- Mais enfin, pourquoi ? Tu vois bien que je ne te veux pas de mal. Dis moi ton nom et ou tu habites
- - Je ne veux pas y retourner
- - Mais ou ne veux tu pas retourner ?
- - Je ne veux pas…
- La petite figure était triste et pathétique. Cet enfant avait du beaucoup souffrir, son obstination en témoignait. Jacques n’était plus sur du tout qu’il devait le déposer dans une gendarmerie , ou le calvaire qu’il endurait se poursuivrait sans doute.
- Il remit son moteur en route, et une dizaine de kilomètres plus loin,s’arréta devant un hotel.
- - Attends moi là petit. Je vais voir s’il y a une chambre et tu vas pouvoir dormir, bien au chaud.
- Pour plus de sécurité, Jacques procéda au verrouillage automatique des portes.Il ne voulait pas que l’enfant affolé, reprenne la route.
- Il put avoir deux chambres avec porte communicante, et revint chercher le garçon.
- - Voila. Tu vas pouvoir te reposer. Peux tu marcher, ou veux tu que je te porte ?
- Sans répondre, l’enfant déscendit de la voiture, et immédiatement s’appuya sur le bras de Jacques pour entrer dans l’hotel et monter dans la chambre.
- - Enlève tes chaussures et ton pantalon et couche toi. Je vais trouver des couvertures pour que tu puisses avoir bien chaud.
- Jacques trouva deux couvertures dans l’armoire. L’enfant était déjà couché, roulé en boule pour avoir plus chaud. Jacques étendit les deux couvertures, et s’assit au bord du lit.
- Tu sais mon garçon, je ne te veux aucun mal. Au contraire. Si tu le veux, je peux t’aider a ne plus être malheureux. Mais il faut que tu me fasses confiance, que tu me dises ton nom et ou tu habites.
- Jacques attendit quelques secondes, mais l’enfant ne dit rien.
- - Bon. Pour l’instant repose toi. C’est le plus important. Reste bien tranquille. Je vais faire des courses et je reviens très vite. Fais moi confiance, je suis ton ami.
- Jacques descendit a la réception ou il demanda qu’on appelle un médecin. Il sortait pour quelques courses, il serait là dans une demie heure..
- En effet, une demie heure plus tard, Jacques revenait. Il avait acheté un pantalon, une chemise et un pull over qu’il espérait bien être a la taille du gamin. Il avait acheté aussi des objets de toilette puisqu’il n’avait rien apporté bien sur. C’est en rentrant a l’hotel qu’il réalisa que normalement a cette heure ci, il devrait être mort…….
- Il est certain que l’irruption de ce gamin dans sa vie….la lui avait sauvée. Pour l’instant en tous cas, il avait vraiment le désir de venir en aide a ce pauvre enfant dont la petite frimousse douloureuse, l’émouvait profondément.
- Arrivé dans la chambre, il constata que le gamin s’était endormi. Sa respiration était régulière. Son teint un peu rouge indiquait qu’il avait de la fièvre, mais ses traits s’étaient détendus, et il avait l’air moins souffreteux.
- Jacques étendit le pantalon qu’il venait d’acheter sur celui de l’enfant et constata qu’il avait vu peut être un peu grand, mais il ne serait pas ridicule.
- Lorsque le médecin vint, l’enfant dormait toujours, il commença a l’examiner et ce n’est qu’en fin d’examen que le garçon se réveilla, a moitié.
- - Ce garçon est complètement épuisé. Qu’a-t-il fait pour être dans cet état ?
- - Il a énormément marché. Il voulait rejoindre a pied des cousins, mais il ne s’était pas rendu compte que la distance était aussi importante.
- - En tous cas, en dehors d’une grande fatigue et d’une petite bronchite que nous allons soigner immédiatement, tout le reste est en bon état.
- Le médecin fit son ordonnance et il fut prévu qu’il reviendrait le lendemain.
- Avant de partir chercher les médicaments a la pharmacie, Jacques essaya une nouvelle fois d’établir un contact avec l’enfant.
-
- - Tu vois petit, que je ne te veux pas de mal.Au contraire, je veux te protéger. Tu as entendu , j’ai menti au médecin en lui disant que tu voulais aller chez des cousins.Et pour qu’il fasse son ordonnance, j’ai dit que tu t’appelais Jacques Boursier. C’est mon nom Tu devrais me parler très franchement, tu le vois, comme je te l’ai dit, je suis ton ami.
- L’enfant, moins apeuré, un peu reposé, plus en confiance, finit par répondre aux questions.
- - Comment t’appelles tu ?
- - Alain Rouque.
- - Ou habites tu ?
A cette question il marqua une hésitation
- - Je n’ai pas de maison. Je suis de l’Assistance. Ils m’ont mis chez un épicier. Quand je vais a l’école, je suis content, j’aime bien l’école. Mais quand je rentre, il faut que je fasse tout plein de travail .Il appelle ça de la manutention. Je transporte plein de trucs lourds. Des paquets de bouteilles d’eau , des légumes, des boites de conserve, plein de choses.Et puis aussi , je fais des livraisons
- Pour faire mes devoirs, je les fais la nuit……
- - Cet épicier ne s’appelle pas Thénardier par hasard ?
- - Non Monsieur, il s’appelle Monge
- - Oui….Excuse moi. Continue
-
- - Il y a un an que je suis a l’épicerie, mais j’en ai assez. Alors, Je suis parti un soir. J’avais pris des provisions, et j’ai marché, marché.. ;la nuit, je dormais dans un bois. Je n’avais même pas peur dit il fierement en redressant la tête.
- - Mais, tu as marché plusieurs jours ?
- - Je crois..Je suis parti Dimanche soir
- - Nous sommes Jeudi. Cela faisait donc 4 jours que tu marchais….Si tu es fatigué c’est un peu normal. Et ou voulais tu aller ?
- - Je ne sais pas. Je voulais partir. Je voulais partir
- - Pauvre gosse. Donc tu n’as plus de parents ?
- - Non. Mon papa aimait bien boire du vin, et un jour, il s’est disputé avec Maman, il l’a poussée, elle a tapé la tète contre une chaise, et elle est morte. Alors, « Ils « ont mis mon papa en prison et moi a l’Assistance..
- - Dans quelle prison est il ton papa ?
- - A Valence. Mais je ne veux plus le voir.
- - En somme, tu ne veux plus voir ton papa, tu ne veux plus voir l’épicier, et tu ne tiens pas a retourner a l' Assistance publique ?
- - Je ne veux aller nulle part.
- - Mais mon petit, il faut bien être quelque part. Tu vois, en ce moment, tu es ici.
- - Avec vous je veux bien. Vous êtes gentil.
- - Ecoute, moi, je vais réfléchir a tout ça, et toi, tu n’as qu’une chose a faire. Tu vas passer une bonne nuit, et surtout, ne t’en fais pas…comme tu le dis, je suis gentil…Je ne te laisserai pas tomber. Dors bien.
- Quelques minutes plus tard, Alain s’endormait et Jacques regagnait sa chambre, en laissant ouverte la porte de communication.
- Il n’était plus question de suicide. Jacques sentait qu’il avait désormais charge d’ame.
- Il pensa que la nature humaine est une drole de chose. Quelques heures plus tot, il était prét a se tuer et a laisser tomber son entreprise et tout son personnel( alors qu’avec certains de ses employés il avait d’excellentes relations) et là, parcequ’un jeune garçon , avec son pauvre petit visage l’avait ému, il remettait tout en question.
- Qu’allait il faire de cet enfant ? La solution légale aurait consisté a le ramener a l' Assistance, mais d’une part, ce serait trahir le pauvre enfant et d’autre part, il ne pouvait supporter l’idée que l’on rende cet enfant malheureux.
- Après une journée sortant vraiment de l’ordinaire, Jacques s’endormit très rapidement.
- Dés son réveil, Jacques se rendit dans la chambre du petit. Il était réveillé, et lui faisait un joli sourire, qui l’attendrit fortement.
- - Comment vas-tu Alain ? As-tu bien dormi ?
- - Oh, oui, Monsieur, j’ai beaucoup dormi. Merci, merci…
- On sentait qu’il voulait dire bien des choses, mais qu’il n’arrivait a trouver que Merci, pour lui faire comprendre toute sa reconnaissance.
- - Le toubib doit repasser aujourd’hui. Nous allons donc rester ici toute la journèe et la nuit. Si comme je le pense, tout va bien pour toi, nous partirons demain matin chez moi. J’habite a Orange. Et nous prendrons la bas les décisions. Mais ne crains rien. Je vais m’occuper de toi
( suivre)
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