SOUVENIRS DU GABON
Lorsqu’un bagnard, a Cayenne, terminait son temps, il était bien sur libéré, mais il était interdit de séjour en métropole pour une durée égale a celle de sa condamnation au bagne.

La plupart de ces interdits de séjour partaient en Afrique, juste en face, au Gabon( La Guyane et le Gabon sont sur le même parrallèle )
Et c'est parceque ces hommes trouvaient la Liberté au Gabon, que la capitale de ce territoire s'est appelée Libreville. Tous les anciens forçats montaient des exploitations forestières, principale richesse de ce pays.. Et on appelait ces anciens forçats les " puent la sueur"
Un " pue la sueur" avait crée un belle exploitation forestière au Gabon.Il avait mis pas mal d'argent de coté pour le jour tant attendu, ou sa peine d'interdiction de séjour en France étant levée, il pourrait rentrer en Métropole..

Pour le jour dit, bien en avance, il avait loué une place sur un paquebot pour la France, et il devait bien sur, comme tous les" africains" commencer son séjour par une cure a Vichy, histoire de se remettre le foie a neuf.
Arrivé sur le paquebot, il fit aussitot connaissance d'une artiste du music hall, trés connue a l'époque ( dont je tairais le nom).)Entre le "pue la sueur" et l'artiste, le courant passa aussitot et une idylle s'ébaucha.
Au cours d'une conversation, la jeune femme dit:
- Il parait que Madère est spendide.
- Ah bon? Vous voulez y aller?
- Je l'espère...un jour...
- Pourquoi pas maintenant?
- Parceque c'est impossible. Le paquebot ne fait pas éscale à Madère!
- Si ! Nous y allons!
Et le forestier alla voir le commandant qui lui confirma évidemment que c'était impossible
- Rien n'est impossible quand on a de l'argent. Voyez avec votre Compagnie, voyez les voyageurs. Je réglerai ce qu'il faudra. Nous allons a Madère.
Aprés bien des discussions, une escale de 3 jours fut prévue a Madère.
Le " pue la sueur" et sa belle purent vivre des moments innoubliables dans un cadre enchanteur.
Aprés les 3 jours, le bateau repartait pour la France, avec a son bord, la jeune artiste.
Quand au "pue le sueur".......complètement fauché, il revint au Gabon pour travailler quelques annèes et se payer enfin son séjour en France tant attendu……..

Il y avait a Libreville un ancien bagnard, propriétaire d'un expoitation forestière, mais qui s'était installé a Libreville.
Il avait une vieille Jeep, qui avançait en crachotant et était dépourvue de freins
Lorsqu'il sortait avec son véhicule, il faisait monter à l'arrière, l'un de ses boys, habillé en marin.
A l'arrière du véhicule se trouvait une ancre marine dont la chaine métallique était attachée a l'autre bout, au parechoc arrière de la jeep.
Lorsque, circulant dans Libreville, il voulait s'arréter, il criait:
- Prét, Matelot? Mouille l'ancre!!
Et le " marin" lançait l'ancre sur le sol. Les frottements finissaient par arréter le véhicule……Que de figures pittoresques!!!

Un autre "pue la sueur avait son exploitation forestière sur le fleuve.
Il avait décidé qu'aucun blanc ne pouvait passer en bateau devant chez lui sans s'arréter 24 heures. Ses gens avaient pour consigne si aprés 3 sommations le bateau ne s'arrétait pas, de tirer au niveau de la ligne de flottaison.
Lorsqu'il fallait en arriver a cette mesure extrème, durant les 24 heures de "l'invitation" le personnel du "Pue la Sueur" réparait le bateau.
Et durant ce court séjour, des caisses de champagne coulaient a flot.
La traite, c'est a dire la vente des bois aux grossistes, avait lieu a Libreville une fois par an en Février.
Là, durant 8 jours, tous les "pue la sueur" et les négociants étaient réunis.Un bateau de femmes venait de France, et le jour comme la nuit, Libreville était un lieu d'orgies ou le champagne ne se commandait pas par bouteille, mais par caisse.
Le champagne jouait un grand role dans la vie du Gabon. Et je me souviens personnellement avoir bu du champagne à 9 heures du matin dans le bureau de Léon M'Ba, le Président de la République du Gabon à l'époque. …