- Pierre et Charles allèrent à « La Mansarde » pour tenir Brigitte au courant de la conversation qu’ils venaient d’avoir avec Monsieur Vidal.
- Ils furent un peu surpris de la réaction, ou plutot de l’absence de réaction de Brigitte.
- Pierre crut même qu’elle n’avait pas écouté la relation qu’ils venaient de faire.
- - Brigitte, vous semblez absente. Avez-vous suivi ce que nous venons de vous dire au sujet de notre entrevue avec votre père ?
- - Oui. Merci.
- Et ce fut tout son commentaire.
- Aussi Charles crut bon d’ajouter :
- - Nous avons donné notre accord pour attendre 5 jours. Lorsque Jane, votre mère, sera là, elle sera mise au courant pas Monsieur Vidal, et des décisions seront prises. Nous veillerons, Pierre et moi, pour que la solution retenue soit conforme à votre intérêt.
- - Merci, se contenta encore de répondre Brigitte.
- En quitttant La Mansarde, Pierre et Charles discutèrent longuement sur l’attitude, comme absente de Brigitte, mais ils ne purent trouver d’explication.
- Jane devait arriver avec sa fille à l’aérodrome de Marignane, et Monsieur Vidal devait aller la chercher. Il ne pouvait évidemment parler du problème posé par Brigitte devant Elisabeth, la fille de Jane.
- Il décida donc de mettre par écrit toute l’histoire de Brigitte. Les 2 lettres envoyées à la nourrice et retrouvées. La venue chez lui de Brigitte après le décés de la nourrice, la façon ( qu’il regrettait maintenant) dont il avait éconduit Brigitte, le hasard extraordinaire qui a conduit leur fille, chassé par son père de se réfugier chez sa mère, sans le savoir, enfin l’intervention des deux jeunes gens, Pierre et Charles qui semblaient s’être institués les chevaliers servants de Brigitte.
- Il insista sur la nécessité de prendre une décision rapidement, et plus exactement sous 24 heures.
- Cet écrit, il le remit à Jane, dés qu’elle descendit d’avion. Elle eut donc tout le temps de le lire, de le relire, durant le trajet entre Marignane et Talgnan..
- Lorsqu’ils arrivèrent à ‘ » La Mansarde », Jane envoya Elisabeth prendre une douche, et Jane et Monsieur Vidal purent enfin parler librement.
- - Je ne te cache pas qu’il m’est arrivé souvent de penser à notre fille Brigitte. Mais je dois aussi t’avouer que dans mon esprit, elle n’avait pas sa place dans mon univers, entre Elisabeth, mon mari et mes parents qui ont toujours ignoré l’existence de notre fille.
- Ici, je vais commencer une vie nouvelle. Je ne vois pas de grave inconvénient à ce que je mette au courant Elisabeth de l’existence de sa grande sœur, et je suis prète soit à la reconnaître soit à l’adopter selon les facilités des démarches et les avantages de chaque solution.
- - Pour ma part, dit Monsieur Vidal, je ne recommence pas une vie nouvelle. Je suis au contraire bien ancré dans ma vie actuelle.Officiellement je ne reconnaitai donc pas Brigitte, mais je l’aiderai au maximum de mes moyens.
- Les deux jeunes garçons sont dans le petit pavillon avec Brigitte . Veux tu que nous allions les voir maintenant pour dire ce que nous avons décidé ?
- - Je vais prévenir Elisabeth que nous nous absentons pour un moment. Je la connais : Elle va prendre un bouquin et attendra gentiment notre retour.
- La rencontre entre Brigitte et ses parents naturels, en présence de Pierre et Charles, se fit dans une atmosphère très curieuse. Gène extrème chez Monsieur Vidal,gentillesse forcée, artificielle chez Jane, et froideur glaciale chez Brigitte.
- Après des bises sans chaleur des parents à leur fille, c’est Monsieur Charles qui prit la parole
- - Brigitte, nous te devons la vérité. Oui. Je suis ton père. Ne te hate pas pour me juger sévèrement. Les choses n’étaient vraiment pas faciles. Peu à peu, je t’expliquerai tout ce qui s’est passé. Il faut que tu saches que je suis disposé à t’aider au maximum. Si tu as le moindre problème vient me voir. Maintenant je laisse Jane te dire ce qu’elle a à te dire.
- - Brigitte, je suis ta mère. Il est extraordinaire qu’après…..la discussion que tu as eue avec ton père, c’est ici que tu soies venue, chez ta mère. J’étais très jeune quand j’ai été enceinte de toi. Mes parents, avaient …une mentalité d’un autre temps, bref, tu as raison de penser que je n’ai pas su faire face à mes devoirs envers toi.
- Je suis veuve et j’ai une fille Elisabeth qui a 14 ans. Je suis disposée soit à te reconnaître soit à t’adopter, selon la solution qui sera préférable. Je veux réparer mes torts envers toi. Voilà ce que je voulais te dire.
- Un grand silence succéda à ces paroles.Brigitte n’iuvrit pas la bouche. C’est Monsieur Vidal qui intervint de nouveau :
- - Je crois, Brigitte que la proposition de ta mère mettra fin à tous tes ennuis. De plus, je le répète, je serai toujours là pour te donner un coup de main. J’ai beaucoup de relation. Une vie nouvelle va commencer pour toi.
- Un nouveau silence succéda à ces propos.
- - Mais enfin, dit Jane, pourquoi ce silence. N’hésite pas ! dis nous ce que tu penses.
- Après un nouveau silence, Brigitte parla enfin..
- - ce que je pense ne regarde que moi.En revanche je vous fais part de mes décisions.
- Après ma naissance, chacun de vous a mené sa vie propre sans s’occuper des deux autres. Je ferai de même..
- Je me plais bien dans ce petit pavillon. Je veux en devenir locataire…
- - Mais, Brigitte, tu peux habiter là aussi longtemps que tu le voudras. Il ne sera évidemment pas question de loyer..
- -Madame, je veux payer un loyer, et un loyer juste qui sera fixé par un agent immobilier
- - Ne m’appelle pas Madame, cela me fait mal. Je suis ta Maman
- - Pendant 18 ans je n’ai pas pu dire « Maman ». Cela m’a fait mal aussi.
- - Ecoute, dit Monsieur Vidal, tu as beaucoup d’orgueil, c’est bien. Mais accepte au moins que je te donne un petit pécule pour démarrer dans ta nouvelle vie.
- - Je n’ai pas besoin de votre pécule. Ma nourrice m’avait ouvert un Livret d’Epargne. Je me débrouillerai avec ça..
- Puis se tournant vers Charles et Pierre elle ajouta ; vous devez me trouver bien insensible, mais….
- Pierre répondit
- Non seulement nous vous comprenons, mais nous vous félicitons pour votre dignité.Rester vos amis sera pour nous un honneur.
- - Merci encore pour tout ce que vous avez fait pour moi. Maintenant, Madame,
- , Monsieur et mes amis, j(ai des comptes à faire, des dispositions à prendre, si vous vouliez bien me laisser…
- Les cousins partirent vers le village, les parents vinrent dans la maison principale pour continuer leur conversation..
Ces faits, que je viens de relater remontent à 4 ans. Si j’ai adopté la forme d’un narrateur extérieur à l’action, je dois vous dire, qu’en fait, j’étais un témoin privilégie. Et même un peu plus : J’ai été acteur. Je suis Pierre.
La paternité de Monsieur Vidal n’a pas été divulguée. Il a été élu Conseiller général aux dernières elections.
Jane est considérée comme une étrangère, un peu bizarre. Très lunatique, un jour, elle dit bonjour à tout le monde et le lendemain, elle ne semble voir personne. La petite Elisabeth est devenue une assez jolie fille, mais c’est une pimbèche qui n’a pas su se faire d’amis, et qui commence toutes ses phrases par « Chez nous, en Australie »Cela ne la rend pas sympathique.
Et Brigitte me demandez vous ?
Nous nous sommes mariés il y a un an. Nous avons une petite Roxane de deux mois, ravissante, …et qui ne pourra pas dire qu’elle aura eu une Maman peu attentionnée…
Nous sommes parfaitement heureux. Ce qui je vous l’accorde ne présente aucun intérêt pour vous, lecteurs. Aussi vais-je m’arréter là.
FIN
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