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Full Version: ABRICOT A L'HEROÏNE
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ABRICOTS A L’HEROÏNE


La chaleur était écrasante, dans ce mois de Juillet. Le mistral était presque inexistant et ne parvenait pas à faire onduler les champs de lavande en fleurs. Seules les stridulations de cigales, donnaient une impression de vie..
Couché sur l’herbe jaune, desséchée, Pierre, à l’ombre des aunes, regardait couler le Lez, cette petite rivière qui à cette époque, avait bien du mal à continuer à couler.. Il aimait cet endroit, ou il avait l’impression d’être dans un monde à part, à l’abri de tout..
La tête posée sur son bras replié, Pierre sentait une douce somnolence le gagner, lorsqu’il perçut de petits ébranlement sur la terre, qui annonçaient que quelqu’un, pas très loin marchait..
Pierre se mit à ramper vers le tronc d’un peuplier, perdu au milieu des aunes pour essayer de voir sans être vu, selon la bonne vieille méthode militaire. Et il vit le « marcheur »C’était un homme entre deux ages qui avançait, en portant un panier plein dont le contenu était recouvert pas un torchon à carreaux rouges.
On voyait, à, son attitude que cet homme se savait seul. Il ne prenait aucune précaution pour se déplacer, et en même temps, à sa façon de tenir, très précieusement son panier, on avait l’impression qu’il transportait un trésor.
Très intrigué, Pierre le suivit des yeux, tout en tournant lentement autour du tronc du peuplier, pour ne pas se faire voir.
L’Homme, arrivé prés du Lez, posa son panier par terre enleva ses chaussures et retroussa son pantalon jusqu’aux genoux, puis, reprenant son précieux fardeau, il franchit la rivière sans aucune difficulté..
Le lendemain, à la même heure, Pierre revit le » bonhomme au panier »
Intrigué par ce manège bizarre, Pierre se décida à « filer » cet inconnu. A son tour il enleva ses chaussures, et franchit le Lez pour suivre l’homme.
Il n’y avait pas de chemin, aussi, l’homme, après avoir traversé un terrain inculte, passa entre deux champs l’un de maïs, l’autre de tournesol, puis pénétra dans un bois truffier. Pierre le suivait à distance. Ayant lui-même traversé la truffière, il s’arréta avant d’en sortir, car l’homme s’apprétait à entrer dans une vieille maison. Il avait posé son panier par terre, et avait pris sans doute une clé qui se trouvait sous une tuile posée sur le sol devant une fenètre aux volets fermés. L’homme et son panier, entrèrent dans la maison, et après 10 minutes d’attente, l’homme ne ressortant toujours pas, Pierre revint sur ses pas, retraversa le Lez, et retrouva avec un vif plaisir son petit coin relativement frais sous les aunes.
Là , il resta prés d’une heure, mais le bonhomme ne repassa pas.
Il revint le lendemain au même endroit, et toujours à peu prés à la même heure, le même homme repassa, avec son panier dont le contenu était couvert d »’un torchon rouge et blanc. ».
Pierre avait eu le temps de bien voir les traits de l’homme. C’était pour lui un inconnu. Donc, il ne vivait pas dans le coin, ou Pierre connaissait, au moins de vue, tout le monde.
Il résolut donc de voir comment il était venu. L’accés au Lez en cet endroit, ne pouvait se faire qu’à travers champs. Pierre suivit en sens inverse le trajet suivi par l’inconnu, et à environ 500 mètres, il arriva sur un chemin carrossable. Sous un chène, une vieille deux chevaux immatriculée dans la Drôme, ne pouvait être que le véhicule de l’homme. A tout hasard, il nota le numéro d’immatriculation sur une de ses cartes de visite.
L’inconnu ne semblant aller dans la vieille maison que l’après midi, Pierre résolut d’y aller en reconnaissance le lendemain matin.
Le lendemain, donc,la température quoique déjà chaude était beaucoup plus supportable, et lorsqu’il arriva devant la mystérieuse maison, Pierre, sans difficulté trouva la clé sous la tuile, devant la fenètre.
Il fit tout d’abord le tour de la maison. Tout était fermé. Il n’y avait aucun bruit, et aucune lumière ne filtrait à travers les volets anciens et mal jointés.
Lorsqu’il ouvrit la porte d’entrée, Pierre fut surpris de constater que les gonds avaient été récemment huilés, et ne faisaient aucun bruit. C’était d’autant plus surprenant que la maison, n’était manifestement pas habitée .Les meubles étaient restés, et de la poussière les recouvraient.
Il y avait 3 pièces au rez de chaussée, et par un escalier rustique en bois, on accédait au 1er étage et ses trois chambres, également meublées et poussiéreuses..
Mais que venait faire l’inconnu avec son panier dans cette maison déserte ? Pierre ressortit, remit la clé sous la tuile et rentra chez lui.
Deux jours passèrent durant lesquels Pierre avait été invité chez une tante à Orange , et il ne pensa plus guère au » bonhomme au panier »
Quand il revint chez lui, il décida de retourner au Lez pour voir si le manège se poursuivait.
Il ne fut pas surpris de revoir le bonhomme, passer avec son panier .
Ce manège, vraiment très curieux, commençait à intriguer Pierre sérieusement.Il suivit encore l’individu jusqu’au bois truffier, bien décidé cette fois ci à attendre qu’il ressorte, et voir ou il allait ensuite.
Il s’écoula prés d’une heure et demie avant que le bonhomme ne ressorte. Il avait toujours son panier, mais manifestement il ne devait pas rester plus du tiers de son contenu à l’arrivée, et le même torchon rouge et blanc le recouvrait.
Pierre décida alors de changer ses plans, et au lieu de suivre l’inconnu, il attendit quelques minutes, et revenant prés de la maison, il prit la clé sous la tuile et entra.
Il n’y avait rien de changé depuis sa première visite, mais enfin, il devait bien y avoir une explication.
Pierre remarqua que dans le salon, le tapis était recouvert de poussière, mais que l’un des cotés semblait moins sale, comme s’il avait été soulevé , et que la poussière était tombé sur le reste du tapis. Il souleva la partie la plus propre et constata qu’il y avait une trappe dans le plancher. Il souleva facilement la trappe. Un escalier descendait dans un noir absolu, et Pierre qui n’avait pas de lampe electrique, pensa plus prudent de revenir le lendemain, avec la posibilité de s’éclairer.
De très bonne heure, le lendemain, Pierre entrait dans la vieille maison, ouvrait la trappe et descendait l’escalier.
Prés d’une demie heure plus tard, Pierre ressortait du sous sol. Son visage était grave, préoccupé. C’est presque machinalement qu’il remit tout en ordre, fermant la trappe, rabattant le tapis, il était visible que ses pensées étaient ailleurs. Qu’avait il trouvé ? nous le saurons bientôt.
Durant son trajet du retour chez lui, il resta plongé dans ses reflexions, et une fois arrivé chez lui, il avait visiblement pris une décision, car il se dirigea aussitôt vers son téléphone et forma un numéro.
Pierre avait passé en compagnie de son ami Jacques, les trois dernières annèes de ses études secondaires, puis les études les avaient séparés, Pierre faisant une Licence en droit, alors que Jacques, préparait le concours de Saint Cyr et faisait une carrière militaire.
Chaque annèes, les deux amis se revoyaient au moins 4 ou cinq fois par an, et Jacques, actuellement faisait parti du deuxième bureau. C’est à lui que Pierre téléphona.
- Allo, Jacques, il est absolument indispensable que nous puissions nous voir très vite. Je saute dans un TGV ce soir. Peux tu me recevoir dans la matinée de demain ?
- Rendez vous fut pris à 10 heures.

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- A l’heure militaire, Pierre se présenta au bureau de Jacques. Après une bonne et fraternelle poignée de mains, Pierre exposa à son camarade, toute l’histoire qui l’amenait à venir lui demander conseil. Du passage très curieux d’un personnage qui en pleine canicule, et à travers champ, venait traverser le Lez, pour se rendre dans une maison ancienne et inhabitée, jusqu’à la découverte d’une trappe sous un tapis et des découvertes qu’il avait faites dans le sous sol.
- Jacques écouta avec attention tout le récit de Pierre, puis lui dit :
- - Tu as sacrément bien fait de venir me voir. Cela risque d’être très important. Je suis désolé, mais tu vas devoir recommencer ton récit devant mon chef le Colonel Dubois. Une seconde, je vais voir s’il peut nous recevoir tout de suite.
- Jacques forma un numéro sur son téléphone. La conversation fut courte. Le colonel pouvait les recevoir immédiatement.
- Le bureau du colonel Dubois, d’une simplicité monacale, n’avait qu’un détail particulier. Une immense planisphère tenait presque tout le seul mur sans porte ni fenètre.
- Après une brève présentation, Pierre dut recommencer son récit.
- Lorsqu’il eut terminé, le colonel Dubois murmura » l’Araigne ». Aussitôt, Jacques lui dit :
- - Moi aussi mon colonel, j’ai tout de suite pensé à l’Araigne.
- - Si nous ne nous trompons pas, Jacques, cette découverte est de première importance. Laissez tomber votre enquète actuelle, passez là à Vidal, et filez illico à Chamaret.
- Puis se tournant vers Pierre
- - Pouvez vous me remettre le numéro d’immatriculation de la 2 CV. Je vous demande le silence le plus absolu sur tous ces évènements, Pierre.
- - Mon Colonel, m’autorisez vous à seconder mon ami jacques dans son enquète ?
- - Bien sur. Et je vous en remercie. Jacques, ce soir, chez vous je ferai parvenir tous les renseignements que j’aurais pu obtenir sur le propriétaire de la 2CV. Quand et comment partez vous ?
- - Nous partirons Pierre et moi demain matin de bonne heure, par la route. J’aurais besoin sur place d’un véhicule. Je sais bien que Pierre en a un, mais nous aurons peut être à faire des démarches concommitentes.
- - D’accord. Tenez moi au courant chaque jour. Souvenez vous que si nous voyons juste, ce sont des gens dangereux. Alors prudence !
- - Bien mon Colonel !
- Le lendemain, alors qu’ils roulaient vers le sud, Jacques demanda à Pierre :
- - Peux tu, me décrire très exactement tout ce que tu as vu dans le sous sol de cette vieille maison. Je crois avoir une petite idée, mais,tache d’être le plus précis possible sur ce que tu as vu.
- - Bon. Après avoir soulevé la trappe sous le tapis du salon, je me suis engagé dans un escalier à colimaçon. J’ai été très surpris par la profondeur de cette « cave ». J’estime que le sol de cette dernière était au moins à 10 et peut être douze mètres au dessous de la terre..
- En bas de l’escalier, sur la gauche, il y a un appareil qui semble être un compresseur de forte puissance, d’où part un tuyau d’environ 4 mètres de long.
- Tout à coté de cet appareil, une partie de la paroi est cimentée sur une hauteur de 2 mètres et une longueur de 4 ou 5 mètres.
- Sur cette partie cimentée, il y a 4 trous, d’environ 15 centimètres de diamètre, fermés par un bouchon à vis metallique.
- Au dessus de chacun des trous, le nom d’une ville assez proche. Si je me souviens bien, de gauche à droite, il y a Orange, Avignon, Montélimar et Valence.
- Dans un coin, à proximité, une caisse contient environ une centaine de récipents bizarres . En plastique léger, ils ont la forme d’un obus, et mesurent une vingtaine de centimètres de long et le diamètre est approximativement celui des trous dans le mur.
- Enfin, dans le coin droit, il y a une table avec une appareil qui m’a semblé être un émetteur- recepteur. Il n’y a absolument rien d’autre.Avoue que c’est pour le moins curieux….
- - Curieux, oui, mais je crois savoir ce dont il s’agit. Il y a 9 chances sur 10 qu’il s’agisse d’un centre de distribution de drogue.
- - De drogue ?
- - Oui. J’ai l’impression que l’organisation l’Araigne ( là aussi je suis à peu prés certain qu’il s’agit d’eux) utilise la méthode qui était employés jadis pour transmettre des courriers urgents, des pneumatiques.
- Ils doivent mettre les sachets de drogue dans ce que tu as pris pour de petits obus, puis,ils mettent cet obus dans le trou correspondant au lieu de destination, ils branchent le tuyau que tu as vu sortant du compresseur, et ils envoient par air comprimé, la marchandise à bon port, sans que personne ne puisse voir quoique ce soit.
- - Mais pour installer ces canalisations….
- - Oh ! les techniques de forage existent. Il y a en particulier la possibilité de poser des canalisation en arc de cercle.Les deux points les plus élevés étant les points de départ et d’arrivée, ce qui fait qu’ à certains endroits les canalisations sont à plus de 100 mètres sous la surface terrestre, et elles n’ont aucun risque d’être coupées. Quand aux moyens financiers,, ils en ont d’énormes.
- - Alors, si je comprends bien , le bonhomme au panier amènerait la drogue, et ferait ses expédition du sous sol de la vieille maison.
- - C’est ça. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi il prend les risques de venir à pied.
- Après quelques secondes de réflexion, Pierre reprit :
- - Là, c’est peut être moi qui ai une réponse.
- Le seul accés normal à la vieille maison est un chemin qui mène au village de Chamaret. Or, depuis une quinzaine de jours, ce chemin est coupé par une longue tranchée. Des travaux de rénovation des conduites d’adduction d’eau sont en cours…Mais j’y pense en te parlant, c’est la raison de la profondeur de la cave, ils ont du calculer leur truc pour que leurs canalisations de « pneumatiques » soit à 5 ou 6 mètres de la surface, pour que des travaux ne viennent pas couper les lignes.
- - Tout cela me parait cohérent, Pierre. Lorsque nous arriverons chez toi à Grillon, nous partirons chacun de notre coté. Moi, j’irai à la vieille maison que je trouverai aisément avec tes indications, et je vais voir si toutes nos hypothèses collent. Toi, de ton coté, j’aimerais que tu te rendes à Nyons, ou réside le propriétaire de la 2 CV. Il faudrait que tu collectes le maximum de renseignements sur ce bonhomme. O.K ?
- - D’accord Jacques. Mais fais attention de ne pas te retrouver nez à nez avec notre loustic !!!
- Après un long moment durant lequel, manifestement chacun réfléchissait au problème qui se présentait à eux, Pierre reprit.
- - Il y a une chose encore que je ne comprends pas
- - S’il n’y en a qu’une, c’est que tu es plus avancé que moi.
- - Bon. Disons, une de base. Qu’est ce que tu viens faire, avec le Colonel Dubois, dans cette affaire de drogue. Ce ne sont pas vos oignons !!!!
- - Oh que si, ça nous concerne !!! Sais tu que toutes les entreprises terroristes, qui ont besoin de capitaux, font du commerce de la drogue. Ce n’est pas par hasard que Ben laden se trouve en Afghanistan, l’un des pays dont l’agriculture est presque entièrement basée sur la culture des hallucinogènes.. Détecter et détruire un réseau de distribution de drogue, c’est déstabliser les organisations terroristes. Et nous savons, en particulier que l’Araigne ( qui doit son nom au fait qu’elle possède des ramifications un peu partout, une vraie toile d’araignée) consacre tous ses revenus au recrutement et à l’entrainement des terroristes dans des camps.
( A suivre)

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- Lorsqu’ils arrivèrent à Grillon, Jacques décida que durant cette fin d’après midi, ils ne pouvaient pas faire grand-chose. Il demanda à Pierre de s’occuper du propriétaire de la 2CV, un dénommé Castori. Il devait recueillir le maximum de renseignements à son sujet, et ne devait pas hésiter même à aller chez lui, en début d’après midi, au moment ou il serait sans doute à Chamaret. Peut être pourrait il glaner quelques précieux renseignements sur le propriétaire des lieux ?
- Lui, Jacques, se reservait de faire une visite méticuleuse de la vieille maison, et en particulier d’examiner minutieusement le matériel entreposé dans la cave.Il trouverait sans doute la confirmation de son hypothèse concernant un centre de livraison de drogue.
- Le lendemain, donc chacun partit de son coté…avec la voiture de l’autre. En effet, il ne fallait surtout pas éveiller la méfiance de l’homme au panier. S’il voyait un véhicule immatriculé en 75, il pourrait avoir la puce à l’oreille, tandis que la présence d’une voiture immatriculée en 84 comme celle de Pierre, était tout à fait normale.
- La villa de Castori se trouvait à l’entrée de Nyons, sur la route de Valréas. C’était une assez jolie maison avec un beau jardin, comme il en existe pas mal dans cette ravissante petite ville.. Pierre avait décidé qu’il se présenterait comme un assureur.Il visita plusieurs magasins, dans lesquels il acheta quelques bricoles, et au moment de payer, il essayait d’obtenir des renseignements sur ce Castori. Une chose était certaine, tout le monde le connaissait, et bien qu’il « ne soit pas d’ici », sa réputation était bonne. Bon client et sympathique.. Ces renseignements n’allaient pas très loin, aussi dés 14 heure, il sonna à la villa du sieur Castori.. L’ouverture du portail fut commandée de l’intérieur de la villa, et lorsque Pierre arriva à la porte d’entrée, il y était attendu pas une femme, d’un certain age, et qui, peu sympathique lui aboya :
- -« C’est pourquoi ? »
- - Je suis assureur. Pourrais je voir Monsieur Castori s’il vous plait ?
- - Il n’est pas là ! Mais il est déjà assuré !
- - Madame, je suis un technicien de l’assurance. Je viens le voir gratuitement. Il me fait voir ses contrats en cours et je lui dit si tout est en ordre, ou s’il faut apporter des modifications sur tel ou tel point. C’est dans son intérêt, et cela ne lui coutera pas un centimes.Muni de mes conseils, il fera ensuite ce qu’il voudra…mais en connaissance de cause.
- - Tout ça, c’est du baratin ! Mais si vous tenez à le voir repassez après 18 heures.
- - Merci ,Madame, je repasserai sans doute.
- A ce moment là, un voix fraiche, venant de l’intérieur demanda :
- - Qu’est ce que c’est Jeanne ?
- - C’est un Monsieur, un assureur, qui voudrait voir vote père.
- - Si je peux donner le renseignement…
- Et apparut sur le pas de porte, une jeune femme de 25 à 30 ans incontestablement jolie et gracieuse .
- - Je suis la fille de Monsieur. Castori. Voulez vous entrer ?
- - Merci, Madame, je ne vous dérangerai pas longtemps.Voulez vous que je jette un coup d’œil sur ses contrats ?
- - C'est-à-dire, que je ne sais pas exactement ou il range ses papiers. En revanche, puisque vous êtes assureur, j’aurais besoin de vos conseils, personnellement. Je viens d’acheter une petite maison dans Nyons, et il faut que je prenne un contrat. Quelle compagnie représentez vous ?
- Pierre se rendit compte alors des problèmes qui pouvaient se poser quand on s’amuse à usurper des fonctions. Certes, il avait des connaissances en assurances, mais elles étaient limitées à ce que peut savoir un assuré averti. Cependant, il était trop avancé, et décida de donner le nom de son propre assureur, auquel éventuellement il apporterait le contrat..
- - Je travaille pour la Compagnie Le Languedoc, chez Monsieur Choupin. Voulez vous que nous allions jusque chez vous ?
- - Volontiers. Vous me direz ce que je dois prévoir pour mon mobilier. Je n’ai aucune idée sur la question.
- Puis elle cria à l’adresse de Jeanne.
- Je vais chez moi avec Monsieur l’assureur. Je reviendrai avant l’arrivée de papa.
- Dans la voiture de Pierre, ils se rendirent chez la jeune femme, une petite maison à la sortie vers Rémuzat.
- En cours de route, après s’être lui-même présenté, il sut que la jeune femme s’appelait Roxane, et que son père était propriétaire d’une petite distillerie de parfums. Lié avec de grosses sociétés de Grasse, il se livrait en outre au commerce en gros de parfums.
- Distillerie, industrie chimique des drogues, Pierre ne pouvait éviter de faire un rapprochement, et il regrettait déjà que Roxane soit la fille de ce Castori, qui semblait engagé dans une affaire bien ténébreuse.
- Les deux jeunes gens discutaient de choses et d’autres avec un liberté qui les étonnait.
- Après avoir rempli son role d’assureur, pris tous les renseignelments nécessaires, Pierre, promis de lui faire envoyer une proposition d’assurance très rapidement et il lui proposa de la ramener chez son père. Elle accepta et arrivés devant la villa de Castori, ils restèrent une bonne heure à discuter dans la voiture. Les deux jeunes gens se plaisaient , c’était une évidence.
- En revenant chez lui à Grillon, Pierre était à la fois heureux et malheureux. Heureux d’avoir rencontré Roxane pour laquelle il subissait une puissante attirance, et malheureux en pensant qu’elle était sans doute la fille d’un individu dangereux. Mais il ne lui venait pas à l’esprit que Roxane pouvait être au courant des activités criminelles de son père.
- Pierre était revenu de Nyons depuis plus d’une heure, lorsque Jacques arriva. Entre temps Pierre avait téléphoné à son assureur, et lui avait expliqué succinctement comment il avait connu Roxane, et qu’il fallait lui envoyer une proposition d’assurance.
- Jacques était très préoccupé. Il avait pu visiter minutieusement la cave de la vielle maison. Il avait vérifié, qu’en effet, le chemin d’accés était barré par de gros travaux, et que dés lors, il n’y avait rien d’anormal à ce que « l’homme au panier » ait été obligé de se rendre à pied à la vieille maison.
- Tout le matériel dans la cave démontrait que l’hypothèse qu’il avait formulée était la bonne. Il y avait un système perfectionné de transmission analogue à celui des anciens pneumatiques.Il avait ramené ( étant persuadé qu’un compte exact n’en était pas tenu) l’un de ces petits » obus » qui permettaient l’envoi des sachets de drogue.Il ne savait pas encore de quelle façon, mais il pensait que cela pourrait servir.
- De son coté, Pierre parla de sa petite enquète, et Jacques, comme lui-même pensa à faire un rapprochement entre la petite distillerie, et les opérations chimiques nécessaires pour produire de l’héroïne.
- Malgré le sérieux de la situation, Jacques ne put s’empécher de plaisanter son ami Pierre, sur les longues explications que Pierre lui fournit sur Roxane.
- - Penses tu que la fille de Castori soit dans le coup ?
- - Tu es fou !!!Evidemment non !
- - Bon, alors, ne nous occupons pas de Roxane pour l’instant, d’accord ?
- - Je suis certain qu’elle n’est pas au courant des agissements de son père !!
- - Mais….je ne t’ai pas dit contraire. Bien plus, je t’ai dit : laissons la tomber ! Tu es bien d’accord ?
- Je la reverrai….mais en dehors de notre affaire…
- - A propos d’affaire, il y a quelque chose qui me surprend, Pierre
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- - Je t’écoute.
- - Tu ne trouves pas curieux ce mélange de haute technologie et d’artisanat ? La conception et la réalisation du système de distribution de la drogue, c’est de la high tech. Et d’un autre coté, ce bonhomme qui se déplace en 2 CV et transporte des sommes considérables de drogue dans un panier recouvert d’un torchon.
- - Tu te fichais de moi quand je te parlais de mes conversations avec Roxane. Pourtant ( et c’est une preuve supplémentaire de son innocence) elle m’a donné spontanément des détails interessants.
- Son père a deux véhicules. Une grosse Peugeot et une 2 CV. Et il dit tout le temps qu’il adore sa 2 CV pour deux raisons : Jamais, il n’est tombé en panne avec elle, et d’autre part, il pense qu’avec une deux CV, il passe inaperçu…ce qui d’ailleurs devient de moins en moins vrai.
- Par ailleurs, je suis en mesure de te dire ce qu’il y a sur le dessus du panier, et qui cache les sachets de drogue. Castori a un magnifique verger, et Roxane m’a dit qu’à la belle saison, chaque jour, il emporte un panier de fruits à des amis qui font des confitures. En ce moment ce sont des abricots.
- Cela ne fait pas beaucoup avancer le schmilblik, mais les choses se précisent.
- - O.K. Tu as bien travaillé en discutant avec Roxane. Maintenant, à la réflexion l’apparente contradiction entre la high tech et l’artisanat peut sans doute s’expliquer.
- Il y a ceux qui conçoivent le système de distribution et disposent de moyens pratiquement illimités pour le réaliser. Et il y a ceux qui à la base, font les petites besognes qui elles ne doivent pas sortir de la banalité.
- D’ailleurs, je suis à peu prés certain, que le père Castori, sait qu’il produit de la drogue et que cela lui rapporte pas mal d’argent, mais il doit ignorer complètement qu’il travaille pour des terroristes.
- - Bon, alors que faisons nous. Nous sautons sur Castori et l’arrétons dans la vieille maison en flagrant délit ?
- - Tu es fou !!Je viens de te le dire. Il n’est qu’un petit maillon. Oh, je ne me fais pas d’illusion, nous ne remonterons pas jusqu’en haut, mais au moins, allons nous essayer de détruire un bon morceau de la toile d’araignée.
- - Oui. Mais comment ?
- - J’ai une petite idée.Je remonte à Paris, et vais voir avec notre laboratoire ce que nous pouvons faire. A toi, je ne te demande qu’une chose, mais je sais qu’elle sera difficile : Ne tente pas de revoir Roxane. La moindre petite bétise le moindre mot laché inconsidérément pourrait mettre tout en l’air. Je compte sur toi ?
- Pierre n’était pas très chaud pour faire cette promesse, mais il finit par dire.
- - Je te promets que jusqu’à ton retour je ne la reverrai pas.
- - Je ne t’en demande pas plus pour l’instant merci. Je pars tout de suite, et te téléphone demain.
- Trois jours plus tard, Jacques revenait chez Pierre.
- Il avait un carton d’ une cinquantaine « d’obus » en plastique, absolument identiques à celui qu’il avait pris lors de sa visite dans la vieille maison.
- - Vois tu, Pierre,, notre laboratoire a fait un bon boulot. Ils ont réalisé une cinquantaine de petits « obus » absolument identiques à ceux qui sont utilisés pour transporter la drogue. Mais, dans la pointe de l’obus, ils ont mis un minuscule emetteur d’ultrasons. Cet emetteur fonctionnera environ une huitaine de jours.
- Par ailleurs, ce qui n’était pour nous qu’une hypothèse est maintenant une certitude. Notre laboratoire a trouvé dans l’obus que je lui ai apporté des traces d’héroïne. Il est absolument certain que nous avons à faire à un trafic de drogue.
- Dés demain matin, nous irons dans la vieille maison, et nous enlèverons 49 des obus, pour les remplacer par ces 50 là ( on ne sait jamais, si le père Castori veut compter ses obus, il retrouvera son compte)
- A Montélimar, Valence, Orange et Avignon des équipes sont en place avec des appareils recepteurs de la longueur d’onde des ultrasons. Lorsque le père Castori fera ses expéditions, dans ces quatre villes, par triangulation nous repèrerons immédiatement les quatre lieux d’arrivée.
- Nous irons donc opérer la substitution des obus demain matin, et nous partirons pour Orange, ou nous avons rendez vous avec nos techniciens dans cette ville. Nous assisterons au repérage du lieu d’arrivée de la drogue sur Orange, puis sur ordre du Colonel Dubois, simultanément à Orange, à Avignon, à Montélimar et Valence, nous prendrons possession de ces lieux et feron prisonniers le ou les personnes présentes. Si comme je le pense, ces lieux d’arrivée sont aussi des lieux de départ, nous expédierons des obus chez les nouveaux destinataires, pendant que nos équipes partiront en hélicoptère vers les nouveaux lieux d’arrivée
- Le Colonel Dubois est à Valence. C’est lui-même qui dirigera toute l’opération.
- Le principe est simple. Tout le problème consiste à faire en sorte qu’aucune des personnes chargées des relais, n’ait le temps de donner l’alerte. Ce sera une course contre la montre.
- - D’accord répondit Pierre, je suis des votres évidemment. Je te demande seulement l’autorisation de passer un simple coup de fil à Roxane pour lui dire qu’elle recevra une proposition d’assurances pour sa maison, et que je reprendrai contact avec elle la semaine prochaine ;
- Jacques réfléchit un moment, puis finit par dire.
- - Après tout, à condition que tu ne t’éternises pas au téléphone et que tu n’en dises pas plus que ce que tu viens de me dire, ce sera même une bonne chose que Roxane ait la confirmation que tu es bien assureur….et bien décidé à la revoir. Vas, y ! Mais je t’en conjure, pas d’imprudence ! la communication doit être très courte. Invente toi une urgence, mais ne discute pas avec elle, je sais que tu seras tenté de le faire.
- - Merci Jacques, tu peux me faire confiance. D’après les éléments que tu as en mains, toi qui est….plus objectif que moi dans cette affaire, crois tu qu’elle soit dans le coup avec son père ?
- - Honnètement, je n’en sais rien. Il est probable que non, mais dans le doute, il faut être très prudent.
- - Je le serai, je le serai.
- Pierre partit téléphoner à Roxane à son domicile. Elle était là, et demanda aussitôt
- - Pouvez vous venir me voir, Pierre, je vous en supplie, Pierre, venez.
- - Malheureusement cela m’est complètement impossible. Je pars pour deux jours, mais je vous le promets, dés votre retour, je reprendrai contact avec vous.
- - Oh ! Pierre, je ne vous connais pas beaucoup, pourtant, j’ai besoin de vous parler…J’ai peur
- - Vous avez peur ? Courez vous un danger personnel ?
- - Non peut être pas, mais j’ai peur….je ne peux vous en parler au téléphone. Vous ne pouvez vraiment pas venir ?
- - Non, Roxane, cela m’est impossible, mais dés mon retour, c’est promis, je saute chez vous. Deux jours seront vite passés. D’ici là, restez chez vous, ne sortez pas, et tout se passera bien
- - Bon. Je vous attendrai..excusez moi, mais je suis très préoccupée
- - J’irai à Nyons dés mon retour. Faites moi confiance. Il faut maintenant que je vous quitte..
( A suivre)
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- Pierre alla aussitôt faire part à Jacques de la conversation qu’il venait d’avoir avec Roxane
- - Maintenant je suis certain qu’elle n’est pas dans le coup. Mais elle a du découvrir quelque chose au sujet de son père.
- - Ouais ! Ouais répondit Jacques. C’est une possibilité. Il y en a une autre, même si elle te déplait. Pourquoi ne pas envisager que la chose qu’elle a découverte, c’est que nous sommes sur les traces de leur trafic ?
- - Je comprends en partie ta méfiance, mais moi, contrairement à toi, je connais Roxane, et je sais…..
- - Tu ne sais rien dit Jacques en souriant. Tu est amoureux et c’est bien connu, l’amour est aveugle.
- - Je suis sur de ne pas me tromper. ;
- - Ecoute, nous le saurons bientôt. Pour l’instant ; j’ai une mission extrèmement importante à accomplir. Alors tu es libre, d’y participer ou non. Je comprendrais que tu préfères rester en dehors d’une affaire qui risque de mettre en cause ta belle ou l’un de ses proches parents, et ….
- Pierre le coupa :
- - Il n’est pas question que je laisse tomber. Le seul fait qu’il s’agisse de trafic de drogue m’inciterait à tout faire pour contribuer à le flanquer par terre. Mais si en plus, il s’agit de financer les terroristes, tu penses bien que je n’abandonnerai pas. Utilise moi comme tu l’entends, et fais moi confiance, je ne me laisserai pas influencer par ……d’autres….sentiments.
- Le lendemain matin, les deux amis allèrent à la vieille maison opérer la substitution des nouveaux obus contre les anciens, puis au début de l’après midi, sous les aulnes, prés du Lez, bien planqués, ils virent passer le père Castori avec son panier plein recouvert du torchon rouge et blanc.
- Il avait été décidé que l’arrestation de Castori ne se ferait que le lendemain, afin que sa disparition ne soit signalée que le plus tard possible.
- Après que le père de Roxane eut repris sa 2 CV, Pierre et Jacques se rendirent à nouveau dans la cave de la vieille maison, pour envoyer eux-mêmes des obus dans les 4 directions. Cette façon de faire présentait un double avantage
- 1/ Cela permettait à nos amis de se familiariser avec l’envoi des ces obus, et comme il est probable que tous les relais fonctionnaient selon le même système, cela permettait de donner des instructions aux collègues des autres ville.
- 2/ Il n’était pas exclu que des commandes n’aient été faites que dans deux ou trois directions. On serait sûr maintenant qu’ au moins un obus arriverait dans chacune des 4 villes.
- Jacques était en communication téléphonique pratiquement continue avec le colonel Dubois à Valence.
- Dés qu’il avait su que les 4 obus avaient été envoyés par les deux amis, le colonel alerta les équipes des 4 villes, qui mirent en batterie leurs appareils récepteurs des ultrasons.
- Lorsque, une heure plus tard, Pierre et Jacques arrivèrent à Orange, l’équipe locale venait de reperer le lieu d’arrivée de l’obus dans cette ville.
- Moins d’un quart d’heure plus tard, le colonel ayant eu la confirmation que les autres points d’arrivée à Valence, Montélimar et Avignon avaient été repérés, donna l’ordre d’un assaut simultané.
- Jacques et Pierre entèrent les premiers dans le relais d’Orange
- .Il s’agissait d’une ancienne épicerie, fermée depuis longtemps. La cave fut trouvée immédiatement et c’est sans aucune difficulté qu’ils cueillirent une femme entre deux ages, paralysée par la peur,qui tenait à la main l’un des obus, et n’avait pas eu le temps de donner l’alerte.
- Jacques et Pierre constatèrent qu’Orange desservait les villes proches à l’ouest.Nimes Montpellier et Sète étaient les points d’arrivée.
- Il fallait faire très vite. Sur les instructions du colonel Dubois,l’équipe d’Orange partit aussitôt pour l’aérodrome d’Orange ou elle embarqua en hélicoptère pour Nimes. Jacques et Pierre restèrent dans la vieille épicerie pour faire l’expédition des obus dans les trois directions desservies.
- Sous la Direction de Dubois, l’opération se déroulait rapidement, et onze relais avaient été décelés, occupés et utilisés pour l’expédition de nouveaux obus.
- Il était certain que le déroulement de l’opération était à la merci du moindre grain de sable.
- Ce grain de sable, il intervint à Marseille. Le relais avait été décelé, et lorsque trois hommes, s’élancèrent pour occuper les lieux, ils eurent la désagréable surprise de constater que cette fois, il y avait deux hommes. L’un s’apprétait à faire une expédition, l’autre, un membre de l’équipe dirigeante en tournée d’inspection, réagit immédiatement à l’appartition de nos hommes. Il se précipita sur le poste emetteur et actionna le bouton d’alerte. Puis l’homme se laissa capturer sans résistance, mais l’alerte ayant été donnée, il était probable, que tous les relais suivants ceux qui étaient entre nos mains, seraient détruits.
- Entre les relais conquis et les relais détruits par les terroristes,une grande partie du sud est de l’organisation était hors d’état de poursuivre ses opérations.
- Le Colonel nous dit qu’il ne s’attendait pas à un succés aussi large, et, avec les prisonniers que nous avions fait ( et en particulier le délégué des terroristes qui se trouvait à Marseille) il espérait obtenir des renseignements complémentaires sur l’Araigne, et la possibilité de frapper à nouveau cette organisation.
- Le jour se levait lorsque Pierre et Jacques revinrent à Grillon.
( A suivre)
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- Ils décidèrent de prendre quelques heures de repos, puis de se rendre au bord du Lez en début d’après midi. Si Castori n’avait pas encore était prévenu, il viendrait dans la vieille maison, et sans le laisser aller jusque là, ils l’arréteraient au bord du Lez.
- Pierre pensait à Roxane, et se demandait avec angoisse si elle était au courant des activités illicites de son père.
- Bien planqués sous les aulnes, Pierre et Jacques virent arriver Castori avec son inséparable panier recouvert du torchon blanc et rouge.
- Au signal de Jacques, les deux hommes se levèrent, et comme des promeneurs, s’approchèrent de Castori.
- - Bonjour, Monsieur. Belle journée pour se promener.
- Très calme, Castori s’arréta un instatnt et leur dit
- - Oui. Très belle journée ! Et j’en profite pour apporter quelques abricots à une amie qui fait des confitures. Voulez vous les gouter ?
- Et sans attendre la réponse des deux hommes, il souleva doucement l’un des angles du torchon, pris 2 abricots et les leur tendit
- Jacques et Pierre dégustèrent les abricots, et ce dernier demanda :
- - C’est un délice !! C’est un peu dommage de faire des confitures avec des fruits aussi succulents. Voulez vous me vendre tout le contenu de votre panier ?
- Castori commençait vraiment à avoir peur
- - Non, non. Ce n’est pas possible . Mon ami m’attend pour faire des confitures.
- - Allons, assez tourné autour du pot dit Jacques en saisissant l’anse du panier que Castori ne voulait pas lacher. Soyez raisonnable, Monsieur Castori, vous voyez, nous vous connaissons, et nous savons ce qu’il y a dans le fond de votre panier. Vous allez nous suivre gentiment. Contre nous deux, vous ne pouvez rien.
- D’un geste fataliste, Castori lacha l’anse du panier, et après avoir enlevé le torchon et écarté les abricots, Jacques découvrit une bonne centaine de petits sachets de poudre blanche.
- - Vous êtes très mal parti Castori. Très mal. Pour sauver ce qui peut être sauvé, vous aurez intérêt à parler, et même à être très bavard….. sans dire n’importe quoi.
- Pierre brulait d’envie de poser une question, et ne put se retenir de la poser :
- - Votre fille Roxane, est elle au courant de votre….commerce ?
- - Non, non, ne faites pas de mal à ma fille. Elle ne sait rien, absolument rien. Je vous en supplie, laissez là tranquille…
- - Cela dépendra de vous, reprit Jacques. Soyez correct avec nous, et nous le serons avec votre fille. Allons, en route, nous allons à la gendarmerie de Grignan
- Jacquesmit des menottes à Castori qu’il fit monter dans sa voiture et demanda à Pierre de les suivre jusqu’à Grignan avec la 2 CV de Castori.
- De la gendarmerie, Jacques appela le Colonel Dubois qui lui demanda de remonter sur Lyon avec son prisonnier.
- Avant de reprendre sa voiture, Jacques demanda à Pierre d’aller sur Nyons pour prévenir Roxane, et il lui demanda de rester chez elle jusqu’à ce qu’il reçoive des instructions.
- Partagé entre le plaisir de revoir Roxane, et la tristesse de devoir lui parler de son père, Pierre prit son véhicule à Grillon et une demie heure plus tard, sonnait chez Roxane.
- Ayant par son judas constaté que c’était bien Pierre qui était là, elle lui ouvrit aussitot, en murmurant « Enfin »….
- - Bonjour Roxane. Tranquillisez vous. Je suis là. Maintenant dites moi ce qui vous fait si peur.
- - Je ne sais pas…Je ne sais plus…L’autre jour, j’ai entendu une conversation entre mon père et Jeanne. Je n’ai pas compris. C’est elle qui parlait avec un ton de commandement et mon père semblait être un petit garçon. Elle lui disait : Il n’est pas question de suspendre les livraisons. Même si tu ne peux aller jusqu’au bout avec ta 2 CV, ce n’est pas grave, tu finiras à pied. Je connais bien le coin, tu ne rencontreras personne !
- Alors, ce ton de commandement, et puis ces livraisons ? de quoi s’agit il ? Certainement pas des abricots….alors j’ai peur.
- Pierre demanda à Roxane de s’asseoir.
- Il faut que je vous raconte une triste histoire. Je suis navré, mais vous aviez raison d’avoir quelques craintes…
- Et, Pierre raconta tout ce qui s’était passé ces derniers jours. Roxane, blème les joues sillonnées de larmes écoutait le terrible récit qui ne pouvait lui laisser aucun espoir sur l’activité de son père. Pierre ne lui parla cependant pas des terroristes qui étaient sans nul doute à la tête de ce trafic.
- Il venait de terminer son récit, lorsque son portable se mit à sonner. C’était Jacques
( A suivre)
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- - Ou es tu Pierre ?
- - Je suis chez Roxane.
- - Bon. Ecoute moi bien. Le père Castori s’est montré bavard. Il semblerait qu’il ne soit lui-même qu’un sous ordre, et qu’en revanche, la gouvernante Jeanne, fasse partie des grands manitous. J’ai alerté la gendarmerie de Nyons pour la faire arréter. Elle est en fuite. C’est une femme dangereuse. D’après Castori, elle croyait que Roxane avait entendu une conversation entre eux, et elle avait dit : « Si nous avons un pépin, cela viendra de ta fille Roxane, et je te jure qu’elle le payera..
- - Roxane avait effectivement entendu une conversation qui l’avait mise en alerte, et elle avait été surprise de constater que son père semblait sous ses ordres
- - Tout se confirme donc. Mais il est évident que Roxane sera en danger jusqu’à ce que l’on ait pu arréter Jeanne. Partez immédiatement, fais très attention, ce ne sont pas des enfants de chœur, et surtout dis moi ou vous êtes.
- - O.K. Pierre, je demande à Roxane de préparer quelques affaires, et nous allons chez moi pour commencer. Nous aviserons par la suite. A bientôt.
- Pierre mit rapidement Roxane au courant de la conversation qu’il venait d’avoir avec Jacques, et un quart d’heure plus tard, dans le véhicule de Pierre, ils partaient pour Grillon.
- Pierre mit ses parents ( qui les ignoraient encore)au courant des évènements auxquels il avait été mélé. Il omit cependant de leur faire part de sa décision de travailler pour les services secrets.
- Ses parents eurent du mal à admettre que pareille histoire pouvait se dérouler dans cette région calme, mais ils ne firent aucune difficulté pour que Roxane occupe la chambre d’amis.
- Trois jours plus tard, un samedi, Pierre était invité au mariage de l’un de ses amis. Il y alla accompagné par Roxane.
- La messe venait de se terminer. Il devait y avoir 3 ou 400 personnes sur la place de la Bourgade à Grillon.
- Soudain, un homme armé d’un pistolet s’approcha de Pierre et Roxane, et se mit à tirer. D’un revers de bras, Pierre avait fait tomber Roxane, et au moment ou il allait lui-même se coucher, il reçut une balle dans l’épaule.
- Le tireur bondit ensuite dans une automobile conduite par une femme, et le véhicule partit dans un crissement de pneus, sur la route de Grignan.
- Comme toujours, lorsque il y a une manifestation réunissant de nombreuses personnes, des gendarmes étaient là. Ils ne purent évidemment pas arréter les meurtriers, mais ils purent immédiatement donner des ordres pour que trois barrages routiers soient installés. L’un sur la route de Grignan à Taulignan, le second sur la route de l’abbaye d’Aiguebelle et le troisième sur la route de Montélimar.
- Dans l’assistance se trouvait également un médecin qui vint aussitôt donner les premiers soins à Pierre, qui fut transféré à l’hopital de Valréas. Il n’avait pas perdu connaissance, et Roxane avait tenu à l’accompagner à l’hopital.
- Une heure plus tard, Pierre demanda à Roxane de se procurer le n° de téléphone de la gendarmerie de Grignan, et de téléphoner pour savoir si les deux bandits avaient été arrétés.
- Comme on lui disait que les barrages étaient toujours en place mais qu’aucun véhicule suspect n’avait été arrété, Pierre demanda à Roxane de lui passer le téléphone.
- - Allo ! C’est moi qui a été blessé, et j’ai peut être une idée de l’endroit ou se sont réfugiés mes agresseurs.
- Il expliqua alors, qu’en attendant un relachement dans la traque, les deux bandits avaient du aller dans une vieille maison à Chamaret. Il expliqua ou se trouvait cette vieille maison et donna les conseils suivants :
- - Vous devriez former deux groupes qui convergeront vers la maison, l’un venant de Chamaret, l’autre de Colonzelle. Vous trouverez certainement une maison vide. Mais sous le tapis du salon, vous verrez une trappe. Je crois qu’avant de descendre, vous feriez bien de balancer quelques grenades lacrymogènes, puis de descendre avec des masques à gaz . J’ai tout lieu de penser que ce sont des individus extrèmement dangereux.
- Deux heures plus tard, le commandant de la Brigade de Grignan téléphonait à Pierre pour lui dire que l’homme et la femme avaient été arrétés Il le remercia pour les précieux renseignements qu’il leur avait fournis.
- Pierre venait de raccrocher lorsque Roxane lui dit.
- - Pierre, moi aussi je vous dois de grands remerciements. Grace à vous j’ai eu la vie sauve, car c’est moi qui étais visée, et vous vous êtes interposé…je ne sais comment vous remercier
- Mais, Roxane, vous plaisantez ? Je n’ai jamais fait un geste aussi égoïste
- - Egoïste ? Mais c’est vous qui plaisantez !! C’est vous qui avez été blessé !
- - Je dis bien égoïste. Dans toute cette histoire, je n’ai vu qu’une chose…….je ne voulais pas être veuf, avant d’être marié….
- - Oh, Pierre ! Vous voulez dire….
- - Oui, je veux dire…maintenant c’est à vous de dire…
- Après un moment de silence
- - Vous savez parfaitement, Pierre, ce que sera ma réponse. Mais comprenez moi, je viens d’apprendre que mon père est un trafiquant, il s’est passé tant de choses ces derniers temps…Et pour tout vous dire.. ;j’ai honte…de mon père, et je ne suis pas en état de prendre des décisions importantes.
- - Tranquillisez vous, Roxane. Je ne vous bousculerai pas. Quand au problème de votre père, d’une part vous n’êtes pas responsable de ses actes, et d’autre part, d’après les éléments fournis pas mon ami Jacques, il semblerait que votre Père ait été sous l’influence de cette Jeanne, qui elle est certainement une criminelle endurcie.
- Trois mois plus tard, Le Colonel Dubois avait réuni dans son bureau Pierre et Jacques pour faire le point sur cette affaire.
- 15 personnes avaient été arrétées, dont 13 ( parmi lesquels le père de Roxane) étaient de simples intermédiaires, et deux ( Jeanne et celui qui avait été arrété à Marseille) faisaient partie d’organisme terroristes. Deux laboratoires avaient été découverts. Celui de Nyons et celui de Carpentras . Un important stock d’héroîne a été découvert. Toute la partie sud est du réseau avait été démantelé.
- Roxane était retournée chez elle à Nyons. La villa de son père avait été fermée. Chaque jour, Pierre téléphonait à Roxane vers midi, et le soir, c’est Roxane qu’il l’appelait.
- Avant de demander à Roxane en termes plus sérieux cette fois, si elle voulait bien l’épouser, il lui révéla évidemment qu’il travaillait désormais avec le Colonel Dubois, et que par conséquent il serait appelé à effectuer souvent des déplacements.
- - Pierre, je ne puis concevoir de vivre sans vous, alors même si je ne devais vous voir que 2 ou trois jours par mois, je serais immensément heureuse d’être votre femme…..
- Ceci dit, j’aimerais bien vous voir un peu plus souvent ajouta t elle en souriant
- Ils se marièrent à Grillon, en présence de Jacques et du Colonel Dubois, bien que ce dernier, en apprenant le mariage de son subordonné, ait murmuré : « Dans notre métier, on ne se marie pas ». En fait, en connaissant mieux Roxane, ce vieux filou de Colonel dut penser : « Pas mal cette petite femme, peut être pourrais je l’employer pour des missions ponctuelles ».
- L’avenir en décidera

FIN
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