait lieu au rez de chaussée.
Vers 11 heures, tout était calme dans la maison et je décidais de tenter une évasion.
Finalement, ma sortie s’effectua assez facilement. La treille supporta mon poids, et j’arrivais au sol sans dommage.
En montant sur un cageot qui trainait là, je pus franchir le mur d’enceinte, et me suis mise à marcher jusqu'à une route nationale, et me dirigeais sur Bordeaux et Agen.
Mon désir, à ce moment là, était de m’éloigner le plus possible de mon lieu de détention. Je craignais que mes ravisseurs, ne se mettent à ma recherche. C’est à cause de cette crainte, que je ne voulus pas faire de l’auto stop.
J’ai marché longtemps, longtemps…plusieurs heures…
En traversant un village, je vis une camionnette bâchée dont le moteur tournait.
( A suivre)
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J’ai pris conscience de mon état d’épuisement, et aussitôt, je n’eus plus qu’un désir : Monter à l’arrière de la camionnette, pour avoir moins froid et dormir un peu.
La bâche, à l’arrière de la camionnette était ouverte, et je n’eus aucune difficulté pour monter et me coucher au fond, ou il y avait 2 vieilles couvertures dans lesquelles je me suis enveloppée.
Quelques minutes plus tard, j’entendis des voix qui s’approchaient de la camionnette. Et 2 hommes chargèrent des cageots de légumes. Ils firent 4 à 5 voyages, mais fort heureusement, ils ne montèrent pas dans la camionnette, ils poussaient les cageots les uns après les autres. J’ai donc pu passer inaperçue.
Le chargement terminé, l’un des hommes prit le volant, et démarra.
Je ne tardais pas à m’endormir.
Lorsque je me suis réveillée, le jour était levé, et il ne restait, à l’arrière de la camionnette que 4 cageots.
Le véhicule s’arréta, et le livreur vint chercher un cageot qu’il porta dans une superette.
Je pensais que j’avais eu beaucoup de chance de ne pas avoir été repéré, mais qu’il était urgent de sortir de là.
Je ne pouvais le faire dans un village sans être repérée, et n’ayant sur moi ni papier ni argent, je risquais des ennuis. Je me rends compte maintenant, que c’était idiot. Mieux aurait valu aller dans une gendarmerie et raconter toute mon histoire. Mais j’étais dans un état d’esprit ou je ne faisais confiance à personne.
J’ai profité d’un moment ou la camionnette, en franchissant une côte, allait à allure réduite, pour sauter à l’arrière. Et c’est là que j’ai ressenti une violente douleur à la cheville.
Au bord de la route, il y avait un petit bois. En clopinant j’y suis entrée, et j’ai du avancer d’une centaine de mètres. Et puis, transie de froid, épuisée, mon dernier souvenir est que je me suis effondrée derrière un buisson, en pensant que ma vie se terminerait là.
Je me suis réveillée ici. Je pense que vous m’avez sauvé la vie….que dois je faire maintenant ?......

- Vous allez vous reposer encore un peu. Surtout tranquillisez vous. Vous êtes ici en sécurité. Vos ravisseurs ne vous retrouveront pas dit il en riant. Nous vivons ici, mes parents et moi.

Essayez de dormir. Je reviendrai dans 2 heures.
Dés qu’il fut sorti de la chambre, Pierre raconta à sa mère et à son père, la rocambolesque aventure traversée par la jeune fille, et Monsieur Chauvet, téléphona à la gendarmerie pour à son tour raconter l’histoire de Mathilde.
Le chef de Brigade voulait venir immédiatement pour interroger la jeune fille et obtenir des renseignements sur la maison ou elle avait été détenue, mais, Monsieur Chauvet parvint à obtenir qu’on laisse la jeune fille se remettre un peu de ses fatigues et émotions, jusqu’au lendemain matin. Si l’on pouvait retrouver la maison, elle serait encore là demain, quand aux ravisseurs, il est bien évident qu’en constatant l’évasion de la jeune fille, ils avaient du décamper aussitôt ….
En fin d’après midi, Pierre emmena Mathilde à l’hopital pour effectuer une radio qui révéla une fracture de la cheville droite. Un plâtre fut posé.
En revenant, Pierre s’arréta à la Pharmacie pour acheter des analgésiques et louer une paire de béquilles.
Le lendemain matin, Pierre avait une commande de 10 cartons de pollen à préparer
Mathilde voulut absolument essayer de l’aider.
La préparation de la commande consistait à ventiler le pollen, terminer le tri à la main, avec des brucelles, à mettre en pots, étiqueter et à mettre les pots en cartons de 12 .
La ventilation, très technique fut effectuée par Pierre, et Mathilde devant une table spéciale, termina le tri avec les brucelles. Puis Pierre empota et Mathilde étiqueta.
Pendant ces petits travaux, Pierre et Mathilde ne parlèrent pratiquement pas, mais semblaient apprécier ce travail en commun.
En fin de matinée, le chef de la brigade de gendarmerie et son adjoint vinrent recueillir le témoignage de Mathilde.
Cette dernière put être assez précise dans sa description de la maison ou elle avait été retenue prisonnière.
Pierre devant poursuivre son travail de contrôle au rucher, qu’il avait du interrompre en trouvant Mathilde, y retourna dans l’après midi, et Mathilde tint à l’accompagner pour revoir les lieux.
En fait, elle ne reconnut absolument pas le buisson derrière lequel Pierre l’avait trouvée. Frigorifiée, complètement épuisée, elle devait être pratiquement inconsciente quand elle était tombée là.
Pierre « ausculta « ses ruches. 2 d’entre elles, sur un total de 28, étaient certainement orpheline, ce qui faisait une proportion normale.
En effet lorsqu’une reine meurt en Hiver, les abeilles, lorsque le froid n’est pas trop vif, mettent en élevage royale, une très jeune larve quelconque ( c'est-à-dire que cette larve sera nourrie exclusivement de gelée royale) mais lorsque le reine nait, si le froid est trop intense, le vol nuptial ne peut avoir lieu ( il faut savoir que la fécondation ne peut avoir lieu qu’en vol) et dans ces conditions, la reine deviendra bourdonneuse et la ruche sera perdue.
Pierre était passionné par la vie de ses abeilles, et lorsqu’un passionné parle de son domaine de prédilection, il interesse souvent ses interlocuteurs. C’est ce qui arriva avec Mathilde qui posait question sur question….
Durant quelques jours, Pierre put bénéficier du concours d’une aide bénévole, et qui se passionnait à son tour.
(A suivre)
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Mais les vacances d’hiver se terminaient. Il fallait que Mathilde prévienne son chef d’etablissement que du fait de sa fracture à la cheville, elle ne pourrait assurer ses cours d’Education physique.
Elle le fit par téléphone, en promettant l’envoi d’un certificat médical ; Dés qu’un plâtre de marche serait posée, elle espérait pouvoir reprendre son poste.
Pierre, lui, avait terminé ses travaux hivernaux. Le nettoyage de toutes les ruches mortes durant la saison écoulée ( il y avait eu de lourdes pertes du fait des pesticides), le passage à la flamme pour stériliser toutes les parties de la ruche, la construction de cadre et leur montage d’abord en fil de fer puis en cire gaufrée.
Si les travaux hivernaux étaient terminés, les premiers nourrissements stimulants n’auraient lieu que vers le 10 Mars.
Ce qui fait que Pierre, comme Mathilde, étaient libres pour une dizaine de jours.
Pierre proposa d’aller dans la région de Toulouse pour essayer de retrouver la maison ou Mathilde avait été détenue.
Ils partirent le matin de bonne heure.
Mathilde se souvenait que la première agglomération qu’elle avait traversée, après avoir
échappé à ses geoliers, avait un nom assez long, avec quelque chose comme « truc »à la fin. Ils avaient regardé une carte et avaient trouvé Montastruc.
Elle pensait avoir marché environ une heure auparavant, et avoir vu que les directions de Bordeaux et Agen était indiquées. Donc, la maison devait se trouver dans un rayon de 5 km et sans doute, vers le sud de Montastruc.
Ils tournèrent un bon moment. En fait, Mathilde avait du marcher plus longtemps qu’elle ne le pensait.
Ils arrivèrent devant une maison entourée d’un mur, que Mathilde reconnut à la treille sur la face sud de la maison.
Pierre demanda à sa compagne de rester dans la voiture, et il alla sonner au portail.
Les volets des 2 étages étaient ouverts, mais manifestement, il n’y avait personne.

Pierre revint vers Mathilde, et lui dit son intention de pénétrer dans la maison, par derrière, pour essayer de trouver d’eventuels indices. Elle voulait venir aussi, mais avec son pied plâtré, ce n’était pas sérieux, et elle finit par en convenir.
Sauter le mur pour se trouver dans la cour, était chose facile, mais la porte d’entrée et tous les volets du rez de chaussée étaient fermés.
Sans trop d’espoir, Pierre essaya d’ouvrir la porte du garage et eut la surprise de constater qu’elle n’était pas fermée à clef. Les occupants étaient sans doute partis en catastrophe.
Le garage communiquait avec la maison. Dans la cuisine, des bols de café à moitié pleins, des pots de confiture non refermés, prouvaient que les habitants étaient en effet, partis précipitamment, en constatant l’évasion de leur prisonnière
Pierre monta vers les chambres, et grace à la treille, il reconnut la chambre dans laquelle Mathilde avait été détenue.
Pierre redescendit vers la salle à manger pour tenter de trouver des indices.
En fait, il ne trouva qu’un petit carnet, pratiquement neuf. La première page, seule portait quelques indications. Il s’agissait en fait du plan des opérations.
« Parents Bonnefoi partent Dimanche. 12 Février. Fille seule.
Heure H= 20 heures. Pourrons Mercredi matin demander 500.000 euros, à verser dans les 24 heures.Billets usagers. Lieu de paiement : péage d’Orange. Obliger Monsieur Bonnefoi à franchir le péage après réglement de la rançon. Fuite facile. BIllets d’avion déjà pris. Téléphoner au propriétaire pour qu’il aille délivrer la fille.
YOUPI !!!!!
Tout cela dénotait un amateurisme navrant. Pierre n’en revenait pas. Mathilde avait raison d’avoir envisagé qu’il s’agissait d’amateurs.
Il ressortit de la maison, et revint à la voiture.
Après avoir raconté sa perquisition et fait lire le petit carnet, il dit à Mathilde
- Nous ne trouverons rien de plus. Le mieux est de rentrer à la maison, d’aller à la gendarmerie, et de donner au chef l’adresse de la maison. C’est à eux de jouer.
Le Chef de la Brigade transmit le dossier à Toulouse pour faire une enquète auprés du propriétaire de la maison.
Mathilde estima qu’elle devait retourner chez elle pour y accueillir ses parents, lesquels ignoraient tout des péripéties que venait de traverser leur fille.
Pierre lui proposa de l’emmener en voiture, pour lui éviter les fatigues d’un voyage en train avec son pied plâtré. Elle accepta.
Les parents devaient revenir le Dimanche suivant. Le Samedi matin, ils prirent l’autoroute.
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Incontestablement, les deux jeunes gens appréciaient d’être ensemble, mais, assez curieusement pour notre époque permissive, jamais il n’y avait eu entre eux le moindre geste équivoque.

Lorsque les parents arrivèrent, ils furent évidemment surpris de voir leur fille avec un homme jeune dans leur maison. Mais lorsqu’ils surent que c’est grace à cet homme, que leur fille était toujours en vie, non seulement leurs préventions tombèrent, mais ils furent d’une grande gentillesse avec Pierre.
Monsieur Bonnefoi demanda à sa fille de lui décrire minutieusement, le gangster qui venait lui apporter ses repas et qu’elle avait donc eu tout loisir de bien voir.
Elle le fit, sans attacher trop d’importance à cette question.
Soudain, son père, qui semblait très soucieux lui demanda
- Réfléchis bien avant de me répondre. Avait il les oreilles un peu décollées.
Un peu surprise, après un instant de réflexion, elle répondit par l’affirmative.
- Bon sang !! S’exclama Monsieur Bonnefoi, ce n’est pas possible !!! André !!
- Papa, tu le connais ?
- Attends ! Tu m’as dit qu’il avait des cheveux blonds. Comment est il coiffé ?
- Mathilde réfléchit à nouveau.
- Je ne suis pas absolument formelle, mais je crois qu’il a des cheveux un peu bouclés et longs, sans raie, et tirés vers l’arrière.
-
- - Je me demande….Il me semble que je sais qui c’est. L’adjoint de mon chef comptable. Mais pourquoi a-t-il fait ça ? Et sans prendre de précaution ? C’était idiot ! Cela ne lui ressemble pas. J‘en aurai le cœur net dés demain !
Durant toute la soirée, il ne fut plus question de « l’affaire », et, interrogé par Monsieur Bonnefoi, Pierre, dut donner des explications sur l’apiculture, la vie des abeilles et les produits de la ruche. De temps en temps, Mathilde intervenait, prouvant ainsi, qu’en quelques jours, elle avait acquis de nombreuses connaissances en la matière.
Le lendemain matin, demanda à Pierre
- Vous avez sauvé ma fille. Je vous en remercie encore. Mais pourriez vous encore me rendre un service ?
- Certainement, s’il est en mon pouvoir de vous le rendre.
- Hé bien voilà, Je ne veux pas que ma fille se retrouve en présence de celui qui l’a kidnappée. Pourtant, je voudrais qu’elle l’identifie.
Il y a attenant à mon bureau, un petit cabinet de toilette. Mon bureau est clair. Vous pourriez du cabinet de toilette, prendre 3 ou 4 photos, sans flash, et nous verrions si Mathilde l’identifie formellement. Qu’en pensez vous ?
- Je suis d’accord évidemment. Il faudra que je me trouve sur les lieux, bien avant votre comptable.
- Bien sur. Vous pourrez entrer par la porte fenètre qui donne sur le jardin, et, quand vous serez en place, je convoquerai André.
Tout se passa normalement, et lorsque les photos furent développées, on demanda à Mathilde de les examiner.
Les photos étaient très nettes. Pourtant, Mathilde hésitait
- Il est certain que cet André ressemble beaucoup à l’un de mes ravisseurs, et pourtant….pourtant, je ne crois pas que ce soit lui.
Monsieur Bonnefoi était songeur.
- Tu m’as bien dit, Mathilde, que tes ravisseurs savaient que je partais Dimanche et pensaient que je serais de retour Mercredi ?
- Oui. C’est exact.
- Alors, je crois bien qu’André est notre homme.
Lorsque je discutais avec le chef comptable, André travaillait à coté de nous.. Il savait donc que je partais Dimanche après midi, j’en ai parlé. Par ailleurs, nous avons une grosse facture impayée, chez un de nos clients, et j’ai dit à mon chef comptable que je passerai chez ce client, Mercredi. .André a pu en conclure que Mercredi, je serais rentré. En fait, ce client est à Pointe à Pitre, en Guadeloupe, ou j’étais en vacances.
Cette erreur prouve bien qu’André était l’un des ravisseurs.
Mathilde regardait longuement les photos, et ne parvenait pas à reconnaître son kidnappeur..
- Il y a une chose très simple Papa. Durant toute la journée de lundi, mon homme à moi se trouvait prés de Toulouse. Si ton André était au travail, c’est qu’il s’agissait d’un autre..
- Très juste, ma fille. Je passe un coup de fil à mon chef comptable.
André était bien à Orange, le Lundi en question.
Bon, dit monsieur Bonnefoi, Mathilde et Pierre, vous allez venir dans mon bureau. Je ferai venir André. Nous verrons bien sa réaction en voyant Mathilde, et toi, tu nous diras si oui ou non, c’est lui qui te servait tes repas.
Quand André entra dans le bureau, il ne réagit pas en voyant Mathilde ;
Monsieur Bonnefoi demanda :
- Je suppose que vous vous connaissez ?
Non, Monsieur, je regrette…
- C’est ma fille !
- Ah ? Enchanté Mademoiselle !
- Très heureuse également. En effet, nous ne nous connaissons pas. Pourtant vous me rappelez quelqu’un que j’ai rencontré dernièrement.
- Ce n’était pas moi Mademoiselle
- Je sais bien que ce n’était pas vous. Mais cette ressemblance !!Peut être avez-vous des frères ?
- Un frère jumeau, c’est vrai. Nous nous ressemblons physiquement, mais nous sommes différents de caractère et …..De mentalité.
- Ah ! Nous y voilà ! dit Monsieur Bonnefoi. C’est vous qui avez donné les renseignements à votre frère, qui s’est chargé d’enlever ma fille pour obtenir de moi une forte somme d’argent.
André pâlit fortement
- Je vous jure, Monsieur, que je n’étais pas au courant, et que je ne suis pas directement concerné.
Dans une conversation, mon frère m’avait questionné pour savoir si vous étiez là, car, me dit il, il avait une affaire à vous proposer.
Sans penser à mal, je lui ai dit que vous partiez le Dimanche après midi et que vous seriez sans doute de retour le Mercredi suivant, puisque vous deviez aller voir un client.
Ce n’est que le mardi, qu’il est venu m’avouer l’enlèvement de Mademoiselle Bonnefoi, et sa fuite du lieu ou elle était détenue.
-E t bien entendu, vous n’avez rien fait ? demanda monsieur Bonnefoi.
Que vouliez vous que je fasse, Monsieur ? Votre fille avait réussi à s’échapper, il était probable qu’elle reviendrait chez elle. Et c’est bien ce qui s’est passé, puisque vous êtes là !
- Je suis là, mais j’ai bien failli mourir. Sans ce Monsieur ( elle désigna Pierre) je ne serais plus de ce monde, à cause de votre frère, et un peu de vous-même qui par vos renseignements avez permis mon enlèvement..
Vous auriez du avertir les autorités pour que des recherches soient lancées.
- Vous savez, Mademoiselle, dénoncer son frère, n’est pas une chose facile. Et je ne vous croyais pas en danger. Je pensais qu’après vous être échappée, vous seriez allée dans une gendarmerie.
- Je reconnais que c’est assez logique. Mais maintenant, vous devez nous dire ou se trouvent votre frère et son complice.
Si vous ne dites rien, alors, vous deviendriez vous-même leur complice.
- Ils sont tous les deux chez moi, mais je doute qu’ils veuillent se rendre. D’ailleurs, pour tout dire, ils me font un peu peur.
- Bon. Restez à la Société toute la journée. Ne prenez aucun contact avec eux, dans votre propre intérêt, …..Et le leur. Faites votre travail. C’est tout.
Monsieur Bonnefoi et Mathilde allèrent à la Gendarmerie d’Orange, pendant que Pierre téléphonait à celle d’Agen pour les tenir au courant.
Dans l’après midi, Alain, le frère d’André, et Jacques son complice, étaient arrétés au domicile d’André. Ils n’offrirent aucune résistance. Ils savaient que leur coup étant manqué, la jeune fille avait suffisamment d’éléments pour les faire retrouver.
La présence de Pierre à Orange, ne se justifiait plus. Sur l’insistance de Mathilde, ( qui n’eut pas à forcer son talent) il resta deux jours de plus, puis repartit vers le Lot et Garonne.
Mathilde et Pierre restèrent en contact par mail.
Cette histoire, véridique bien sur, va se terminer bètement. Mais ne m’en voulez pas. Je ne peux tout de même pas inventer pour vous faire plaisir !!!!
Oui, cette histoire se termine bètement. Pierre épousa Mathilde, mais ils n’eurent pas beaucoup d’enfants.
Ils n’en eurent que deux.
FIN
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