aristee
Sep 18 2006, 10:52 AM
Paul Reboux et Charles Muller ont écrit des « A la manière de… » qui ont eu en leur temps un immense succés.
Il n’est pas question d’imiter…. les inimitables, mais le jeu est amusant. Je vais m’y essayer.
A la manière de Madame de Sévigné
Lettre a sa fille, la comtesse de Grignan :
Il faut que je vous conte, ma chère, une historiette qui je l‘espère vous divertira un peu.
Vous savez que le marquis de Cochelutte aime beaucoup avoir a ses cotés la comtesse de Roquebrune. En particulier quand ils sont dans une alcove.
Après un diner pris en commun, diner au cours duquel leur fut servi outre quelques autres bagatelles, un tendre chapon dont l’aile se détachait a la première sommation, une cote de cerf a l’armagnac et une blanquette qui fleurait bon les herbes de Provence, Cochelutte et Roquebrune décidèrent de trouver une chambre pour se délasser.
Ils la trouvèrent.
Ils étaient dans l’activité frénétique du repos a deux, lorsque soudain, la porte s’ouvrit, et nos deux jouvençeaux, virent entrer le Roi suivi par Madame de Maintenon.
Vous le pensez bien, nos deux amis, furent ponceaux de honte, cependant que Sa Majesté, un sourire aux lèvres leur dit
- « Il semble que dans cette alcove, le Roi ne soit pas le Maitre des lieux. Je vous souhaite bien du plaisir »
- Puis, toujours suivi par Madame de Maintenon, le roi sortit, a la recherche d’une autre alcove moins encombrée.
- Voilà ma chère fille ce que je voulais ce jour vous conter et dont la cour se divertit fort.
- Votre affectionnée……
A la manière de Jacques Prévert
La montre
Elle tourne la grande
Et la petite aussi
Petit a petit
Elles tournent ensemble
Et le soleil les suit
Et la terre aussi
Elles tournent les aiguilles
Insensibles
Elles cisaillent les secondes, les heures
Elles cisaillent les jours de bonheur
Et les mois de malheur.
C’est par elles,
Cruelles
Que le vent du Temps
Est haché dans le Présent,
Et recollé dans le Passé
En souvenirs.
Ce sont elles
Encore elles
Qui créent l’avenir
Comme elle ont tué
Le Passé
Comme elles ont brisé le Présent
Le Présent qui est passé
Comme l’avenir qui passe
A présent
Montre, O monstre,
Raconte
Tes méfaits
Je te hais
Tu as tué ma pureté
Tu as tué ma Passion
Tu as tué mes illusions,
Et tu t’en fous….
Elles s’en foutent les aiguilles
Elles tournent
Comme l’ane autour du puits arabe,
Comme la Terre autour du Soleil,
Comme la lune autour de la terre
Comme le Politicien a tous les vents
Elles tournent
D’un mouvement bète
Pas de fète
Pas de bon temps
Elles tournent
Uniformément
Aveuglément
Bétement
Lentement et rapidement
Elles tournent…
Hé bien allez y tournez !
Cassez tout, gachez tout
Foutez vous de tout
De nous
Et puis, moi aussi, je m’en fous.
A la manière de Chateaubriand
Le disque rougeoyant de l’astre de la nuit
Monte dans l’indigo du ciel semé d’étoiles,
Le poéte a senti son implacable ennui
Se couvrir lentement d’un impalpable voile
Les airs sont sillonnés de formes fantastiques
L’aigle et l’orglano blanc, poussés par le zéphir
Formes indistinctes, Ombres fantomatiques
S’enfuient silencieux muant en souvenir
……Et de Pierre Loti
Ouopatou mon amie, grimace a mes cotés
Elle traque ses puces et les croque gourmande
Mon Dieu, qu’elle est jolie, féminine beauté
C’est mon profond amour, que son regard quémande
Cette nuit nous ferons tout deux un bel enfant
Une fille Homme-Singe qui aura de sa mère
La beauté absolue aux canons triomphants
Et tout l’esprit puissant de son modeste père
aristee
Sep 18 2006, 01:40 PM
Texte déja passé. Mille excuses.
Aristée