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Full Version: LES PIROUETTES DE LA VIE
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LES PIROUETTES DE LA VIE


PERSONNAGES
Solange Blanquet 30 ans
Jean Varin médecin, 40 ans
Alain Blanquet, beau fils de Solange 19 ans
Roxane Blanquet belle fille de Solange 18 ans


Le rideau s’ouvre sur une luxueuse pièce de séjour. Tapis haute laine au sol, 6 fauteuils confortables. Une très longue table basse Sur les murs de gauche et de droite, des tableaux de Maitres, Au fond à gauche, une baie donnant sur les arbres du parc.A droite au fond, une porte en chène massif qui donne sur le vestibule d’entrée.
Lorsque le rideau se lève, il n’y a personne en scène. Puis on entend des voix, et une femme entre. Elle est en grand deuil avec un voile noir très épais. Elle est suivie par un homme élégant d’une quarantaine d’annèes.
SOLANGE ( enlevant brutalement son voile)
Ouf !!! Enfin, c’est terminé. Quelle corvée ces cérémonies ! Enfin !C’est fini ! il est mort et enterré !
JEAN ( souriant)
C’est du Bossuet « Oraison pour un mari défunt »
SOLANGE
Oh, dis ! Tu ne prétends pas que sa mort te rend triste ? Maintenant je suis libre, libre, nous pourrons bientôt nous aimer au grand jour !
JEAN
Pourquoi » Bientôt »
SOLANGE
Pourquoi « Bientôt » ? Mais tout simplement parce que je suis prudente. On ne sait jamais.Tu ne vois pas que les enfants fassent casser le testament au motif que j’étais infidèle ?
JEAN
Mais tu sais bien que c’est impossible !
SOLANGE
Oui. Je sais qu’en principe, il n’y a pas de risque. Mais en principe seulement. Avec les tribunaux on ne sait jamais. Je te l’ai dit : Je suis prudente. D’ailleurs, il ne faut pas que tu restes ici. Les enfants vont arriver d’un moment à l’autre. Tu as accompagné jusqu’ici la veuve éplorée. C’est bien. Mais il ne faut pas que tu restes. Vas t en !! Tu te rends compte, si j’étais déshéritée..
JEAN
Mais tout d’abord es tu certaine d’hériter ?
SOLANGE
Comment si je suis certaine ? Mais évidemment ! Je vois très bien ce que Marc a du faire.
Cette maison à moi. La villa de Saint Raphaél à Roxane ( elle adore y aller) La Société à Alain qui fait des études commerciales pour en prendre la Direction, Quand au portefeuille de valeurs, il l’a divisé en trois parts. Moi, Alain et Roxane. C’est tout simple. D’ailleurs, je vais en avoir confirmation tout à l’heure. Le notaire était à l’enterrement. Je lui ai dit de venir nous lire ici le testament.
JEAN
Peut être as-tu été trop rapide, non ? Toi qui te dis prudente !
SOLANGE ( tout de suite inquiète)
Tu crois que j’aurais du attendre demain ?
JEAN
Oui…Demain…ou quelques jours. Cela aurait moins fait …. heu…..…rapace. ;
SOLANGE
Ah ? Tu crois ? Alors je vais lui téléphoner ( elle se dirige vers le téléphone)
JEAN
Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Maintenant que tu lui as dit de venir, laisse les choses en l’état. Que vas-tu lui dire au notaire ? « Maitre, ne venez pas aujourd’hui, il est plus décent d’attendre quelques jours » ? Non. Le mal est fait. Laisse le venir …..et moi je m’en vais. Je te téléphone ce soir. A tout à l’heure ma chérie.
SOLANGE ( visiblement dans ses pensées)
Oui. Au revoir, au revoir ! Qu’au moins il ne te trouve pas là !
Jean sort.
Solange continue à réfléchir quelques secondes puis s’adresse au public
SOLANGE
Il m’a fichu la frousse cet animal ! Vous croyez que je me suis trop pressée ? Après tout, il est mort, il est mort. Aujourd’hui ou dans 3 jours ce sera la même chose ! Oh et puis zut !!Ce que pense le Notaire, je m’en fous !Et ce ne sont pas les enfants qui vont….
A ce moment là, Alain et Roxane entrent
SOLANGE
Ah ! bonjour mes enfants !
ROXANE
Nous ne sommes pas vos enfants. Nous venons d’en parler avec Alain. Nous vous appelions Maman pour faire plaisir à Papa. Mais c’est fini. Nous vous appellerons Madame et vous vouvoierons.
SOLANGE
Mais enfin, qu’est ce que je vous ai fait ? J’ai toujours été gentille avec vous. Je ne comprends pas.
ALAIN
Madame, nous savons parfaitement que vous avez épousé Papa pour son argent. Vous ne l ’avez jamais aimé.
SOLANGE
Oh !!!! Comment pouvez vous dire ça ? J’ai adoré votre Père !
ALAIN
Vous l’avez adoré, parce qu’il vous a fait une vie…. dorée…
SOLANGE
Ce n’est pas le moment de faire de l’esprit, je ne vous permets pas de mettre en doute……..
ROXANE
Vous n’avez plus à nous permettre. Vous êtes une intrigante, et si notre pauvre papa ne s’en est pas rendu compte, nous si !!!
SOLANGE
Attention, attention à ce que vous dites ! vous pourriez le regretter..
La sonnette d’entrée retentit ;

SOLANGE
Ce doit être le notaire. Je lui ai demandé de passer pour nous lire le testament.
ALAIN ( furieux)
Quoi ??? Si vite ?? Vous êtes abjecte.. Madame.
Solange sort et revient avec le notaire tenant une serviette sous le bras
LE NOTAIRE( faisant une courbette)
Madame, Mademoiselle, Monsieur…Je suis à votre disposition.
SOLANGE
Asseyez vous Maitre. Excusez moi de vous avoir demandé de venir si vite, mais nous allons être très occupés les jours prochains . Les enfants ont leurs cours, et moi, je vais avoir pas mal de travail, mettre de l’ordre…
ALAIN
Inutile Madame de chercher des excuses…qui sont d’ailleurs ridicules. ( s’adressant au notaire) Nous désapprouvons la demande qui vous a été faite de venir dés aujourd’hui. D’ailleurs nous n’avons pas été consultés. ;
LE NOTAIRE
Je peux revenir un autre jour si vous le préférez….
ALAIN
Vous vous êtes dérangé. Il n’y a pas de raison pour que vous perdiez du temps du fait de notre belle mère. Si Roxane est d’accord, lisez ce testament puisque vous êtes là
ROXANE
Non. Elle est trop impatiente de savoir combien ses combines vont lui rapporter. Laissons la macérer quelques jours
SOLANGE
Vous êtes ignobles. J’aimais votre père, et je sais en gros ce que contient ce testament.
ALAIN
Vous l’avez lu ?
LE NOTAIRE
Non, Monsieur Alain. Madame n’a pas lu le testament de votre père.
ALAIN ( s’adressant à sa sœur)
Roxane, je partage, tu le sais tes sentiments. Mais puisque le notaire s’est dérangé, finissons en, veux tu ?
Sans répondre, Roxane va s’asseoir, indiquant par là qu’elle est d’accord.
( A suivre)
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Le notaire après avoir regardé tour à tour les trois personnes, qui font de la tête un geste affirmatif, sort de sa serviette, un dossier contenant une enveloppe cachetée.

LE NOTAIRE
Ce testament a été fait par Monsieur Blanquet il y a 10 mois.( Il décachette l’enveloppe et lit)
« Moi, Marc Blanquet, sain de corps et d’esprit déclare disposer de mes biens de la façon suivante.
Je lègue mon hôtel particulier à mes enfants .
SOLANGE
Quoi ? Mais c’est impossible !
LE NOTAIRE( reprenant)
Je lègue mon hotel particulier à mes enfants. Je désire qu’ils restent en indivis pour une durée d’au moins 5 ans. Après quoi, ils pourront prendre tel accord qui leur plaira.
Je lègue ma villa de Saint Raphael, à ma fille Roxane, qui aime tant s’y rendre.
En ce qui concerne ma Société, mes enfants Alain et Roxane ont chacun déjà 10%des actions. J’en possède 40 % qui reviendront en totalité à mon fils Alain, qui deviendra ainsi majoritaire.
SOLANGE
Mais.. ;et moi ?..
LE NOTAIRE ( continuant)
Par ailleurs, je possède un important portefeuille de valeurs dont la valeur à ce jour s’élève à 7 millions d’euros. Ce portefeuille sera partagé équitablement entre mes enfants.. Enfin..
SOLANGE (furieuse)
C’est inadmissible. J’attaquerai ce testament !!!
LE NOTAIRE ( imperturbable)
Je n’ai pas terminé.
Enfin, je dispose d’un Livret d’épargne. Il sera géré par mon fils Alain, qui devra mensuellement verser à Madame Solange Blanquet une somme de 1200 euros, jusqu’au décés de cette dernière. A cette échéance le reliquat de ce compte sera partagé entre mes enfants. »
SOLANGE
Fou. Il était fou ! Quand il a fait ce testament il était fou !! Il n’est pas valable !! Je plaiderai ! je le ferai casser ! Il était fou, fou !
LE NOTAIRE
Je n’ai pas tout à fait terminé.
« Je suppose que ma femme se plaindra de la modicité de son héritage. Mais d’une part, nous étions mariés sous le régime de la séparation de biens et d’autre part, mon décés va lui permettre de régulariser sa liaison avec le docteur Jean Varin qui possède une fortune assez conséquente . »
Solange est effondrée, Le notaire replie le testament, Alain et sa sœur Roxane s’embrassent
ALAIN
Alors, Madame ? Vous persistez à dire que mon père était fou ? Sacrément lucide pour un fou !
SOLANGE
Mais…qu’est ce que je vais devenir ? Mes enfants, vous n’allez pas laisser faire cette….injustice. Ce n’est pas possible ! J’étais sa femme !
ROXANE
Vous étiez sa femme ? Vous auriez du vous en rendre compte plus tot !
LE NOTAIRE
Maintenant , si vous le permettez, je vais me retirer

Il sort.

SOLANGE
Mes enfants, vous connaissiez bien votre père ? Vous saviez qu’il m’aimait ? il n’a pu faire ce testament que dans un moment d’égarement. Objectivement, vous devez le reconnaître ?
ALAIN
Logiquement, comme vous dites, il était normal que mon père ait testé comme il l’a fait. Nous ne savions pas que vous le trompiez, il le savait et en a tiré tout naturellement les conséquences.
SOLANGE
Mais non, mais non !! Je n’ai jamais trompé votre père ! Je l’aimais trop !! Je ne sais ce qui a pu lui faire croire cette ignominie….D’ailleurs, vous-mêmes, je sais que vous ne m’aimez pas beaucoup, mais vous n’avez jamais pensé que j’étais infidèle à votre père, vous n’avez jamais eu le moindre soupçon, tout simplement parce qu’il n’y avait rien. Je vous assure, c’est une terrible erreur, et s’il m’en avait parlé, ce malentendu aurait été éclairci. J’espère mes enfants que vous me croyez ?
ALAIN
Notre père n’était pas un homme capable d’accuser à la légère .Et s’il est exact que je ne m’étais rendu compte de rien, c’est simplement parce que je ne pensais pas que ce soit une chose envisageable. Mais maintenant que mon attention a été attirée, de petits details me reviennent en mémoire, et j’ai la certitude que le Docteur Varin est votre amant
SOLANGE
Mais c’est impossible !!Vous m’accusez sans preuve !!
ALAIN
Sans preuve pour l’instant, peut être, mais, avec des présomptions tellement fortes…..
ROXANE
Moi aussi Madame, je suis sûre que c’est vrai
SOLANGE
Que vous ai-je fait pour que vous inventiez des choses horribles à mon sujet ? Bien sûr, les dispositions prises par votre père vous arrangent , mais, je le répète ces choses horribles sont fausses !!
ROXANE
Ces choses horribles ne devaient pas vous paraître trop désagréables. Vous devez vous estimer heureuse que mon père vous ai laissé une pension.
SOLANGE
Une pension ? 1200 euros par mois ? C’est une disposition vexatoire !
ALAIN
Si vous vous sentez véxée, rien ne vous empèche d’y renoncer
Un long moment de silence.

SOLANGE
Bon. Voulez vous imaginer une seconde, que je n’ai jamais trompé votre père, ni avec le Docteur Varin ni avec un autre. Je vous en supplie, essayez de vous persuader de ce fait. Et maintenant mettez vous à ma place. Que penseriez vous ? Faites un effort d’objectivité, que penseriez vous vraiment ?
ALAIN
Vous êtes très habile , Madame, mais pourquoi envisager une hypothèse fausse ? Le Docteur Varin est votre amant, et toute votre dialectique n’y changera rien.
Il faut s’en tenir au fait. Mon père a fait un testament. Il a disposé de ses biens conformément à ses désirs, et sans violer aucune loi. Le problème est réglé.
SOLANGE
Non. Le problème n’est pas réglé. Je ne me laisserai pas faire. Je vais me renseigner. Ne croyez pas que vous avez gagné….
Solange sort
ROXANE
Crois tu Alain qu’elle puisse faire quelque chose ?
ALAIN
A mon avis, non. Je suis certain qu’elle est la maitresse de Varin. Et d’ailleurs, même si elle ne l’était pas, notre père a disposé librement de ses possessions.

A ce moment, le téléphone sonne. Le micro d’ambiance est mis et l’on entend la conversation. Alain décroche.
JEAN
Bonjour, ici Jean Varin. Pourrais je parler à madame Blanquet ?
ALAIN
Ne quittez pas ! ( fermant le recepteur avec la paume de sa main, à Roxane) Tiens ? Voilà le Jules qui vient aux nouvelles !
Il pose le téléphone, sort de la pièce avec Roxane et crie :
Téléphone,c’est pour vous !
Quelques secondes plus tard, Solange entre et prend le téléphone
SOLANGE
Allo,
JEAN
C’est moi. Tu as du nouveau ?
SOLANGE
Tu parles !!!Si j’ai du nouveau ? Il ne me laisse rien !
JEAN
Comment, rien ?
SOLANGE
Rien. Il me laisse une rente de 1200 euros par mois. C'est-à-dire, rien.
JEAN
Mais enfin, c’est impossible. Pourquoi ?
SOLANGE
Oh, il donne l’explication ! Il sait que nous sommes amants, il sait que tu es riche….et voilà….
JEAN
Mais ma situation personnelle n’a pas à entrer en ligne de compte !!Il était ton mari. Et comment a-t-il pu savoir ?
SOLANGE
Comment il a pu savoir, je n’en sais rien ! Mais les faits sont là. Je n’ai plus rien, plus rien….Je n’ai plus que toi.
JEAN
Mais ma pauvre petite, moi, ce n’est pas grand-chose. Et contrairement à ce que tu dis, 1200 Euros par mois, ce n’est pas rien. Il va bien falloir que tu t’organises…
SOLANGE
Quoi ? Tu es en train de me dire que je vais devoir me débrouiller toute seule ? Tu me laisses tomber ? Alors que tu es riche !
JEAN
Solange, je ne suis pas riche. Je peux même dire que mes dettes dépassent mes actifs. Toi et moi, allons avoir des moments difficiles….chacun de notre coté.
SOLANGE
Salaud !!Salaud !! Alors maintenant que je suis pauvre, tu vas me laisser tomber ! Mais c’est dégueulasse
JEAN
Oh là, oh là ! Je t’en prie, Solange ! Pas de leçon de morale. Pas toi ! Tu t’es mariée avec un vieux pour son argent. Alors, tu permets..
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SOLANGE
C’est faux. J’aimais mon mari !
JEAN
A d’autres !!Pas à moi ! Tu m’as dit toi-même que tu avais fait un mariage d’intérêt
SOLANGE
, Mais, je me suis mise à l’aimer !
JEAN
Oui. En prenant un amant ! Et si tu t’es mise à l’aimer, il a fait le chemin inverse. Mais encore une fois, tu n’es pas sans rien. Il te laisse une pension. C’est du sûr, ça !
SOLANGE
Je ne comprends pas que tu puisses être aussi…insensible. Tu disais que tu m’aimais
JEAN
Et c’est vrai. Je t’aime. Mais que veux tu ? je ne peux t’aider. Je te conseille de t’arranger avec tes beaux enfants.
SOLANGE
Ils me détestent, et sont tout heureux d’avoir tout le magot.
JEAN
Je regrette. Excuse moi, on sonne à ma porte, il faut que je te quitte. Tiens moi au courant. ( On entend qu’il raccroche, elle en fait autant, et en tapant des pieds elle murmure : » Le salaud ! le salaud ! le salaud !!! »
Le rideau tombe

Le rideau se lève sur le même décor. Le lendemain matin
Dans un fauteuil, Roxane est seule. Elle fait une grille de mots croisés. Le téléphone sonne. Roxane décroche
ROXANE
Allo ?
LE NOTAIRE
Bonjour, Mademoiselle Blanquet. Ici Maitre Combe. J’ai du nouveau. Il faut que je puisse voir voir tous les trois.Votre belle mère et votre frère sont ils là ?
ROXANE
Oui. Ils ne sont pas sortis. Que se passe t il ?
LE NOTAIRE
Par le courrier de ce matin, j’ai reçu un codicile.
ROXANE
Un codicile ?
LE NOTAIRE
Oui. Si vous voulez c’est une modification du testament.
ROXANE
Et qu’est ce qui est modifié ?
LE NOTAIRE
Je n’en sais rien. Je veux l’ouvrir devant vous. Puisque vous êtes là, tous les trois, j’arrive.
ROXANE
Bon. D’accord ( elle raccroche, et crie)
Alain, Madame Blanquet, venez ! le notaire vient de téléphoner. Il y a du nouveau. Il arrive !
ALAIN ( qui rentre le premier)
Pourquoi revient il le notaire ? Que peut il y avoir de nouveau ?
ROXANE
Il a reçu un codicile.
ALAIN
Un codicile ?
ROXANE
Oui. Un codicile, c’est…
ALAIN
Je sais ce que c’est qu’un codicile. Je fais du droit. Mais pourquoi n’est il pas venu hier avec ce codicile ?
ROXANE
Il m’a dit qu’il ne l’avait reçu par la poste que ce matin.
ALAIN
Ce matin…Mais c’est curieux..Papa est mort depuis 4 jours, et il était incapable de sortir les derniers temps.
ROXANE
Ecoute, moi je n’en sais rien. Je te répète ce que Maitre Combe m’a dit.
(Entre Solange)
SOLANGE
Que se passe t il ?
ALAIN
Le notaire va revenir. Il y a un codicile
SOLANGE
Un quoi ?
ALAIN
Un codicile. Une modification au testament.

SOLANGE
Ah bon ??J’espère qu’il a compris à la fin qu’il avait été injuste envers moi…De toutes façons, il ne peut me léguer moins que ce qu’il avait d’abord prévu. A quelle heure va-t-il venir ?
ALAIN
Vous savez bien que son étude est tout à coté, et il m’a dit qu’il partait tout de suite. Il ne va pas tarder.
Pensifs, les trois personnages s’installent dans des fauteuils et réfléchissent.
Solange, très nerveuse, murmure : « Mais qu’est ce qu’il attend, c’est juste à coté »
La sonnette retentit, et Roxane bondit pour aller ouvrir

Elle revient avec le Notaire.
LE NOTAIRE
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour.Comme je vous l’ai dit au téléphone, il y a un fait nouveau.
J’ai reçu une lettre, par le courrier de ce matin, . Cette lettre était de Monsieur Louis Charensol, qui, vous le savez était un très grand ami d’enfance de Monsieur Blanquet.
Monsieur Charensol était venu le voir, alors qu’il était déjà très malade, et à sa dernière visite, au moment ou il allait s’en aller, Monsieur Charensol me raconte dans sa lettre ce qui s’était passé . Je cite :

« Peux tu me consacrer encore quelques minutes, Louis ?
- Oui, bien sur !
- - Bon. Assieds toi. Je dois faire un codicile à mon testament. Ce ne sera pas long. Si je m’en sors, je te demande de me rendre la lettre( ou plus exactement , les lettres que je vais te confier. Et sinon….tu les feras parvenir à mon notaire.
- Puis Monsieur Blanquet se mit à écrire et cacheta une enveloppe.Puis, il écrivit une seconde lettre qu’il cacheta également. Il me les remit.
- - Voilà, mon vieux Louis. J’espère que tu auras à me les rendre. Merci pour tout. »
- A la lettre de Monsieur Charensol était jointes deux enveloppes, l’une m’est adressée personnellement, l’autre contient le codicile. Je vais maintenant l’ouvrir devant vous »
- Le notaire décacheta l’enveloppe, et fit la lecture de son contenu.
- « En ce qui concerne mes biens immobiliers, ainsi que mon portefeuille de valeurs, je ne désire apporter aucun changement à mes dispositions testamentaires.
- Mais j’ai eu connaissances récemment d’un fait nouveau qui m’amène à modifier mes dispositions en ce qui concerne mon livret qui à ce jour doit représenter environ, 950.000Euros.
- J’ai appris que le Docteur Jean Varin, joueur invétéré, est criblé de dettes.
- Je ne veux pas que ma future Veuve soit dans le besoin, et malgré l’avanie qu’elle m’a fait subir, je vais aller ( sans doute) au devant de son plus cher désir.
- Tout d’abord, durant l’annèe suivant mon décés, elle pourra rester vivre dans les 4 pièces de l’aile ouest de mon hotel particulier. Et ce gratuitement.
- Ensuite, durant 3 ans elle recevra les 1200 euros mensuels que j’avais prévu.
- Enfin., Sous la double condition qu’elle se remarie moins d’un an après mon décés, avec le docteur Jean Varin, et que durant au moins deux ans, elle cohabite réellement avec son mari, à la date anniversaire des trois ans de mon décés, elle recevra tout le reliquat du Livret.
- Je nomme Maitre Combe mon exécuteur pour cette disposition spéciale. Il devra gérer le Livret en réglant chaque mois, la pension de ma femme. Il devra vérifier que le mariage avec le Docteur Jean Varin a été effectif dans le délais fixé. Il devra enfin s’assurer que durant les deux annèes suivantes la cohabitation des deux époux n’aura pas cessée. Maitre Combe trouvera par ailleurs une lettre concernant ses honoraires. »
- Voilà, c’est tout. Des questions ?
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SOLANGE
Ces dispositions sont pires que celles contenues dans le premier testament.Je ne veux pas me marier avec …ce docteur Varin….Je ne savais pas qu’il était joueur…Au fond je ne le connais pas beaucoup..
ALAIN
Oh, vous avez bien épousé mon père pour son argent, vous épouserez bien le toubib pour avoir prés d’un million d’euros. A vrai dire, c’est pour nous que le codicile est désavantageux : Nous infliger votre présence durant un an, ça va être dur !! Très dur !!!!
SOLANGE
Mais enfin Maitre, êtes vous certain de l’authenticité de ce codicile ? Il vous est parvenu bien après sa mort. Et je ne puis croire que mon mari ait eu la méchanceté de m’imposer un mariage pour hériter.
LE NOTAIRE
Ce testament est incontestablement authentique. Il a été rédigé de la main même de votre mari. Par ailleurs il vous offre des possibilités qui n’étaient pas contenues dans le premier testament. Je n’y vois pas la trace de méchanceté, bien au contraire.
SOLANGE ( emportée)
Mais il savait tout, tout. Il savait même deviner ce qui allait se passer. Il savait que le Docteur et moi ……
ALAIN
Le Docteur et vous ?
SOLANGE ( se reprenant)
Non. Rien. Je maintiens : de la méchanceté !

ALAIN
Ce que vous appelez de la méchanceté, n’est en fait que de la lucidité. Et puis, puisque vous étiez la maitresse du docteur, je suppose que vous devez être heureuse de pouvoir vous marier avec lui, avec, en prime, une belle somme d’argent.
SOLANGE
Vous supposez, vous supposez…Vous supposez mal. Je ne veux pas me marier avec cet individu !

ALAIN
Si votre amant est devenu « un individu », c’est alors que mon père, en effet avait des éléments que je ne possède pas. En somme il vous a pris au piège. Ou vous vous mariez avec « cet individu » ou vous perdez beaucoup d’argent
SOLANGE
Mais enfin, qu’ai-je fait pour que tout le monde soit méchant avec moi ? Je suis seule, seule…
LE NOTAIRE
Madame, j’ai rempli mon ministère. Maintenant si vous le permettez, je vais prendre congé. D’autres affaires m’appellent
SOLANGE
Maitre ! donnez moi un conseil. Que puis je faire ?
LE NOTAIRE
Madame, vous êtes logée gratuitement durant un an. Vous allez toucher une pension durant trois ans. Vous avez donc la possibilité de réfléchir à votre avenir en toute sécurité. Ce que je puis vous dire, c’est que le testament produira ses effets normalement, et que c’est sur ces bases que vous devez réfléchir et prendre vos décisions.
Madame, Mademoiselle, Monsieur ( Le notaire les salue et sort)
ALAIN
Madame, je pense que vous devriez commencer à déménager vos affaires personnelles, pour pouvoir vous installer définitivement dans l’aile ouest qui est mise à votre disposition pour un an. Je désire que votre déménagement soit effectif à partir de demain soir. Tu viens, Roxane ? Au revoir Madame ( Alain et Roxane sortent)
Solange, seule en scène reste immobile, comme tétanisée. Puis elle secoue la tête, reprend visiblement du poil de la bète, et se dirige vers le téléphone. Elle forme un numéro.
SOLANGE
Allo, Jean ? C’est Solange
JEAN VARIN
Je crois que nous n’avons plus rien à nous dire. Au revoir
SOLANGE
Attends, attends, ne raccroche pas il y a du nouveau.
JEAN
Du nouveau ? Dans quel domaine.
SOLANGE
Du coté du testament
JEAN
Ah ? Il y a un nouveau testament ?
SOLANGE
Non. Mais un codicile.
JEAN
Et il ne sort que maintenant ?
SOLANGE
Oui. Je t’expliquerai. Dans son codicile, mon mari dit qu’il a appris que tu étais ruiné. D’après lui, tu serais un joueur. Il a donc décidé que durant un an je pourrais continuer à habiter ici dans l’aile ouest. Il veut que nous nous mariions avant un an, et si nous vivons ensemble durant les deux ans suivants notre mariage, il me laisserait la totalité de ce qu’il y aura sur son livret
JEAN
Que je me marie ? Moi ? Avec toi ? Mais il est fou ? …..Ou sadique.. Il n’en est absolument pas question. Tu es bien gentille….comme ça, …mais me marier avec toi ? Non, merci !!( un long moment de silence, pendant lequel Solange se met à pleurer) Et…Il y a combien sur ce Livret ?
SOLANGE ( entre deux sanglots)
D’après le notaire, à peu prés 950.000 euros
JEAN
950.000 Euros ?
Un autre silence.
JEAN
Ecoute, il faudrait parler calmement de tout ça. Mais je ne voudrais pas voir les autres.
SOLANGE
C’est simple, l’aile Ouest qui m’est allouée a une entrée indépendante. Viens me voir, si tu le désires, mais après ce que tu m’as dit…..je n’en vois pas vraiment l’intérêt..
JEAN
Ecoute, discuter n’engage à rien….nous verrons bien…je viendrais te voir en fin d’après midi, vers 18 heures. A tout à l’heure.( il raccroche).

Solange est pensive, et le rideau tombe.
Le rideau se lève sur une pièce qui manifestement n’est pas habitée depuis longtemps.Deux ou trois vieux meubles, Solange est assise ( vautrée serait plus exacte )dans un fauteuil. Devant elle, 3 valises. Un mouchoir à la main, elle se tamponne les yeux, et fait des efforts pour s’arréter de pleurer, et être plus présentable. Elle regarde sa montre.
SOLANGE ( à mi voix)
Six heures vingt . Mais qu’est ce qu’il fiche ?
On frappe à la porte du fond à droite, elle crie « Entrez » et Jean entre
JEAN ( il regarde autour de lui)
Ainsi, c’est là que tu dois vivre pendant un an ? Dis donc, ce n’est pas très jojo !!Ils ne te gatent pas !
SOLANGE
Je m’en fous !Je me fous de tout !!
JEAN ( surpris)
Ah, bon !! C’est bien ! je constate que tu prends bien les choses..Pourtant tu étais sa femme..
SOLANGE
Oui. J’étais sa femme. Et je regrette de l’avoir oublié.
JEAN
Quoi ? Tu regrettes que toi et moi ?.....
SOLANGE
Parfaitement. Si je suis dans cette situation, c’est de ma faute.
( A suivre)
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JEAN
De ta faute, de ta faute…Tu sais les choses ne sont jamais aussi simples..Et puis, crois moi, Solange, l’important c’est de trouver une solution ( il y en a toujours) pour que tu ne sortes pas perdante de cette histoire.
SOLANGE
Cette histoire, comme tu dis, est déjà écrite..Et j’ai perdu.
JEAN
Mais non, mais non. Ne dis pas ça !!
Voyons…tu m’as dit que si nous nous marions avant un an et que nous cohabitons pendant deux ans, tu toucherais 950.000 euros ?
SOLANGE
Je ne veux pas me marier avec toi !
JEAN
Attends, attends, ne t’emballe pas !! Il y a une solution ou nous sommes tous deux gagnants.
Se marier, n’engage à rien. Cohabiter, cela veut dire vivre sous le même toit. Mais nous pouvons parfaitement être indépendants en vivant sous le même toit. Alors voici ce que je te propose. Nous nous marions ; Je m’empresse de te dire que ce sera un mariage blanc si tu le désires…quoiqu’après avoir été amants…Mais bon…Ce sera comme tu voudras. Tu viendras vivre chez moi. Dans la chambre d’amis. Au bout de deux ans, tu touches le paquet, nous partageons en deux et nous divorçons. Tu le vois, nous sommes gagnants tous les deux.
SOLANGE ( très énervée)
Tu me dégoutes. Il n’en est pas question !!

JEAN
Te voilà bien susceptible tout d’un coup !
SOLANGE
J’ai mes raisons. Il faudra que tu trouves une autre combine pour faire face à tes dettes de jeu.
JEAN
Des raisons ? Quelles raisons ?
SOLANGE
J’en ai au moins une. Mais elle est de taille. J’attends un enfant.
JEAN ( un instant ahuri)
Un enfant ? Et depuis quand sais tu ça ?
SOLANGE
J’ai fait un test il y a 3 heures.

JEAN
Je reconnais que c’est une excellente raison. Je ne veux pas de cet enfant. Il est sans doute de moi, mais tu l’as fait sans mon accord. Donc plus de mariage. Tu as raison.
SOLANGE
Décidemment, si je ne te connaissais pas, je fais des progrés rapides. Tu crois que cet enfant est de toi, et tu veux me le laisser sur les bras. Bravo. Mais tranquillise toi ! je suis à peu prés certaine qu’il n’est pas de toi !
JEAN
Quoi ? Il serait de Marc ? Tu te fiches de moi ?
Un long moment

JEAN
Ah, j’y suis !! Tu veux que cet enfant soit celui de Marc, pour qu’il puisse hériter…et toi par la même occasion.
SOLANGE
J’étais sûre que tu penserais ça. Je me fiche de ce que tu penses. Mais pour ta gouverne, c’est faux. Je veux avant tout que mon enfant soit celui de Marc, parce que c’était un homme remarquable, alors que tu es un être lamentable, dépravé, bas..
JEAN
Vas y, vas y ! A force de te dire une petite sainte, certains peut être finiront par y croire. Mais pas moi. Tu es au moins aussi dépravée que moi. Tu vois ? Tu arrives à me dégouter !!Je te laisse !!
Jean sort.
Solange qui était dans un fauteuil se lève et va vers le téléphone intérieur. Elle appuie sur un bouton. On entend la sonnerie par le micro d’ambiance. On décroche.
SOLANGE
Allo, Alain ?
ALAIN
Oui. Que voulez vous Madame ?
SOLANGE
Si Roxane est là, j’aimerais bien vous voir
Alain, au bout du fil laisse passer un temps
SOLANGE
Allo ?
ALAIN
Oui. Je suis toujours là. Je suppose que vous voulez nous faire part de votre mariage ?
SOLANGE
Non. Mais si vous pouviez venir, j’ai des choses importantes à vous dire.
ALAIN
Bon. Je viens avec Roxane. ( Il raccroche)
Pendant quelques secondes, Solange semble réfléchir, puis Alain et Roxane entrent en scène.
ALAIN
Voilà. Vous avez voulu nous voir. Nous sommes là.
SOLANGE
Merci. En premier lieu, je voulais vous dire que je refuse de me marier avec Jean Varin.
ALAIN
Vous refusez ?... Vous renoncez à votre part d’héritage..
SOLANGE
Votre étonnement me confirme dans le fait que vous ne voyez en moi qu’une aventurière. Vous faites erreur. Il me serait en effet possible de me marier avec Jean, de vivre avec lui durant deux ans de toucher 950.000 Euros, puis de divorcer. C’est d’ailleurs ce qu’il m’a proposé. Mais, je ne ferais pas n’importe quoi pour de l’argent, et il me dégoute. Je me suis rendue compte qu’en fait je ne le connaissais pas vraiment. Il est abject.
ROXANE
Nous nous serions donc trompés sur votre compte ?
SOLANGE
Je le pense. Et c’est maintenant que vous me jugez normalement. Je vous en conjure, croyez moi. J’ai autre chose à vous dire, mais je vous prouverai que cela ne doit pas vous faire changer d’avis, de nouveau.
ALAIN
Nous vous écoutons.
SOLANGE
Je sais depuis environ 3 heures, que j’attends un bébé. J’ai fait un test, il est positif.
ALAIN ( après quelques secondes)
Un bébé ? Qui est le père ?Ah, je comprends ! Vous renoncez à recevoir les fonds du livret pour que votre enfant( et donc vous-même) ayez le tiers de toute la succession.
SOLANGE
Vous faites erreur, et je vais vous le prouver.
( A suivre)
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aristee

ROXANE ( à son frère)
Il faudrait d’abord qu’elle prouve que son bébé est de Papa. Or, il est plus que probable qu’il est du Docteur .
SOLANGE
Je vous en prie, écoutez moi.
A ce moment là, le téléphone sonne. Solange décroche. Le micro d’ambiance est mis. On entend toute la conversation.
JEAN
Allo ? Il faut que je te vois. Je peux venir maintenant ?
SOLANGE
Je ne vois pas ce que tu pourrais avoir à me dire. Je ne veux pas me marier avec toi. Tu ne me feras pas revenir sur ma décision.
JEAN
J’ai une autre proposition à te faire.
SOLANGE
Une autre proposition venant de toi ne m’interesse pas.
JEAN
Pourtant, crois moi, tu as tout intérêt à m’écouter. Je dis bien » tout intérêt »…
SOLANGE
Bon. Viens. Mais je te préviens, je ne marcherais dans aucune de tes entourloupettes.
JEAN
A tout de suite ( il raccroche et Solange en fait autant

SOLANGE
Lorsqu’il va arriver, je vous demande de passer dans la pièce à coté, de ne pas fermer la porte et d’écouter toute notre conversation. Maintenant, je vais m’expliquer.
Sur un point, vous pouvez ne pas me croire. Mais j’ai tout lieu de penser que mon bébé est de mon mari. Je vais vous dire mes décisions et mes propositions.
Tout d’abord, j’ai pris la décision, dés après mon accouchement de me remettre à travailler. Vous le savez le suis secrétaire –interprète trilingue.
Et j’en viens au testament.
Je ne puis renoncer à ce que m’a offert votre père. Logement ici durant un an, et une pension de 1200 euros, que je ne toucherai que durant un an également pour faire la soudure avec mes premiers revenus de mon travail, après mon accouchement.
Les dispositions prises par votre père concernant les legs personnels seront inchangées. Mougins à Roxane et Les 40% des actions de la Société à Alain qui deviendra ainsi majoritaire.
En ce qui concerne le Livret et le portefeuille d’actions, je vous propose qu’ils soient divisés entre les trois enfants.
Mais je ne veux pas que vous puissiez penser que je n’ai en vue que mon intérêt personnel. Seul l’intérêt de mon fils (car ce sera un garçon ; je le sens), votre demi frère, m’importe. Et je le prouve.
Je vous demande, Alain, de bien vouloir être le tuteur de mon enfant. C’est vous qui aurez ainsi la gestion de tous les biens de mon fils. Je n’aurais aucun droit de contrôle. Je vous prouve ainsi que ce n’est pas mon intérêt personnel qui me guide.
Un long silence
ALAIN
Je reconnais que votre proposition vous dédouane de toute accusation de femme interessée. Mais…Car il y a un mais. Qui nous prouve que votre enfant est bien celui de notre père, et que nous devons lui abandonner une partie de notre héritage.
SOLANGE
Rien. Je l’avoue. Je suis persuadée que Jean n’est pas le père, ( peut être parce que ce serait trop affreux que mon enfant ait un père tel que Jean) mais je le reconnais, je n’ai aucune preuve .
A ce moment là, la sonnerie de la porte d’entrée retentit
SOLANGE
C’est lui. Passez dans la pièce à coté et écoutez notre conversation.
Solange va ouvrir et revient suivie de Jean Elle va s’asseoir dans un fauteuil. Il en fait autant.
SOLANGE
Alors ?
ALAIN
Alors ? C’est très simple. Tu vas avoir un bébé. Tu ne sais pas qui est le père. C’est Marc, ou c’est moi. D’accord ?
SOLANGE
Continue !
ALAIN
Bien. Si c’est l’enfant de Marc, il hérite. C'est-à-dire que TU hérites. Et s’il est mon enfant tu n’auras rien du tout.
Alors, suppose, je dis bien suppose, que je fasse une recherche en paternité et qu’il soit de moi. Tu n’aurais donc rien. C’est l’évidence même.. Tu as donc intérêt à ce que je ne fasse pas de recherche en paternité. C’est possible.
Légalement, ton enfant sera celui de Marc puisqu’il naitra 8 mois après le décés de ton mari. Si je ne bouge pas, ton enfant, et par conséquent toi, tu hérites. Et je peux ne pas bouger…..ce qui, tu l’avoueras mériterait récompense. Je ne suis pas méchant. Tu me donneras la moitié de la somme qui se trouve sur le Livret…Allons, disons 500.000 Euros pour faire un compte rond, et je laisse aller les choses. C’est avantageux pour toi, non ?
Solange reste interdite un moment
SOLANGE
Plus je te vois, plus tu es ….Tiens ! je ne trouve pas de mot pour te qualifier. Mais dis donc si tu faisais reconnaître cet enfant comme le tien, tu serais perdant. Tu ne gagnerais rien, et de plus, tu aurais le devoir de l’élever.
JEAN
Oh ! si ce n’est que cela, je saurais bien m’affranchir du « devoir » comme tu dis. Mais toi, tu n’hériterais pas.
SOLANGE
La seule pensée que je pourrais te faire gagner un seul euro me rend malade. Fais ce que tu voudras. Ainsi que tu l’as dit, légalement cet enfant est celui de Marc, et je sens que c’est la vérité. Ce serait trop affreux s’il avait un père tel que toi. Je ne te retiens pas, vas t en !
JEAN
Mon Dieu que tu es bète !! Tu crois peut être que je ne mettrai pas ma menace à exécution ?
SOLANGE
C’est faux. Je te crois capable de tout !
JEAN
Et tu risques de tout perdre pour 500.000 malheureux Euros ?
SOLANGE
Je te l’ai dit. Même pour un Euro, je n’accepterais pas.
JEAN ( se levant) Bon. Tu l’auras voulu ! Mais tu t’en mordras les doigts ma vieille ! Je ferai cette recherche en paternité. Et même si je n’y gagne rien, tu ne gagneras rien non plus !
SOLANGE
Sors immédiatement !!
A ce moment là, Alain suivi de Roxane entre.
ALAIN
Une seconde Docteur.
JEAN ( surpris)
Tiens ? Vous êtes là, vous ?
ALAIN
Oui je suis là, et j’ai entendu votre proposition. Solange a raison. Il n’y a pas de terme pour vous qualifier. Mais les canailles comme vous ne sont pas toujours gagnantes. Et je puis vous dire, que vous ne ferez pas de recherche en paternité.
JEAN
Ha oui ? Et qui m’en empécherait ?
ALAIN
Moi. Voyez vous, mon père savait que vous étiez criblé de dettes, et il avait une bonne raison pour le savoir. En triant ses papiers, j’ai trouvé une reconnaissance de dette de 30.000 Euros signée par vous. Si vous faites quoique ce soit contre Solange et son enfant, j’exigerais le paiement immédiat de cette somme.
JEAN
Mais vous êtes aussi idiot que Solange ! Nous avons des intérets communs ! Si je prouve que l’enfant n’est pas le fils de votre père, vous partagerez l’héritage à deux et non à trois !
ALAIN
Il faut croire que nous avons des conceptions différentes…Et je m’en réjouis !
Moi aussi je suis révulsé à la pensée que ce pauvre bébé vous ait pour père ! Maintenant partez. Et dites vous bien que si vous tentez quoique ce soit contre Solange et son enfant, je vous mettrais sur la paille !
JEAN
Bon, Bon. ( après réflexion) finalement, je n’ai pas tout perdu ! Pour garder votre gage contre moi, vous ne me réclamerai pas les 30.000 Euros !
ALAIN
Sortez immédiatement
(Jean sort, avec une apparence décontractée et en faisant un petit geste d’adieu de la main)
SOLANGE
Merci, Alain. Vous êtes bon..je suis si heureuse de ne pas passer sous les fourches caudines de cet individu.
ALAIN
J’ai eu grand plaisir en ayant barre sur lui.
Mais il a interrompu notre discussion.
Vous nous avez dit votre intention de travailler. Vous m’avez proposé de devenir le tuteur de votre enfant. Si Roxane est d’accord, nous accepterons un petit frère ou une petite sœur, dernier don de notre père.
En ce qui concerne l’hôtel particulier que nous occupons, Roxane et moi, nous ne voulons pas vendre. Nous continuerons à vivre ici, et vous-même, vous pourrez avec votre enfant occuper les 4 pièces de cette aile, tant que cela vous agréera. Roxane ?
ROXANE
Je suis entièrement d’accord avec toi, frérot.
Solange, il est vrai que nous vous avions mal jugée….
SOLANGE
Non, non, vous ne m’aviez pas mal jugée. Je veux être honnète avec vous.C’est vrai que j’ai été interessée, c’est vrai que j’étais littéralement envoutée par Jean, et puis, lorsque j’ai vu ce qu’il était réellement,et surtout, quand j’ai su que j’attendais un bébé….Je ne sais comment vous l’expliquer, mais j’ai senti…une sorte de chavirement en moi…Il m’a semblé que subitement …je me remettais dans le bon sens sens…C’est un peu comme un bateau qui naviguait la quille en l’air et qui tout à coup se retourne pour flotter normalement. C’est tout à fait ça !Je naviguais la quille en l’air lorsque d’une part, j’ai vu clair dans le jeu de Jean et j’ai su que je portais un enfant. Ces deux chocs m’ont fait reprendre la position normale de navigation. J’ai honte de ce que j’ai été…Je suppose que toutes les mères aiment les enfants qu’elles attendent, Mais, à mon amour se mèle une telle reconnaissance ! .Si vous saviez comme je l’aime fort, et comme je sens, je suis certain …qu’il ne peut qu’être le fils de Marc.
ROXANE
Ne pense plus à ce que tu as été. Seule compte la nouvelle Solange, et nous allons nous aimer…tous les quatre. Tu ne seras plus notre belle mère ni « Madame » Tu sera notre sœur.
ALAIN ( en riant)
Holà, holà ! Roxane !! Tu vas singulièrement compliquer les choses ! Notre sœur va être la mère de notre frère…Allons, je plaisante. Nous serons tous frères et sœurs. Deux frères et deux sœurs
ROXANE
Non. Ce sera une fille !
ALAIN
Je maintiens : ce sera un garçon…Pour faire l’équilibre.
SOLANGE
Vous êtes des amours. Mais je serai mère…de mon enfant.
Roxane prend Solange dans ses bras et l’embrasse, Alain en fait autant, puis les trois personnages, font face à la foule. Solange au milieu passe son bras gauche sur les épaules d’Alain et son bras droit sur celles de Roxane.
SOLANGE ( s’adressant au public)
Voyez vous, Mesdames, Messieurs, devant les sentiments, l’argent ne pèse pas lourd !Et les sentiments peuvent redresser la marche d’un bateau.
Ils saluent tous les trois et le rideau tombe.

FIN
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