aristee
Jul 26 2006, 07:16 AM
L'IDEE
L'idée lui était venue, il y a 10 ans. Et cela faisait 8 ans qu'il travaillait a sa réalisation.
Il y a 10 ans, il regardait un match de foot a la télé.Zidane faisait ses petits zigougouis avec ses chevilles en caoutchouc, et Bernard, pensa que c'était extraordinaire. Ce que faisait Zidane , bien sur. Mais aussi, qu'au même moment ou il effectuait ses prouesses, lui, Bernard, bien calé dans son fauteuil, pouvait le voir.
Oui, c'était formidable, ces images qui partaient d'un endroit, et lui parvenaient, reconstituées, instantanément, aprés un voyage dans l'espace.
Mais au fait, pourquoi seulement l'image de Zidane? Pourquoi pas Zidane lui même?Ce serait amusant si tout d'un coup, Zidane disparaissait du terrain de foot, laissant ses 10 équipiers, et se trouvait immédiatement devant lui, Bernard. Ils prendraient un pot ensemble. Ils regarderaient ensemble la télévision..........et la tête de tous les joueurs se demandant: « Mais il est ou, Zizou? »
Amusant, oui, certainement. Mais que de choses deviendraient possibles! D'autres deviendraient inutiles. Plus de voiture, plus de train plus d'avion.
Mais bon sang, tous ces cranes d'oeuf qui se demandent: Comment faire pour remplacer le pétrole qui va s'épuiser? Ils se cassent la tête avec la mise au point des biocarburants, de l'énérgie solaire, des éoliennes. Mais enfin, ne serait il pas plus simple de faire voyager des choses et des personnes comme les images de télévision?consommation d'énergie négligeable, instantanéité...Bernard venait d'avoir l'Idée.
Puis, comme il arrive souvent, il se dit que d'autres ont certainement eu cette idée, et que s'ils ne l'avaient pas réalisée, c'ést qu'elle était irréalisable.
Mais durant 2 ans, cette idée était dans un coin de son crane. Il avait beau la chasser, en se disant que c' était idiot, elle était là, en permanence, obsédante.
Il finit par se dire qu'il ne se débarrasserait de cette idée encombrante, qu'en se démontrant a lui même qu'elle était impossible.
Et ses recherches commencèrent. Il n'avait pas la plus petite idée de ce que devait être sa base de départ. Puis, comme son idée était venue en regardant la télévision, tout naturellement, c'est par là qu'il commença.
Il acheta un tas de bouquins. De vulgarisation tout d'abord, car, bien qu'ayant l'esprit scientifique, il n'avait pas fait détudes prolongées dans ce domaine.
Son père était notaire. Il fit des études de droit, reprit l'étude paternelle, qui tournait toute seule, grace au premier clerc, infiniment plus calé que lui sur le plan pratique.Il avait donc des loisirs. Ils furent tous consacrés a ses recherches.
Ses connaissances devenaient tellement importantes, qu'il en vint a des ouvrages destinés aux scientifiques, et il en arriva a consulter les communications scientifiques les plus pointues.
Depuis 3 ans , il avait la certitude de parvenir a ses fins.
Personne n'était au courant de ses recherches. Même pas sa femme.Il lui avait dit que pour être tranquille, il allait installer sa bibliothèque dans le grenier, qu'il aménagea.
En fait, les deux tiers du grenier étaient occupés par la bibliothèque.Le 3ème tiers, accessible par une porte constituée par une partie de bibliothèque pivotante, était consacré a ses appareils de recherche.
Bernard savait bien qu'il serait un jour nécessaire de mettre quelqu'un dans la confidence de ses recherches.Si, lui pouvait se trouver au départ de l'objet transporté, il fallait bien qu'une autre personne s'occupe de l'appareil destiné a reconstituer l'objet a son arrivée.
Pas question d'en parler a sa femme. Elle se ficherait de lui, et serait pour lui un frein, plus qu'un aiguillon.Le seul, qui avait toujours eu une foi aveugle en lui, le seul qui pouvait CROIRE en lui, c'était son ami d'enfance, Pierrot.
Bernard habitait prés d'Agen, Pierrot, dans le Vaucluse, 500 km par l'autoroute, c'eut été un inconvénient si Bernard avait voulu un vrai collaborateur.Mais il n'avait besoin de Pierrot que pour assurer la réception, et pour cela, dans la phase préparatoire, il n'était pas nécessaire qu'ils se voient souvent.
Il y a prés de 3 ans, Bernard était donc allé voir l'ami Pierrot( je vous dispense de vos astuces vaseuses)Aprés lui avoir demandé le secret le plus absolu( Pierrot était trop content de partager un secret avec lui pour tergiverser) Bernard, lui exposa son idée et sa certitude d'arriver a un résultat. Décomposer instantanément par atome, une chose ou un être, pour le reconstituer en un lieu donné avait posé dés le début un problème important.Comme pour une pelote de laine, il fallait savoir par ou commencer la décomposition de la chose , ce commencement devenant nécessairement la fin de la recomposition a l'arrivée.
Pour entamer cette décomposition , Bernard mis au point une pommade que l'on mettait a un endroit quelconque de l'objet , cet endroit devenant l'entrée du processus de décomposition, atome par atome.
A l'arrivée, une petite quantité de cette pommade était disposée sur une plaque réfrigérée, et c'est autour de cette pommade que l'objet se reconstituait.
Très souvent, les inventeurs ne se rendent pas compte de l'intéret de leur découverte. Il paraît que les Frères Lumière, estimaient que le cinéma était un amusant gadget, mais qu'ils ne pensaient pas qu'il puisse avoir un développement important. L'ingénieur Eiffel, ne pensait pas que la jarretelle qu'il avait inventé parce que les bas de sa femme étaient toujours en tire bouchon ( il avait eu l'idée de la jarretelle en voyant sur son bureau un bouton et un trombone) aurait un tel succés...et une connotation érotique.
Bernard, s'il ne voyait sans doute pas toutes les applications possibles de son invention, savait qu'elle apporterait des bouleversements dans le domaine primordial des transports.
Certes le transport instantané des personnes posait infiniment plus de problèmes que celui des images.Tout d'abord, une image émise, pouvait être captée par une multitude de récepteurs, alors qu'un être humain, ne pouvait avoir qu' un lieu de départ et un lieu d'arrivée.Par ailleurs, les risques de transport étaient tout différents: S'il y avait une rupture de faisceau pendant une transmission d'images, ce n'était pas bien grave. Alors qu'une minuscule erreur de reconstitution a l'arrivée pouvait avoir pour consequence,la mutilation ou même l'anéantissement pur et simple du « voyageur »
La toute première expérience eut lieu il y a un an.
Elle avait pour but de transporter instantanément un stylo bille de chez Bernard chez Pierrot.
Sur le stylo bille, Bernard avait gravé ses initiales ainsi que celles de Pierrot. B.C P.B, et il n'en avait pas parlé à Pierrot, pour être certain que ce dernier par gentillesse ne lui dirait pas que le stylo était arrivé avec des initiales.
Une semaine avant l'expérience, Bernard était allé chez Pierrot, bètement par l'autoroute.Il avait mis 5 heures et demie. Il avait amené l'appareil de réception, malheureusement assez volumineux, directement dans une remise que possédait Pierrot a la sortie du village. Pretextant, auprés des siens son intention d'utiliser cette grange pour y faire son vin et d'y voir clair, Pierrot avait fait brancher l'électricité indispensable pour l'expérience.
Longuement Bernard expliqua a Pierrot ce qu'il avait a faire pour réceptionner le stylo, et d'ailleurs ils resteraient en communication téléphonique permanente durant l'opération.
Le matin du jour J, Bernard était fébrile naturellement et dés 7 heures du matin il était au téléphone avec Pierrot. Ils avaient reglé leurs chronomètres a la seconde prés.
Les 12 faisceaux lasers, disposés en cercle, devaient se diriger sur un point précis du stylo, point sur lequel une minuscule particule de la pommade avait été posée. Un énorme électro aimant tenait dans son champs l'ensemble de l'appareillage .
L'opération avait était prévue pour exactement 10 heures du matin.
( A suivre)
aristee
Jul 27 2006, 06:20 AM
Dés 9 heures trente, Pierrot, commença a mettre en marche l'appareil de réception. Il avait en mains une check list comprenant les 17 opérations a effectuer. Il fallait qu' 9 heures 55, l'appareil de réception soit prés a accueillir le stylo voyageur.
A 9 heures 50, Pierrot dit a Bernard, avec qui il était en communication téléphonique permanente, que tout s'était bien passé, et qu'il attendait 9 heures 55 , pour accomplir la dix septième et dernière opération, la plus simple, puisqu'elle consistait simplement a appuyer sur le bouton » go »
Tant d'annèes d'études, d'efforts, de reflexions allaient avoir leur aboutissement heureux ou malheureux. Bernard, malgré la température clémente, transpirait, son pouls devait être monté a plus de 120, et d'une façon un peu puérile il se disait: Dans 15 minutes je saurai, dans 12 minutes je saurai, dans 2 minutes je saurai........
Bernard savait que l'appareil de réception était en marche depuis 9 heures 55.Il concentra donc toute son attention, sur ses propres opérations a effectuer, opérations pour lesquelles, il n'avait pas besoin de check list, car mille fois il les avait accomplies dans sa tête.
Prêt Pierrot?
- Prét!
A 10 heures précises, Bernard appuya sur le dernier bouton et aussitôt le stylo disparu. En même temps au téléphone, Pierrot tout excité criait:
- Il est là il est là, il est là
Bernard se laissa tomber sur une chaise et resta prostré un moment, incapable de parler ni de faire un geste. Au téléphone, Pierrot hurlait:
- Bernard, Bernard, allo, allo Bernard, il est là! Allo tu m'entends? Il est la...
Bernard sortit de sa prostration et lui dit:
- Débranche tout le système en appuyant sur off . Et décris moi le stylo que tu as reçu.
- Ben..C'est un stylo...normal.
- De quelle couleur est il?
- Il est rouge et bleu
- Y a t il quelque chose d'écrit dessus?
- Oui. Il y a 4 lettres P.B.B.C. Ce sont nos initiales
- Oui, mon vieux ce sont nos initiales. On a gagné. Succés total du premier coup! Je peux te le dire, je savais que ça marcherait un jour, mais je doutais que ce soit dés la première fois.Tu sais Pierrot, nous vivons un moment historique. Bien sur, il ne faut pas s'emballer. Il va falloir vérifier la fiabilité de mes appareils. Il faut que ça marche chaque fois, avant de se lancer sur des êtres vivants....puis des hommes. Je serai le premier cobaye, et j'attends d'être abolument sur , évidemment..
Une joie énorme submergeait Norbert, étouffante, presque insupportable, et il sentait des larmes qui perlaient a ses yeux..
Soudain, il reprit le téléphone.
- Allo Pierrot? Répète moi, quelles sont les lettres écrites sur le stylo?
- Je te l'ai dit ce sont nos initiales: P.B.B.C.
- Regarde, regarde bien . Tu es sur que ce n'est pas .B.C.P.B?
- Non, non P.B.B.C.
- Merde, merde merde!!!!!
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Il y a que j'avais gravé B.C.P.B.
-Ce n'est pas grave. Tu te trompes. Tu avais mis mes initiales avant les tiennes et tu ne t'en souviens plus.
- Si c'est grave.Je suis sur de moi. J'avais mis mes initiales puis les tiennes. Il y a eu une inversion a la reconstitution. C'est très grave. Imagine que je te transporte et que tu aies un pied a la place de la main.....
- Oui, évidemment.Ce serait génant. Mais je crois que ce qui est important, c'est que tu ais réussi a transporter instantanément un stylo de chez toi à chez moi. Le reste c'est simplement une mise au point.
- Bien sur, pour le principal c'est une réussite, mais je la croyais totale et elle ne l'est pas.Il va falloir que je revois tout le système de reconstitution, parce que c'est a l'arrivée qu'il y a quelque chose qui cloche, j'en suis certain.
- Oh écoute Bernard, tu me disais toi même que tu ne pensais pas réussir du premier coup, alors ne fais pas la gueule. Le stylo était chez toi, il y a quelques minutes et c'est moi qui l'ai. Et ça, c'est formidable, non?
- Tu as raison Pierrot.C'est déjà formidable.Je vais me remettre au boulot. Mais, là, je ne te cache pas que je suis crevé! Depuis plusieurs jours, je suis sur les nerfs, et avec toutes ces émotions contradictoires...Je reprends contact avec toi, demain? Ciao!!
( A suivre)
aristee
Jul 28 2006, 06:37 AM
Bernard se sentait « complètement vidé » et il résolut de ne plus penser a ses recherches jusqu'au lendemain.
Comme toujours, quand il avait le désir de s'évader, il prit dans sa bibliothèque les 3 volumes de la trilogie de Pagnol ( qu'il connaissait par coeur, ce qui lui permettait de rire avant même d'arriver avant les passages les plus désopilants). Il dit a sa femme qu'il ne mangerait pas a midi ( cela lui arrivait de temps en temps de sauter un repas) et se réfugia dans sa chambre avec César, Marius et autres Escartefigue.
Il était tellement entré dans les pièces de Pagnol, qu'il passa la fin de journèe sans avoir eu une seule pensée pour ses recherches.
Le lendemain, a la première heure, il appela Pierrot.
- Bonjour Pierrot. Tu n'as rien touché a l'appareil de réception?
- Bien sur que non.
- Bon. Voilà ce que tu vas faire . Tu vas reprendre la check list. Et tu vas faire les opérations jusqu'au point 7. C'est a dire la mise en route des 12 lasers. Je t'avais laissé l'appareil des mesures d'intensité. Tu vas vérifier les intensités des lasers, au millième prés. Tu entends? Au millième prés. Mets tes lunettes et prend une loupe. C'est très important.Tu sais qu'entre le laser 1 et le laser 12 il doit y avoir 24 unités de différence soit 2 unités entre un laser et le suivant. Regarde bien . Je te le répète au millième prés.
- OK Bernard. J'y vais et je te rappelle dans une heure.
En effet un peu plus d'une heure plus tard, Pierrot appela Bernard.
- Allo, oui, j'ai tout vérifié minutieusement.Tout me paraît OK. Il y a bien, sur la 8, un poil de grenouille en moins avec la 9 mais vraiment, presque rien.
- Ecoute Pierrot, si tu as un poil de grenouille en moins entre la 8 et la 9, c'est que tu as un poil de grenouille en plus entre entre la 7 et la 8 . Ca fait 2 poils de grenouille.....presque un poil d'éléphant quand on travaille sur la reconstitution d'atomes. Ne cherche pas. Ca vient de là.J'en étais a peu prés sur.Pour le réglage, je préfère venir la semaine prochaine. Mais le « poil de grenouille » dont tu parles, tu peux l'évaluer d'une façon plus précise.
- Avec mes lunettes je ne voyais pas la différence. Avec la loupe, il n'y avait pas tout a fait un millième de différence, un poil de grenouille je te dis.
- Nous travaillons a cette échelle. Si tu as trois quart de millième de moins entre la 8 et la 9 , tu as automatiquement trois quart de millième en plus entre 7 et 8 . Ca fait 2 erreurs qui s'additionnent.
- Enfin, c'est toi le savant. Mais je t'assure il n'y a presque rien.
- On ne peut pas travailler sur des « presque ». Je viens mardi prochain. Allez Ciao.
Le mardi suivant Bernard passa chez Pierot, plus de 2 heures a tout revérifier et a modifier l'intensité du laser 8. Revenu dans le lot et garonne, il prépara un autre stylo, sur lequel il mit le prénom de sa femme: Marie...en espérant que Pierrot ne recevrait pas le stylo avec une inscription Maire ou Mai, ou ...rien du tout. Les possibilités d'erreurs de reconstitution étaient malheureusement infinies.
Le Jeudi, une nouvelle opération de transport instantané eut lieu. Il y avait un peu moins de stress chez Bernard comme chez Pierrot. Ils savaient tout deux que sur le principe, le process était valable. Le reste n'était qu'un problème de mise au point.
Ils avaient choisi 10 heures, la même heure que pour la première opération.
Cette fois la réusite fut totale. Le stylo Marie, était arrivé instantanément a bon port.
Les appareils étant en route, Bernard dans la journèe, envoya une dizaine d'objets, le dernier étant relativement volumineux puisque c'était une chaise de jardin.
Une étape importante venait d'être franchie. Mais ce n'était qu'un étape.
C'est une chose que de transmettre un objet. C'est autre chose que de transmettre un être vivant. Un objet est abolument inerte, rien ne bouge. En revanche, dans un être humain, tout est en mouvement. Le sang qui court dans les veines et les artères, le coeur qui bat, les muscles qui bougent. Oui, c'était autre chose..
Durant 6 mois, Bernard travailla essentiellemnt a affiner ses réglages.Les faisceaux lasers pouvaient être réglés a I dix millième prés. Le convecteur était a double rotation, quand a l'electroaimant sa puissance avait été augmentée de prés de 30 %.
Il avait une souris blanche baptisée Minnie. Elle était mignonne comme tout et parfaitement apprivoisée.Malheureusement, elle avait un gros défaut, elle était très remuante jamais au repos, et cela posait un gros problème à Bernard.
Certes la solution était simple. Il sufisait de l'anesthésier pour qu'elle reste tranquille le temps de l'opération. Oui mais voilà! Bernard avait horreur des piqures. Alors, en faire une lui même! Surtout a Minnie qui était si attachante!
Il fallait qu'il mette une troisième personne « dans le coup ». Et comme son idée n'était plus farfelue, qu'elle avait réussie, il pensa que c'était à Marie qu'il devait demander de faire la piqure, aprés lui avoir tout expliqué.
- Ecoutez Marie( oui. Ils se vouvoyaient depuis toujours. Il n'y avait aucun snobisme dans ce fait: Ils se vouvoyaient depuis toujours et c'est tout) Ecoutez Marie, je vais vous faire un aveu. Depuis 10 ans je poursuis des recherches pour que l'on puisse envoyer instantanément un objet, et je l 'espère un jour des êtres vivants comme aujourd'hui on envoie des images par la télévision.
Ce n'est pas utopique. Pour les choses, c'est acquis. A plusieurs reprises, j'ai envoyé des objets a mon ami Pierrot, et aprés une petite mise au point, maintenant ça marche très bien.
Il faut que je passe a la phase suivante. Je veux envoyer instantanément une souris a Pierrot. Mais j'ai un petit problème. Pour que la souris soit immobile il faut l'anesthésier. Or vous savez mon horreur des piqures.Pouvez vous m'aider en conservant cela va sans dire, le silence le plus absolu sur mes recherches que je ne révelerai qu'aprés une réussite totale
- J'avoue que je suis sidéree de partager ma vie, sans la savoir, avec un petit génie.Je sentais bien que vous aviez un jardin secret....assez vaste. Mais de là a penser que vous poursuiviez des recherches ausssi importantes...Bien sur, je vous apporterai mon concours, bien sur je garderai le silence absolu sur vos recherches.
Lorsque vous étiez dans votre bibliothèque, je suppose qu'en fait vous faisiez vos calculs et vos expériences?
- C'est exact et puisque désormais nous sommes associés, je vais vous faire visiter mon « laboratoire ». c'est un bien grand mot pour une petite pièce de 25 m2. Mais je crois qu'il va en sortir un appareil qui va révolutionner tous les modes de transport.
Bernard fit visiter son lieu d'études a Marie et présenta solennellement Minnie qui vint tout de suite sur la main de Marie.
Bernard avait décidé de procéder a la tentative de tranfert de Minnie le Lundi en huit.
( A suivre)
aristee
Jul 29 2006, 06:49 AM
La semaine suivante, il se rendait chez Pierrot pour vérifier tous les éléments de l'appareil de réception. Il avait été prévu une petite cage avec du fromage, pour que dés qu'elle reprendrait connaisance, Minnie, puisse s'occuper avec un bon repas;
Le lundi donc, a 10 heures évidemment( on peut être un savant et être supersticieux) le transfert de Minnie devait avoir lieu. Depuis tot le matin, Pierrot et Bernard étaient en contact téléphonique. L'anesthésie de Minnie devait avoir lieu à 9 heures 50.
Sur le plan scientifique, l'expérience était de même nature que la transmission d'un objet. Mais Bernard s'était attaché a Minnie, et une dimension sentimentale venait s'ajouter au stress normal du savant qui s'apprète a savoir si son expérience est couronnée de succées ou non..
Marie, maintenant se sentait complètement intégrée aux projets de son mari, et il était bien agréable pour Bernard de pouvoir en parler librement avec quelqu'un.Non seulement durant des annèes il n'avait pu parler a personne de ses projets, mais de plus, il avait été dans l'obligation de travailler en quelque sorte d'une façon clandestine, pour ne pas alerter Marie.
A 9 heures 50, Marie prit Minnie et lui fit la piqure anesthésiante.
Minnie s'endormit assez rapidement. Bernard d'abord, Marie ensuite lui firent un petit bisou, et Bernard,prélevant avec une minuscule spatule un peu de la crème spéciale, la posa sur la patte arrière gauche de Minnie.
Pierrot, a l'autre bout du fil égrenait le compte a rebours et a 10 heures pile, Bernard appuya sur le bouton » Go », et Minnie, immédiatement disparut, pendant que Pierrot au bout du fil hurlait: Elle est là, elle est là, c'est gagné, elle est là.
Bernard et Marie s'embrassèrent heureux et excités, puis Bernard, revenant sur terre, demanda à Pierrot.
Pierrot, dis moi comment est Minnie. Est ce qu'elle respire? Regarde la bien...dis moi tout ce que tu remarques.
- Ben...elle dort. Elle est sur le coté, elle respire...Ah, merde!
- Qu'est ce qui se passe? Allo Pierrot que se passe t il ?
- Il lui manque une partie de la patte arrière gauche.
- Décris moi exactement ce que tu vois. Y a t il une blessure?
- Non pas de blessure. C'est comme si sa patte avait toujours été comme ça.. La patte se termine comme si elle avait été sciée. C'est bien plat, et sur le plat; il y a une peau normale mais sans poil.
- Par rapport a l'autre patte arrière, mesure combien il manque
- Attends une seconde, je mesure.
Aprés une ou deux minutes, Pierrot reprit:
- Allo? Il manque entre 8 et 9 millimètres.
- Quand tu m'as dis qu'il manquait une partie de la patte arrière gauche, j'ai tout de suite pensé à ça. C'est exactement l'endroit ou j'ai posé la pommade. Je ne m'explique pas la raison. Pourquoi, la reconstitution ne s'est faite que d'un coté de la pommade, et pas de l'autre. Nous n'avions pas eu ce problème avec les objets. Encore heureux que la reconstitution se soit faite du bon coté. Tu aurais pu te retrouver avec simplement un petit morceau de patte arrière.Il va falloir que je réflechisse.
Mais en dehors de ça, comment trouves tu Minnie?Elle respire normalement?
- Oui. En dehors de cette histoire de patte, tout me semble OK. Dans combien de temps crois tu qu'elle devrait se réveiller?
- Attends, je demande a Marie...........Marie pense qu'il faut compter environ une demie heures. Reste bien avec Minnie, et note bien tout ce qu'elle fera a son réveil. Tu me diras si elle paraît souffrir. Donne lui un morceau de fromage. Je raccroche, tu me téléphones dés qu'elle se réveille.
Marie et Bernard discutèrent en attendant d'avoir des nouvelles de Minnie.Pour l'instant Bernard n'essayait pas de comprendre ce qui s'était passé. Il était trop inquiet pour la petite Minnie a laquelle il s'était attaché d'une façon qui peut paraître ridicule a ceux qui n'ont pas vécu longtemps avec un animal.
Quand Minnie,courait sur son bras, montait sur son épaule puis redescendait dans sa main et le regardait de ses petits yeux brillants , Bernard croyait voir de l'affection. C'est peut être idiot, mais c'est ce que ressentait Bernard. Et la santé deMinnie primait pourl'instant dans les préoccupations de Bernard.
Enfin trois quart d'heure plus tard, Pierrot rappela, et fit un travail de reporter radio.
Elle se reveille, mais reste couchée. Elle secoue la tête comme pour se réveiller tout a fait. Elle essaie de se lever. Elle est sur trois pattes et ne bouge pas. On dirait qu'elle est étonnée de ne pas avoir son quatrième point d'appui.Elle se met a marcher, elle trébuche et s'arrète. C'est marrant, elle semble réfléchir.Elle recommence a marcher sur trois pattes. Je vais lui donner un petit morceau de fromage. Elle n'en veux pas. Elle marche de plus en plus vite...
- Semble t elle souffrir?
-Non. Pas du tout. Elle est surprise, c'est tout. Elle vient de s'arréter et me regarde. On dirait qu'elle me dit « Qu'est ce qui se passe? Explique moi »
- Pauvre Minnie!explique lui, qu'elle est devenue un martyr de la science, et que je viendrai la chercher Lundi prochain.
- Tu comptes me la renvoyer « en express »?
- Tu es fou! Pour elle, les expériences, c'est terminé!Je me suis trop attaché a cette petite bestiole.Pour les expériences suivantes, j'achèterai les animaux au dernier moment..Allez Ciao Pierrot!
Toute la journèe du lendemain, Bernard la passa a réfléchir au problème dans son ensemble.
- Il mesurait parfaitement tout le chemin qui restait a parcourir.
1/ D'abord, bien entendu comprendre, ou en tous cas trouver la parade, pour que l'être vivant ne soit pas mutilé à l'arrivée.
2/ Faire de nombreuses expériences pour tester la fiabilité du système
3/ Losqu'il sera question de « faire voyager » des humains, il ne sera pas question bien sur de les anesthésier au préalable. Il faudra trouver une autre solution.
4/ Pour les expériences faites jusqu'à ce jour,il était toujours parti du même point pour aboutir au même point.La puissance de l'electroaimant ( unique) a l'arrivée, permettait une certaine marge d'erreur, dans l'angulation du départ. Mais lorsqu'il y aura une multitude d'electroaimants, dans des sortes de gares d'arrivée, il faudra une précision d'angulation extrèmement précise, ainsi qu'un précision de puissance au départ calculée d'une façon très fine pour atteindre la distance exacte voulue.
Bien sur, Bernard savait parfaitement que ce n'est pas lui tout seul qui résoudrait tous ces problèmes.
Le moment était venu de divulguer ses travaux. Mais comment?
( A suivre)
aristee
Jul 30 2006, 07:05 AM
Bernard avait la faiblesse d'être un peu « flotte petit drapeau » . Il résolut donc de prendre contact avec le Ministère de la Recherche.Il commença a peaufiner une lettre pour le Ministre. Il ne se faisait pas trop d'illusion. Il était peu probable que sa lettre parvienne jusqu'au ministre.Il décida de l'envoyer en recommandée pour avoir une trace. Et si un mois plus tard, il n'avait pas de réaction, alors ,la conscience tranquille, il ferait une conférence de presse.
Il parla longuement de sa décision avec Marie qui l'approuva totalement. Il était temps que d'autres prennent le relais, ou a tout le moins participent aux recherches. Il y avait un problème de moyens matériels, et il était indispensable qu'une abondante matière grise travaille a ce projet grandiose.
Huit jours aprés l'envoi de la lettre recommandée, Bernard recevait un coup de fil d'un Directeur du Ministère qui lui demandait de venir à Paris. Si cela lui convenait, un avion ministériel viendrait le chercher a l'aérodrome d' Agen..Bien sur, Bernard donna son accord, et passa toute la soirée a mettre au net tous ses comptes rendus d'expériences.
Un Directeur du ministère l'attendait a Orly et dans une voiture avec motards, ils se rendirent au ministère.
Une réunion était prévue, et lorsqu'ils arrivèrent dans la salle, une vingtaine de personnes étaient là.
Les motards devant la voiture d'abord, cette réunion organisée pour l'écouter,ensuite, cela commençait à impressionner le pauvre Bernard qui se mit a douter de l'intéret de ses recherches. »Pourvu que je n'ai pas dérangé tout ce monde pour rien. Car en fait, je suis bien loin d'avoir trouvé le moyen de transporter sans danger instantanément des êtres humains »
Mais il n'eut pas le temps de s'appesantir sur ses doutes. On lui demandait de faire un exposé sur ses recherches et ses résultats.
A voir l'intéret que tous manifestaient pour son travail, les doutes se dissipèrent vite. Les questions fusaient de toutes parts, et non seulement il ne pouvait répondre a toutes, mais il y en avait de si pointues, qu'il n'arrivait même pas a comprendre les questions.
Son séjour a Paris dura 3 jours. Dés le lendemain de son arrivée, il était reçu par le ministre et son Dircab. Il était logé princièrement dans un hotel que je ne puis nommer ici, puisque la publicité est interdite.
Des décisions furent prises.
Le C.N.R.S. Prenait les choses en mains.
Un laboratoire serait crée dans le Lot et garonne a proximité du domicile de Bernard qui était nommé Directeur du Laboratoire. Une antenne était prévue a Grillon, dans le Vaucluse, dans laquelle Pierrot serait appelé a travailler.
Epilogue
Il y a une semaine que Bernard est revenu chez lui.
Bernard est un ami de mon fils.
Il est venu hier et c'est lui même qui m'a raconté cette aventure scientifique extraordinaire dans laquelle il s'était lancé.
Il m'a autorisé a rendre publique la nouvelle de ce pas de géant qui est en train de s'accomplir dans le domaine des transports.
Il attend demain la visite de 2 Directeurs du C.N.R.S.Ils doivent trouver un local pour l'implantation du Laboratoire principal, mais surtout bien sur, des aspects techniques des différentes expériences déjà réalisées.
Bernard m'a dit son profond soulagement de pouvoir faire peser sur d'autres épaules que les siennes la responsabilité des recherches futures.Aprés toutes ces annèes durant lesquelles, avec acharnement, il a travaillé a la réalisation de son IDEE, il éprouve le besoin de souffler un peu, et projette de faire un voyage au Cameroun avec Marie. Bien entendu, ils emmeneront Minnie qui malgré sa patte écourtée est en pleine forme, et court presqu'aussi vite qu'avant son vertigineux voyage.
FIN