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Full Version: LES AFFAIRES LE STANDING ( THEATRE)
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PERSONNAGES
Paul 45ans industriel
Claire 42ans sa femme
Roxane secrétaire de Paul
Caril homme d’affaires
Monge Chef comptable de Paul



Un intérieur bourgeois.Fauteuils confortables, buffet Renaissance italienne, un piano demie queue, Deux portes sur la gauche, deux portes sur la droite, une porte à droite, face à la salle, mène vers le couloir d’entrée. Au centre une grande table avec six sièges.
En scène, Paul, dans un fauteuil lit son journal. Claire, également dans un fauteuil fait des mots croisés.
PAUL semble profondément abattu, et laisse tomber le journal sur une table basse
Et voilà !! Tout est foutu !
CLAIRE
Tout quoi ?
PAUL
Tout. Tout ça ( d’un geste du bras il désigne tout ce qui les entoure). Tout ça, et tout le reste. La maison à Bandol, Mes deux chevaux de course, et même ma chère Cadillac. Tout.
CLAIRE
Même pour plaisanter, tu ne devrais pas dire ça !
PAUL ( qui la regarde avec curiosité)
Mais c’est toi qui plaisantes. Je te dis que nous avons tout perdu !
CLAIRE
Oui, je sais que tu as quelques problèmes financiers, mais n’exagère pas !
PAUL
Mais enfin, Claire, reviens sur terre. Je te dis que nous avons tout perdu !
CLAIRE
Mais enfin…C’est impossible. Et d’abord pourquoi aurions nous tout perdu ?
PAUL
Pourquoi ? Pourquoi ? Peu importe. Lorsque le passif dépasse largement l’actif, on a tout perdu !
CLAIRE
Mais tu me l’as dit cent fois : les banques sont là pour boucher les trous !
PAUL
Oui. Mais quand les banques ne veulent plus préter et qu’une grande partie du passif est exigible rapidement, on a tout perdu.
CLAIRE ( après un moment de reflexion)
Bon. On a tout perdu ici. Mais il reste ton compte en Suisse !
PAUL
Il y a belle lurette que mon compte en suisse est à sec. Je l’ai utilisé pour me refaire….et je suis…. refait…Ma pauvre Claire ( pauvre est le mot juste) il faut t’y faire nous sommes ruinés.
CLAIRE
Ruiné, ruiné…Qu’entends tu par là ? Nous irons à la soupe populaire ?
PAUL réfléchissant quelques secondes
C’est curieux.. J’avais bien entendu parler de la soupe populaire, mais elle ne faisait pas partie de notre monde. Il est bien possible que nous soyons amenés à entrer dans ce monde. C’est drole, non ?
CLAIRE violemment
Non, ce n’est pas drole !!! mais qu’as-tu fait pour que nous en soyons là ?
PAUL
Ce que j’ai fait…ce que j’ai fait ? Des affaires. Des affaires. De mauvaises affaires
CLAIRE
Mais pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ? J’aurais pu en mettre un peu à l’abri !
PAUL
Je t’ai dit que je pensais me refaire. J’ai mis le paquet !
CLAIRE
Mais enfin, depuis quand sais tu que nous sommes ruinés ?
PAUL ( faisant voir le journal)
Depuis 10 minutes !
CLAIRE
Et qu’y a-t-il dans ce journal ?
PAUL ( reprenant le journal et le tendant à Claire)
Voilà. Une explosion dans une usine chimique sur l’étang de Berre. 3 morts une cinquantaine de blessés.
CLAIRE
Et alors
PAUL excédé
Et alors ? et alors ? J’ai tout mis ce que j’avais, et même ce que je n’avais pas dans cette usine. Nous devions signer le contrat d’assurance la semaine prochaine. L’ usine est en grande partie détruite, les parents de ceux qui sont morts et tous les blessés vont me tomber dessus…
CLAIRE
Et si tu passais au moins la maison à mon nom ?
PAUL
Tu plaisantes ? Le notaire va accepter pour mes beaux yeux de faire une vente à effet rétroactif….Et même, cela serait cousu de fil blanc ! Non. Nous n’avons plus rien
CLAIRE
Tu n’es tout de même pas le premier à faire de mauvaises affaires ! Mais ils arrivent à s’en sortir !
PAUL
Ah oui ? Teléphone, pour leur demander comment ils ont pu faire !
CLAIRE
Mais enfin ! c’est toi l’homme d’affaires !
PAUL
Eh oui !! Je suis un homme d’affaires…sans affaire.
Un long silence
CLAIRE
Mais il nous reste tout de même quelque chose.
PAUL
Ah oui ? Quoi ?
CLAIRE
Aurore !
PAUL
Quoi Aurore ?
CLAIRE
Oui. Il nous reste Aurore. Elle est très belle notre fille !
PAUL ( outré)
Tu veux la vendre ?
CLAIRE
Comme tu y vas !: bien sur que non je ne veux pas la vendre……Mais….Elle pourrait faire un beau mariage.
PAUL
Lui faire faire un beau mariage ou la vendre, je ne vois pas très bien la différence !
CLAIRE
Oh, toi ! Fais le malin avec tes beaux principes moraux !! tu vois ou ça nous a amené ! En affaire, tu as fait tes preuves. Bravo et merci. Maintenant si tu permets, c’est moi qui vais prendre les choses en main, pour essayer de sauver ce qui peut l’être. Je ne te demande qu’une chose. Nous allons faire la liste des familles…enfin …des familles …..interessantes qui ont un fils célibataire. Tiens ! il me vient à l’esprit les Dubois Lorieux.
PAUL
Mais tu es folle !! leur fils a 14 ans !
CLAIRE
Et alors ? A 14 ans, Mozart avait déjà composé une partie de son œuvre !
PAUL
Oui,mais le fils Dubois Lorieux n’est pas Mozart…et pour tout dire, il est un peu….arrièré mental
CLAIRE
Arriéré mental ! comme tu y vas ! Il n’est pas très en avance dans ses études, mais ce n’est pas un crétin…et puis quand on a une grosse fortune, on ne peut être idiot. Enfin, puisque tu insistes, laissons tomber le fils Dubois Lorieux. Quelle famille vois tu….heu…un peu analogue ?
( A suivre)
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PAUL
Pour Aurore, je verrais bien Henri Bourgues
CLAIRE
Bourgues ? Ils sont dans quoi ces gens là ?
PAUL
Les parents, je ne sais pas, mais Henri Bourgues est un garçon d’avenir, qui termine ses études d’ingénieur, et je crois que notre petite Aurore semble l’apprécier.
CLAIRE ( qui regarde Paul d’un air furieux)
Tu te fiches de moi ? Tu ne sais pas ce que font les parents, lui ; n’a pas encore de situation, quand à l’attirance qu’il peut exercer sur Aurore…La petite ne sait rien de la vie. C’est tout ce que tu as trouvé pour nous sortir du pétrin ?
PAUL
J’estime qui si nous pouvons sortir Aurore du pétrin, ce ne serait déjà pas si mal !
CLAIRE
Mon Pauvre Paul !!Je comprends pourquoi tu n’as pas réussi dans las affaires !!!!Tu n’as aucune des qualités nécessaires
PAUL
Parce que tu penses que vendre notre fille à un jeune homme simplement pour la raison que sa famille est riche, c’est une qualité ?
CLAIRE
Si on veut faire des affaires, oui !!!!
D’ailleurs , remarque pourquoi les Dubois Lorieux , ainsi que beaucoup des grosses fortunes, ont des noms composés. C’est parce que des familles riches ont unis leurs patrimoine, et voulaient chacune garder leurs noms.
PAUL
Alors pousse ton raisonnement jusqu’au bout. Moi, Paul Berger je me suis marié avec Claire Jeandrot, et nous nous appelons simplement Berger. Nous n’avons pas de nom composé. Tes parents n’avaient pas un sou. Nous ne faisons pas partie du monde dans lequel tu voudrais entrer.
CLAIRE
Justement. Justement, nous avons la chance d’avoir un petit joyau : Notre fille est très jolie. C’est un énorme capital, et notre devoir de parents est de le faire fructifier
PAUL
La seule fructification que je lui demanderai, ce sera de nous donner de beaux petits enfants !
CLAIRE
Mais tu es absolument inconscient ! Et l’argent ? Ou allons nous trouver de l’argent ?
PAUL
Il est certain que nous ne pourrons plus jamais avoir le train de vie que nous avions. Mais Dieu merci, j’ai mon diplôme d’expert comptable, et je n’aurais aucun mal pour trouver un poste interessant. D’ailleurs, je n’aurais jamais du sortir du domaine de ma compétence. C’est toi qui m’a poussé à devenir un homme d’affaires, et la démonstration est faite : ce n’était pas mon truc :::
CLAIRE
Pardon, pardon, ce n’est pas moi qui t’ai poussé à faire des affaires. C’est ton père.
PAUL
C’est vrai. C’est mon père qui exerçant sur moi une influence…pesante, m’a pratiquement obligé à m’interesser aux affaires. Mais pour tout dire, j’ai pensé en me mariant échapper à son emprise. En fait, tu es pire que lui. Tu veux absolument me faire faire des choses pour lesquelles je ne suis pas doué.
CLAIRE
Tu n’es pas doué, tu n’es pas doué….parce que tu es faible.
PAUL
Soit. Je suis faible.
Un long moment de silence pendant lequel Claire regarde son mari, alors que ce dernier, les yeux fermés semble être parti dans une réverie lointaine
CLAIRE
C’est impossible. Complètement impossible !!!!!
PAUL ( ouvrant les yeux)
Qu’est ce qui est impossible ?
CLAIRE
Quand as-tu su que nous étions ruinés ?
PAUL
Et bien…là, tout à l’heure…en lisant le journal
CLAIRE
Tu te fous de moi ?
PAUL
Mais enfin….
CLAIRE
Alors si je comprends bien, tu as mis un gros paquet sur une usine, dans laquelle une explosion s’est produite hier, et tu viens de l’apprendre ?
PAUL
Voilà. C’est exactement ça !
CLAIRE
Vas-tu t’arréter de te ficher de moi ? L’explosion a eu lieu hier, et toi, un actionnaire important tu ne l’a appris que par la pressse ? De plus cette nouvelle ne semble pas t’avoir affecté outre mesure. Que se passe t il ? Que me caches tu ?
Après un moment de silence
PAUL
Ah, bon, ça va ! Tu veux que je parle. Je vais parler.J’en ai par dessus la tête de faire des choses qui me déplaisent
Il y a trois ou quatre jours que ma décision est prise. J’en ai assez de lutter en pure perte. J’abandonne.J’ai commencé à prendre des contacts pour céder mes deux affaires. Je vais tout vendre…ce qui d’ailleurs ne couvrira pas tous mes engagements financiers. Mais je veux avoir une vie normale….
CLAIRE
Et nous ? Tu veux ceci, tu veux cela, nous avons un certain standing, et pour je ne sais quelle lubie, tu nous condamnes, notre fille et moi à la pauvreté. Cela, je ne l’admets pas. Tu as des devoirs envers nous. Il serait temps que tu prennes tes responsabilités.
PAUL
Justement. C’est maintenant que je prends mes vraies responsabilités. Jusqu’à ce jours, j’ ai agi sous l’influence de mon père d’abord, qui voulait que je devienne un homme d’affaires, puis de toi…qui voulait avant tout « avoir un standing » comme tu le dis. C’est fini. Je veux vivre selon mes possibilités et mes gouts.
CLAIRE
Tu es d’un égoïsme écoeurant. Tu me dégoutes !!!
PAUL
Si je te dégoutes, tu n’as pas l’obligation de rester avec moi. !!!
Après un moment de silence…
CLAIRE
Nous y voilà !!!C’est ça le fin fond des choses !Il y a une femme ! Et c’est ce que tu as inventé pour me quitter !!!
PAUL
Non, il n’y a pas de femme !
Simplement, je ne savais comment t’annoncer ma décision. Et puis, en lisant le journal, j’ai lu l’article concernant une explosion dans une usine chimique sur l’étang de Berre. J’ai pensé, puisque tu ignores en quoi consistent mes affaires ( du moment que l’argent rentrait tu n’en demandais pas plus) j’ai donc pensé te dire que j’étais le principal actionnaire de cette entreprise. L’explication de mon abandon des affaires était rendu très facile à comprendre.
CLAIRE
Egoïste, menteur….Tu es vraiment un triste sire !
PAUL
Fais moi bien noir, si cela t’arrange. Donne moi le mauvais role, si tu savais ce que je m’en fout, à coté de l’immense soulagement qui est le mien de ne plus me battre dans ce monde des affaires que je déteste .
CLAIRE
Paul, réfléchis bien. Ce que je vais te dire est très sérieux. Si tu ne conserves pas tes affaires, si tu es incapable de nous assurer une vie….normale. Normale, c'est-à-dire un bon standing, je te le dis : Je ne resterais pas avec toi.
PAUL
Si je comprends bien ce que tu viens de dire, c’est que tu es ma femme, non pas parce que des sentiments te rattachent à moi, mais uniquement parce que jusqu’à ce jour, je t’ai assuré un certain standing.
CLAIRE
Pense ce que tu voudras. Je m’en fiche. Je t’ai dit ce que j’avais à te dire. Te voilà prévenu.
PAUL
Merci. Bien sur, j’aurais préféré être prévenu plus tot, de ta brulante affection pour moi…Enfin, comme tu me l’as dit, je suis prévenu.
CLAIRE
Alors ? Quelles sont tes intentions ?
PAUL
Je pense que tu ne voudras pas changer ta position ? n’est ce pas ? Alors, pourquoi en changerais je moi ?
CLAIRE
Bien. Je sais ce qui me reste à faire.
Claire sort et le rideau tombe.
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Lorsque le rideau se lève, le décor est identique.
Paul, seul en scène, est assis devant la grande table.des papiers sont étalés autour de lui, et il écrit.
Après quelques secondes, la sonnette d’entrée retentit. Paul se lève, sort par la porte du fond. On entend quelques paroles d’accueil et Paul entre accompagné d’une jeune femme, mince, habillée sobrement, mais avec une certaine élégance.
PAUL
Asseyez vous Roxane. Je vous demande quelques secondes.
Paul reprend sa place devant la table et termine ce qu’il était en train d’écrire. Roxane s’assied, et regarde autout d’elle. On sent que c’est la première fois qu’elle vient dans cet appartement.
PAUL
Bon. Voilà. J’ai terminé. Je vous ai demandé exceptionnellement de venir ici, parce que je voulais vous parler d’une chose grave sans que nous soyons dérangés.
ROXANE
Je crois savoir ce que vous avez à me dire. Mais tout d’abord, il faut que je vous dise qu’au moment de partir du bureau pour venir ici, j’ai reçu un coup de fil de Monsieur Caril.Il veut vous voir pour « régler les derniers détails de la cession ». J’ai pris la liberté de prendre un rendez vous pour demain matin à 10 heures.
PAUL
Vous avez bien fait. Et je constate que vous êtes au courant de la cession. Mais puisque Caril vous a parlé de régler des détails, voulez vous que parmi ces détails, j’exige qu’il vous conserve comme Secrétaire de Direction ?
ROXANE
Non. Non, merci, Monsieur.
PAUL
Ha ? Vous avez déjà trouvé autre chose ?
ROXANE
Non. Je ne cherche pas autre chose. Mais , Monsieur, ne signez pas avec Caril !
PAUL
Je ne le ferai pas de gaité de cœur. Mais Roxane, je ne peux faire autrement, et ce, pour deux raisons.
Tout d’abord, j’en ai par-dessus la tête de cette vie de lutte continuelle, de ces responsablités écrasantes, et ensuite, notre Société Technieuro, depuis deux ans a perdu plus de 20% de ses clients. Notre chiffre d’affaires baisse de plus en plus vite, et je dois me montrer heureux de trouver un Caril pour me racheter cette affaire en perdition..
Quand à mon autre petite affaire, elle commence elle aussi à perdre des contrats. Je ne suis pas fait pour cette activité, j’ose vous le dire, Roxane, car nous travaillons ensemble depuis plus de 5 ans, et je vous dois la vérité.
Après quelques secondes de silence
ROXANE
Monsieur, puis je vous parler sans risque d’être entendue ?
PAUL ( un peu surpris)
Vous me demandez s’il y a quelqu’un d’autre ici ? Non. Nous sommes seuls. Ma fille est à ses cours en Fac et ma femme est chez sa mère pour la journée.
ROXANE
Bien. Je vous disais, Monsieur de ne pas traiter avec Caril, et je vais vous dire pourquoi.
‘ai reçu à plusieurs reprises des coups de fil de certains clients. Le standard aiguillait ces appels vers moi, mais lorsque j’avais la Société appelante, elle me demandait à parler à Monsieur Monge…
PAUL
Mon chef Comptable ?
ROXANE
Oui, Monsieur. Votre chef comptable. Cela m’a semblé curieux. Je me suis livrée à une petite enquète auprés quelques uns de ces clients. Ils ne savaient même pas qu’ils avaient changé de fournisseur. J’ai appris qu’une Société avait été créée il y a environ deux ans. Elle s’appelle Eurotechni…pour créer une confusion, et les deux principaux actionnaires sont Caril et Monge.
PAUL
Quoi ????
ROXANE
Oui, Monsieur. Votre clientèle a été frauduleusement détournée par votre chef comptable au profit d’une Société qu’il a créé avec Monge, et votre Société étant en perdition, ils vont la racheter à bas prix.
PAUL
J’ai du mal à vous croire, Roxane. Monge travaille avec moi depuis plus de 10 ans, et…Il est très respectueux à mon égard ……
ROXANE
Un peu trop, peut être. Plus cauteleux que respectueux..
Paul réfléchit un long moment
PAUL
Si ce que vous dites est vrai…cela change beaucoup de choses
ROXANE
Monsieur, vous êtes victimes de truands. Vos qualités personnelles ne sont pas en cause dans la perte de substance de vos Sociétés.
Ils ont commencé par attaquer votre clientèle Technieuro, de vente de matériels informatiques, et ils viennent de commencer à détourner votre clientèle de votre Société de dépannage et de formation.
Il me semble que si vous réagissez vite et fort , votre situation financière peut être rapidement rétablie.
PAUL
Merci Roxane. Je ne sais pas encore si j’aurais la force et le courage de réagir vite et fort comme vous me le conseillez. Je suis si las, las….Mais ce que vous venez de me dire me fait du bien…quoique je n’arrive pas à réaliser la trahison de Monge.
ROXANE
Oh, ce Monge !!Il est encore plus ignoble que vous pouvez le penser.
PAUL
Encore plus ignoble ? Que voulez vous dire ?
ROXANE ( très génée)
Monsieur, il était de mon devoir comme secrétaire de Direction de vous mettre au courant des agissements de Monge. Professionnellement, je devais le faire.
Un très long silence
PAUL
Je ne comprends pas très bien. Vous avez fait votre devoir sur le plan professionnel et je vous en remercie vivement à nouveau. Mais vous semblez dire , et vous avez même dit, que Monge est encore plus ignoble que je ne le pense. Cela veut dire quoi ?
ROXANE ( après avoir réfléchi un moment, elle prend le partie de sourire)
Cela veut dire, que je ne suis peut être pas digne du titre de Secrétaire. Dans secrétaire il y a secret, et je suis peut être allée maladroitement au-delà de mes devoirs.
PAUL
Le secret dont vous parlez, est une obligation pour vous vis-à-vis des autres, mais pas vis-à-vis de moi.
ROXANE ( après encore un moment)
Vous avez raison. D’ailleurs, ce n’est pas sans rapport avec vos problèmes professionnels…..Mais c’est assez délicat. Enfin voilà. Il semble que monsieur Monge, connaisse bien ……..votre femme.
PAUL
Connaisse bien ?? Connaisse bien ? voulez vous dire…
ROXANE
Je n’ai Monsieur qu’une certitude. Ils se voient régulièrement…
PAUL
Ah ? Il est marié, Monge, n’est ce pas ?
ROXANE
Oui. Il est marié. Mais Monsieur Monge loue un petit studio, ou il peut …recevoir.
PAUL
Mais comment savez vous cela ?
ROXANE
Il l’ignore, mais j’habite dans l’immeuble ou Monge loue un studio.
PAUL
Ca fait beaucoup ….beaucoup à la fois.. ;Mais vous avez eu raison de m’en parler Roxane. Merci. Vous m’êtes très précieuse… Je ne vais pas aller au bureau ce matin. Il faut que je réfléchisse. Nous nous verrons cet après midi, et je vous ferai part de mes intentions…Oui, il faut que je réfléchisse
Roxane se lève, Paul la raccompagne vers la sortie, et le rideau tombe.
( A suivre)
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Le rideau se lève sur le même décor.
Paul , toujours entouré de papiers, écrit.On entend une clé qui tourne dans la serrure de la porte d’entrée, et Claire pénètre dans la pièce.
PAUL ( qui la regarde par-dessus ses lunettes)
Tiens ? ( il regarde sa montre) Mais il n’est que midi ! Tu devais passer la journèe chez ta mère !
CLAIRE
Je devais, et tu le vois je suis entrée.
Paul recommence à écrire, et Claire, droite et immobile, veut visiblement parler. Après un moment.
CLAIRE
As-tu réfléchi à ce que je t’ai dit ?
PAUL ( continuant à écrire)
J’ai en effet beaucoup réfléchi. Mais pas à ce que tu as pu me dire.( S’arrétant d’écrire et regardant Claire) Mais au fait que m’avais tu dit ?
CLAIRE
Ne fait pas l’idiot. Tu le sais très bien. Je t’ai dit que si tu étais incapable de nous assurer une vie normale, je ne resterais pas avec toi.
PAUL
Oui et alors ?
CLAIRE
Alors ? Mais je te demande si tu as réfléchi.
PAUL
Je n’ai pas à réfléchir à ce problème. Tu as pris une décision. Je l’ai enregistrée, c’est tout.
Maintenant, si tu permets, j’ai du travail, si tu veux bien me laisser !
CLAIRE
Je te dis que j’envisage de te quitter, et c’est tout l’effet que cela te produit ?
PAUL ( toujours écrivant)
Oui, tu vois.
CLAIRE
Tu es un salaud !
PAUL ( enlevant ses lunettes et se levant)
Ecoute, Claire ! Il ne faut pas que tu pousses le bouchon trop loin .Pour l’instant, je n’ai pas le temps de m’occuper de nos affaires personnelles. J’ai en priorité à m’occuper de mes deux Sociétés. Mais je vais cependant te dire une chose. Je suis entèrement d’accord pour que nous nous séparions. Nous réglerons plus tard les problèmes qui se poseront entre nous. Ce sera d’ailleurs vite fait puisque grace à mon père ( sur ce point, je lui rends grace) nous sommes mariés sous le régime de la séparation de biens.
CLAIRE
Je le répète : Salaud !!!Tu t’apprètes à me gruger !
PAUL
Mais non, mais non. Tu auras ce que tu dois avoir, tout ce que tu dois avoir, rien que ce que tu devras avoir.
CLAIRE ( qui après son coup de colère est prostrée)
Alors, tu vas me mettre à la rue ?
PAUL
Allons, allons ! pas de pessimisme ( souriant) Et puis, tu es encore une belle femme !
CLAIRE
Que veux tu dire ?
PAUL
Rien de spécial. Je disais que tu peux plaire…Et d’ailleurs tu plais non ? Et puis, tu ne seras pas à la rue. Il y a bien un studio que tu fréquentes et que tu pourras occuper…N’est ce pas ?
Claire se laisse tomber sur un fauteuil et éclate en sanglots
CLAIRE
Ainsi tu sais…
J’ai peut être fait une bétise, mais nous sommes mariés….et puis il y a la petite
PAUL ( ironisant)
Tu m’as dit que notre fille était un beau capital. Nous pourrons la vendre et partager le prix entre nous deux !
CLAIRE
Tu es immonde !
PAUL ( qui éclate soudain)
C’est ça ! Je suis immonde ! Que vas-tu dire d’une femme qui trompe son mari , avec l’un de ses employés, et qui avec son amant organise frauduleusement la faillite de son mari ? Que dis tu de cette femme ?Hein ? Immonde est encore trop faible ! Mais c’est terminé ! Vous ne pourrez plus vous moquer du cocu dépouillé ! Je vais me défendre, me défendre et même attaquer. Quand à toi, s’il t’aime vraiment, il ne va pas te laisser tomber….quoique de cet individu, on peut tout attendre, tu ne crois pas ?
CLAIRE
Qu’est ce que tu racontes ? Clau…..Monsieur Monge n’a rien à voir avec tes ennuis professionnels !
PAUL
Ah ? Tu le crois ?
CLAIRE
Mais j’en suis certaine. Ne vas pas chercher un bouc émissaire. Tu es nul en affaires, et c’est tout..
PAUL ( après un moment de réflexxion)
Ah ? Bon. He bien je t’interdis de lui téléphoner. Je vais lui demander de venir ici, et nous allons crever l’abcés.
Paul se dirige vers le téléphone, forme un numéro.
Bonjour Claudette. Passez moi Monsieur Monge.
Au bout d’un moment
PAUL
Allo ? Monge ? Je suis grippé, je ne peux sortir. J’ai pourtant un problème à étudier. Pouvez vous venir à mon domicile avec le dernier bilan ? Parfait. Je vous attends.
Le rideau tombe.

Lorsque le rideau se lève, sur le même décor, Paul, seul en scène se lève de son fauteuil et range les papiers qui sont épars sur la table, puis il appelle
PAUL
Claire, peux tu venir ?
Claire rentre. Elle vient de pleurer
PAUL
Monge va arriver d’un moment à l’autre. Ne te fais pas voir, mais tu pourras écouter notre conversation en restant dans le couloir. Après tout, s’il est possible que tu ignores certaines choses. Ainsi tu seras édifiée.
CLAIRE
Peux tu me dire ?........
PAUL
Non. Ecoute, et s’il est vrai que tu ne sais pas, tu sauras.
Sonnerie à la porte d’entrée
PAUL
Maintenant, laisse nous. Je vais ouvrir.
Paul va ouvrir et reviens avec un homme assez beau garçon, qui tient une lourde serviette à la main.
MONGE
Comment allez vous Monsieur Berger ? Vous n’avez pas mauvaise mine..
PAUL
Merci, Monge. Asseyez vous.
MONGE ( qui s’assied dans un fauteuil)
Voilà ( il tapote sur sa serviette) J’ai là tous les comptes de l’annèe écoulée. Que voulez vous voir exactement ?
PAUL
A vrai dire, c’est vous que je voulais voir. Du poste que vous occupez, vous avez une vue assez générale de la situation de mon entreprise.
MONGE
Evidemment. Surtout que cela fait 10 ans que j’ai l’honneur de travailler pour vous
PAUL
Je suis heureux que vous parliez d’honneur. Que pensez vous de la situation ?
MONGE
Je suis désolé, Monsieur, mais elle n’est pas bonne.
PAUL
Elle n’est pas bonne en effet. Et à quoi attribuez vous cet état de fait ? Ai-je fait des erreurs
MONGE
Des erreurs ? Oh certainement pas Monsieur Berger. La conjoncture est mauvaise. Je crois que dans d’autres Sociétés également…
PAUL
Des Sociétés qui sont sur le même créneau que nous ?
MONGE
Oui…enfin il me semble que d’autres Sociétés rencontrent aussi des problèmes..
PAUL
Vous connaissez donc des Sociétés qui sont sur le même créneau que nous ?
MONGE
Oui…enfin non…mais j’en ai entendu parler.
PAUL
Savez vous que Monsieur Caril se propose d’acheter ma Société ?
MONGE
Le bruit en a couru. Est-ce vrai Monsieur ?
PAUL
C’est possible, c’est possible. Si cela se réalise, que comptez vous faire ?
MONGE
Hé bien, je ne sais pas…Je n’y ai pas réfléchi. .Si Monsieur Caril achète et veut bien me garder…
PAUL
J’ai tout lieu de penser qu’il voudra vous garder ?
MONGE
Ah ? Vous croyez ?
PAUL ( qui commence à bouillir)
Oui, je crois. D‘ailleurs vous vous connaissez bien. Vous avez même des intérets liés dans une entre prise qui s’appelle comment déjà ? ah oui, Eurotechni, oui c’est ça ! Eurotechni. Presque comme nous. C’est curieux non ?
MONGE ( qui est devenu pale et baise la tête)
Que voulez vous dire ?
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PAUL ( éclatant)
Ce que je veux dire ? Faux jeton ! vous le savez bien ! Vous avez crée une Société avec ce Caril, vous avez transféré des clients de chez moi dans votre Société, et comme mon chiffre baisse, vous voulez racheter Technieuro à vil prix… Remarquez, votre situation matérielle va s’améliorer et c’était nécessaire, car vous le savez, ma femme a besoin d’argent de beaucoup d’argent. Il va falloir l’installer dans un bel appartement, elle le mérite, elle vous a bien aidé dans votre sale entreprise..
Monge reste la tête basse et ne réponds rien
PAUL
Donc vous l’avouez : Ma femme vous a aidé dans vos magouilles.
Monge ne répond toujours pas. Alors, Claire, entre en trombe, furieuse.
CLAIRE
Mais dis quelque chose , Claude ! Je ne suis au courant de rien au sujet des affaires…( se tournant vers Paul) :
D’ailleurs ce n’est pas mon domaine, tu le sais bien, comment veux tu que je sois intervenue pour faire passer des clients d’une société à l’autre, je n’y connais rien !
PAUL
Alors, Monge ?
MONGE
Je n’ai rien à dire. Je vous donnerai ma démission.
PAUL
Votre démission ? Ah, non !!! Ce serait trop facile !!!Je ne veux pas de votre démission !
J’ai, demain matin rendez vous dans mon bureau avec Caril. Je vous demande de venir avec lui. D’ici là, je vous conseille vivement de prendre contact avec votre associé.
Vous avez deux possibilités : Me faire une offre d’indemnisation pour le préjudice que vous m’avez causé , ou bien me faire une offre d’achat de mes deux affaires. En ce qui me concerne, je me reserve le droit de choisir, soit entre vos deux offres, soit une troisième solution, qui est de déposer une plainte contre vous et votre complice. Dans ce dernier cas, je vous mettais sur la paille !!! Dans les deux sens du mot, car d’une part vous serez ruinés et d’autre part, vous irez passer quelques annèes…sur la paille humide d’un cachot.
Que cette possibilité que je me réserve, vous incite à me faire des propositions sérieuses, car je n’envisage pas de discuter. Vous me ferez vos deux offres, et je choisirai entre mes trois possibilités.
Allez voir votre complice et soyez à 10 heures précises dans mon bureau demain.
Toujours tête basse, Monge sort.
CLAIRE
Tu vois bien que je n’étais pas au courant de ce qu’il faisait dans ta Société. C’est un sale type, et je suis heureuse que tu puisses sauver tes affaires. Tu as été très bien.
PAUL
Je ne sais pas si tu étais ou non au courant, mais ce que je sais, c’est que tu es prompte à saisir le vent…En vain d’ailleurs. La confiance est comme une allumette : Elle ne sert qu’une fois. Entre nous, c’est terminé.
CLAIRE
Mais mon chéri..
PAUL
Ah non !!!Ne te fatigue pas. ! Je vais d’abord régler mes affaires professionnelles, et je m’occuperai de nous ensuite. Maintenant laisse moi, j’ai du travail
Claire sort et le rideau tombe

Le rideau se lève sur le bureau simple et fonctionnel de Paul. Il est à son bureau et prend le téléphone. Allo, Roxane, pouvez vous venir ?
Peu après Roxane entre.
PAUL
Roxane, je tiens à vous remercier. Grace à vous, je vais peut être pouvoir me sortir d’une situation qui me paraissait sans issue il y a 24 heures.
ROXANE
Je n’ai fait que vous donner quelques renseignements. Mais si vous sauvez vos Sociétés, ce sera votre œuvre.
PAUL
Oh non, Roxane. Je ne me fais pas d’illusion : Je suis trop faible….
ROXANE
, Non, Monsieur ! Vous n’êtes pas faible, vous êtes humain !
PAUL
Je crois bien, Roxane que dans les affaires, faible et humain ne soient des synonymes !
ROXANE
Non, Monsieur. Vous auriez bien pu sauver votre Société en effectuant des licenciements, et cela, parce que vous êtes humain, vous ne l’avez pas voulu.
PAUL
Vous êtes gentille, trop gentille…et cela me touche énormément
Un moment de silence
ROXANE
Si vous le permettez Monsieur, je vais rejoindre mon poste. Je crois que vos visiteurs ne vont pas tarder
PAUL
Oui, allez Roxane.
Roxane sort, et Paul se renverse sur le dossier de son fauteuil, et semble perdu dans ses pensées.
L’interphone sonne .Paul appuie sur un bouton :

ROXANE
Vos visiteurs sont là….Monsieur
PAUL
C’est bien. Qu’ils viennent…….et….Venez avec eux
Monge, Caril et Roxane entrent dans le bureau. Les deux hommes sont manifestement très abattus. Ce sont des vaincus par avance qui arrivent
PAUL
Asseyez vous. Messieurs je vous écoute.
CARIL
Nous avons mis par écrit nos propositions. Bien entendu, nos offres ne sont valables que si vous vous engagez à ne pas engager de poursuites à notre encontre.
PAUL
Je l’ai dit à Monge. Je n’ai pas l’intention de discuter avec vous. Je n’engagerais des poursuites que si vous aucune de vos offres ne m’agrée. Donnez moi vos propositions
Caril donne deux feuillets à Paul.
Ce dernier les lis. Pendant cette lecture, un silence impressionnant règne.Puis, à la fin de la lecture :
PAUL
Messieurs, je vous demande de revenir à 16 heures. Je vous ferai part de ma décision.
CARIL
Il faut que nous vous disions, Monsieur, que nos offres sont évidemment fermes, mais qu’elles excèdent nos possibilités financières. Nous devrons faire un emprunt qui demandera 2 ou trois semaines pour être mis en place. Mais j’ai téléphoné à notre banquier ce matin et j’ai un accord de principe.
PAUL
Bien. Je vous attends à 16 heures.Vous aurez ma réponse.
Paul se lève pour marquer que l’entrevue est terminée. Les deux hommes se lèvent à leur tour et sortent.
( A suivre)
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aristee

PAUL( tendant les feuillets à Roxane
Voilà leurs 2 offres. Lisez les.
Elle prend les feuillets et les lit. A la fin de sa lecture.
ROXANE
Il me semble, Monsieur, que je devine votre choix. Vous allez prendre l’indemnité et continuer
PAUL
En effet, je vais prendre l’indemnité, exiger de récupérer la clientèle captée frauduleusement, et je vais continuer. Vous me connaissez bien
ROXANE ( souriante)
Il y a longtemps que je travaille pour vous Monsieur.
PAUL
Oui….Mais pour tout vous dire, je suis mon même surpris par ma décision. Il faut croire que vous me connaissez mieux que je ne me connais….
Bon. Au travail. Vous allez me faire la liste des clients que nous avons perdus depuis deux ans, et vous mettrez une croix devant ceux qui ont été manifestement kidnappés par ces zozos, un point d’interrogation lorsqu’il y a un doute, et un point d’exclamation lorsque ce sont des clients qui sont partis normalement ( soit qu’ils aient arrété leur activité, soit qu’il soient partis normalement à la concurrence. Pouvez vous me faire cette liste assez rapidement ?
ROXANE
Vous l’aurez avant midi
PAUL
Merci, Roxane, vous êtes une perle.
Avant de sortir, Roxane dit
ROXANE
Quand même, Monsieur, je trouve qu’ils s’en sortent trop bien…
PAUL ( souriant)
Seriez vous méchante, Roxane
ROXANE
Non, Mais faire ça, à vous !!!

Le rideau tombe


Le rideau se lève sur le même décor qu’au début de la pièce.
Paul est seul en scène. En robe de chambre, un foulard autour du cou, il tousse. On sent qu’il n’est pas en grande forme. Il prend un cachet et bois un verre d’eau..
Claire entre. Elle aussi ne semble pas en forme, mais c’est qu’elle vient de pleurer
CLAIRE
Je peux te parler ?
PAUL
Bon. Assied toi. Je t’écoute.
CLAIRE
J’ai eu des mots désagréables à ton égard. Des mots que je regrette. Je te fais mes excuses.
PAUL
Ah ? Tu sais que Monge et Caril ont perdu la partie, et que ma situation financière s’est rétablie ?
CLAIRE
Mais…Cela n’a rien à voir !
PAUL
Crois tu ? Je suis au contraire persuadé que ton amant étant pratiquement ruiné, et qu’en revanche, ma situation redevenant normale, tu as décidé d’aller du coté le plus fort. Hé oui, c’est le plus faible qui en fin de compte est le plus fort
CLAIRE
Tu sais bien que cela n’a rien à voir ! Je n’y comprends rien en affaires, alors qui gagne, qui perd, je n’en sais rien.
PAUL
Tu ne connais rien en affaires, mais tu sais ou se trouve celui qui peut t’assurer un standing auquel tu penses avoir droit.
CLAIRE
Tu as raison d’être dur avec moi. Mais je t’en supplie, pardonne moi. Je t’aime !
PAUL ( qui éclate de rire)
Voilà une déclaration qui me remplit d’aise.
Puisque tu as tenu à me dire le fond de ta pensée ; je vais en faire autant. Que tu me quittes ou non, je m’en fiche éperduement. Tu n’es avec moi que pour conserver un standing. De plus tu t’acharnes à me persuader que je suis nul en affaires, que je suis faible, alors que je prouve le contraire en redressant une situation qui était perdue.
CLAIRE
Mais bien sur que tu es faible !!
PAUL
Non. Je ne suis pas faible. Je suis humain !
CLAIRE
Tu n’es pas faible, tu es humain ? Ce n’est pas toi qui a trouvé ça. Qui t’a dit cette anerie ?
PAUL
C’est Roxane, et Roxane est une femme intelligente qui me connaît bien
CLAIRE
Oh ! elle est très forte, c’est vrai ! Ne te fais pas d’illusion. Ce n’est pas toi qui aa sauvé ta situation. C’est elle qui t’a donné les renseigements sur Monge et Caril ?
PAUL
Parfaitement. Roxane est une femme formidable, et……
CLAIRE
Roxane, une femme formidable ? Cela depend d’où l’on se place pour la juger !
PAUL
Tu es foncièrement méchante, et tu ne supportes pas les femmes qui te sont supérieures sur tous les plans.
CLAIRE
Décidemment, mon pauvre Paul, tu es trop bète !
PAUL
Si cela peut te soulager d’attaquer tout le monde, et en particulier ton mari, vas y . Ne te gène pas.Moi, je m’en fous !!!
CLAIRE
Mais enfin, ce n’est pas possible d’être aveugle à ce point. C’est bien Roxane qui t’a donné des renseignements ?
PAUL
Et alors ? Cela prouve qu’elle a à cœur de défendre les intérets de notre Société.
CLAIRE
Tu n’y es pas du tout. Claire veut avant tout se venger. Se venger de moi.
PAUL
Vraiment, tu es folle !! La folie de la persécution maintenant !!!
CLAIRE
Mais enfin espèce de crétin, ouvre les yeux. Roxane était la maitresse de Monge…jusqu’à ce que ………j’entre dans sa vie.
PAUL
Quoi ? Quoi ?
CLAIRE ( ( l’imitant)
Quoi ? Quoi ? Ce n’est pas en faisant la grenouille que tu comprendras mieux.
PAUL
Tu prétends que Roxane était la maitresse de Monge ?
CLAIRE
Je ne prétends pas. Je te l’apprends.
PAUL
Et c’est pour se venger d’avoir été abandonnée, qu’elle m’a dénoncé les magouilles de ce triste sire ?
CLAIRE
Exactement. Elle a voulu se venger de Monge et de moi. Mais je te le répète, en ce qui concerne les magouilles de Monge et de Caril, moi, je n’étais pas au courant, mais elle, si !
Paul est complètement effondré. Il se laisse tomber dans un fauteuil, et s’éponge le front avec son mouchoir.. Il murmure : « ce n’est pas possible, ce n’est pas possible
CLAIRE
Hé si, c’est possible. De plus, tu dois te faire une raison : c’est grace à moi que tu vas pouvoir sauver tes affaires !!!
PAUL
Ne dis pas de bétise. C’est parce que tu m’as trompé que mes affaires seront sauvées ?
CLAIRE
Mais c’est évident. Si je n’avais pas été la maitresse de Monge, Roxane n’aurait pas voulu se venger et te révéler les agissements de ton chef comptable.Et dans quelques jours tu aurais été sur la paille !
PAUL
Alors je dois te remercier de m’avoir fait cocu ?
CLAIRE
Je ne t’en demande pas tant. Garde moi avec toi, c’est tout.
PAUL
Oui. Toujours le Standing….Mais qui me prouve que tout ce que tu me dis est vrai ?
CLAIRE
Eh bien, questionne les interessés, tu verras bien !
Après un instant de réflexion, Paul se dirige vers le téléphone.
PAUL ( au téléphone)
Allo ! Roxane. Je suis grippé, et cette fois ci, c’est réel. Pouvez vous venir chez moi. Nous avons des dispositions à prendre ;
La voix de Roxane « Oui, Monsieur, j’arrive »
Paul raccroche et s’adressant à Claire.
PAUL
Quand elle arrivera, tu sortiras de la pièce, mais tu pourras nous écouter
CLAIRE
D’accord. Mais pense bien à ce que je t’ai dit. Bien sur, je ne le nie pas je ne pourrais vivre sans un minimum d’aisance matérielle, mais c’est vrai aussi que j’ai….une grande tendresse pour toi, et puis…il y a Aurore, notre fille qui serait très malheureuse si nous nous séparions.
PAUL
Je te l’ai déjà dit. Nous réglerons nos problèmes personnels en second lieu, puisque, aussi bien, tu viens de le reconnaître ils sont fonction des problèmes matériels, donc de l’avenir de nos Sociétés. Je veux d’abord avoir une claire vision ……( et non pas la seule vision de Claire) sur toute cette affaire. Je prendrais mes décisions après….Et tu constateras que je suis capable de prendre des décisions .
CLAIRE
Il faut que tu saches que je ne verrai plus…Monge
PAUL
Même pas pour lui porter des oranges ?....
CLAIRE
Arrète de persiffler. Je n’aurais jamais pensé qu’il était en train de couler tes affaires à son profit.
PAUL
Cela, je le crois. Mais s’il avait réussi, qu’aurais tu fait ? Ca, je l’ignore !
CLAIRE
Tu as une piètre opinion de moi.
PAUL
Avoue que tu as tout fait pour !!!
Sonnette d’entrée
PAUL
Sors de la pièce. Je vais aller ouvrir.
Paul sort et revient avec Roxane.
PAUL
Asseyez vous Roxane
( Elle le fait)
Bon. J vous ai fait venir, parce qu’à la reflexion, je ne sais pas encore ce que je vais faire.
ROXANE
Mais Monsieur, vous avez déjà dit à Monge et à Caril que vous aviez choisi l’indemnisation.
PAUL
C’est vrai, mais c’est toujours moi qui ai les cartes en main, et je peux changer d’option…s’il y a des éléments nouveaux par exemple.
ROXANE
Vous avez des élements nouveaux ?
PAUL
Peut être, peut être…….Comment avez-vous eu connaissance des magouilles qui se préparaient contre moi
( A suivre)
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aristee

ROXANE
Mais, Monsieur, je vous l’ai dit : Ce sont des clients qui me demandaient de parler directement à Monsieur Monge……..
PAUL
Bon. Et cela se passait quand ?
ROXANE
Je ne sais pas..Cela a du commencer il y a 2 ou 3 mois
PAUL
Et vous ne m’en avez pas parlé ?
ROXANE
Je n’étais pas sure…..Pourquoi Monsieur, toutes ces questions ?
PAUL
Parce que je crois qu’il y a une explication plus simple. Vous avez été la maitresse de Monge….avant ma femme ?
Roxane dans un premier temps essaie de nier , puis abandonne très vite
ROXANE
Oh, Monsieur, comment pouvez vous dire ?........( Elle s’écroule soudain en pleurant) Oui, Monsieur c’est vrai. Je l’aimais, je l’aime encore. En me quittant pour votre femme, il m’a fait mal, très mal, et j’ai voulu me venger…...
PAUL
Je suis effondré. Je vous croyais…….encore une erreur de ma part
ROXANE
Monsieur je déposerai ma démission sur votre bureau dés aujourd’hui.
PAUL
Ce n’est pas urgent. Rentrez au bueau et convoquez moi Caril et Monge pour 10 heures demain, ici. Et venez aussi. Maintenant laissez moi.
Roxane se lève et sort.
Paul est très abattu. Claire rentre
CLAIRE
Alors ? Tu me crois maintenant ?
PAUL
Oui ; Mais il est inutile de prendre un air triomphant. Tes agissements dans cette affaire ne te le permettent pas.
CLAIRE
Oh, je ne triomphe pas. Je sais que j’ai commis une faute. Peux tu me dire quelle décision tu as prise.
PAUL ( ironisant)
Oh : moi tu sais…je ne suis pas capable de prendre des décisions. Je suis un faible. Mais je pense quand même, que si tu veux bien attendre jusqu’à demain, tu sauras ce que je veux faire.
CLAIRE
Bon. Mais ne fais pas de bétise, et n’oublie pas que je suis ta femme.
PAUL
Il me semble que c’est toi qui l’avais oublié. Maintenant laisse moi.
Claire sort et le rideau tombe.

Le rideau se lève sur le même décor. Paul assis devant la table couverte de papiers, réfléchit le coude appuyé sur l’accoudoir du fauteuil, et le menton dans la main.
Claire rentre.
CLAIRE
Alors ? tu peux bien me dire maintenant ce que tu veux faire ?
PAUL
Patience, Patience ? Quelle heure est il ? ( il regadre sa montre) il va être 10 heures. Tu n’as pas beaucoup à attendre. Comme d’habitude ( nous commençons tu le vois à avoir des habitudes), quand ils sonneront, j’irai leur ouvrir et tu pourras nous écouter dans la pièce à coté.
Sonnerie à la porte d’entrée
PAUL
Bigre !! quelle exactitude ! Laisse nous, je vais ouvrir.
Paul se lève va ouvrir et revient avec Roxane, Monge et Caril.
PAUL
Asseyez vous, asseyez vous.
Je vous ai demandé de venir car j’ai changé mes projets.
Je vais vous dire exactement ce que je veux. Il n’y aura pas de discussion . Ou vous acceptez, ou je demande à mon avocat qui a déjà le dossier entre les mains de mettre en route la procédure et bien sur je déposerais plainte. C’est bien compris ?
Personne ne répond
PAUL
Bon. Qui ne dit mot consent. Vous êtes donc bien d’accord.
Voici comment vont se passer les choses. Roxane prenez des notes, c’est vous qui préparerez le texte de l’accord.
J’abandonne la solution de l’indemnisation.
Je vais donc vous vendre mes deux Sociétés, avec deux petits changements ;
1/ Comme je suis très correct, vous ne me verserez que les deux tiers de la somme que vous aviez proposée.
2/ Et, c’est la contre partie de ma ….correction, vous attribuerez 15 % de vos actions à ma femme qui de surcroit sera nommée Présidente de votre Société. Il est bien évident qu’elle n’exercera pas elle-même ses pouvoirs…enfin…vous vous débrouillerez avec elle..
Je veux que l’accord stipule que ma femme recevra en jetons de présence, exactement la même somme que reçoit Roxane en salaires.
Voilà. C’est simple, et c’est tout.
MONGE
Mais, Monsieur les 15 % attribués à votre femme…
PAUL
Seront attribués gratuitement, bien sur ? D’autres questions ?
CARIL
Nommer Présidente votre femme qui ne connaît rien aux affaires peur être dangereux. Ne pourrait on pas….
PAUL
Quoi ?
CARIL
Je ne sais pas….par exemple lui verser une petite indemnité.
PAUL
Une petite indemnité, hein ?? Non. Je vous ai prévenu. Mon offre ne peut être discutée. Vous l’acceptez ou c’est le dépôt de plainte. Décidez vous. Monge ?
MONGE
Je vous donne mon accord, monsieur
PAUL
Caril ?
CARIL
Vous ne me laissez pas le choix..
PAUL
Bon. Quand à vous, Roxane, vous vous débrouillerez avec vos nouveaux patrons
ROXANE
Une seule question, Monsieur. Pourrait on prévoir que la Présidente n’aura pas la possibilité de demander mon licenciement ?
PAUL ( après réflexion)
Je ne vois pas comment cette exigence pourrait être inscrite dans notre accord.. Mais je pense que la direction effective sera entre les mains de ces Messieurs qui n’ont pas intérêt( pour plusieurs raisons) de se séparer de vous. Je n’en citerai qu’une : parce que vous êtes une excellente secretaire, et cela, je le reconnais bien volontiers.
Les choses sont claires ? Pas de dépôt de plainte de ma part, mais adoption de ma proposition ?
Les trois autres se taisent.
Bien. Puisque nous sommes entièrement d’accord, Roxane, vous batirez le contrat pour demain 9 heures. Je l’étudierai, et nous nous retrouverons tous dans mon bureau, disons à 10 heures. A demain.
Caril, Monge, et Roxane se lèvent et sortent. Paul est resté assis.

Presque aussitôt, Claire entre
CLAIRE
Alors, c’est ça ta décision ? Tu me laisses tomber ?
PAUL
Pardon, pardon ! d’une part, c’est toi qui m’avais laissé tomber pour Monge, et d’autre part, tu vas être nommée Présidente !! Dis donc, pour le standing, c’est formidable non ?Ne dis pas que je n’ai pas pensé à toi !
CLAIRE
Tu te fiches de moi ? Avec un salaire de secrétaire ?
PAUL
Ecoute Claire. Pour toi aussi, c’est à prendre ou à laisser.
Roxane et toi, vous êtes toutes deux dans la Société. Vous avez des revenus identiques. C’est une base de départ équitable. Après, ma foi…que la meilleure gagne !
CLAIRE
Mais enfin, je suis ta femme et nous avons une fille !
PAUL
C’est toi qui a décidé de ne plus être ma femme. Quand à notre fille, je te verserai une pension pour elle tant que cela sera nécessaire.
CLAIRE
Mais toi ? Que vas-tu faire ?
PAUL
Oh, moi ! Il m’est arrivé tant de choses depuis quelques jours, que j’ai besoin de laisser se décanter tout ça. Je me donne un an durant lequel je vais vivre à ma guise ; Et ensuite, je verrai quelle direction prendre.
Tu diras à Aurore notre fille, que je passerai la prendre Dimanche matin vers 9 heures, et je lui expliquerai tout.
Paul sort de sous la table une valise.
PAUL
Je ne pars qu’avec cette petite valise En venant chercher la petite, Dimanche, je te dirai les dispositions que j’aurais prises pour prendre le reste de mes affaires. Je suis certain que tu parviendras à t’en sortir très bien. Tu as pu le vérifier…. tu as du charme.
Et moi, je vais enfin m’occuper…de moi…..

Le rideau tombe

FIN
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