Help - Search - Member List - Calendar
Full Version: NAPOLEON EST REVENU
Rastaba's Forum > Culture > Création > Création Littéraire
aristee
Ce laboratoire, le plus avancé du monde dans son domaine, les recherches génétiques, avait déja réussi il y a quelques mois a faire renaitre une souris morte depuis 3 ans et ce, a partir d'un minuscule morceau de peau.
En ce 28 Juillet, une activité intense régnait au rez de chaussée de l'immeuble occupé par le laboratoire.
Car c'était le jour J
Depuis 183 jours, un cheveu de Napoléon avait été enfermé dans la chambre d'incubation, un cube metalliquede 3 mètres de cotés. On avait mis ce cheveu sur un lit, et l'on avait disposé sur une chaise des vétement analogues a ceux que Napoléon portait a son époque, pour ( si l'opération réussissait) que Napoleon puisse s'habiller sans être stressé au moins sur ce point.
Qu'allait on trouver?
Simplement le cheveu déposé là il a 6 mois?Ou bien un être plus ou moins fini, ou....on n'ose a peine y croire, Napoléon avec son physique légendaire, son intelligence fulgurante....On allait bientot savoir.
10 heures. Samuel Brun, le Directeur, entouré d'une vingtaine de collaborateurs se trouva devant la chambre d'incubation. Il tenait a la main une carte magnétique qui devait permettre l'ouverture.
D'une main qui tremblait un peu, Samuel brun glissa la carte magnétique dans la fente prévue. Le silence était impressionnant. Les visages pales et tendus.
Aprés 2 interminables minutes, dans un doux chuintement, deux panneaux de 2O cm d'épaisseur s'écarterent et découvrirent une porte métallique munie elle ausi d'une fente.
L'adjoint de Samuel Brun lui tendit une deuxième carte metallique qu'aprés un instant d'hésitation il glissa dans la fente.
La porte s'ouvrit vers l'intérieur, et sous les yeux médusés de tous les assistants, apparut Napoléon.


C'est bien lui. Sans aucun doute. Il était debout, petit. Il avait revétu son uniforme.
La porte n'était pas entièrement ouverte qu'il s'exclamait déjà avec un accent Corse trés prononcé:
"Messieurs, il y a plus d'un heure que j'attends"
La gorge nouée par l'émotion, Samuel Brun lui dit
- Sire, nous vous avons fait revivre....
-Croyez vous m'apprendre quelque chose? Depuis une heure, j'ai eu le temps de réfléchir. Je me souviens de ma mort a Sainte Hélène et puisque je suis vivant, c'est que j'ai été ressuscité
Aprés un moment de reflexion, Napoléon demanda
-A quelle époque sommes nous?
-Sire nous sommes en 2006
- Ah! ...vous avez mis bien du temps. Faites moi connaitre le monde nouveau
- Sire dit Samuel Brun qui s'était un peu repris, nous espérions réussir sans trop y croire. Mais nous avons préparé un appartement au XVIIème étage. Notre joie est immense. Mais songez que cela fait 190 ans que vous avez quitté l'Europe. Dans votre appartement, peu a peu, vous prendrez contact avec le monde nouveau. Vous constaterez que beaucoup de choses ont changé, les moyens de communication, les énergies etc..
Aprés un temps Napoléon répondit.
- 24 heures Je vous donne 24 heures pour m'expliquer ce que vous avez inventé. Ce sera plus que suffisant. Aprés, je veux voir..
-Qui règne en ce moment? Est il de ma descendance?
- Non sire. Nous sommes en République
- Mon fils n'a pas régné?
- Non Sire. Mais votre neveu, Louis Napoléon a régné sous le nom de Napoléon3
- Ah? Tout de même! Bon. Allons dans mes appartements
- Sire, votre appartement est au XVIIème étage, et vous allez tout de suite prendre contact avec le monde moderne. Nous allons emprunter l'ascenseur.Si vous voulez bien me suivre;
Suivi de Napoléon, Samuel se dirigea vers la porte d'ascenseur, appella la cabine et lorsqu'elle arriva, ils monterent et Samuel appuya sur le chiffre XVII
Sans dire un mot Napoléon avait suivi toutes les phases. Une légère secousse et l'ascenseur monta.
-Quelle force utilisez vous pour monter?
- C'est l'électricité Sire. C'est une force que nous avons domestiqué pour nous éclairer, nous chauffer et faire tourner nos machines.
- J'avais bien vu votre système d'éclairage dans la cabine. J'ai examiné les petites boules de verre et j'ai constaté qu'en effet elles éclairent mais aussi qu'elles chauffaient
L'ascenseur s'arrèta au I7ème étage et les 2 hommes se trouverent dans un appartement assez luxueux
Les yeux vifs de Napoléon examinèrent l'agencement du logement, puis il s'assit et demanda:
-Vous allez répondre a mes questions.Ce sera plus rapide pour que je me fasse une idèe de la situation.
-D'abord comment se déplace t on? Utilisez vous toujours des chevaux?
-Sire, les chevaux ne sont plus guère utilisés que pour les loisirs.
Sur terre, on utilise beaucoup, des engins qui s'appellent automobiles
- Automobiles? Cela veut dire qu'elles marchent toutes seules?
- Pas exactement. Il y a un conducteur qui a des manettes et peut faire démarrer, accelérer, ralentir, tourner et s'arréter une sorte de caisse dans laquelle peuvent s'asseoir 4 ou5 personnes.
- Et c'est votre électricité qui la fait marcher?
- Non Sire, pour l'instant, on utilise l'essence. C'est un produit qui vient du pétrole que l'on trouve dans le sol
- Et vous pouvez transporter 4 ou5 personnes? A quelle vitesse?
-Tout d'abord Sire, il y a de trés grandes automobiles dans lesquelles on peut transporter 4O ou 5O personnes a plus de 100 km a l'heure.
Napoléon est songeur
- Vous voulez dire que l'on peut transporter 4O ou 5O personnes de Paris a Marseille dans la journée?
- Evidemment sire. Par voie terrestre nous avons d'autres engins, des trains qui transportent un millier de personnes a la même vitesse.
Nous avons également d'autres engins qui volent, les avions qui vont beaucoup plus vite et peuvent transporter des centaines de personnes à 800 km a l'heure.
Napoléon pensif
- Par voie des airs?
Je sais que Léonard de Vinci prétendait que c'était possible. Mais j'ai vu ses croquis. Ca ne pouvait pas marcher
- Sire nous y sommes arrivés.
Un long silence, puis Napoléon repris
- Si j'avais eu ces moyens a ma disposition, j'aurais été rapidement le Maitre du monde.
Bon. Vous m'avez dit que la France était en République. Qui dirige la France? Un seul homme ou plusieurs?
- Il y a un Président de la République
- Comment est il désigné?
- Il est élu au suffrage universel
- Vous voulez dire que tous les hommes de toutes conditions votent pour élire le Président?
- Oui Sire. Tous les hommes. Et toutes les Femmes
- Les Femmes aussi?
- Oui Sire
Napoléon réfléchit un moment:
- Vous avez sans doute fait de trés belles choses sur le plan technique, mais sur le plan politique, vous êtes dans l'erreur totale
Dans les périodes normales, le Pouvoir est en haut et doit rester en haut, sans que le peuple et surtout les femmes s'en mèlent.
Dans les périodes de crise, le Pouvoir est a celui qui le prend
Le Pouvoir doit être libre, en ce sens qu'il ne doit être débiteur de personne
Dans votre système votre Président doit son pouvoir au peuple, et le peuple, ne voit que ses intérets particuliers, pas ceux de la Nation
- Mais Sire, les peuples ont beaucoup évolué. On ne peut les diriger comme auparavant
-Quelle est la plus grande Nation du monde? La France ou l'Angleterre?
- Ni l'une ni l'autre Sire. Ce sont les Etats Unis d'Amérique
- Quoi? Ces sauvages?
- Sire, il n'y a presque plus de sauvages en Amérique. Ce pays est maintenant peuplé de gens venant de toutes les parties du monde.
Napoléon songeur
- Peut être ai je commis une erreur en vendant mes territoires d'Amérique
- C'est probable Sire.
- Comment l'histoire me juge t elle? Estime t on que j'ai commis beaucoup d'erreurs?
- Sire vous êtes considéré comme un homme de guerre exceptionnel.De plus vous avez crée de nombreuses institutions qui existent encore.
Bien sur, on vous reproche d'avoir trop fait la guerre. On vous reproche aussi l'exécution du duc d'Enghien
( à suivre)


aristee


- Ah non! Pas ça! Le duc d'Enghien conspirait avec les Cadoudal et Pichegru..
- Sire le fait est contesté
- A tort. A tort. J'ai eu les preuves en mains
L'exécution du duc d'Enghien n'était ni une faute ni un crime comme le colportait cet arriviste de Talleyrand
Il fallait étouffer dans l'oeuf toutes ces tentatives de déstabilisation de la Nation. Ce n'était ni un crime ni une faute. C'était un acte d'Etat
Napoléon qui s'était levé, marchait nerveusement dans la pièce.
- Ca n'avance pas.Je suppose que les livres existent toujours?
- Oui Sire
- Alors faites moi apporter 3 ou 4 livres sur chacun de ces sujets. L'histoire française depuis la révolution. Les moyens de communication. L'Etat des forces armèes dans le monde, et les économies des principales puissances du monde
- Bien Sire.Mais les forces armèes de nos jours ont beaucoup moins d'importance qu'au début du I9 ème siècle. Lorsque l'on parle de guerre, elle est surtout économique.
- Fournissez moi les livres demandés. Faites moi apporter un repas a midi. Un autre a 19heures. En dehors de ça, je ne veux voir personne jusqu" a II heures demain. Vous viendrez seul.
J'attends vos premiers livres dans le quart d'heure. Les autres seront déposés a ma porte. Maintenant laissez moi.
- A demain Sire...Ah..il faudrait qu'un médecin puisse vous examiner.
- Plus tard, plus tard. Je vais trés bien. Allez!
Samuel Brun entra dans l'ascenseur et rejoignit son bureau du 3 ème.
Il sonna sa secrétaire:
-Colette, Allez a la bibliothèque et apportez moi immédiatement des bouquins traitant l'histoire de France depuis la Révolution. Par la suite, vous me chercherez des livres sur les moyens de communication( y compris téléphone, Fax et Internet)ainsi que surl'Economie dans le monde.
Je ne pense pas que vous trouviez ici quelque chose sur les Forces armèes. Faites en sorte d'en avoir d'ici ce soir.Allez et dites aux chefs de service que je veux les voir à 12 heures a la salle de réunion;
A midi, dans la salle de réunion.
Mesdames Messieurs, vous le savez notre réussite est complète.Nous avons ressuscité Napoléon, et je dois dire qu'il est bien tel que je me le représentais. Il ne semble pas étonné par ce qui lui arrive et sa soif de connaitre notre époque est tout simplement prodigieuse. Il mobilise toute son énergie pour " se mettre a jour"
Que va faire cet homme quand il va prendre pied dans notre époque.
Je dois vous avouer mon inquiétude;
Nous avons réussi scientifiquement, mais il n'est pas homme a se désinteresser de la vie publique. N'avons nous pas recrée un ferment dangereux pour la paix.Je ne puis m'empécher d'y penser.
Je suppose que notre réussite est déja connue. Je ne vous demande rien.Il est humain que certains d'entre vous en ai déja parlé a l'extérieur.
Mais nous devons officialiser la chose. Les 3 Directeurs et moi même donnerons une conférence de presse à I4 heures.
Je vais téléphoner au Président Chirac a l'Elysée.
Je vous reverrai demain ici a la même heure

Au cours de la conférence de presse,toutes les premières questions portaient sur Napoléon.Comment était il physiquement, avait il l'accent corse?paraissait il mentalement normal etc...puis vinrent les questions d'ordre plus général
- Votre Laboratoire a su faire revivre Napoléon. Il semble donc que rien ne s'oppose a ce que d'autres illustres personnages soient ramenés a la vie. Et par ailleurs, s'il est possible de faire renaitre un être humain, on doit pouvoir dire que la mort est vaincue?
-Messieurs, sans entrer dans trop de détails techniques je vais essayer d'être clair.
L'expérience que nous venons de réussir est extrèmement complexe. Elle comporte de nombreux paramètres que nous sommes loin de maitriser.
Malheureusement, il n'est pas éxagéré de dire que la renaissance de Napoléon doit plus au hasard qu'a la science.
Nous avons subi beaucoup d'échecs auparavant. Il semble qu'il existe un phénomène de resonnance encore mal connu, entre le sujet , son époque de vie d'une part, et l'époque et le lieu de l'expérience d'autre part
Lorsqu'une personne décède, elle n'est plus en résonnance avec son époque.
Cela me rappelle un mot de Tabarly, tristement prémonitoire " Lorsqu'un marin tombe a la mer, c'est qu'il n'avait plus sa place a bord".
Toutes les expériences pour faire revivre une personne recemment décédée ont toutes largement échouées.
Je vous demande, Mesdames et Messieurs les journalistes de ne pas faire naitre dans l'opinion des espoirs qui seraient vite déçus.
Nous sommes loin je le répète de maitriser tous les paramètres.

Si la conférence de presse ne réunissait( si l'on peut dire)qu'une centaine de journalistes en majorité des français,durant toute l'aprés midi, du monde entier, des envoyés spéciaux convergèrent vers le Cantal.
En Corse, l'ambiance était indescriptible. Toute la population était dans la rue. Des portraits de Napoléon, souvent tirés a la hate sur des photocopieuses,ornaient non seulement les vitrines, mais les fenètres des maisons, les arbres de toutes les localités. On criait " Vive Napoléon, on tirait des coups de feu en l'air, on chantait l'ajaccienne.
Les Instituts de sondage s'étaient mis en branle. et dés la fin de l'aprés midi le premier sondage tombait. 13% des personnes interrogées estimaient que la prouesse technique était la chose la plus importante.85% estimaient que l'évènement le plus extraordinaire était le retour de Napoléon.Les 2% restants mettaient les 2 évènements au même niveau.
Le monde politique était lui aussi en effervescence
Le Parti communiste et une large frange du parti socialiste et quelques UDF s'étaient réunis pour demander au Président de la République qu'il s'adresse sans tarder a la Nation et précise l'attitude qu'il entendait prendre vis a vis " du citoyen Bonaparte", et s'il envisageait une loi pour lui interdire toute activité politique.
La grande majorité de la droite estimait que Napoléon Bonaparte était un citoyen comme les autres et ne devait faire l'objet d'aucune disposition particulière.
Assez curieusement, le Front National ne prenait pas partie dans cette querelle, le retour d'un homme qui a vécu il y a 200 ans n'était " qu"un détail" sur le plan politique.
Bien entendu, la presse le lendemain titrait sur " le retour de Napoléon"et friands de" scoops" annonçait des informations fantaisistes:Napoléon vivait mais était grabataire. Il vivait mais était sourd et muet. Pour d'autres il était dans un état de débilité mentale etc.
D'autres enfin, plus sérieux posaient la question: Napoléon est il toujours atteint de la maladie qui l'a tué.
A II heures du matin, comme prévu, Samuel Brun frappa a la porte de l'appartement de Napoléon.et aprés le " oui" de Napoléon entra.
Napoléon etait assis. Sur le bureau devant lui, tous les livres qui lui avaient été apportés.Certains ouverts, d'autres fermés, mais munis de nombreux morceaux de papier qui marquaient les pages
- Bonjour Sire
- Bonjour? Comment vous appelezvous?
- Samuel Brun, Sire
- Eh bien, Brun, les historiens sont des crétins ou des gens malhonnètes. Il rapportent des faits, mais déforment le contexte, interprètent a leur gout les motivations. Bref ce n'est pas de l'histoire, c'est une carricature de l'histoire.
- Sire, il vous sera possible de redresser beaucoup de choses
Aprés un instant de silence, Napoléon reprend
- Vous a t on chargé d'une mission auprés de moi?
- Non, Sire. Pourquoi?
-Il ést possible que l'on veuille me confiner dans un role d'historien. Savez vous les intentions des autorités a mon égard?
-Sire, c'est beaucoup trop tot
-Lorsque je suis revenu de l'ile d'Elbe, la réaction a été plus vive!
- Mais Sire, vous faisiez alors parti du paysage politique.
- Oui bien sur...maintenant je suis un homme déphasé.Il me faudra 3 jours de plus pour appréhender la situation actuelle.
Faites moi apporter d'autres livres
- Avez vous l'intention Sire, de vous occuper des affaires de la France?
- Vous a t on chargé de me sonder a ce sujet?
- Non Sire.
- Bien. Revenez dans 3 jours à II heures. Que personne ne me dérange d'ici là.Faites déposer mes repas a la porte. Si des Autorités veulent me voir ou me délivrer une communication, je compte sur vous Brun pour les en dissuader pour l'instant. Mettez en avant mon état de santé, ..enfin débrouillez vous.

- Comptez sur moi Sire.
( à suivre)

_________________
aristee


Lors de la réunion avec ses chefs de service, Samuel Brun insista auprés de ses collaborateurs pour que l'isolement du Grand homme soit scrupuleusement respecté. Pour qu'il prenne pied dans notre époque, il faudra lui laisser du temps. La réussite de l'opération dépendait de cette prudence.
En fait, Napoléon avait fait sa première recrue. ……….
Pendant les 3 jours suivants, l'effervescence dans les milieux politiques alla crescendo.
"Il est inadmissible, que la représentation Nationale ne soit pas mise au courant de l'état de santé du citoyen Bonaparte"
" Quelles mesures le gouvernement va t il prendre a son égard"
De nombreux députés demandaient " Qu'une rente correcte soit versée a Napoléon, qu'il soit astreint a résidence, et qu'on lui interdise toutes activités politiques, toutes déclarations publiques"
Chaque jour, un communiqué signé Samuel Brun indiquait" Napoléon Bonaparte poursuit sa réadaptation. Son état de santé ne donne pas d'inquiétude"
C'était bien maigre. Et les journalistes étaient bien obligés de " broder" un peu.
Le Ministre de l'Intérieur vint lui même dans le Cantal et demanda a Samuel Brun de voir Napoléon.
Poliment, mais fermement, Brun indiqua que la chose était impossible pendant encore quelques jours. Les rythmes biologiques devaient se remettre en route, et il était trop tot pour savoir quel sera l'état psychique du sujet, lorsqu'il sera au contact du monde moderne.
Constatant que son insistance était inutile, le ministre demanda qu'a tout le moins, dans les 3 jours, un rapport trés étoffé lui soit adressé, traitant de l'état physique et mental de Napoléon, ainsi que de son comportement et de ses projets.
Samuel Brun s'engagea a rédiger ce rapport.
A plusieurs reprises le ministre de l'intérieur harcela Brun qui tint bon.
Deux jours plus tard, Brun se présenta chez Napoléon.
- Bonjour, Sire. Comment vous sentezvous?
- Les historiens disent que je suis mort d'un cancer a l'estomac.
- C'est l'hypothése la plus défendue.
- Hé bien elle est fausse. J'ai été empoisonné
- Par les Anglais Sire?
- Certainement pas. Les Anglais sont bien trop surs d'eux. Ils me tenaient. Ils ne me craignaient plus.
- Mais qui alors, Sire?
- A peu prés certainement sur ordre de ce gros poussah de Louis XVIII.
Il a toujours eu peur de moi. Il suffisait que l'on prononce mon nom devant lui, pour qu'il devienne blanc comme un linge.
A mon dernier repas, le vin avait un gout bizarre. J'ai toujours souffert de l'estomac, mais ces douleurs étaient tout a fait diférentes. Vous auriez pu me ressusciter sans mes douleurs!!
- Sire voulez vous que je fasse venir un médecin?
- Plus tard, plus tard. Quelles nouvelles des autorités?
-J'ai reçu la visite du Ministre de l'intérieur. Il voulait vous voir.
- Le Ministre de l'intérieur? Certainement pas.Si je dois rencontrer une autorité, ce sera la plus haute: Le Président de la République.
Mais auparavant, j'aimerais voir le monde extérieur sans être vu.Menez moi a un endroit ou ce sera possible.
- J'ai beaucoup mieux Sire. La télévision.
- Expliquez!
-He bien, c'est une sorte de boite. vous pouvez voir ce qui se passe a l'instant même a des centaines ou des milliers de Kilomètres. Vous pouvez voir aussi des choses qui se sont passées il y a IO ou 2O ans.
-Je peux voir ce qui se passe n'importe ou, ou ce qui s'est passé n'importe quand?
- Ah non Sire. Pour que vous puissiez voir quelque chose, il faut qu'il y ait sur place des appareils spéciaux.
- Faites moi apporter une de ces caisses. La science a fait de grands progrés. ...aprés un silence.....puisque vous avez su me faire revivre, pourriez vous en faire autant pour Joséphine?
- Sire je crains que non.Je ne crois pas qu'il nous reste des empreintes génétiques de Joséphine et surtout, nous avons eu beaucoup de chance pour réusir votre resurrection.
Au bout d'un certain temps, Napoléon reprend
- La tenue que vous portez est elle portée par tout le monde?
- Oui Sire. A peu prés. Lorsque nous avons aménagé votre caisson, j'ai tenu a déposer une tenue telle que vous la portiez, afin de ne pas vous dépayser, et vous l'avez revétue sans problème. Ce qui n'aurait peut être pas été le cas avec un costume actuel.
- Le fait est que votre tenue est bien laide
- Mais pratique, Sire
-Je ne vois pas en quoi ces jambes flottantes seraient plus pratiques que nos culottes serrées. Mais peu importe
Faites moi apporter cette boite magique avec une note expliquant comment s'en servir. Allez!
Samuel resta debout sans bouger pendant que Napoléon alla s'asseoir a son bureau et prit un livre.
Au bout de quelques secondes, il s'apérçut que Brun était toujours là
- Allez!
- Sire je suis dans une position un peu délicate. Le Ministre de l'intérieur me harcèle. Il veut vous voir....
- Je vous ai déja répondu. J'accepterai de recevoir la plus haute autorité, disons...dans 48 heures....Et faites moi apporter de ces vétements que vous portez maintenant. Allez!
20 minutes plus tard, un installateur vint brancher une télévision,chez Napoléon qui, sans lever les yeux de son livre, demanda:
- Vous avez apporté une note concernant l'emploi
- Oui Monsieur
Le " Monsieur" lui fit lever la tête,mais, il se contenta de dire
- C'est bien Allez!

Pendant ce temps, Samuel Brun téléphonait au Ministre de l'intérieur pour lui rendre compte de son entrevue avec l'Empereur.
Le ministre était fou de rage:
- Mais enfin, qui avez vous ressuscité? L'empereur d'avant les adieux de Fontainebleau ou l'homme vaincu et déchu de Sainte Hélène?
Comment voulez vous que je dise au Président qu'il "est convoqué dans 48 heures" Devra t il mettre un genou a terre?Nous sommes en pleine folie!Pour faire votre expérience, vous ne pouviez pas prendre un homme quelconque?Si vous vouliez une célébrité, vous n'aviez qu'a prendre un artiste, mais surtout laisser Napoléon ou il était!....
..D'ailleurs entre parenthèse, ou était il Napoléon depuis sa mort?Y a t il une autre vie? Vous en a t il parlé?
- Monsieur le ministre, le problème n'a pas été abordé. Il est trés....directif dans ses conversations et ne parle que de ce dont il veut bien parler
- Ca va être drole!Vous avez fait une belle boulette en le faisant renaitre.
-Je vais a l'Elysée, et je vous ferai part des décisions du Président. Ces décisions, vous les ferez connaitre a" votre protégé...en tous cas vous vous débrouillerez avec lui. Je vous téléphonerai dans la soirée.
Ce n'est que 3 heures plus tard que le ministre put entrer dans le bureau du Président Chirac. Ce dernier avait la mine soucieuse. Aussi curieux que cela puisse paraitre, il venait d'avoir un violent accrochage avec son Premier Ministre.
Il s'efforca cependant d'accueillir son ministre de l'Intérieur( avec lequel les rapports n'étaient pas des meilleurs) d'un ton bonhomme
- Enfin des nouvelles originales! Alors que dit le Grand Homme?
- Des nouvelles originales? On peut le dire.Monsieur le Président, je ne sais pas si tu vas les apprécier ( note de l'auteur: Oui ils se tutoient)
- Allons bon! Encore des ennuis?(
- Napoléon Bonaparte convoque pour aprés demain le Président de la République Française!!!!
Le Président réfléchit un long moment.
- Pourquoi pas? Je suis trés impatient de le rencontrer. Si je le fais venir ici, cela prendrait un caractère officiel. si je vais a lui, je vais simplement voir une curiosité scientifique.
Oui. Décidemment, j'irai le voir....( il consulte son agenda)..aprés demain a I6 heures.
( à suivre)
aristee

Le Laboratoire ne pouvait plus se contenter du bref communiqué habituel. Tous les médias se déchainaient
" Il est anormal, inadmissible que nous ne soyons pas tenus au courant de l'état réel dans lequel se trouve Napoléon . S'il y a des problèmes, nous devons le savoir"
Lors des questions au gouvernement télévisées, les députés de tous bords demandaient des informations précises.
Le Ministre de l'intérieur demanda à Samuel Brun de tenir une conférence de presse et de répondre aux questions qui lui seraient posées. Il fallait calmer l'opinion et faire comprendre qu'il n'y avait pas de secret d'Etat.
Une conférence de presse fut convoquée.
En ouverture de la conférence, Samuel Brun fit un exposé purement technique sur la réalisation de l'expérience. Il ne parla pas une seule fois de Napoléon, mais le désignait sous le nom de " Le sujet"...Ce qui ne manquait pas d'humour, et fut relevé par le premier journaliste qui posa une question/
- Monsieur le Directeur, durant votre exposé, vous nous avez parlé "du sujet" ce qui ne manque pas de sel pour nous parler de l'empereur Napoléon. Avez vous reçu des instructions précises des autorités françaises?
- Je n'ai reçu aucune instruction. Je suis un scientifique. Nous avons travaillé sur des sujets d'expérimentation. C'est le terme que nous utilisons. Ne cherchez pas plus loin.
Bien sur de nombreuses questions furent posées sur l'état physique et mental du " sujet"
Samuel Brun répondit que tout semblait normal mais que pour l'instant, il devait rester isolé pour éviter un choc brutal qu'il subirait si sans préparation, il était mis en contact avec notre monde moderne. Il n'a pas connu, les automobiles, les avions les trains le téléphone la télévision etc..
Un journaliste demanda si des dispositions avaient été prises sur le plan juridique. Aura t il une nouvelle identité? Sera t il né en 1769 ou en 2005?
Samuel Brun répondit que ces questions n'étaient pas de son ressort, et que pour sa part, il s'attacherait uniquement a ce que son expérience soit couronnée de succés.
La conférence de presse terminée, Samuel Brun se rendit chez Napoléon.
- Sire, le Président Chirac viendra vous voir aprés demainà 16 heures.
- C'est bien.Je viens de regarder dans votre appareil votre conférence avec des journalistes. Cet appareil est extaordinaire.Mais je maintiens ce que je vous ai dit. Votre évolution technique est remarquable, mais les hommes n'ont pas évolué en bien.
Je n'aime pas tous ces questionneurs qui vous harcelaient. Si c'est l'effet de votre République, ce n'est pas un progrés. Comment voulez vous gouverner lorsque n'importe qui peut vous demander des comptes?
- Sire, il est difficile de dire si c'est la démocratie qui a fait les gens comme ils sont, ou si c'est l'évolution des gens qui a amenée, mécaniquement si je peux dire, la démocratie
Napoléon réfléchit longuement.
- Je crois que ce que vous venez de dire résume l'état d'esprit actuel. Vous pensez trop. Penser, c'est se retenir d'agir. Et ce n'est pas avec des" parlottes " que l'on dirige une nation. C'est par l'action. Il n'y a pas de gens faits pour la démocratie. Il y a des gens qui vivent en société et doivent être dirigés.
Napoléon semblait un peu fatigué. Depuis sa résurrection, il n'avait pas du dormir beaucoup, en revanche il avait du lire prés de 2O heures par jour.
- Savez vous enfin quelle sont les intentions des Autorités a mon égard?
- Je les ignore toujours Sire. Mais je pense que lors de votre entrevue avec le Président, ce dernier ne manquera pas de vous en parler
-C'est de bonne guerre. Je suis en position d'infériorité. Je suis un peu son prisonnier
- Sire ne parlez pas de guerre!Sans rien savoir réellement, ce que je sais du caractère du Président me fait espérer la plus grande bienveillance a votre égard
- Je ne réclame aucune bienveillance.Mais du respect. Oui.
Maintenant laissez moi. Tenez, vous pouvez remporter ces vétements " modernes". Décidemment, ils sont trop laids.J'ai voulu les mettre...Ridicule..Vous me ferez refaire 4 ou 5 tenues comme celle que je porte.Allez! C'est vous qui me presenterez le Président
Pendant les 48 heures qui suivirent, Napoléon passa la plus grande partie du temps a lire, en particulier les ouvrages qui retraçaient l'histoire contemporaine. De temps en temps, il allumait la télévision. Il ne regarda jamais une émision en entier. Il zappait constamment, en cherchant les séquences qui se déroulaient en automobile, en avion, en train, ou des gens téléphonaient...il cherchait a voir le maximum de ces machines modernes.
Il tomba sur une émission ou il était dit que son entrevue avec le Président aurait lieu le lendemain du jour ou elle devait avoir lieu.
Pendant ce temps, " dehors", l'effet " renaissance de Napoléon " continuait a passionner l'opinion.
En Corse, un nouveau parti était né: le P.D.E ( Parti de l'Empereur) qui fédérait tous les anciens partis bonapartistes, et qui attirait des adhérents de tous horizons.
Ils voulaient que leu Grand Homme revienne sur l'ile. Ils voulaient le voir, l'écouter...
Le matin du jour de l'entrevue, Chirac avait demandé à Samuel Brun de venir le voir pour lui donner le maximum de renseignements sur l'aspect technique de la resurrection, mais surtout pour savoir comment était Napoléon, son degré de "mise a jour, son caractère, ses intentions.
Samuel répondit en toute franchise aux questions du Président, tout en précisant qu'en ce qui concerne ses intentions, non seulement il n'avait rien dit, mais a aucun moment il n'a laissé entendre ou il aimerait aller et ce qu'il aimerait faire.
Aprés un repas a l'Elysée, Le Président et Samuel prirent l'avion pour le Cantal.

Lorsqu'ils se trouvèrent face a face, Napoléon et le Président restèrent un court instant silencieux, se scrutant mutuellement, puis avec le grand sourire, si l'on peut dire , officiel, qu'on lui connait,Chirac s'approcha de Napoléon la main tendue
- Sire, c'est pour moi un immense honneur, une trés grande joie de pouvoir vous
- Saluer
- ( a suivre)


aristee


Il est difficile de dire si Napoléon n'avait pas vu ou n'avait pas voulu voir la main tendue. Toujours est il qu'il alla s'asseoir sur un fauteuil
- Monsieur le Président, je suis moi même trés heureux de vous recevoir. Asseyez vous je vous prie. Brun vous pouvez nous laisser maintenant.
Pendant que Brun sortait, le Président vint s'asseoir face a Napoléon. Son sourire avait disparu. Il était soudain tendu. Il reprit la parole:
-Sire, je suis trés fier.Trés fier que le premier homme qui soit rappelé a la vie soit un Français;Trés fier que ce soit l'oeuvre de chercheurs Français;De plus j'aime énormément l'histoire Sire, et vous avez écrit de belles pages de notre histoire
- On ne peut gouverner sans aimer l'histoire;C'est la connaissance de l'histoire qui nous permet de gouverner dans le Présent, et de préparer l'avenir.
- Certes, l'histoire nous aide a comprendre la situation actuelle. Mais il est ausi certain que l'histoire ne se reproduit jamais. Jamais;
- Les conditions techniques changent, mais les mécanismes, les ressorts de l'action sont des donnèes permanentes
Beaucoup de choses ont changé depuis ma première vie, mais il y a des constantes immuables
- Puisque vous parlez de votre première vie, sire, vous devez comprendre notre impatience de savoir ce qui s'est passé entre vos deux vies. Vous êtes le premier et le seul a pouvoir nous éclairer
Napoléon, en souriant
- Le premier? Non. Vous oubliez Jésus Christ!!
- Son passage dans la mort a été bref,.....et vous savez qu'il n'a jamais dit ce qu'il avait fait pendant ces trois jours..
- Hé bien je vais vous décevoir.Il me semble que tout s'est passé comme si ma résurrection était prévue.Même dans la mort, je n'ai pas été soumis au droit commun.J'étais en attente. je me souviens parfaitement de ma première vie terrestre , entre les deux, je n'ai qu'une sensation vague. Je pressentais une vie autour de moi, faite de vibrations de couleurs, de pensèes, mais j'étais isolé de ce monde. Je n'en faisais pas partie....puisque nous parlons de l'au delà, pouvez vous faire renaitre Joséphine?
- Samuel Brun m'a déja fait part de votre désir. Mais nous ne savons pas s'il existe quelque part, son empreinte génétique. Je dois vous dire qu'il ne nous serait pas possible de la faire renaitre jeune
- Curieuse remarque. Je vous parle de Joséphine, pas d'une femme quelconque. L'age importe peu.
- Sire je ferai faire des recherches. Avez vous d'autres désirs?
- Quelles dispositions comptez vous prendre a mon égard?
- Que désirez vous vous même?
- Monsieur le Président, ne tournons pas autour du pot. Vous savez trés bien que je suis en grande partie entre vos mains. Quelles sont vos intentions?
- En ce qui concerne votre installation, vous pourrez vous installer ou bon vous semble. Sauf en Corse.
- Pourquoi pas la Corse?
- Sire, depuis votre renaissance, il existe une grande effervescence en Corse. C'est une question d'ordre public. Vous avez trop le sens de l'Etat pour ne pas comprendre.
- Bien. Dans ce cas je m'installerai dans le Var, prés de Toulon. C'est là que ma gloire a pris son essor.
- La République achétera une propriété et vous versera une pension conforme a la gloire dont vous venez de parler.
- Je vais donc dépendre de la République. Serai je libre?
- Sire, il n'est pas question de vous imposer un régime analogue a celui de sainte Hélène. Vous serez libre bien entendu.
Je ne vous cache pas que de nombreux hommes politiques voudraient qu'il vous soit impossible d'avoir une activité politique, de faire des déclarations. Je ne les suivrai pas.Je fais, une fois encore, confiance a votre sens de l'Etat pour que vous ne suscitiez pas de troubles dans une république qui vous a fait renaitre
- Ce n'est pas la République qui m'a fait renaitre. Ce sont des savants Français
- Voulezvous me dire que j'ai tort de vous faire confiance?
- Ai je dit ou laissé entendre une chose semblable? Monsieur le Président, j'ai gouverné la France durant de nombreuses annèes, et je ne ferai rien qui puisse lui nuire.
- A la France…………et a la république?
- Monsieur le Président, vous devenez trop subtil..songez que je viens de faire un prodigieux bond dans le temps. Mon problème immédiat est de me réadapter a un monde qui n'est plus le mien. Quand pensez vous qu'il me sera possible de m'installer dans le Var?
- Je vais prendre les dispositions nécessaires pour cela aille vite. Brun vous tiendra au courant
- Bien. J'ai été heureux de pouvoir bavarder avec vous Monsieur le Président. J'espère que nous nous reverrons, et que nous parlerons de notre amour commun: La France
- Bien entendu nous nous reverrons
Au moment ou le Président s'apprétait a sortir, Napoléon lui dit
- J'ai appris par votre boite magique, la télévision je crois, que notre entrevue devait se dérouler demain
- Sire, j'ai voulu que notre rencontre se déroule dans un climat serein. Si j'avais annoncé ma venue pour aujourd'hui, il y aurait eu une meute de journalistes, et nous aurions du en admettre quelques uns pour prendre des cliches sur une rencontre historique. Même si cela n'aurait duré que quelques minutes, j'ai voulu vous éviter ce désagrément
- En somme le Chef de l'Etat ne pouvait ni se taire ni dire la Vérité. C'est une grave atteinte a vos prérogatives.
- Lorsque vous serez familiarisé avec notre époque, vous constaterez que l'on ne mène pas un peuple au début du XXIème siècle comme il y a 2OO ans. Si l'autorité y perd quelques forces, le peuple est globalement plus heureux, et c'est là l'important.
- Je pense Monsieur le Président que vous commettez une erreur;Que le peuple puisse profiter de vos avancées techniques, pourquoi pas? Mais qu'il vienne s'immiscer dans les prérogatives du Pouvoir......Quelle que soit l'époque, le Pouvoir doit être fort, dans l'intéret du peuple
- C'est un débat interessant Sire. Mais je suis persuadé que tout est lié.Il ne peut y avoir un développement du bien être matériel du peuple sans qu'il acquiert par la force des choses quelques pouvoirs dans le domaine politique
- Vous posez un simple postulat qui est en contradiction avec un principe fondamental. Le Pouvoir ne se partage pas. C'est la condition de sa durée
- Sire, mon prédecesseur est resté I4 ans au pouvoir...et vous avez abdiqué 2 fois..
- Les circonstances étaient diférentes. J'avais toute l'Europe contre moi. Et la royauté a duré IO siècles
- Nous pourrions parler des heures. Mais les Français sont républicains et heureux de l'être. A bientot Sire

( A suivre)
aristee



Le Président reprit l'ascenseur, et fut a moitié surpris de constater qu'une trentaine de journalistes l'attendaient au rez de chaussée.
Il pensa que Napoléon avait une conception bien simpliste, ou en tous cas dépassée de l'exercice du Pouvoir. S'il était lui, Chirac, le chef de l'etat, en fait le pouvoir était partagé, et les médias en avaient une bonne part.
Toujours est il que malgré la fausse date annoncée,pour son entrevue avec Napoléon, plusieurs journalistes avaient su la date exacte;
De bonne grace, le Président accepta de répondre a quelques questions
- Monsieur le Président, comment avez vous trouvé l'Empereur?
- Napoléon Bonaparte m'a semblé en excellente santé. Je n'ai eu aucune surprise. Il est bien tel que je me le représentais.
- Pouvez vous nous dire ou l'Empereur va fixer son domicile, et a quelles activités il va se consacrer?
- Napoléon Bonaparte a émis le souhait de se fixer dans le Var. Quand a ses projets, vous pensez bien qu'un homme qui vient de faire un bond de presque 2 siècles dans le temps, a besoin de s'habituer a notre mode de vie.
- Monsieur le Président, pourquoi l'Empereur n'a t il pas voulu s'installer en Corse et lui est il fait défense de s'occuper de politique?
- Le lieu de résidence de Napoléon Bonaparte a été fixé d'un commun accord. Par ailleurs, il est devenu citoyen de notre république, avec tous les droits et devoirs qui s'attachent a la citoyenneté. J'ajoute que Napoléon Bonaparte a le sens de l'Etat et de l'ordre public.. Messieurs, je ne puis m'attarder d'avantage. A bientot.
Le Président sortit rapidement, suivi par des journalistes qui micros tendus, essayaient de grapiller quelques renseignements complémentaires.
Cette mini conférence de presse fut reprise dans les journaux télévisés du soir, et Napoléon tomba dessus par hasard.. La séquence terminée, il murmura: "Ca, un chef d'Etat? La fonction s'est bien abatardie. «
Durant les jours suivants, Napoléon continua a lire et a regarder la télévision. Chaque jour, a II heures, Samuel Brun venait , apportant des brassées de quotidiens et d'hébdomadaires que Napoléon dévorait.. Il posait des questions sur les sujets les plus divers. Il semblait qu'aucun domaine ne pouvait le laisser indifférent. Il était curieux de tout. Même les sports. L'engouement pour les sports et les jeux lui sembaient être des symptomes de la décadence.
- Brun, la France s'ennuie. elle n'a plus de grands desseins. Les Français se créent des émotions passagèrent avec des activités subalternes. Ils font des rèves au rabais.
Les jours passants, Napoléon devenait de plus en plus nerveux.Il est évident que cet homme d'action se trouvait a l'étroit dans son appartement.


Samuel brun lui avait dit, qu'il y avait un parc autour du laboratoire, et qu'il lui serait peut être agréable de prendre un peu l'air;
Napoléon avait eu cette réponse sybiline
" Je ne veux être vu de personne. Le temps n'est pas venu"
Vers le 10ème jour aprés la visite du Président, Samuel Brun, en arrivant pour sa visite quotidienne annonça:
- Sire, le Ministre de l'Intérieur me prie de vous transmettre cette proposition:
La république se propose d'acheter une propriété dans le Var dont voici le plan et qui sera mise a votre disposition. La République prendra a sa charge l'embauche de 5 personnes ( une cuisinière,un jardinier, un chauffeur et deux servantes) qui seront a votre service et payés par la république;Enfin une pension annuelle de 500.000 Euros vous sera attribuée.
Napoléon réfléchit un moment.
Quel est le cout annuel des 5 employés?
- Sire il m'est difficile de vous répondre avec précision.Avec les charges sociales, peut être 80.000 euros...
- Bien. Je fais un mot que vous remettrez directement au Président.
Napoléon s'installa à son bureau et écrivit:
" Monsieur le Président,
Brun, vient de me communiquer vos propositions pour mon installation.
La place que j'ai tenue dans l'histoire de la France, me confert des droits spéciaux.
Dans votre proposition, logé par la République, servi par des gens payés par la République, ma situation serait plus celle d'un prisonnier que d'un citoyen libre.
Je propose donc:
1/ Que la propriété soit achetée et mise a mon nom.
2/ Que la pension versée par la France à celui qui lui a amené tant de gloire, soit fixée à 600.000 euros, étant bien entendu que je m'occuperai personellement du recrutement et de la rémunération de mon personnel.
Croyez , Monsieur le Président, en mes sentiments les meilleurs."
Napoléon cacheta l'enveloppe, la remit a Brun, et lui dit:
Vous la remettrez au Président en main propre. J'ai bien dit: en main propre.
A demain, Brun.


Grace a la télévision, aux livres et aux journaux, Napoléon, sans en avoir l'expérience directe, connaissait a peu prés tous ces objets qui font notre vie de tous les jours.
il demanda qu'un appareil téléphonique soit installé dans son appartement. Ce que Samuel Brun fit faire immédiatement.
La réponse de l'Elysée n'était pas encore parvenue, mais un matin Napoléon dit a Samuel Brun:
- Je dois m'occuper de l'embauche de mon personnel.Je ne peux le faire moi même directement évidemment;
J'ai entendu a la télévision que j'avais des compatriotes Corses désireux de venir a mon aide. Ils ont crée une sorte d'amicale.Je voudrais entrer en contact avec l'un d'eux.
Samuel brun répondit en souriant:
- Vous savez trés bien Sire, qu'il ne s'agit pas d'Amicale, mais d'un Parti Politique, et ils se sont rassemblés avant tout parcequ'ils attendent beaucoup de vous...
- Brun, vous m'enervez !Allons a l'essentiel. J'ai besoin d'un compatriote pour l'embauche de mon personnel.Je vous demande le nom du chef de mes amis, et comment je dois faire pour qu'avec cet appareil( il désigna le téléphone) je puisse entrer en contact avec lui.
- Sire, je vais me renseigner. Mais il est possible que le gouvernement se charge lui même de l'embauche
- Brun, je sais bien que je devrais vous appeler " Ma Mère"puisque vous m'avez redonné le jour. Mais vraiment vous m'énervez. Faites ce que je vous ai dit!
Une demie heure plus tard, Samuel Brun revint:
- Sire, le chef de ....vos amis s'appelle Siméoni. J'ai pu le joindre et il va vous appeler ici. Je lui ai demandé de me laisser le temps de vous prévenir. Il ne va pas tarder.
En effet, une minute plus tard, le téléphone sonnait. Samuel décrocha
- Oui, ne quittez pas, je vous le passe...Sire, c'est à vous.
Napoléon prit l'appareil et Samuel Brun fut stupéfait de voir avec quelle aisance Napoléon se saisit de l'appareil.
Siméoni, a l'autre bout du fil devait trop s'étendre sur l'immense joie, l'honneur et les sentiments qu'il ressentait, car Napoléon le coupa.
- Siméoni. Venait me voir. Vous savez ou je suis. En arrivant demandez Brun, il vous conduira a moi. Quand pouvez vous être là? Ce soir même?Bon je vous attends;
Aprés avoir raccroché, comme s'il l'avait fait maintes et maintes fois, Napoléon demanda
- Peut il vraiment être là ce soir?
- oui Sire. Il suffit qu'il loue un avion privé et il sera là en fin d'aprés midi.
( A suivre)
aristee


C'est en effet vers 18 heures, que Siméoni arriva au Laboratoire. et accompagné de Brun , arriva chez Napoléon.
A la vue de celui qu'il avait vénéré toute sa vie, Siméoni ne savait que dire: Sire, Sire! quelle joie! quel honneur, Ah Sire.....
- Bon, dit Napoléon.Vous m'attendiez, je suis revenu.Vous êtes content, moi aussi. C'est bien
Je vous ai fait venir pour que vous engagiez le personnel nécessaire au train de ma maison.
Je vais me fixer prés de Toulon, dans une propriété dont voici le plan
Pour débuter, le strict nécessaire.4 ou 5 personnes.Nous verrons par la suite.Prenez des Corses. Je vous ferai connaitre le jour de mon arrivée, mais que le personnel soit pret a venir dans les 3 jours si nécessaire. Allez Siméoni .Et dites a vos amis que j'irai les voir dés que j'en aurai la possibilité.
Samuel Brun mais surtout Siméoni, furent fortement impressionnés par le ton de commandement de cet Empereur déchu et revenu a la vie depuis quelques jours seulement.Ils sortirent alors que Napoléon avait déja pris un livre sur son bureau pour poursuivre sa " mise a jour"

48 heures aprés la visite de Siméoni, l'Elysée prevenait Samuel Brun que la demande de Napoléon était acceptée. Il aurait a signer les actes de propriéte dés son arrivée sur les lieux. Pour faciliter son installation, la pension ne serait pas versée a terme échu, mais dés qu'il aura fait connaitre le compte sur lequel elle devait être versée.
Napoléon ne marqua ni soulagement ni reconnaissance, en apprenant la nouvelle. Il se contenta de dire.
- Brun, dites a Siméoni de faire le nécessaire.Je partirai dans 3 jours. Qu'il organise mon voyage.Une partie en automobile, une partie en avion.


23 heures 30, Samuel Brun vint chercher Napoléon qui avait revétu pour la circonstance des vétements modernes.
Assez curieusement, Napoléon qui s'était extraordinairement fait a l'idée d'être ressuscité, qui s'était montré trés à l'aise dans l'utilisation du téléphone, avait tout de suite compris comment se servir d'une télévision, bref qui semblait être entré dans notre époque sans difficulté, était mal a l'aise, géné dans ses nouveaux vétements. De fait, petit, un peu boudiné dans son costume, Napoléon, n'eut été son regard vif et acéré, serait passé pour un Français moyen.
Une automobile attendait sur l'esplanade devant le laboratoire.
A l'avant le chauffeur et un garde de corps. Napoléon monta a l'arrière avec Samuel Brun.
Pendant le trajet d'une heure et demie,pas un mot ne fut échangé.
Napoléon regardait dans le faisceau lumineux des phares, disparaitre vers l'arrière le paysage.Il semblait fasciné par ce spectacle.
En arrivant a l'aérodrome, les dispositions avaient été prises et l'automobile pénétra sur une piste ou un petit avion privé attendait son V.I.P.
C'est là que Samuel Brun devait quitter Napoléon.Trés ému, il dit
- Sire, grace a vous, j'ai vécu les heures les plus lumineuses de ma vie. J'espère que vous ne regretterez jamais d'avoir été rappelé parmi nous
- Brun, nous nous reverrons bientot. Une dernière question: Pour Joséphine, y a t il un espoir?
Sire, votre destin était d'être un homme exceptionnel en toutes circonstances.Si la Science a un peu contribué a votre renaissance, je dois bien avouer qu'il y a encore tant de paramètres inconnus, que votre présence, là, tient beaucoup plus de miracles que de lois maitrisées.. Non, Sire. Au moins dans un avenir proche, l'Impératrice ne pourra pas revivre.
- Brun , continuez vos recherches et tenez moi au courant.
Seul passager dans l'avion, Napoléon ne cessa durant le vol d'un peu plus d'une heure, de regarder par le hublot, les lumières des villes survolées. Par radio, le commandant annonçait le nom de ces villes.
Un quart d'heure avant l'arrivée, l'hotesse demanda au passager( dont elle ignorait le nom) s'il voulait durant quelques minutes regarder les appareils de pilotage.
Napoléon écouta les explications succintes du commandant de bord et ne posa que deux questions: A quelle vitesse volons nous? A 620 km /h
Quelle distance peut on couvrir sans s'arréter? C'est un petit appareil: 1000km seulement.
Napoléon pensif,murmura; Oui, bien sur...Il devait penser aux longues marches de ses grognards.
A l'aérodrome, il était prévu qu'une voiture attendrait l'avion, voiture dans laquelle,
Napoléon avait demandé qu'il n'y ait que le chauffeur et Siméoni.
Une demie heure plus tard, la voiture entrait dans la propriété ou Napoléon allait entamer sa nouvelle vie.
( a suivre)
aristee

La propriété était toute illuminée.
Dans le hall d'entrée, tout le personnel attendait le Maitre des lieux . Siméoni présenta chacun d'eux à l'Empereur, qui se contenta de dire: C'est bien.. Maintenant, Siméoni, montrez moi ma chambre. Je vous verrez à 11 heures pour vous donner mes instructions.
Vingt minutes plus tard, les lumières de la chambre de Napoléon étaient éteintes.
Aprés le petit déjeuner que Napoléon prit dans la salle à manger, tout en marchant nerveusement, il se dirigea vers son bureau, devant la porte duquel, Siméoni l'attendait.
- Sire, je suis follement heureux d'être là, prés de vous.Vous savez que nous avons crée un parti pour vous soutenir. Avez vous un message a leur transmettre?
Napoléon réfléchit quelques secondes:
- Dites leur exactement ceci. »Je pense beaucoup a eux. J'irai les voir, lorsque le moment sera venu. » Transmettez leur ce message, rien que ce message.
Maintenant, nous avons a parler. Entrons dans le bureau.
Le bureau de Napoléon était une grande pièce, trés claire, entièrement meublée de style oriental.
Siméoni qui s'était souvenu de la grande attirance de Napoléon pour l'Orient, avait accompli le tour de force de trouver en quelques jours des objets, des meubles, des statues, des estampes provenant pricipalement d'Egypte.
Napoléon fit lentement le tour de la pièce et sembla apprécier , les tapis, les photos des pyramides et des temples Egyptiens.
C'est bien Siméoni. Maintenant, au travail.
Vous me dites qu'un parti a été crée. Je n'aime pas ce mot.
V ous allez le débaptiser et l'appeler "Mouvement"
Le Mouvement Bonapartiste Européen.
Il est bien entendu que ce mouvement est crée en dehors de moi. Je n'ai dans ce mouvement , aucune fonction, même de Président d'honneur.
Officiellement, je ne le connais pas. C'est un Mouvement spontané. Vu?
- Oui, Sire.
- Bien.Qui fait partie de ce mouvement? Y a t il des personnalités importantes? des Parlementaires?
- Sire, il y a essentiellemnt le peuple Corse.En ce qui concerne les Députés et Sénateurs, je me suis entretenu avec chacun d'eux.
En souriant, Siméoni ajouta:
- Il semble qu'ils aient calqué leur position sur la votre.Ils sont vos partisans, mais pour l'instant n'ont pas adhéré officiellement.
- Ils ont bien fait. Qu'ils restent en dehors du Mouvement pour l'instant. Mais conservez le contact avec eux.
Je veux que dans un premier temps, vous me trouviez en Corse, 4 hommes spécialisés. Un spécialiste de la politique étrangère. Un spécialiste de la Politique française. Un spécialiste des problèmes économiques. Un spécialiste des problèmes financiers.
Ensuite sur le Continent, vous me trouverez 4 hommes ayant les mêmes spécialités.
Je veux qu'il n'y ait aucun contact entre les spécialistes Corses et ceux du Continent C'est compris?
- Oui Sire.
- Bon. Passons a l'intendance. Qui avez vous chargé de la responsabilité de ma Maison?
- C'est Sabattini, Sire.
- Dites lui en partant, que je veux un bon cheval de selle
- C'est fait Sire. Comme il n'y avait pas d'écurie, j'ai fait construire un box provisoire. Mais le cheval est là.
Pour la première fois, Napoléon marqua sa trés profonde satisfaction
- C'est bien Siméoni. C'est trés bien.
Aprés le départ de Siméoni, Napoléon fit le tour de sa nouvelle demeure.

Une douzaine de pièces dans le corps principal. A quelques dizaines de mètres, un autre batiment de 8 pièces dans lequel était logé le personnel.
Napoléon rencontra Sabattini qui donnait des instructions au jardinier. Napoléon lui demanda de seller son cheval immédiatement, et remonta dans sa chambre, pour revétir sa tenue classique.
Désormais, il ne porterait plus que cette tenue qu'il trouvait plus pratique, mais surtout dans laquelle il se sentait plus a l'aise.
Pendant une heure, il chevaucha dans sa propriété qui s'étendait sur une cinquantaine d'hectares. C'était bien exigu pour de longues chevauchées, mais permettait de prendre un peu d'exercice.
Pendant la semaine qui suivit, Napoléon passa son temps en lectures de livres et de la presse, a donner des ordres a Sabattini pour l'implantation de nouveaux arbres, et à chevaucher son cher Grognard, puisque c'est ainsi qu'il baptisa son cheval.
La semaine écoulée,Siméoni téléphona pour dire à Napoléon qu'il avait sélectionné les 4 spécialistes Corses.
Napoléon voulu les voir durant une journèe chacun.
Le programme de ces journèes de travail avec les spécialistes était immuable.
Le spécialiste faisait en debut de matinèe un exposé général sur la situation actuelle, puis devait répondre d'une façon précise a 15 ou 20 questions de Napoléon, qui ne prenait aucune note.
Aprés un repas trés bref pris en commun, dans un silence presque total, Napoléon sautait sur Grognard et allait faire un temps de galop sur sa propriéte.
A 14 heures, les 2 hommes se retrouvaient dans le bureau de Napoléon qui posait toujours la même question
- Que proposez vous comme changements.?
Le spécialiste répondait puis a son tour Napoléon faisait quelques suggestions, et demandait si ces idées étaient réalisables.
Dans la négative, le Spécialiste devait en donner les raisons;Jamais Napoléon ne laissa voir si ces raisons avaient été jugées valables ou non.
Les 8 spécialistes défilèrent ainsi dans le bureau de Napoléon.
Le jour suivant le départ du dernier spécialiste, Napoléon convoqua Siméoni.
- Siméoni, dans 4 mois auront lieu des élections municipales. Je veux faire un test; Ou en est l'implantation de votre mouvement?
- Sire, les choses vont trés vite.
Les Amicales de Corses sur toute la France, forment des noyaux de fidèles. Nos points d'implantation sont donc trés nombreux. Mais pour augmenter le nombre d'adhérents, il faudrait Sire que vous parliez.
( à suivre)
aristee

- Non. Pas question pour l'instant. Je ne parlerai pas. Mais nous allons lancer quelques idées simples, et nous présenterons le maximum de candidats dans les communes.Je veux des listes homogènes, sous l'égide du mouvement avec le maximum de non corses. Aucun accord avec les partis. Aucun. Notre slogan sera d'ailleurs: NI DE GAUCHE,NI DE DROITE, NOUS SOMMES EN HAUT.C'est pompier. Mais pour l'instant nous sommes en République et il faut user de ces ficelles.
Les Municipalités n'ont aucun pouvoir sur les grandes orientations du pays, mais nous allons lancer, je vous le répète,quelques idées force.
Dans toutes les idées lancées ces dernières annèes, une seule est valable. Il faut en finir avec la Pensèe Unique.Malheureusement, tous les tenants de cette thèse sont restés englués dans cette pensèe unique. La France, comme bien d'autres pays, a crée tant de lois dans tous les domaines: la fiscalité, l'Economie les droits sociaux...il y a tant d'organismes qui ont été crées pour appliquer tant bien que mal ces réglementations, que la France est ligotée, paralysée par toutes ces pesanteurs.
Il va falloir codifier tout cela, comme je l'avais fait pour le Code Civil. Il va falloir simplifier au maximum, avec des idèes claires.
Notre but premier est la Grandeur de la France et le bonheur des français, Un seul but car les 2 choses sont liées.Nous les étendrons ensuite a l'Europe
Lorsque nous serons au pouvoir, je ne veux plus de chomeurs inactifs. Tous ceux qui percevront une aide de l'Etat devront fournir un certain nombre d'heures de travail. Nous trouverons a les occuper a des taches d'intéret collectif.
Nous créerons un statut du Travailleur Indépendant.Tous les Français savent faire quelque chose. Celui qui veut laver des voitures, faire des gateaux pour les vendre au marché,remplacer des vitres etc, doit pouvoir le faire, en toute légalité, sans tracasseries administratives;
Je veux que dans toutes les Ambassades a l'étranger soit crée un véritable service commercial, très étoffé, chargé de représenter les produits de toutes nos entreprises, même les plus modestes
Je veux simplifier notre système administratif pléthorique.Plus d'élection cantonale et de conseil général, plus de département.
A la base, les communes (ou des groupes de communes lorsqu'elles seront trop petites) qui auront des pouvoirs renforcés
Puis la Région Qui absorbera les taches actuelles des départements
Enfin, le Pouvoir Central qui concentrera ses efforts sur les taches régaliennes.
Voilà quelques idées simples que nous ferons connaitre à l'occasion des Municipales, pour tester notre audience.
Pour l'instant, nous n'attaquerons pas la république et sa devise ridicule.
Liberté et Egalité sont deux termes antinomiques.
Naturellement, les hommes sont inégaux.
L'egalité ne peut se réaliser qu'en sacrifiant des Libertés.
La Liberté laisse s'épanouir l'inégalité.
Siméoni, ne tenez pas compte de ces dernières observations.
Je veux que vous me présentiez un dépliant du Mouvement qui reprendra les idées que je viens de développer ( sauf les toutes dernières, je vous le répète).
Des idées claires. Pas trop de détails.
Ce prospectus sera signé de votre nom.....Alors, ne dites pas trop de bétises...

- Sire, cela va bien sur m'être demandé :Dois je accepter de faire une conférence de Presse?
- Surtout pas!!! Vous me soumettrez le prospectus, il sera largement distribué, c'est tout
Il faut garder une grande part de mystère. Les Français aiment ça.
Quelques jours plus tard, des millions de prospectus , à en tête du Mouvement Bonapartiste.Européen, et signés Siméoni,partaient dans toutes les antennes créees sur le territoire.
Bien entendu, ce prospectus fit l'effet d'une bombe dans l'opinion publique et en particulier dans le microcosme politique...
( A suivre)
aristee



Toute la gauche, et la plupart des centristes ameutèrent l'opinion contre le risque fasciste.
L'extrème droite, trés curieusement, estimait que cette ébauche de programme était parfaitement ringarde, et ne tenait pas compte du problème le plus important de l'époque moderne: l'immigration
Seule une partie du centre droit, estimait que cette vision nouvelle pouvait être étudiée sans passion, et avec un esprit constructif.
Bien évidemment, les instituts de sondage se lancèrent sur ce problème brulant, et l'on constata une fois de plus, l'énorme décalage qui existe entre le monde politique et l'opinion publique. En gros I/5 ème des sondés pensaient que les idées développées par le mouvement étaient dangereuses; I/5 ème pensaient que cette nouvelle voie pourrait être explorée, mais la majorité, 60% accueillait sans hostilité ni adhésion a priori ces idées nouvelles qui devaient être développées pour être jugées.
Malgré le court délai dont disposaient les organisateurs du MBE, il y eut une liste de candidats dans toutes les communes de plus de 5.000 habitants. Il fut recommandé de ne pas prendre sur les listes des personnalités trop marquées politiquement.
Il s'agissait donc d'hommes neufs avec les avantages et les inconvénients que cela comporte: Candidats sans clientèle électorale, et sans expérience dans la gestion municipale. Le contenu municipal des programmes était pratiquement nul.
Toute la propagande des partis classiques se faisait sur cette vacuité.Le MBE se trompait d'élection. Que feraient les Conseillers municipaux MBE si par malheur ils étaient élus?
De leur coté, les candidats du MBE avaient pour mission de développer le thème suivant: Les Pouvoirs municipaux s'exercercent dans le cadre de'une politique générale. Les meilleurs administrateurs du monde ne feront rien de bon si le cadre de leur action est détestable. Il est donc primordial, le plus rapidement ^possible, de changer profondément l'organisation administrative de la France.Il fallait profiter de ces élections pour donner un signal fort;
Dés qu'il avait eu connaissance des sondages, Napoleon convoqua Siméoni
- Siméoni, nous allons passer a une nouvelle phase.Vous allez me sélectionner une dizaine de personnes parmi lesquels je vais choisir les 4 ou 5 qui vont constituer mon Etat major.
Vous allez me trouver des gens de caractère qui ont eu des responsabilités a haut niveau, mais qui ne sont pas des spécialistes.Je n'aime pas les spécialistes qui n'ont pas une vue générale, une hauteur necessaire.. Les spécialistes ont une vue partielle et partiale des choses.Là encore je ne veux pas d'hommes trop marqués politiquement. En revanche, qu'ils soient de droite ou de gauche peu m'importe. Je recevrai individuellemnt ceux que vous aurez sélectionnés.
En fait IO jours plus tard Siméoni revenait avec une liste de IO noms.Le IOème nom était celui d'une femme.Madame Solange Criel.Aussitot, Napoléon réagit:
- Qu'est ce que c'est que cette femme? Vous l'avez sélectionnée pour qu'elle nous serve a boire?
- Sire, vous m'avez demandé de sélectionner IO personnes qui me semblaient les plus aptes a constituer votre Etat Major .Madame Criel en fait partie.Son mari avait une petite entreprise dans l'agroalimentaire. Il est mort il y a 8 ans. Madame Criel a repris l'entreprise qui est aujourd'hui la première de France et la seconde en Europe. Sa valeur est reconnue de tous, puisqu'elle est Présidente de son Syndicat.......
- Siméoni, Arrétez votre plaidoierie, et……. dites moi simplement que ce n'est pas une vraie femme… D'accord, envoyez moi votre hermaphrodite.
Napoléon reçut successivement les 10 personnes de la liste.
Il ne chercha pas à cacher que c'était un véritable examen.
La plupart des questions de Napoléon étaient d'ordre général ou philosophique. Que pensez vous de la Démocratie? du système électif? Du role de l'Etat dans l'Economie? De la Nature Humaine? Des aspirations des hommes de notre temps? etc
Puis soudain, d'un ton brusque, Napoléon destabilisait le " candidat" par une remarque désagréable.
" Vous êtes laid. Cela vous a t il géné dans votre carrière? " ou bien "Vous ne dites que des bétises. Pourquoi êtes vous là?"
Au moment ou il faisait ces remarques, le regard acéré de Napoléon devenait plus vif encore. Il examinait toutes les réactions du " sujet"
Quelquefois, en fin d'entretien, il disait: " Vous vous êtes bien rendu compte que je voulais surtout vous connaitre.. Nous nous reverrons."
A d'autres il ne dit rien, et ils repartirent persuadés que Napoléon était peut être un Grand Homme, mais certainement l'être le plus désagréable, le plus impoli, le plus imbuvable du Monde.
Lorsque vint le tour de Solange Criel, elle pénétra dans le bureau de Napoléon.
Ce dernier, appliquant la tactique de tous les petits chefaillons administratifs, continua à écrire, sans lever la tête. A tel point que Madame Criel finit par dire
- Je suis là Sire.
Napoléon leva la tête et la regarda trés longuement......
- Madame, vous êtes trés belle. Asseyez vous.
Manifestement surprise, elle s'installa cependant dans un fauteuil.
- Savez vous Madame pourquoi vous êtes là?
- Aprés votre première refléxion, j'ai quelques craintes.... J'ai cru comprendre d'aprés les propos de Monsieur Siméoni, que vous désiriez consulter quelques personnes.
- Ausculter serait le mot plus juste.
Sur le mode mi sérieux mi plaisant, Madame Criel demanda:
- Sire, faut il que je me déshabille? Je vous préviens, ce n'est pas dans mes habitudes!
- Mais....je ne vous le demande pas ..pour l'instant.Je veux constituer un cabinet de trés proches collaborateurs. J'ai accepté de vous recevoir sur l'insistance de Siméoni.. Mais je dois vous dire que je vois assez mal une tête politique posée sur un corps de Femme.
- Sire, je n'ai rien demandé. Je ne demande rien. S'il est en mon pouvoir d'aider votre majesté a mieux appréhender les problèmes du moment, je le ferais volontiers, mais je n'ai pas l'intention de m'imposer
Napoléon resta quelques instants silencieux
- Simoni, m'a dit qu'aprés le décés de votre mari, vous avez pris en main une petite Société et que vous l'avez considérablement augmentée;. Vous êtes une technicienne de l'agroalimentaire??
- Absolument pas. Je crois mener mon affaire avec bon sens et autorité. Pour les techniques professionnelles, le marketing, et les finances, j'ai des spécialistes...
- C’est bien. Voila pourquoi vous avez réussi, Madame.
Les collaborateurs que je recherche auront aussi des techniciens a leur disposition, mais leur bon sens, leurs autorités, toutes leurs facultés, ils devront les exercer pour suivre le chemin que j'aurais tracé..
- Sire, vous n'en êtes pas a la phase du Pouvoir. Si je comprends bien, il s'agit d'établir le programme de votre parti.
- Vous comprenez trés mal.Un programme, c'est une liste d'idées figées qui ne tiennent aucun compte des réalités fluctuantes. Un programme c'est un frein a l'action. Ce sont des promesses qui restreignent l’exercice du pouvoir. Et puis mon action n'est pas soutenue par un parti mais par un mouvement.
-
- Je vous demande pardon Sire, mais le terme de parti me semble le plus approprié!Un mouvement cela évoque un certain nombre d'idées, sans personnalisation. Dans votre cas, il s'agit du groupement de vos partisans, sans référence a des idées trés précises ( vous l'avez dit vous même) quand a la personnalisation elle est tellement évidente que votre nom figure dans l'intitulé du parti.
- Vous avez tort, Madame ! Vous êtes une intellectuelle. Ce qui n'a rien a voir avec l'intelligence.Ce qui est important dans le choix des mots c'est leur poids réel dans l'opinion.Dans le mot Parti, il y a à la fois la notion de fraction, une partie, qui est le contraire de la Nation qui est un tout.Par ailleurs, parti évoque partisan, c'est a dire sectarisme et bétise.Un parti donc, ne peut avoir vocation a diriger qu'en divisant. Ce n'est pas ma conception du Pouvoir;
- Sire dit Madame Criel en se levant il est bien évident que la cérébrale que je suis ne peux rien vous apporter
- Asseyez vous Madame.et détrompez vous.
Il est trés probable au contraire que vous pouvez m'apporter beaucoup....puisque vous m'avez déja apporté.Je vous en prie, rasseyez vous.Vous êtes la première personne qui ose me parler librement. C'est un lieu commun que de parler de la solitude du Pouvoir....Mais elle est réelle; Vous voyez je me laisse un peu aller devant vous
- Si je comprends bien Sire, vous me réservez le role du fou qui était auprés du roi?
- Madame, Madame, laissez les comparaisons.J'ai besoin de vous. Est ce suffisant pour que vous m'assuriiez de votre concours?
- Mon concours Sire vous serait peut être acquis si je savais en quoi il doit consister. Pourriez vous être plus précis?
Napoléon réfléchit un instant
- Bon.Je vais descendre quelques instants de mon piédestal.
Votre présence m'est trés agréable. Parceque j'aime le Beau sans doute, mais il y a .....enfin votre présence m'est trés agréable.
Maintenant je remonte a ma place. Madame, j'ai besoin de vous, parce que le Pouvoir, pour réduire ses erreurs doit préalablement a son action soumettre ses idées a la critique. Madame, nous avons des structures mentales différentes. Cela peut me servir.
- Sire, vous êtes déconcertant. Je ne sais que vous dire.Il faudra que je réfléchisse.
- Vous l'avez dit vous même: je ne suis pas encore au Pouvoir......avez vous la possibilité de rester ici encore 48 heures?
- Mais Sire, je ne sais. Cela n'était pas prévu.
- Eh bien improvisez que diable!!Savez vous monter a cheval?
- J'ai su, mais il y a bien longtemps que je n'ai pas fait d'équitation
- Oh! vous saurez toujours. moi, aprés prés de 200 ans je n'avais rien oublié. Et j'ai dans mon écurie, une petite jument trés douce. Vous n'aurez aucune difficulté.
- Mais sire, je n'ai pas de tenue d'équitation
- Vous ne montez pas en amazone?
- Non, Sire. Cela ne se fait plus guère....
- Oui. J'ai encore beaucoup de choses a apprendre. En tous cas, donnez vos mensurations a Sabatini. Nous monterons demain. Voulez vous que nous fassions quelques pas dans le parc?
- Vous m'aviez demandé si je pouvais rester 48 heures...mais je constate que vous avez répondu vous même a votre question. Pourrais je a tout le moins passer quelques coups de fil pour prendre des dispositions?
- Mais bien entendu. Vous n'êtes pas ma prisonnière, vous êtes entièrement libre......
- .....de faire ce que vous voulez, Sire.Mais n'extrapolez pas. Vous pourriez avoir des désillusions
- Je me suis toujours attaché a gouter le succés du moment. A tout a l'heure.
Madame Criel ne repartit que le surlendemain aprés midi.Pendant ces 48 heures, elle fit avec Napoléon des promenades a cheval et ils eurent des conversations sur des sujets les plus divers

Bien entendu, les problèmes politiques tinrent une grande place.
( A suivre)
aristee



Comme Madame Criel s'étonnait de ce que dans l'ébauche de ses idées forces, a aucun moment il n'a été fait allusion au problème de l'immigration et de la Nationalité, ( problèmes au centre de discusions en France).
Napoléon répondit:
- Voyez vous Madame, vous venez de toucher un problème primordial. Quelle est la mission de celui ou ceux qui sont chargés du destin d'un pays? C'est d'établir une hierarchie dans les problèmes qui se posent.
Les problèmes que vous soulevez sont secondaires, et c'est a tort que les hommes politiques en font un problème central.
J'ai lu qu'on m'avait prété le mot suivant " laissez les parler Allemand, pourvu qu'ils se battent en Français". Je n'ai pas prononcé ce mot, mais j'aurais pu le faire.
L'assimilation des races étrangères,je l'ai réalisée, ou du moins, elle s'est tout naturellement réalisée dans mes armées. Ils se battaient pour leur propre gloire et pour leur Empereur. Ils avaient un métier qui ne leur laissait pas le temps de se perdre dans des réfléxions fumeuses, et ils avaient un idéal qui créait un ciment entre eux.
Lorsque l'on aura fait qu'il n'y ait plus d'oisifs, que les gens au chomage seront tous dans l'obligation de fournir une certaine somme de travail pour toucher leur indemnité, que l'on aura redonné l'Espoir a tous les Français, que tous pourront réver a une vie meilleure parce que des décisions simples et efficaces auront été prises, alors le problème de l'immigration ne se posera plus.
Ceux qui sont en France pour gagner de l'argent sans travailler, auront à faire le choix suivant:
Rester en France, travailler et par la force des choses, intégrer la communauté
Ou bien puisqu'ils n'auront rien pour vivre, s'en aller
Pour la même raison, il n'y aura plus de clandestins. Ceux qui escomptaient une régularisation pour ensuite toucher des allocations sans travailler en seront pour leurs frais, et ceux qui venaient pour travailler au noir également, car d'une part je lutterai sans merci contre les négriers, mais surtout, nous aurons toute la main d'oeuvre des chomeurs qui sera disponible et a la disposition d'entreprises actuellement marginales.
Vous le voyez Madame, l'Immigration n'est pas un problème.
Madame Criel prenait un vif plaisir a l'écoute de ces longs monologues de Napoléon, qui passait aisement d'un sujet a l'autre ( méthode des petits tiroirs dont il avait parlé lui même)
De son coté, il questionnait beaucoup Madame Criel sur sa vie actuelle, son passé, ses gouts. Elle en éprouvait une grande joie, une grande fierté.
L'intéret que lui manifestait Napoléon lui donna suffisamment d'assurance pour qu'a son tour elle ose poser des questions plus personnelles.
- Sire, je suis trés impressionnée par la facilité avec laquelle vous vous adaptez a cette situation ahurissante, jamais vécu par aucun être humain: revenir sur terre prés de 200 ans aprés l'avoir quittée.La faculté que vous avez de saisir tous les problèmes présents est extraordinaire,
Mais elle n'est rien par rapport a cette acceptation de votre resurrection. N'êtes vous pas étonné par ce qui vous arrive?
- Madame, chaque seconde des milliers de personnes naissent a partir de la rencontre d'un spermatozoide et d'une ovule.Vous en étonnez vous? Moi je suis né a partir d'un cheveu. La différence n'est pas grande.
- Mais Sire, c'est trés différent au contraire. En somme vous êtes né adulte, vous avez un passé. Vous avez connu un époque, vous en connaisez une autre trés différente
- Je vous accorde que sur ce point, c'est exceptionnel, mais toujours l'exceptionnel a été mon lot
- Sire, je comprendrais parfaitement que vous laissiez ma question sans réponse. Savez vous exactement ou vous allez. Avez vous des projets précis?
Comme Napoléon resta un long moment silencieux, elle ajouta
- Je vous demande pardon. Je n'aurais pas du vous questionner. Il est normal que vous ne répondiez pas.
- Je réfléchissais.Je n'ai pas dit que je ne voulais pas vous répondreD'ailleurs je vais le faire
Tout d'abord, sur le plan politique, oui, je sais ou je vais.
La France a besoin d'un profond renouveau. La France est prise dans un réseau de lois, de reglements de groupes d'influence(syndicats, partis politiques groupements d'intérets divers) et d'habitudes détestables;La République telle qu'elle est, est incapable de rompre toutes ces chaines. Seul un Pouvoir fort y parviendra. Un pouvoir fort doit avoir la possibilité de travailler tranquillement. Ce qui ne serait pas le cas si ce Pouvoir était issu d'un coup d'Etat. Il faut donc qu'au départ, ce Pouvoir ait l'onction du peuple.Je connais bien les Français. Si je les fais réver, si je leur propose un grand dessein, ils me suivront. Voilà pourquoi si le test des municipales est concluant, ce dont je ne doute pas, je gagnerais les prochaines législatives et un congrés réuni a Versailles rétablira l'Empire. Parallelement je travaillerais les pays d'Europe, ou a l'exception de l'Angleterre peut être je me ferais également reconnaitre.
Voilà Madame, vous connaissez en gros mes projets politiques
- Mais Sire, les temps ont changé. Je doute qu'un pouvoir dictatorial puisse se maintenir longtemps au pouvoir.Il est certain que la France a besoin d'un profond renouveau. pourtant il y a des faits troublants. Tous les pouvoirs forts au XXème siècle et même au XIX ème sont tous tombés rapidement. Votre neveu est tombé aprés Sedan.Guillaume en Allemagne aprés 14-18, Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie aprés la guerre 39-45. Aprés Franco en Espagne, ce fut une monarchie démocratique, au Portugal aprés Salazar ce fut la république

- Je vous ai dit que vous pouviez me servir: Vous représentez la pensée actuelle.
Mais votre raisonnement est manicchéen.Il y a d'un coté les régimes dictatoriaux voués a l'échec, et d'un autre des démocraties qui durent.
J'estime qu'entre les dictatures et les démocraties il y a place pour un régime qui réunira les qualités de l'un et l'autre système. Oui il y a une place pour un Pouvoir fort capable d'assurer la puissance de l'Etat et le bonheur de ses habitants.
Sire, je ne vois pas trés bien la différence qu'il y a entre un pouvoir dictatorial et un pouvoir fort.
Napoléon réfléchit quelques secondes.
- Pensez vous qu'une personne qui a blessé volontairement une autre personne doit être jugée et condamnée?
- Bien sur que oui. Mais je ne vois pas bien...
- Dites moi maintenant ce que fait quotidiennement un chirurgien.Il plante volontairement son couteau dans le ventre d'autres personnes
_-Hé bien, Solange, il y a autant de différence entre un régime dictatorial et celui que je veux instaurer qu'entre un malandrin qui poignarde quelqu'un pour le voler, et un chirurgien qui plante son scalpel dans le ventre d'un patient pour le sauver.
- Il vous reste a m'expliquer, Sire, comment un pouvoir fort peut respecter les libertés.
- Je vais vous révéler comment je conçois le Pouvoir fort pour la France.
L'organisation comporte 3 étages.
( A suivre)
aristee


Le Pouvoir Central a entre les mains la totalité des fonctions régaliennes. De plus, il impulse les politiques des autre domaines.Le pouvoir, c'est un homme seul. Il n'y a pas de chambre de députés sur le plan national. Par définition, les droits régaliens appartiennent a un seul.
Le Pouvoir Central est représente dans les régions par un gouverneur, dont la tache est de faire respecter strictement les dispositions prises dans le domaine régalien. Voila pour le Pouvoir fort.
Maintenant il est certain que les gens ont besoin pour être heureux d'une part de se sentir libres, d'autre part de pouvoir espérer améliorer leur condition matérielle
Pour arriver a ce résultat, je ne vois que des avantages a ce que la démocratie s'exerce aux niveaux de la commune et de la Région.
Des assemblées .seront élues au suffrage universel
- Sire, les Femmes auront le droit de vote?
- Si vous pensez que dans ce domaine vous allez pouvoir exercer une influence sur moi....Allons, allons, bien sur: les femmes auront le droit de vote.
Je veux une vraie décentralisation. C'est a dire, par exemple que la région dans le cadre des directives générales aura sa politique de l'enseignement, sa police, sa politique économique, son budget
Comment concevez vous la fiscalité?
- Solange,vous voulez me rendre humble. Vous voulez m'entendre dire: Je ne sais pas. Les grandes lignes de mon projet sont là ( il se frappe le front), mais songez que je n'ai que 3 mois d'existence..;Les détails viendront aprés.

Arrivé a ce point de mon récit, je me dois de vous faire part des évènements survenus ces jours derniers.
Il y a une semaine environ, je recevais un coup de fil de mon ami Samuel Brun, Directeur du laboratoire de Clermont Férrand. Il me demandait de suspendre mes communications sur Napoléon.
Bien entendu, j'en demandais la raison, et voici ce qu'il m'expliqua:
Il venait lui même de recevoir un coup de téléphone de Solange Criel. Cette dernière, qui aime se promener sur Internet, était tombée par hasard sur ce forum et avait pris connaissance de mes révélations concernant Napoléon. Elle en avait parlé a l'Empereur qui était entré dans une colère noire et avait demandé de tout arréter.
Mon ami me demanda donc a tout le moins de suspendre pour l'instant dans l'attente d'autres précisions, mes communications.Je n'en ai rien fait.
Par la suite, j'ai su que Napoléon avait été frappé par l'exactitude de la relation de toutes ses conversations. Sabatini a fait des recherches dans toutes les pièces de la maison, et a découvert des micros astucieusement dissimulés partout.
Qui avait posé ces micros? avant l'arrivée de Napoléon bien sur.
De mon coté, j'ai un aveu a faire.
Pour écrire toute la première partie, je me suis basé sur les informations fournies pas mon ami Samuel Brun . .Du jour ou Napoléon est arrivé dans son domaine, et chaque jour, au courrier, je recevais une cassette sur laquelle étaient enregistrées les conversations que Napoléon avait avec ses divers visiteurs.
J'en fais le serment,j'ignore totalement qui me faisait parvenir ces cassettes. Elles étaient toutes postées de Paris mais les bureaux de poste de départ étaient différents. C'est en partant de ces cassettes que je pouvais vous tenir au courant des faits et gestes de l'Empereur.
Jusqu'a ce jour, je n'ai rien dit.
Je vais maintenant expliquer pourquoi j'ai décidé de parler.
Dans la matinée, j'ai reçu un coup de fil de Sabatini qui me disait que Napoléon me "convoquait " pour demain.
- Vous avez bien dit que Napoléon me convoque?
- Oui, Aristée, c'est le terme qu'il a employé
- Ecoutez j'ai une profonde admiration et un grand respect pour l'Empereur, mais je n'admets pas qu'il me " convoque"
- Cela veut dire que vous ne viendrez pas?
- Si. Je viendrai.. Par curiosité.Mais je ne veux pas être " aux ordres"Et je vais prouver que je ne le suis pas. Il m'avait demandé de me taire. Je vais parler.
Voila pourquoi mes amis , je vous fais part de ce qui s'est passé.

Il est a peu prés certain que nous sommes au début d'une affaire d'Etat. Je sais que l'Elysée a diligenté une enquète aux fins de savoir qui a posé des micros chez l'Empereur et quels sont les buts poursuivis.
J'avoue que ce soir, mes sentiments sont mélangés.Je vais voir l'Empereur. Celui dont a I2 ans, je connaissais déja toute la vie.
J'ai d'ailleurs toujours un grand livre illustré qui pour les enfants retrace toute la vie de Napoléon. Je le connaissais par coeur. Sauf les dernières pages. Je ne sais pourquoi, mais,aprés la retraite de Russie, ce livre ne m'interessait plus...... Pour être juste, il y a tout de même vers la fin un passage que j'aimais bien. C'était le retour de l'ile d'Elbe.
Donc je suis heureux et fier de pouvoir rencontrer cet illustre personnage. Mais d'un autre coté, je me sens pris dans une affaire extrèmement embrouillée et qui va dépasser ma modeste personne;
Au moment ou j'écris ces quelques lignes, j'ignore totalement si j'aurais la possibilité de reprendre le récit que j'avais entamé.Je n'en suis plus maitre, vous le comprendrez aisément.

Hier matin, je suis parti de l'aérodrome d'Agen par avion privé a destination du Var
Dés mon arrivée a l'entrée de la propriété de Napoléon, j'ai constaté avec surprise que la télévision était là..... ( d'ailleurs j'ai pu discuter durant quelques minutes avec Nicolas Sarkozy.....)
Sabatini vint me dire que l'Empereur m'attendait.
Je ne saurais décrire les sentiments multiples qui m'agitaient.Se trouver face a face avec l'un des hommes les plus célèbres dans le monde entier depuis 2 siècles, avouez, vous qui êtes de sang froid, qu'il s'agit d'instants extraordinaires, et mon émotion était a son comble.
Lorsque je fus introduit dans son bureau, Napoléon qui lisait un dossier, leva presqu'aussitot la tête;
- C'est vous Aristée
- Oui Sire
- Vous êtes journaliste
- Non Sire. Je ne suis pas journaliste.
- Alors, pourquoi? Pourquoi ou pour qui avez vous dévoilé les conversations que j'avais eu ici.
- Pourquoi? J'avais commencé a retracer vos premiers jours aprés votre résurrection. J'ai eu la posibilité de continuer. Je l'ai fait.Pour qui? pour que l'opinion publique soit au courant de cet évènement extraordinaire.
( A suivre)
aristee

Napoléon se leva et vint vers moi. En effet il n'était pas trés grand, mais quel magnétisme dégageait cet homme! quelle pénétration dans son regard noir ou je sentais la colère monter!!
- Non.Pour qui me prenez vous?Des micros ont été déposé dans mes appartements, comme par hasard toutes mes conversations ont été enregistrées et c'est vous qui avez eu connaissance de ces enregistrements.Pourquoi avez vous fait installer ces micros? Pourquoi avez vous publié toutes mes conversations. J'écoute!
- Sire, je vous en conjure, croyez moi.
J'avais commencé a décrire vos premiers jours grace aux indications de mon ami Samuel Brun.Je pensais que mes informations cesseraient du jour ou vous seriez installé dans votre propriété. Or à ma grande surprise, chaque jour par courrier, j'ai reçu des cassettes contenant vos conversations.Elles venaient toutes de Paris mais de bureaux de poste différents.Je n'ai jamais reçu un mot, je n'ai jamais reçu la moindre indication sur l'expéditeur de ces cassettes.
Bien entendu, j'ignore qui a fait installer des micros dans vos appartements
Napoléon me regarda longuement, puis il me dit" je vous crois", et il alla rejoindre son fauteuil derrière le bureau.
Je vous crois, mais je ne comprends toujours pas pourquoi vous avez porté a la connaissance du public mes conversations..même privées.
- Sire, le public dont vous parlez n'était pas trés étendu puisqu'il s'agissait d'un forum parmi des milliers. Par ailleurs, je dois le dire, j'ai la certitude que la totalité de mes lecteurs pensent que ce je raconte ést simplement issu de mon imagination. Personne ne croit a la réalité de " mes révélations". C'est un peu vexant pour moi, mais cela peut faciliter l'issue de ce que l'on pourra considérer que comme....une petite plaisanterie.
- Cette "petite plaisanterie"comme vous dites,est une affaire d'Etat. Chirac m'a téléphoné. Une enquete est diligentée par les services spéciaux, dont un délégué est ici et va vous recevoir.Allez voir Sabatini, allez!
Et Napoléon sans plus s'occuper de moi se replongea dans son dossier.
Je sortis sans dire un mot, tant ma gorge était serrée.
Sabatini qui sans doute me guettait, se précipita sur moi et me demanda de le suivre, ce que je fis,la tête vide, incapable de dire si j'avais vécu ou révé cette entrevue avec Napoléon.

Dans un petit bureau, un homme jeune, au visage ouvert et sympathique m'attendait. Il était chargé de l'enquète sur la pose des micros. Il me demanda de lui raconter trés exactement comment j'avais pu recueillir tous les renseignements qui formaient la matière de mes petits articles sur le forum . J'avais apporté les 2 seuls papiers d'emballage des cassettes que j'avais conservé, et je les lui remis.
C'est en vain que je lui ai demandé s'il avait un début de piste. Mais j'ai senti qu'il commençait a avoir une idée sur la question.
En sortant de cette entrevue, Sabatini était encore là
- L'empereur veut vous revoir
- Ah? A quel sujet?
- Je l'ignore.
- Je me suis une nouvelle fois trouvé devant Napoléon.
- Cet endroit ou vous racontez vos histoires, un forum je crois, est lu par beaucoup de personnes?
- Oui et non. Non si vous considérer chaque forum individuellement et oui, si vous considerez tous ceux qui vont sur des forums.
- Cela peut donc constituer une tribune interessante, en multipliant les interventions sur plusieurs forums?
- Certainement, mais...
- Vous êtes Aristée certainement l'une des personnes le plus au courant de mes projets. Développez les sur vos forums
J'étais a cent lieues de m'attendre a une telle demande.
- Non, Sire, cela m'est impossible
- Ah? Et pourquoi donc?
- Parce que je ne peux défendre que des idées que je partage. Or je l'avoue, Sire, la conception du Pouvoir que vous développez n'est pas la mienne.Je suis Républicain.
- Républicain? Ce n'est qu'un mot qui recouvre les combines et l'impuissance.
- Non Sire, ce n'est pas qu'un mot. C'est une façon de penser, et cette façon de penser est actuelle, elle s'impose donc.
- Donc vous refusez.
- Je le regrette sire , car j'ai pour vous...
- Ca va, ca va...Je n'ai rien a faire de votre admiration. Mais puisque vous ne voulez pas défendre mes idées, je vous demande a tout le moins de ne plus parler de moi.
- Sire, j'ai annoncé sur le forum notre rencontre. Je dois donc faire une dernière communication, aprés quoi, je n'écrirai plus a votre sujet.
- Allez!
J'ai regardé une dernière fois cet illustre personnage et je suis sorti.
Je crois avoir fait un compte rendu fidèle de ma journèe d'hier.Et maintenant je vais me taire
Puisque ma plume ne peut être libre, elle ne sera pas serve.
Si je ne puis dire ce que je pense, je ne dirai en tous cas pas ce que je ne pense pas. Malgré mon profond respect pour l'Empereur, respect qui reste intact.
Je sais que certains ne croient pas vraiment a la réalité des faits et paroles que j'ai rapportés.L'avenir me rendra justice.
F I N
Mais il y a une suite….
aristee

Peut être avez vous entendu ce matin aux informarions que des scientifiques venaient d'établir que les caractères génétiques d'un être mort, se conservaient le mieux dans les poils et cheveux.
or, dans Napoléon est revenu, c'est en partant d'un cheveu de Naoléon ( dont il est vrai que nous conservons quelques exemplaires) que j'avais imaginé la résurrection de Napoléon.
Amusant, non?
This is a "lo-fi" version of our main content. To view the full version with more information, formatting and images, please click here.
Invision Power Board © 2001-2008 Invision Power Services, Inc.