Je possède à Marseille un salon de coiffure. Ce salon de coiffure, laisse, tous frais payés, environ 2500 euros par mois.
Au dessus de ce salon, j’avais acheté un appartement de 4 pièces, pour loger mon gérant. Ce dernier vient de faire construire une maison. Ainsi, cet appartement est vide
Hé bien , Jeanne, ce salon de coiffure, et cet appartement que vous pouvez occuper vous appartiennent. A une condition :
Votre divorce avec Alain, doit être prononcé dans les 9 mois qui suivent ce jour.
A vous de choisir. Si dans le délai imparti, votre divorce n’est pas prononcé, ce salon de coiffure et cet appartement, bien entendu, reviendront à Mathilde, mon héritière naturelle.
Je dois attirer votre attention Jeanne, sur le fait que si vous devenez propriétaire de ce salon, vous aurez la possibilité de vous faire coiffer gratuitement…… Ce qui ne vous obligera plus à vous promener toute la journée avec votre parure de bigoudis.
J’espère avoir fait pour le mieux pour tous. Maintenant, Mathilde et Alain, vous pouvez lire vos lettres. Adieu mes enfants. Soyez heureux. »
Lorsque le notaire termine sa lecture, les trois visiteurs sont comme statufiés. Jeanne, la main devant sa bouche, les yeux fermés, semble en catalepsie…
Le premier, le notaire reprend la parole.
Je suppose que vous allez me demander quelle a été l’évolution de la bourse depuis la rédaction du testament. Il y a une plus value d’environ 22%
Sortant ensemble de leur torpeur, Mathilde et Alain ouvrent leurs enveloppes. Mathilde est très pale, et Jeanne reprend vie
JEANNE
Mais pourquoi me traite t il comme ça, l’oncle ? J’ai toujours été très gentille avec lui.
Je pense qu’il n’a pas le droit d’exiger mon divorce. Ce testament doit pouvoir être cassé !
Maitre LEVE
Je crois, Madame, que le testateur ne vous devait rien Il ne vous lèse en rien. Il vous fait un legs sous condition, c’est tout Vous remplissez la condition, le legs vous est acquis, dans le cas contraire, le legs reviendra à l’héritière légitime.
JEANNE, après avoir réfléchi un moment.
Il suffit que le divorce soit prononcé pour que je recueille ce legs ?
Maitre LEVE
Exactement. Dans le délai imparti bien sur. A ce propos, je dois vous préciser que si vous prenez trop de temps pour réfléchir, la décision se prendrait d’elle-même, car vous ne pourriez respecter le délai de 9 mois.
JEANNE
Oh, mais ça ira très vite. Alain, rentrons, nous avons à parler !
ALAIN
Si nous devons parler des dispositions de ce testament, il est indispensable que Mathilde assiste aux conversations
JEANNE
Mais…..Le problème de notre divorce ne la regarde pas !
ALAIN
Mais bien sur, cela la regarde. Si nous divorçons, elle perd les biens de Marseille….
JEANNE( après un moment de réflexion)
Bon. Qu’elle vienne. Après tout, cela ne me gène pas.
MATHILDE ( en souriant)
D’ailleurs, mon intérêt est que vous restiez mariés. Et c’est ce que vous désirez, n’est ce pas ?
JEANNE
Vous verrez bien ce que je désire. Nous y allons ?
Les trois visiteurs prennent congé.
Resté seul, Maitre LEVE murmure
Pas idiot, ce testateur ! Elle est imbuvable cette Jeanne !
Le rideau tombe
Le rideau se lève sur le même décor qu’au premier acte. La scène est vide.
Le rideau levé, trois personnes entrent : Alain, Jeanne et Mathilde.
Les acteurs doivent donner l’impression que depuis leur sortie du l’étude du notaire, pas un mot n’a été prononcé.
Alain se dirige vers un placard. Il sort une bouteille, et se sert un verre de Whisky. Puis d’un signe de tête , et levant son verre, il regarde Mathilde pour lui demander si elle en veut. Elle hoche la tête pour accepter et fait signe du pouce et de l’index, qu’elle n’en veut pas beaucoup. Alain sert dans un deuxième verre, puis se tournant vers Jeanne, il la questionne avec les mêmes mimiques. Jeanne fait non de la tête.
Alain donne un verre à Mathilde, et avec le sien, vient s’asseoir dans un fauteuil.
Encore un petit moment de silence. Puis
ALAIN
Bon. Si nous sommes là, c’est pour parler, non ?
JEANNE ( désignant Mathilde d’un mouvement de tête)
Celle là ne devrait pas être là. Mais bon, après tout, elle ne me gène pas.
Pour que je puisse bénéficier de ce petit héritage, nous devons divorcer, Alain. Mais il n’est pas exigé que nous ne vivions plus ensemble. Nous pouvons donc divorcer pour faire plaisir à l’oncle, et continuer à vivre ensemble. D’ailleurs, ce problème de testament étant réglé, rien ne nous empéchera de nous remarier, mon chéri. C’est la solution la plus simple. Je pense que tu es d’accord. D’ailleurs, ce petit salon de coiffure, c’est une goutte d’eau a coté de l’héritage de Mathilde. Elle ne perdra pas grand-chose.
ALAIN
Normalement, Mathilde devrait être la seule héritière. Mon oncle, par gentillesse, a voulu me laisser quelque chose, et à toi aussi, si nous divorçons.
JEANNE
Mais pourquoi, moi seule, hérite sous condition
ALAIN
Parce que seule tu n’es pas une parente de mon oncle
JEANNE
Mon oncle, mon oncle !!!tu m’énerves. Tu disais toujours L’oncle !!Mais tu n’as pas répondu à ma proposition.
ALAIN
Ma réponse est simple. Mon oncle désirait que nous nous séparions, et pour cela prévoyait une indemnisation matérielle à ton profit.
JEANNE
Tu parles d’une compensation !!! Il parle de 2500 euros pas mois, et ce n’est même pas certain. C’est une aumone en comparaison de ce que vous recevez l’un et l’autre.
(Un silence doit durer plusieurs secondes)
ALAIN
Je constate que tu mets le problème matériel en avant . C’est d’ailleurs son vrai plan. Soit Ne parlons que de problèmes matériels. Divorçons. Tu deviendras propriétaire à Marseille, et de surcroit je te cèderais ma part sur « A Votre Plaisir »
JEANNE ( véhémente)
Quoi ? Cette cochonnerie ?
ALAIN
Cette cochonnerie, pour ma seule part, représente 4.000 euros par mois
JEANNE ( beaucoup moins outrée)
4.000 euros, 4.000 euros….mais c’est quand même un sex shop
ALAIN
C’est un sex shop, mais ça te rapporterait 4.000 euros…..( un court silence, puis elle ajoute)
Et je serais associée avec elle ?( de la tête, elle montre Mathilde)
( Après un autre silence
MATHILDE
Je vais faire une autre proposition.
Je prends le salon de Marseille, et je vous donne ma part sur « A votre Plaisir ». Ainsi, vous seriez seule propriétaire, vous ne seriez pas associée avec « celle là, et vous auriez des revenus mensuels importants de 8.000 euros par mois De plus il y a un petit 3 pièces qui est bien aménagé.
JEANNE
8.000 euros ? ( visiblement, elle se livre à des calculs en Francs). Evidemment, mais c’est un commerce dégoutant.
MATHILDE
Absolument légal
JEANNE
Légal mais dégoutant. Qu’en penseront mes amies ? Et puis, ces 8.000 euros, c’est peut être en mois de pointe ?
MATHILDE
Les livres sont a votre disposition. Vous verrez que 8.000 euros ; c’est une moyenne. Cela peut monter à prés de 10.000 en mois de pointe.
JEANNE
Mais dites moi ? Quelle est votre intérêt dans cette histoire ?
MATHILDE
Vous savez, je n’aurais jamais pensé avoir un jour la fortune que me laisse mon père. Alors que nous soyons trois heureux, c’est bien
JEANNE
Vous n’êtes pas honnète. En fait vous voulez que je divorce et qu’Alain soit libre.
MATHILDE
Je crois qu’en effet, Alain désire être libre. Je l’estime énormément. Si je peux l’aider, je le fais, voilà. ;
JEANNE
Voilà.. ;mais pas voilà tout.. Il y a autre chose. Vous aimez Alain.
( A suivre)
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