Microsoft et le code source de Windows

Microsoft ouvre Windows pour se protéger du Logiciel Libre

Microsoft répond à la Commission européenne en dévoilant, sous licence, le code-source de Windows. Mais les éditeurs de logiciels libres n'y auront pas accès. La condamnation de Microsoft sera examinée sur le fond par la Cour européenne de justice en avril.

Microsoft est prêt à tout pour faire obstacle au logiciel libre, jusqu'à dévoiler les secrets de fabrication de Windows. Mercredi, depuis Bruxelles, le groupe américain a annoncé qu'il allait communiquer aux éditeurs de logiciels le code-source de son système d'exploitation, jalousement gardé depuis des années. Pas en totalité, toutefois. Mais les parties essentielles au dialogue entre Windows et des produits concurrents, tout de même. Ainsi, Microsoft entend se conformer aux exigences de la Commission européenne qui, en mars 2004, l'avait condamné pour abus de position dominante à une amende de 500 millions d'euros, accompagnée de « mesures correctives », dont la divulgation de protocoles informatiques nécessaires à l'interopérabilité. Courant 2005, diverses propositions avaient été faites, mais sans jamais satisfaire Bruxelles. En décembre, une documentation de 12.000 pages remise par Microsoft était même jugée « incomplète et inadéquate ». « Son utilisation est un exercice frustrant, long et vain » et il ne fait aucun doute qu'elle doit être « complètement réécrite si elle doit devenir utilisable », jugeait alors Neil Barrett, expert indépendant mandaté par la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes. Dans un premier temps, la Commission avait laissé jusqu'à mercredi à l'éditeur américain pour revoir sa copie. Mais la veille, elle a prolongé le délai jusqu'au 15 février.

Plutôt que de revoir sa copie, Microsoft a choisi d'ouvrir ses sources. « Ce code est l'ADN du système d'exploitation Windows, [...], c'est la documentation ultime que nous pouvons fournir », explique Brad Smith, directeur des affaires juridique de Microsoft, qui ne manque pas de préciser que cette mesure va « bien au-delà des exigences de la Commission ». « Même si nous pensons être en totale conformité avec la décision de 2004, nous souhaitons écarter tout soupçon que la documentation technique de Microsoft est insuffisante », ajoute-t-il. Microsoft cherche ainsi à éviter de nouvelles amendes, qui se monteraient à 2 millions d'euros par jour. Mais ne veut surtout pas être condamnés à ouvrir trop largement ses codes, qui risqueraient alors D'être exploités dans des logiciels libres, sa véritable hantise. C'est pourquoi seules les entreprises qui adhèreront à son programme de licence pourront accéder aux sources, après s'être engagées à ne pas le diffuser publiquement. Impossible alors, d'intégrer la moindre ligne dans un programme sous licence GPL. Toutefois, Bruxelles n'a pas encore donné son feu vert et réserve sa réponse : « C'est la Commission qui décidera si Microsoft se conforme [à ces exigences] et non Microsoft », a insisté Jonathan Todd, porte-parole de la Commissaire. Prochaine étape le 15 février, donc, puis entre le 24 et le 28 avril où se tiendront les audiences devant la Cour européenne de justice pour annuler la condamnation sur le fond. Les juges de Luxembourg vont « établir la loi qui déterminera si les entreprises détentrices de produits technologiques populaires peuvent y intégrer de nouvelles fonctionnalités », met déjà en garde Brad Smith.

Source : www.lexpansion.com