
Salut !
Ah ! Voilà un moment déjà que je survole petit bout par petit bout ce gros topik sans avoir le temps d’y laisser mon opinion. Je profite de ma retraire temporaire pour me lancer…
Perso, je ne crois pas en l’existence d’un dieu bienveillant comme semble le représenter la religion judéo-chrétienne, qui, je crois, est la première religion à avoir relevée (inventée, serait plus juste, je pense) le principe de la « sainteté divine ». A choisir une religion, mais ce n’est qu’une projection fictive de ma part, je tendrais plutôt vers la plupart des mythologies qui représentent des dieux égoïstes, parfois inspirés pour une p’tite bonne action, mais peu soucieux de la race humaine. D’ailleurs, sur cette question de perfection, je tiens à poser deux ou trois questions qui reviennent assez souvent dans l’esprit des non-croyants. Comment Dieu, en tant que sainteté et tout-puissant, est-il compatible avec notre monde si mauvais ? Pourquoi un Dieu qui est décrit avec autant d’atouts (omniscient donc doué de prescience et capable d’anticiper l’avenir) peut-il laisser le Mal corrompre si facilement l’Homme ? Comment se fait-il que Dieu ne réagisse pas comme le ferai un père respectable face aux dérives de ses enfants ? Serait-il un mauvais démiurge irresponsable qui aurait mieux fait de réfléchir à deux fois avant de façonner l’aventure humaine ?
Arf ! J’ai pas de réponses à ces questions étant donné que je suis non-croyant (dans les religions humaines, évidemment), mais j’aime bien la réflexion pertinente d’Epicure sur cette contradiction : « Ou bien Dieu veut supprimer les maux, mais il ne le peut pas. Ou bien il peut mais il ne le veut pas. Ou bien il ne le peut ni ne le veut... S'il le veut et ne le peut pas, il est impuissant, ce qui est contraire à sa nature. S'il le peut et ne le veut pas, il est mauvais, ce qui est également contraire à sa nature. S'il ne le veut ni ne le peut, il est à la fois mauvais et faible, c'est-à-dire qu'il n'est pas Dieu... Mais s'il le veut et le peut, ce qui seul convient à ce qu'il est, d'où vient donc le mal, et pourquoi ne le supprime-t-il pas ?".
L’ancien et le nouveau testament ne m’ont absolument pas séduit car ils proposent une non-relation ou interaction entre Dieu et le Mal. Dans le récit de la genèse, par exemple, je crois que le Mal agit dans le dos de Dieu qui lui, reste aveugle. Je ne m’étendrai pas sur les origines possible de ce mal (trop long), mais je ne crois pas que cela soit une malédiction instaurée par une puissance créatrice pour nous mettre à l’épreuve (sadique !) ou pour nous punir d’un péché originel dont je ne suis absolument pas responsable en tant qu’individu (injuste !). D’après moi, le « mal » (capacité à faire des actes égoïstes et/ou inconscients) est une aptitude innée (chez les hommes, les animaux et même les végétaux). Infime au départ, et pouvant évoluer plus ou moins rapidement suivant les expériences ou conditions que l’être traverse ou subit, ce mal se décuple lorsque la survie du sujet est mise à rude épreuve par des évènements extérieures.
J’aime encore moins l’idée du stupide manichéisme dans laquelle le super Dieu très sympa lutte contre le méchant Mal pas gentil (au fait, si Dieu (le tout puissant) a un égal mauvais, c’est plus un Dieu, non ?). Notre monde, tout en nuance et en dégradé, ne peut pas concevoir ce genre de partition illusoire et simpliste…
Autre point qui me fait plutôt peur, c’est l’Histoire des religieux qui, comme vous l’avez souligné à plusieurs reprises, est farci d’actes inhumains et condamnables et qui ne cessent de placer le monde sur le fil du rasoir, au même titre que la politique hégémonique ou que la tristement célèbre « mondialisation économique », soit dit en passant. Je ne condamne pas les Textes officiels qui, dans l’ensemble, véhiculent des préceptes de vie positifs (quoique trop moralisateurs à mon goût). Par contre, je ne supporte pas les personnes qui en font de nouvelles interprétations totalement subjectives en transformant carrément le sens initial, et tout ça à des fins malsaines (à mon humble avis, les religieux et les sectaires sont très doués pour ce genre de chose). Et y’a rien de plus malheureux que de croire les paroles d’un « médiateur ou « interprète » plutôt que de se forger sa propre vision des Textes (qui sont déjà, à la base, des interprétations subjectives et symboliques faites par des sages et autres philosophes en puissance) ou du monde. En plus, les Textes sont suffisamment riches et compréhensibles pour trouver en chacun de nous leur chemin…
Pour ma part, je me suis intéressé grossièrement aux différentes religions et ce, dans le but hasardeux d’y trouver une réponse à LA question existentielle : le sens de la vie. D’après ce que j’en sais, les religions ont été créés pour apporter des réponses aux grandes questions que se posent l’homme, depuis ses origines jusqu’à son devenir post-mortem. D’ailleurs, étymologiquement parlant, on suppose que le mot « religion » proviendrai du verbe latin
religare signifiant relier. En ce sens :
relier le monde visible au monde invisible où résident les puissances mystérieuses dont il faut s’assurer les bonnes grâces ; relier les hommes entre eux à l’intérieur d’un même groupe en leur proposant des lois et des valeurs communes ; relier le présent au passé en rappelant les traditions, les récits des commencements, les hauts faits des ancêtres ; relier enfin l’homme à ce qui l’entoure en répondant par des contes, des mythes, des récits des poèmes… Pour l’info, l’auteur latin Cicéron pensait plutôt que le mot « religion » viendrait de
religio, signifiant scrupule, et désignerait ceux qui rassemblent scrupuleusement les choses concernant le culte des dieux… Mais en gros, je crois que le rôle d’une religion c’est de désigner ce qu’on ne peut ni voir, ni toucher, ni entendre. Et c’est là le hic, pour moi. Comme l’a si bien dit Malraux, « La réponse à la question fondamentale de la vie ne peut prendre qu’une forme religieuse ». Et les formes religieuse n’ont pas réussi à me charmer si bien qu’à l’instar de certains, je me rapproche de plus en plus d’une définition de la vie comme quelque chose d'incroyable, mais qui n’a finalement aucun sens. Et je comprend que certaines personnes ne veulent pas adhérer à la futilité de l’Homme en ce monde et préfèrent se tourner vers la Terre Promise ou les Rédemption supposées des Textes (mythologiques ou pas), voire même des sectes

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Je n’irais pas jusqu’à soutenir la répartie assassine d’Emile Cioran , « L'homme
va disparaître, c'était jusqu'à présent ma ferme conviction. Entre-temps, j'ai changé d'avis : il
doit disparaître », mais je rejoins un des membres du forum (désolé, j’ai zappé le pseudo) pour dire que sans les Hommes, la terre se porterait pas plus mal, sinon mieux.
Maintenant, je tiens à être bien clair : que vous soyez croyant ou pas m’importe peu tant que vous n’essayez pas d’imposer vos idées aux autres en supposant qu’elles sont l’unique vérité. Nous avons tous le droit de croire en quelque chose pour avancer dans la vie : l’amour, la créativité, le plaisir du partage ou du travail bien fait, la résolution des mystères, le sensationnel… Suffit juste que nos croyances (religieuse ou pas) n’entravent pas la liberté ou la vie des autres. Et je sais aussi, que certaines croyances, en apparence différentes, peuvent facilement se compléter pour former un tout plus riche. Je n’oublie pas ceux qui ce tournent vers Dieu pour le message d’amour de son prochain, mais qu’au moins, ils le fassent sans passer par une organisation / multinationale religieuse qui interfère souvent avec le message originel (cette opinion n’engage que moi)… Perso, y’a rien de plus mignon que ma mémé qui, pour le bien de toute sa famille, fait chaque jour des prières parce qu’elle pense que c’est le seul moyen dont elle dispose pour nous « protéger » du mal. Ben, moi, j’ai rien contre ce genre de croyance en Dieu, inoffensive et bienveillante. Je crois bien l’avoir dit maladroitement dans un autre topique mais j’imagine que nous sommes tous (êtres vivants dans leur ensemble) originaires d’une vaste nrj commune.
J’aime bien aussi la théorie selon laquelle un microbe extra-terrestre surfant tranquillement sur un astéroïde se serait lamentablement fracassé la gueule sur la Terre, encore vierge de toute vie organique, et aurait déclenché, malgré lui, l'apparition du bestiaire qui ronge avec une décontraction étonnante ce monde…