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Full Version: Les chercheurs s'emparent des " Sims "
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LiliOr
Les Sims et les chercheurs !
« Les Sims » passent sur le divan

Jeu vidéo : Les chercheurs s’emparent du simulateur de vie quotidienne, utilisé aussi comme outil psychanalytique

Avec 400 000 exemplaires de sa deuxième version vendus en France en six mois et 80 millions de joueurs dans le monde, plus qu’un jeu vidéo, « Les Sims » sont un phénomène de société. Le succès de ce « simulateur de vie quotidienne » éveille de plus en plus l’intérêt d’un milieu longtemps condescendant à l’égard des jeux vidéo : les chercheurs en sciences humaines.

Créé en mars 2002 lors d’un colloque sur le thème « Pour ne plus avoir peur des jeux vidéo », l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (OMNSH) rassemble chercheurs, spécialistes et étudiants de dix disciplines (ethnologie, sociologie, épistémologie, psychologie, etc.). A l’initiative du psychologue clinicien et analyste Michael Stora, président de l’OMNSH, le Centre Pompidou a réuni récemment chercheurs, médecins, artistes et journalistes pour une journée de réflexion autour des « Sims ». « Le jeu vidéo est un objet d’étude passionnant, mais il y a un boulot énorme. En Europe, nous en sommes au début de nos réflexions sur les effets du virtuel dans le réel car il y a longtemps eu, et il y a encore, une certaine défiance ringarde des chercheurs à l’égard des jeux vidéo. »

Précurseur en la matière, Michael Stora va plus loin que la simple étude du jeu et utilise « Les Sims » comme outil thérapeutique avec ses patients. « Je fais jouer les enfants. Ils doivent aider leur personnage à quitter leur mère... La manière de jouer de l’enfant et de parler de son avatar est une base de départ pour l’analyse. Chaque partie raconte une histoire et révèle des zones de l’inconscient. Faire émerger la parole est un premier pas. Il y a un aller-retour permanent entre celle-ci et le jeu. La mise en scène de situations conflictuelles ou violentes, comme le meurtre de ses parents, est, pour le patient, un moyen d’exprimer son sadisme de façon virtuelle, mais assez réaliste pour qu’il y ait un retour sur soi via l’image et grâce à l’interface très réaliste du jeu. Ce passage à l’acte virtuel de pulsions agressives à l’égard de personnes aimées est très sain. »

Néanmoins, certains praticiens jugent dangereuse cette utilisation du jeu permettant un accès direct à la psyché. Michael Stora n’en a cure. « La psychanalyse a toujours eu peur des images. Il faut envisager la possible réalisation d’un outil auto-thérapeutique sur le mode des “Sims”. J’aimerais ainsi créer un jeu grâce auquel des enfants obèses pourraient mettre en scène leur image. »

Source : www.20minutes.fr
Dague d'Ebène
Délicat comme initiative unsure.gif

La psychanalise sont particulièrement friands de ce genre d'étude. Tout ce qui est "un phénomène de société" leur donne de bonnes pistes d'analyse. J'ai vu aussi que de nombreux sociologues prenaient de plus en plus appui sur la Real TV (le concept des Sims est très proche de ce style d'émission, l'interaction en plus) pour dresser un portrait robot de la population et en tirer des conclusions (parfois caricaturales ?).

Je note l'intention avouée de Stora : mettre en place un jeu à vocation thérapeutique ( ohmy.gif ). Ca peut être intéressant. Et dangereux aussi. Le fait de projeter ses patients (clients whistling.gif ) dans une simulation afin de résoudre leur problème psychique est une prise de risque importante. Je doute fort que Stora ait connaissance des ravages que produisent certains jeux vidéos sur les sujets facilement influençables. Et je suppose que sur certains patients psychologiquement affaiblis, la dépendance risque d'être encore plus favorisée...

Sinon, je ne peux m'empêcher d'y voir de la part de ce docteur la volonté de surfer sur le succès des Sims pour concevoir un produit parallèle succeptible de lui amener gloire et fortune whistling.gif

crepi
mince il faudra être sérieux quand je joue aux sims alors?
plus question de créer des incendies pour les regarder cramer?


bouuuuuuuh
pinksushi
Sujet intéressant...

Ca ne m'étonne pas que les chercheurs s'y intéressent de plus près..mais pour en faire quoi?
Une étude est toujours bonne à prendre, pour comprendre les limites afin d'éviter les dérives (je pense aux otakus au japon, ces personnes qui vivent au travers du virtuel-jeux-mangas...et s'y enferment). Une analyse sociologique peut aider à comprendre l'évolution des moeurs mais est souvent utilisée ou détournée par les compagnies qui veulent trouver de nouveaux produits et supports (là je rejoins Dague pour le côté 'on va s'en mettre plein les poches' dry.gif ). Les psychologues peuvent peut-être déceler des comportements types... sad.gif

Utiliser les jeux comme support pour la psychanalyse enfantine c'est pas nouveau, le 'tiers symbolique' pour la psychanalyse des adultes non plus...
Par contre j'ai l'impression que les comportements (des adultes en tous cas) sont différents dans le virtuel. La semaine dernière je parlais avec une amie qui me disais que sa cousine était particulièrement timide et intravertie dans la vie, et dans ces jeux de rôle adoptait des personnages très différents de ce qu'elle est en vrai. Cela lui sert-il de thérapie?? à étudier en effet...Mais au fond je crois qu'à une autre époque cette fameuse cousine aurait sans doute trouvé autre chose pour s'épanouïr 'fictivement' : livres, cinéma, art, théâtre...Ces jeux d'aujourd'hui sont d'autres supports qui au fond s'appuyent sur les mêmes principes de projection de soi... wink.gif
Dague d'Ebène
QUOTE(crepi)
mince il faudra être sérieux quand je joue aux sims alors?
plus question de créer des incendies pour les regarder cramer?

bouuuuuuuh

laugh.gif Je l'attendais celle-là !

J'ai vu un documentaire sur Arte y'a 2 semaines. Ca parlait des "dangers" des jeux vidéos et du dilemme dans lequel se trouvaient les concepteurs de jeu pour parer les faiblesses de leur réalisation afin de ne pas inciter le joueur à faire n'importe quoi (autrement dit, ne pas lui laisser trop de liberté pour exprimer ses pulsions humaines). Le documentaire mettait en scène une séance de test autour du jeu Fable (Jeu de Rôle sur console dans lequel le joueur façonne son personnage comme il l'entend). Il y avait parmi eux un jeune garçon qui, au lieu de profiter pleinement du jeu et de son histoire, c'est "amusé" à trucider le plus d'enfants virtuels possibles rencontrés dans le jeu ( ohmy.gif ). Les concepteurs, totalement abassourdis par cette intitiative, ont aussitôt intégré à leur programme l'impossibilité de tuer les Personnages Non Joueurs enfant. Ils ne s'attendaient pas à ce qu'un joueur ait l'idée d'utiliser leur jeu à cette fin !

QUOTE(pinksushi)
Mais au fond je crois qu'à une autre époque cette fameuse cousine aurait sans doute trouvé autre chose pour s'épanouïr 'fictivement' : livres, cinéma, art, théâtre... Ces jeux d'aujourd'hui sont d'autres supports qui au fond s'appuyent sur les mêmes principes de projection de soi... wink.gif

Oui. C'est tout à fait pertinent. On se façonne aussi à travers la littérature, l'art, la musique ou le cinéma. Mais ces "médias" restent passif par rapport à un jeu vidéo, je trouve. Un jeu vidéo est beaucoup plus immersif qu'un livre ou un film. Je suis d'accord avec Pinksushi sur le fait qu'un jeu vidéo (Jeu de Rôle en l'occurence) permettait au joueur de se façonner tel qu'il voudrait être. Dans d'autres cas, un RPG (Role Playing Game) permet aussi d'entreprendre des actions qui seraient automatiquement condamnées dans notre réalité. Dans l'exemple du jeune garçon que j'ai développé rapidement plus haut, peut-on parler réellement de "projection de soi" ?

D'autre part, si ce Docteur désire utiliser le potentiel du jeu Les Sims pour "guerir" ses clients, il prend des risques car on est plus dans le domaine du "ludique" (vocation : s'amuser) mais dans celui de la "medecine" (vocation : guerir). C'est très délicat tout ça. Faudra voir comment il veut adapter Les Sims pour en faire un outil thérapeutique. Des formes de Jeux de Rôle, il me semble, sont utilisés en psychanalyse. Je ne sais pas trop comment cela fonctionne, ni si les résultats sont efficaces ou pas. Pinksushi, tu as peut-être des pistes à ce sujet ?
pinksushi
QUOTE
Pinksushi, tu as peut-être des pistes à ce sujet ?


Je m'y intéresse de près, je fais actuellement une recherche là-dessus donc je vous en dirai davantage bientôt. unsure.gif

QUOTE
Des formes de Jeux de Rôle, il me semble, sont utilisés en psychanalyse


Oui, plusieurs psy comme Mélanie Klein et Jung l'ont exploité, en attendant , voici une interview de Stora qui en dit un peu plus sur le fond de son projet et apporte une distinction entre le jeu ludique et le jeu à 'enjeu' (thérapeutique?)...


QUOTE
01net. : Vous utilisez le jeu Les Sims comme outil thérapeutique. D'où vous est venue cette idée ?

Michael Stora : Je travaille beaucoup avec des enfants qui ont du mal à parler et, souvent, à jouer. Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas s'amuser, ils voient la vie en termes d'enjeux où la seule issue est la victoire ou la défaite. Les Sims va à l'encontre de ce raisonnement.

J'ai dîné récemment avec Will Wright, le créateur des Sims. Et lui, comme beaucoup d'Anglo-saxons, oppose le play, le jeu comme divertissement, et le game , le jeu comme enjeu. Will Wright m'a expliqué avoir volontairement bâti un jeu où le game amène vers le play.

Pour en revenir à un cas fréquent, celui des « pathologies limites », où l'enfant a développé une mauvaise estime de soi, celui-ci va utiliser des actes au lieu de mots pour s'exprimer. En jouant, il pourra alors faire émerger des mots, et même des pulsions agressives qu'il enfouissait.

Les Sims favorisent la violence ?

M.S : Non, il ne faut pas confiner les jeux vidéo à leur image d'addiction et de violence. Simplement, ici, les enfants vont mettre en avant un certain sadisme. Qui est naturel, on sait bien que les enfants sont tout sauf sages comme des images. Idem pour l'addiction, où le jeu vidéo vient avant tout révéler une structure obsessive de certains joueurs.

Il s'agit bien d'une thérapie, pas juste de laisser l'enfant devant le jeu vidéo ?

M.S : J'utilise un cadre très précis, avec des temps de parole bien définis, où le logiciel est un outil, pas une occupation. Quant au jeu, il s'agit spécifiquement des Sims, la version console, dans le mode « Vivre sa vie », où une histoire est proposée au personnage.

Ici, le Sims commence enfant, avec une maman qui le néglige et qu'il faut quitter. Or les cas de pathologie limite sont souvent associés à des mères dépressives.

Et avec des adultes ?


M.S : Il semblerait que, pour certains, le jeu ait des vertus auto-thérapeutiques. Mais on se demande encore comment.

Est-ce que le choix du personnage est important ?

M.S : Le plus souvent, il s'agit d'une vision idéalisée de soi-même. J'ai eu récemment le cas de deux petites filles obèses. L'une s'est choisi un personnage à la limite de l'anorexie. L'autre s'est incarnée telle qu'elle est.

En fait, elle sortait d'un grave accident de voiture et était d'abord angoissée par la mort. Selon ses parents, choisir une Sims obèse était un moyen de montrer que son poids ne la préoccupe pas. Mais c'est aussi, peut-être, une façon de leur faire comprendre qu'elle le vit mal.

Il n'y a pas d'analyse simple d'un joueur à partir de son personnage.

M.S : Non, mais beaucoup d'informations à recueillir. D'autant plus que, dans Les Sims, les personnages peuvent nous surprendre. Ils sont autonomes mais leurs choix sont tous influencés par les choix de leur créateur. Comme si les personnages nous révélaient des choses que l'on ne voulait pas voir.

Mais Les Sims sont loin d'être toujours considérés comme un modèle éducatif.


M.S : Les principales polémiques viennent du côté de la sociologie politique. Certains y voient Les Sims comme une vitrine de la société américaine actuelle. Ce que je ne comprends pas. Dans le jeu, vous pouvez tout à fait être politiquement incorrect.

Il y a beaucoup d'écoles en psychologie. Êtes-vous le seul à utiliser les Sims ?

M.S : De plus en plus de chercheurs s'intéressent aux jeux vidéo. Mais, du côté de la psychologie, les résistances sont nombreuses. En France, les psys ont l'habitude de privilégier l'écrit, ils se méfient des images.
LiliOr
Merci pour l'interwiew pinksushi wink.gif

En bien apparement ce chercheur n'est pas le seul à penser que les Sims peuvent avoir une "certaines influences". Car les chinois ont décider de l'interdire dans leur pays... Pourquoi ?! Euh... unsure.gif Enfin ils ont aussi décidé d'interdire Fifa2005, Age of Mythology: The Titans, Battlefield Vietnam, Conflict Vietnam et Vietcong: Fist Alpha... au total il y a plus de 50 jeux. Ils jugent que tout ces jeux vidéo peuvent apporter des influences négatifs à la population et notament les jeunes adolescants. ( En savoir plus => ICI )

En tous cas il y a une réel contracdiction dans les avis, certains pensent que ce jeu est plutôt une menace et d'autres pensent qu'au contraire il pourrait aider et permettre de mieux comprendre des personnes.
superbiboune
Ne pas laisser de liberté pour exprimer ses pulsions humaines ?

Je ne suis pas trop. Ils viennent pas d'en sortir un - justement - où tu peux les mettre à poil, les faire aller en boîte funky, les faire avoir des rapports et pas seulement hétéro et j'en passe ?

C'est ça qu'ils appellent : "ne pas lui laisser trop de liberté pour exprimer ses pulsions humaines"

Sceptique.
(Je vous l'ai dit, j'ai jamais aimé "joué à la poupée" encore moins pour leur faire vivre des aventures dans un monde urbain, moderne, industrialisé et réel.)

Ca ne m'étonne pas du tout qu'ils s'en servent pour une étude.
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