JACQUES
Pourtant c’est vrai !
PIERRE
Bien sur que non. En revanche, je ne comprends toujours pas pourquoi vous êtes venu me dire ces bétises. Vous me jurez que ce n’est pas un pari ?
JACQUES ( qui commence à être excédé)
Mais enfin….Comment faut il que je vous le dise ? Roxane et moi, nous voulons vivre ensemble !
PIERRE ( continuant à réfléchir)
Vivre ensemble ? Bon. C’est un élément supplémentaire. Oh, mais je trouverai, je trouverai… c’est peut être une question d’appartement ? Roxane a inventé ça pour me faire comprendre qu’elle voudrait changer d’appartement. C’est ça ?
JACQUES( vraiment excédé)
Non, Non, Non, ce n’est pas ça !!!Ce n’est pas d’appartement que Roxane veut changer, c’est de mari
PIERRE ( se tapant le front)
Mais c’est ça, bien sur !!Roxane a fait l’amour avec vous, comme j’ai fait l’amour avec votre femme !
JACQUES
Quoi ? Vous avez fait l’amour avec ma femme ?
PIERRE
Mais bien sur !!Plusieurs fois. Uniquement en hiver par exemple ! elle est un peu grasse, elle me tient chaud. Je la choisis quand il fait froid.
JACQUES
Mais vous êtes complètement fou ?
PIERRE
Fou ? Non ! Mais organisé, Oui !!
A ce moment là, le téléphone sonne. Pierre va décrocher.
PIERRE
Ah, c’est toi Roxane ? Oui, il est ici. C’est à lui que tu veux parler ? Ah, bon, je te le passe(à Jacques) C’est Roxane. Elle veut vous parler. Cela fait partie de votre plan débile ? (Il lui tend l’appareil)
JACQUES
Oui ? Mais si je le lui ai dit :!Mais il ne veux pas le croire ! Quoi ? Jeanne vient ici ? Ah, bon. Elle au moins , elle a cru tout de suite. Non tu as bien fait de le lui dire, nous allons enfin crever l’abcés. Tu arrives aussi ? D’accord !
Il raccroche ( à Pierre)
Voilà. Ma femme est maintenant au courant. Elle va arriver. Et Roxane suivra.
PIERRE ( tranquille)
Bon. Vous êtes trois dans le coup. Je ne comprends pas ou vous voulez en venir, mais vous y mettez le paquet ( semblant avoir une illumination) Ah ! je crois comprendre ! C’est de la jalousie ! Vous savez que je suis heureux, et vous pensez qu’en me disant « Pierre, vous êtes cocu » cela va assombrir mon humeur, c’est ça, hein ? Hé bien c’est raté. Il faudra trouver autre chose. Roxane ne PEUT pas me tromper. Elle m’aime trop. Vous avez perdu mon pauvre vieux !
JACQUES
Que vous soyez heureux ou malheureux, permettez moi de vous dire, que je m’en fous éperdument !
PIERRE
Trop aimable !
JACQUES
Roxane et moi, nous nous aimons. Je suis venu vous le dire, très loyalement. Vous préférez rester aveugle, ne pas voir les réalités, c’est votre problème. Ma femme va arriver, vous verrez qu’elle, elle sait que c’est vrai !
PIERRE
Allons, allons ! vous êtes tous de mèche !! Mais on ne me la fait pas à moi. Je sais que Roxane m’aime. Maintenant, je l’avoue, je ne sais pas encore pourquoi vous avez monté cette blague tous les trois.
JACQUES
Je vois. Il est inutile que nous discutions d’avantage . Quand nos femmes seront là, vous ne pourrez plus nier l’évidence.
(Sonnerie à la porte d’entrée)
Tiens ! ce doit être Jeanne !
Pierre hausse les épaules et va ouvrir.
Il revient accompagné de Jeanne. C’est une femme un peu enveloppée, en pleurs, et qui se précipite sur Jacques
JEANNE
Tu es un beau salaud ! Coucher avec ma meilleure amie !!Je suis sure que c’est toi qui est allé la baratiner. Ce n’est pas elle qui t’aurait fait des avances.
PIERRE( goguenard)
Bravo, Bravo ! bien montée votre petite histoire, et Madame, vous avez un talent certain. Encore bravo. Mais avec moi, ça ne prend pas
JEANNE ( Interloquée se tournant vers Pierre)
Mais….Mais…qu’est ce que vous racontez ? Mon Mari et votre femme sont amants, et tout ce que vous trouvez à faire, c’est d’applaudir ?
PIERRE ( très protecteur)
Mais mon petit , vous n’allez pas les croire ? c’est faux ! Roxane ne peut pas me tromper : elle m’aime. Par exemple, je ne sais pas la raison de cette comédie.
JACQUES ( découragé)
Je ne sais plus que lui dire. Mais devant les faits, il faudra bien…..
Ce n’est pas ce que nous avions prévu, mais, bon ! puisque vous ne voulez pas comprendre, je vous préviens : Ce soir, Roxane et moi, partirons ensemble. ( se tournant vers Jeanne) je suis désolé, Jeanne, je n’avais pas l’intention de brusquer les choses, mais il est tétu comme un ane.
JEANNE
Non, non, ne pars pas ce soir !! Attends, attends ! nous devons discuter. Je suis sure que c’est une bétise que tu veux faire…Laisse moi t’expliquer
PIERRE
Hola ! hola ! N’allez pas trop loin quand même !
A ce moment, on entend une clé qui tourne dans la porte d’entrée.
Roxane entre. Elle est très pale, et se dirige vers Jacques
ROXANE
Tu lui as tout dit ?
JACQUES
Oui. Mais il ne veut pas le croire ! C’est incompréhensible, mais il est tétu comme un ane ! Il croit que c’est une plaisanterie.
PIERRE ( qui commence à ne plus rire du tout)
Mais enfin, Roxane, dis moi la vérité, toi. Tu m’aimes n’est ce pas ?
ROXANE
Je t’ai aimé, mais je n’en peux plus !! Tu es tellement sur de toi ! tellement certain que tu ne peux qu’être heureux !! Tu estimes que puisque je me suis donnée à toi en me mariant, j’étais ta chose ! Que les sentiments restent figés !! Je dois t’aimer pour l’éternité et tu n’as aucun effort à faire pour mériter mon amour. Les petites attentions sont inutiles ! Tu es heu reux, comme tu dis, à perpétuité ! hé bien non.
JEANNE( à Jacques)
Tu vois bien qu’elle ne t’aime pas vraiment. C’est par dépit qu’elle s’est tournée vers toi. C’est parce qu’elle avait besoin que quelqu’un fasse attention à elle, mais elle ne t’aime pas
PIERRE ( se dressant d’uin coup)
Assez ! …….Assez ! Ainsi, c’était bien vrai ? Roxane, tu avais l’intention de devenir la maitresse de ce fantoche ?
ROXANE
Mais Pierre, tu ne veux vraiment pas comprendre ? Je n’avais pas l’intention de devenir la maitresse de Jacques. Je suis sa maitresse. Je l’aime, et suis prète à vivre avec lui !
Jeanne et Pierre en même temps
Salope !!!!!
ROXANE
Pourquoi cette injure ? Les sentiments évoluent. Comme toutes choses sur terre, ils naissent, vivent et meurent…L’amour vient de naitre entre Jacques et moi.Vous devez enregistrer ce fait qui est très naturel. Je conçois que cela vous rende malheureux ( elle se tourne vers Pierre) sauf toi bien sur, puisque tu es toujours heureux !!
PIERRE
Ne te fous pas de moi par-dessus le marché. Sortez !!sortez vite tous les trois, ou je fais un malheur !sortez !!!!
( Les trois personnages sortent.Pierre reste un moment , prostré les bras ballants.
Le rideau tombe
( A suivre)
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