Des squelettes riches d'enseignements en exposition à Strasbourg ! Amis d'Alsace et d'Ailleurs, si l'anthropologie et l'archéologie vous intéresse, n'hésitez plus !
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Squelette atteint de syphilis osseuse
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Réunissant plus de trois cents pièces, pour la plupart inédites, issues des collections des deux instituts d'anatomie de la faculté de médecine et du musée archéologique de Strasbourg, l'exposition « Histoire(s) de squelettes. Archéologie, médecine et Anthropologie en Alsace * permet, pour la première fois en France, de confronter le squelette aux regards croisés et complémentaires des archéologues, des médecins et des anthropologues : cet exercice original enrichit chacune des disciplines participantes.
Constituées à partir du XVIIIe siècle, les collections d'anatomie de Strasbourg font partie des plus riches du monde mais, à l'exception de quelques pièces exposées dans les instituts, restent peu connues des non-spécialistes, y compris les médecins. Leur présentation, dans les locaux du musée archéologique, permet non seulement de les montrer à un public plus large, mais elle illustre aussi les passerelles entre l'archéologie et l'anatomie. Les archéologues disposent des techniques et des méthodes permettant d'exhumer des squelettes, puis de les dater et de les replacer dans leur contexte ; de leur côté, les anatomistes, médecins légistes, radiologistes, rhumatologues et chirurgiens-dentistes vont y relever des indices sur l'état de santé et les conditions de vie des morts, voire y trouver les causes de leur décès. Les deux disciplines sont donc parfaitement complémentaires et n'ont cessé de se rapprocher, pour constituer ce que l'on nomme désormais l'ostéo-archéologie et la paléopathologie.
Depuis quelques années, l'étude des restes osseux anciens permet, grâce à l'ADN et à la biologie moléculaire, d'étudier de nouveaux aspects de l'évolution humaine, par exemple sa variabilité. L'équipe du Pr Bertrand Ludes, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg et directeur de l'institut de médecine légale, mène ce type de recherches. Le Pr Ludes est, d'ailleurs, l'un des trois commissaires de l'exposition, avec la directrice du musée archéologique, Bernadette Schnitzler, et le Dr Jean-Marie Le Minor, maître de conférences en anatomie et en radiologie.
L'exposition est organisée parallèlement aux collections permanentes qu'on trouve dans les salles du musée, selon un ordre chronologique allant du Néolithique à l'époque romaine. Une salle aménagée à la manière d'un cabinet de curiosités abrite des préparations anatomiques servant de référence. Elle rappelle l'histoire de l'anatomie et des collections strasbourgeoises. Certains ossements sont à la fois des témoins de l'histoire générale et de l'histoire de la médecine, à l'image d'un crâne trépané par grattage il y a près de 5 000 ans, et dont la consolidation démontre que son propriétaire a survécu à l'opération. De nombreuses pièces, anciennes ou récentes, illustrent des maladies et des affections disparues ou encore présentes, comme la syphilis osseuse, l'arthrose ou le rachitisme.
FMC pour les rhumatologues.
Comme l'explique le Dr Le Minor, les pièces revêtent, pour le grand public, un intérêt pédagogique, et même préventif, car les affections anciennes présentées sont celles de la vie quotidienne : une fracture se consolide de la même façon aujourd'hui qu'il y a 3 000 ans, et montrer l'évolution d'un os après un traumatisme, c'est montrer à chacun comment fonctionne son propre corps. Il en est de même, bien sûr, pour les dents et les caries, et pour la plupart des maladies ostéoarticulaires. Ces pathologies sont tellement bien documentées que la visite de l'exposition par les rhumatologues est vivement souhaitée... dans le cadre d'une séance de formation médicale continue où ils verront des confrontations anatomocliniques invisibles en dehors de ce cadre.
Au-delà de son intérêt scientifique, historique et pédagogique, l'ostéo-archéologie peut contribuer à éclairer certains aspects de la médecine actuelle. « La polyarthrite rhumatoïde, maladie multifactorielle d'origine encore mal connue, touchant aujourd'hui environ 0,4 % de la population, est exceptionnelle dans les séries archéologiques, et son émergence récente est estimée à deux ou trois siècles, poursuit le Dr Le Minor. Cela ouvre des pistes de réflexion intéressantes quant à sa pathogénie. » Inversement, la spondylarthrite ankylosante semble plus fréquente dans les séries archéologiques et anciennes qu'actuellement. De même, les lithiases urinaires étaient très fréquentes autrefois, et on ne compte plus les tombes dans lesquelles on retrouve un calcul au milieu du bassin ou à la place des reins, alors que cette maladie a quasiment disparu de nos jours. La mise en commun des talents des archéologues et des médecins peut donc permettre de mieux comprendre l'origine et les mécanismes d'apparition et de disparition de certaines maladies.
Enfin, signalons la publication d'un superbe catalogue, de plus de 300 pages, richement illustré et en couleurs, fruit de la collaboration de multiples auteurs, archéologues et médecins. Il pourra servir de manuel de référence.
Constituées à partir du XVIIIe siècle, les collections d'anatomie de Strasbourg font partie des plus riches du monde mais, à l'exception de quelques pièces exposées dans les instituts, restent peu connues des non-spécialistes, y compris les médecins. Leur présentation, dans les locaux du musée archéologique, permet non seulement de les montrer à un public plus large, mais elle illustre aussi les passerelles entre l'archéologie et l'anatomie. Les archéologues disposent des techniques et des méthodes permettant d'exhumer des squelettes, puis de les dater et de les replacer dans leur contexte ; de leur côté, les anatomistes, médecins légistes, radiologistes, rhumatologues et chirurgiens-dentistes vont y relever des indices sur l'état de santé et les conditions de vie des morts, voire y trouver les causes de leur décès. Les deux disciplines sont donc parfaitement complémentaires et n'ont cessé de se rapprocher, pour constituer ce que l'on nomme désormais l'ostéo-archéologie et la paléopathologie.
Depuis quelques années, l'étude des restes osseux anciens permet, grâce à l'ADN et à la biologie moléculaire, d'étudier de nouveaux aspects de l'évolution humaine, par exemple sa variabilité. L'équipe du Pr Bertrand Ludes, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg et directeur de l'institut de médecine légale, mène ce type de recherches. Le Pr Ludes est, d'ailleurs, l'un des trois commissaires de l'exposition, avec la directrice du musée archéologique, Bernadette Schnitzler, et le Dr Jean-Marie Le Minor, maître de conférences en anatomie et en radiologie.
L'exposition est organisée parallèlement aux collections permanentes qu'on trouve dans les salles du musée, selon un ordre chronologique allant du Néolithique à l'époque romaine. Une salle aménagée à la manière d'un cabinet de curiosités abrite des préparations anatomiques servant de référence. Elle rappelle l'histoire de l'anatomie et des collections strasbourgeoises. Certains ossements sont à la fois des témoins de l'histoire générale et de l'histoire de la médecine, à l'image d'un crâne trépané par grattage il y a près de 5 000 ans, et dont la consolidation démontre que son propriétaire a survécu à l'opération. De nombreuses pièces, anciennes ou récentes, illustrent des maladies et des affections disparues ou encore présentes, comme la syphilis osseuse, l'arthrose ou le rachitisme.
FMC pour les rhumatologues.
Comme l'explique le Dr Le Minor, les pièces revêtent, pour le grand public, un intérêt pédagogique, et même préventif, car les affections anciennes présentées sont celles de la vie quotidienne : une fracture se consolide de la même façon aujourd'hui qu'il y a 3 000 ans, et montrer l'évolution d'un os après un traumatisme, c'est montrer à chacun comment fonctionne son propre corps. Il en est de même, bien sûr, pour les dents et les caries, et pour la plupart des maladies ostéoarticulaires. Ces pathologies sont tellement bien documentées que la visite de l'exposition par les rhumatologues est vivement souhaitée... dans le cadre d'une séance de formation médicale continue où ils verront des confrontations anatomocliniques invisibles en dehors de ce cadre.
Au-delà de son intérêt scientifique, historique et pédagogique, l'ostéo-archéologie peut contribuer à éclairer certains aspects de la médecine actuelle. « La polyarthrite rhumatoïde, maladie multifactorielle d'origine encore mal connue, touchant aujourd'hui environ 0,4 % de la population, est exceptionnelle dans les séries archéologiques, et son émergence récente est estimée à deux ou trois siècles, poursuit le Dr Le Minor. Cela ouvre des pistes de réflexion intéressantes quant à sa pathogénie. » Inversement, la spondylarthrite ankylosante semble plus fréquente dans les séries archéologiques et anciennes qu'actuellement. De même, les lithiases urinaires étaient très fréquentes autrefois, et on ne compte plus les tombes dans lesquelles on retrouve un calcul au milieu du bassin ou à la place des reins, alors que cette maladie a quasiment disparu de nos jours. La mise en commun des talents des archéologues et des médecins peut donc permettre de mieux comprendre l'origine et les mécanismes d'apparition et de disparition de certaines maladies.
Enfin, signalons la publication d'un superbe catalogue, de plus de 300 pages, richement illustré et en couleurs, fruit de la collaboration de multiples auteurs, archéologues et médecins. Il pourra servir de manuel de référence.
Pour en savoir plus : Culture.gouv
