Help - Search - Member List - Calendar
Full Version: La Légende Historique du Bouddha...
Rastaba's Forum > Culture > Archéologie > Mythologies et Légendes
superbiboune
Bonjour à tous ! laugh.gif

Comme promis, voici un petit résumé de la vie du Bouddha. On l'appelle "légende historique" car dans ce récit, vous le verrez, certains passages font indubitablement parti de l'Histoire et d'autres font indiscutablement parti de la légende. La frontière entre les éléments historiques et légendaires est si étroites que parfois, on renonce à démêler l'un de l'autre. "Bouddha" n'est pas un prénom, c'est un titre qui signifie "l'Eveillé", "celui qui a atteint l'Eveil". C'est pourquoi on dit "le Bouddha" et non pas "Bouddha". On ne parle plus Illumination, c'est dommage, parce qu'ici, en France, le mot a une connotation péjorative : un illuminé, c'est plutôt un fou.

Mais commencons par le début... Il y a plusieurs sources, la mienne est le Lalitavistara, traduit en français. L'abondance de la sculpture bouddhique va me permettre d'illustrer tout le récit. Vous allez voir, c'est sensationnel !

La Légende Historique du Bouddha


L'histoire se passe vers 560 av J.C. Dans le royaume de Kapilavastu vivaient un roi et une reine, Suddhodhana et Maya, qui appartenaient au clan des Sakya. Une nuit, la reine fit un songe dans lequel elle vit un éléphant blanc lui frôler le flanc avec sa trompe.

user posted image user posted image
Le songe de la Reine Maya

Afin de connaître la signification de ce rêve, elle fit venir le sage Asita. Ce dernier lui expliqua que le songe signifiait qu'elle était enceinte. Et l'éléphant blanc (symbole royal par excellence) annoncait que cette naissance serait celle d’un enfant spécial. Celui-ci, suivant son choix de renoncer ou non au monde, pourrait devenir soit un monarque universel (un roi du monde en quelque sorte), soit un Buddha.

Au terme de sa grossesse, la reine fit un cours voyage avec sa suite pour se rendre en visite chez ses parents. Mais alors qu'elle traversait le jardin de Lumbini, elle sentit arriver les douleurs de l'accouchement. La légende raconte qu'alors, un arbre tendit ses branches à la reine comme appui. Sa soeur se pressa pour la soutenir aussi et alors la naissance miraculeuse eue lieue. Tandis que Siddhartha sortit, flamboyant, du flanc de sa mère, les dieux de tous les étages, les dieux des quatres points cardinaux, les génies des airs, des eaux, des arbres, tous arrivèrent, conduit par les grands dieux Brahma et Indra en personne, pour acceuillir l'enfant. Ils décorèrent les cieux de banderoles et des musiciens vinrent chanter pour lui. L'univers entier vint pour le feter. Car ils savaient tous que cet enfant allait devenir Bouddha.

user posted image user posted image
La naissance de Siddhartha

Indra tendit ses mains, recouvertes d'un linge comme c'est toujours le cas pour toucher ce qui est sacré, pour saisir l'enfant. Sa conception et sa naissance n'avaient pas été ordinaire, ses premiers instants ne le furent pas non plus.
Indra et Brahma versèrent sur lui de l'eau chaude et de l'eau froide pour qu'il ai un bain tiède. L'enfant tenait déjà debout seul et pouvait parler. Après son bain, il fit quelque chose d'étranges : il se dirigea de 7 pas vers le Nord, 7 pas vers le Sud, 7 pas vers l'Ouest, 7 pas vers l'est, puis 7 pas vers le ciel et 7 vers les profondeurs. Ainsi, il pris possession de l'univers.

La légende raconte encore qu'au moment où Siddhartha naquit, 500 écuyer dont Chandaka le premier et 500 chevaux dont Kanthaka le premier vienrent au monde.
Chandaka devint l'écuyer préféré et ami de Bouddha et Kanthaka son cheval favori.

user posted image
Les naissances simultannées. Ici, on voit le petit cheval Kanthaka et (assez mal) le bébé Chandaka dans les bras de sa mère.

Après que la reine soit revenue au palais, le sage Asita vint voir le petit prince, voir si le rêve prophétique ne s'était pas trompé. A la vue de l'enfant, la légende raconte qu'il fondit en larme. Inquiet, le roi et la reine lui demandèrent s'il y avait quelque chose de grave. Ce à quoi Asita répondit qu'il pleurait parce qu'il ne vivrait pas assez longtemps pour suivre l'enseignement de leur fils.

user posted image
La visite d'Asita. Le vieux brahmane tient Siddhartha bébé dans ses bras.

Le roi fût très chagriné par cette nouvelle. Il ne voulait pas que son fils renonce au trône pour devenir un penseur religieux. Aussi, pour empêcher son fils de partir, il prit soin de lui cacher la Vérité.

Quelques jours après sa naissance, sa mère mourut et ce fût sa plus jeune tante Pajapati, celle qui avait aidé sa mère à accoucher, qui l'éleva. Jusqu'à 29 ans, Siddhartha vécût dans l'opulence et le luxe du palais. Entouré de jeunes gens, riches et beaux, de jeunes femmes, de jeux, de distractions. Lorsqu'il devait sortir du palais, sous haute escorte, les malades, mendiants et vieillards avaient interdiction de se montrer. Aussi ne voyait-il partout que l'opulence et la beauté. Mais son coeur n'était pas satisfait. Lassé des amusements, il se retirait souvent seul pour réfléchir. Ce qui faisait très peur à son père, le roi. Siddhartha, pressé par son père, prit pour femme la charmante Yasodhara et bientôt, elle tomba enceinte du petit Rahula. Cependant, peu de temps après, au beau milieu d'une nuit, Siddhartha eu ce qu'on appelle "la révélation de la Maya". Sa mère, au ciel des Dieux, lui souffla de sortir de nuit hors du palais. Il appela alors Chandaka et Kanthaka pour l'aider à s'enfuir et voir. Chandaka voulut d'abord le raisonner mais devant son obstination, il aida son maître à sortir dans la ville.

user posted image
La sortie dans la ville. Les textes racontent que même des petits génies apparurent pour soulever les sabots de Kanthaka, le cheval, afin qu'il ne fasse pas de bruit. Ici, on voit Siddhartha sur son cheval et Chandaka l'écuyer, qui porte l'épée devant lui.

Ce qu'il vit ce soir-là changea toute sa vie. Il rencontra d'abord un vieillard. Surpris, il demanda à Chandaka : "Chandaka, qu'est il arrivé à ce pauvre homme ?"."C'est la vieillesse Seigneur", répondit Chandaka, "au bout de notre vie, notre peau se flétrit et nous vieillissons ainsi". A peine plus loin, ils rencontrèrent un malade. A nouveau, Siddharta demanda à son ami ce qu'avait ce pauvre homme. "Il est atteint par la maladie, Seigneur, et nul ne peut le guérir". Sur leur chemin, ils rencontrèrent encore un convoi funèbre. Horrifié, Siddhartha demanda à nouveau à Chandaka : "Mais qu'est-ce que ce cortège? Et pourquoi pleurent-ils tous ? "C'est la mort seigneur, c'est la mort qui nous emporte tous, tôt ou tard". Profondément boulversé, Siddharta ne savait plus dans quel sens réfléchir quand il aperçut un ascète. Presque nu et assis, il méditait. Le futur Bouddha s'adressa alors à lui et lui demanda ce qu'il faisait et pourquoi il était si démuni. Alors le moine lui expliqua qu'il avait renoncer au monde pour se consacrer à la méditation et la réflexion pour tenter de trouver un remède à la souffrance du monde.

A ce moment, Siddhartha compris que son destin serait celui-ci. Ce qu'il voulait, par dessus tout, c'était trouver la solution pour libérer ses amis et ses frères de la souffrance. Il fut très faché contre son père, de lui avoir volontairement caché toute la vérité. Il rentra au chateau, embrassa dans son sommeil celle qui fut sa femme et son fils qui venait de naître la même nuit et ourdit le plan de s'enfuir la nuit suivante. Les dieux endormirent tous les gens du château...

user posted image
Ici, au centre, on voit Siddhartha, vêtu princièrement, poser un pied à terre, alors que les femmes sont endormies. La sienne, Yasodhara, est derrière lui et on voit à leur pieds des musiciennes assoupies sur leurs tambours. Ce mouvement de "poser un pied à terre" symbolise la Renonciation. Il va partir, quitter sa femme, son fils, son palais. C'est le pas décisif.

C'est ainsi que Siddhartha partit hors de Kapilavastu, avec Chandaka et Kanthaka. Au bout de quelques temps, arrivé au milieu d'une fôret, il rencontra un chasseur et lui demanda s'il voulait bien échanger son habit tripartite contre les anciens habits princiers. L'habit tripartite devint alors, et c'est encore le cas aujourd'hui, l'habit traditionnel des moines. Il enleva ensuite ses lourds bijoux et ses boucles d'oreilles (qui lui laissèrent à jamais en souvenir les lobes d'oreilles déformés) et il coupa sa longue chevelure. C'est l'acte le plus symbolique concernant son renoncement au monde. Selon les récits, ce sont les dieux qui recupérèrent ses cheveux, ou bien Chandaka, son écuyer. Après ceci, il renvoya son ami et son cheval à Kapilavastu. Tous deux pleuraient à chaudes larmes mais ils partirent vers le palais. Siddhartha commença alors son long périple au travers de l'Inde du Nord. De rencontres en discussions, il chercha conseil auprès des sages pour atteindre son but.

La suite bientôt promis !
superbiboune
Siddhartha alla donc, de villages en villages, discuter avec les penseurs brahmanes.

A cette époque, beaucoup de sages pensaient que c'était en privant le corps qu'on pouvait sublimer l'esprit. Aussi, beaucoup d'entre eux pratiquaient l'ascétisme. En plus simple, disons qu'ils imposaient à leur corps et à leur esprit des règles très strictes. Bouddha rencontra nombreux de ces partisans de l'ultime privation. Il se lia notamment avec cinq frères, qu'on appelle "les cinq de bonnes castes", et décida de pratiquer avec eux un jeûne austère de plusieurs années.

Assis en méditation dans un parc, ils n'absorbèrent aucune nourriture pendant plus de cinq ans. Siddhartha, devenu maigre et famélique, failli mourrir.

user posted image
Le jeûne de Siddhartha

Un matin, il rompit sa méditation. Il se leva, chassa les insectes qui avaient élus domicile sur et dans son corps et il alla à la rivière toute proche. En voyant son reflet dans l'eau, presque mort, les os saillants, les orbites creuses, il compris quelque chose d'important : la sagesse ne s'acquiert pas dans le luxe et l'opulence d'un chateau, mais elle ne s'acquiert pas non plus en privant son corps de tout. Ce jour là Siddhartha compris que la voie de la sagesse était la voie du milieu. La voie du milieu, celle sans excès.

Une jeune fille qui passait à la rivière lui offrit un bol de riz et il pu reprendre des forces. Cependant, ses compagnons de jeûnes, les cinq de bonnes castes, furent très déçus quand ils le virent. Ils crurent que la recherche de la sagesse était trop dure pour Siddhartha et qu'il avait abandonné pour se contenter à nouveau dans le luxe. "Regardez Gautama, ce relâché, ce gourmant..." et ils nourrirent contre lui une rancune vivace.

Siddhartha quant à lui continua son chemin, toujours méditant, et discutant avec les penseurs. Désormais, il savait que sa reflexion allait aboutir, mais il lui fallait trouver l'endroit propice. Il se promenait dans la région de Bodh Gaya, quant un roi et une reine Naga apparurent.

user posted image
Un Naga : Ils sont les esprits de l'eau. Ils désignent parfois un vrai serpent, particulièrement grand, ou effrayant, qui vivait dans telle rivière, telle grotte ou telle forêt. Mais dans l'imaginaire indien, ce sont des créatures mi humaines mi serpent.

Ils entonnèrent alors un hymne qui lui prédit sa mission. Il allait atteindre l'illumination et trouver le remède à la souffrance, mais plus important encore, il allait la faire connaître à tous les hommes pour les aider à se libérer.

user posted image
L'Hymne des Naga

Siddhartha savait qu'il était sur le point d'atteindre l'Eveil. Mais il cherchait l'endroit propice. En chemin, il rencontra un coupeur d'herbe qui lui fit l'offrande d'une poignée de paille. Celle-ci servirait à lui confectionner un siège pour l'Eveil.

user posted image
L'Offrande du coupeur d'herbe

C'est alors que Siddhartha arriva au pied de l'arbre de la Bodhi. Il s'assit à ses pieds et se mit à méditer. L'arbre de la Bodhi devint et est encore un grand lieu saint, aussi son emplacement est très bien connu : l'Arbre de la Bodhi dans le jardin de Dharamsala

L'éveil dura plusieurs semaines. Et alors que Siddhartha gravissait l'un après l'autre les états de méditation, le Dieu des Plaisirs et du Mal pour les bouddhistes, Mara ourdit un plan car il tremblait pour son royaume. Il faut expliquer ici quelle est la nature de la "souffrance" à laquelle Siddhartha cherche un remède. Pour les indiens de l'époque, non seulement toute la vie était faite de souffrance mais, en plus, chaque "âme" se réincarne à l'infini, donc cette souffrance est eternelle !

Alors Mara avait peur. Et si Siddhartha devenait Bouddha ? Et s'il donnait la solution aux hommes pour échapper à la souffrance et au cercle des réincarnation ? Il ne lui resterait plus alors aucun sujets ? Plus personne à gouverner ? Son empire finirait par disparaître ? Mara envoya alors ses trois jeunes filles, Luxure, Passion et Délice, tourmenter Siddhartha. Elles dansèrent devant lui, à peine vêtue, dans des poses lassives et suggestives pour le distraire.

Mais Siddhartha, imperturbable, les transforma par la pensée en vieilles et laides décrépites ! Fou de rage, Mara envoya alors son armée démoniaque.

user posted image
L'armée de Mara

Les monstres tentaient de blesser Siddhartha mais, toujours imperturbable, il transformait la pluie de leurs armes en pluie de pétales de fleurs. Mara vint alors insulter Siddhartha. "Quel droit as-tu d'être en ce lieu ? C'est un endroit sacré, reservé aux grands et saints Bouddha. De quel droit es-tu là Siddhartha ?". Face à cette attaque, Siddhartha fit le geste "d'appeler la terre à témoin".

user posted image

Il toucha la terre du bout des doigts. Alors, selon la légende, la déesse de la Terre elle-même surgit dans un violent tremblement de terre qui chassa les derniers démons de Mara. Et elle se porta témoin pour Siddhartha. "Moi, je suis la Terre, j'ai toujours vu et connu Siddhartha. Sa place en cet endroit est légitime".

Vaincu, Mara se retira et Siddhartha pu enfin se consacrer à sa méditation. La nuit suivante, au bout de sept semaines, il obtint l'Eveil et compris comment empêcher la souffrance et le cycle des réincarnations. Epuisé et affaibli, il dut manger. La légende raconte que les dieux firent cabrer les chevaux de deux marchants qui passaient là, Trapusha et Bhallika, et qui lui offrirent son premier repas. Alors les dieux des quatres points cardinaux vinrent lui offrirent quatre bol à aumônes en or.

user posted image
L'offrande des quatre bols

Mais le Bouddha n'avait pas oublié la voix moyenne. Il fondit les quatres bols en un seul et les changea en pierre.

A cet instant, Siddartha, devenu Bouddha, eût un moment de doute. Il avait atteint l'Eveil, il avait vaincu la souffrance et il n'était plus soumis à la réincarnation. Aussi, il pouvait choisir entre partir maintenant ou rester et enseigner aux hommes. Mais ce qu'il avait compris était si compliqué ! Trouverait-il des hommes aptes à le comprendre ? Il en doutait. Aussi il envisagea pendant un moment de ne pas enseigner.

Cependant, une considération le fit changer d'avis. Alors qu'il observait un étang plein de nénuphars, il se dit que comme il y avait trois sortes de nénuphars, ceux sous l'eau, ceux qui flottent à la surface et ceux qui flottent bien au dessus, de même il y avait trois sortes d'hommes : ceux qui serait trop fixé dans l'erreur pour comprendre, ceux qui était au milieu et qui serait aptes à comprendre si on leur expliquait ou perdus si on ne leur expliquait pas et ceux qui comprendrait assurément. C'est pour la catégorie du milieu que le Bouddha se décida à enseigner.
superbiboune
Ainsi, le Bouddha se demanda : "A qui pourrais-je tout d'abord enseigner ?"

Il se rappela alors des cinq de bonnes castes, ceux avec qui il avait fait le jeûne de 6 ans. Il se dit que ces cinq là seraient surement capable de comprendre son enseignement. Pendant son Eveil, Le Bouddha avait remonté et vu/su tout ce qui s'est jamais passé et tout ce qui se passera à jamais. Il était désormais omniscient. Cherchant par l'esprit à savoir où ils étaient, il le su. Les Cinq demeuraient dans le Parc des Gazelles de Bénarès. Et c'est vers cet endroit que le Bienheureux dirigea ses pas.

Ceux-ci ignoraient que Siddhārtha était devenu un Bouddha parfait et accompli et ils nourrissaient encore contre lui une rancœur vivace. Les textes racontent qu’ils étaient tellement en colère que les cinq avaient décidé de ne rendre aucun hommage à leur compagnon. Mais écoutez la suite :

"Tathagata" est un des nombreux nom du Bouddha, et signifie "le Parfait"

QUOTE
Ceux ci virent de loin le Tathâgata qui venait, et, en le voyant, firent une convention : Voilà le Çramana Àyouchmat Gàutama (c'est comme ça qu'ils appelaient Siddhartha avant) qui s'approche, ce relâché, ce gourmand, [...] Il ne faut pas du tout aller au-devant de lui ni se lever en sa présence ; il ne faut prendre ni son manteau de religieux ni sa sébile ; il ne faut lui donner ni siège, ni breuvage, ni nourriture, ni rien pour poser ses pieds […]
Religieux, à mesure que le Tathâgata s'avançait vers l'endroit où étaient les cinq de bonne caste, ceux-ci étaient de plus en plus mal à l'aise sur leurs sièges et voulaient se lever. C'est ainsi, par exemple, qu'un oiseau ayant ses ailes, qui serait entré dans une cage, et qui serait brûlé par un feu placé sous cette cage, aurait envie de s'envoler vite, vite, à cause du feu qui le tourmentait. De même, à mesure que le Tathâgata s'approchait des cinq de bonne caste, ils étaient de plus en plus mal à l'aise et avaient le désir de se lever. Pourquoi cela ? C'est qu'il n'y a pas un être, dans la multitude des êtres, qui, en voyant le Tathâgata, pourrait ne pas se lever de son siège. Aussi, à mesure que le Tathâgata s'approchait des cinq de bonne caste, ceux - ci, de plus en plus incapables de supporter la splendeur et la majesté du Tathâgata agités sur leurs sièges, tous rompant la convention, chacun d'eux va au-devant de lui. L'un s'avançant, a pris sa sébile et son manteau; l'autre lui présente un siège ; celui-ci a un appui pour ses pieds; celui-là lui apporte de l'eau pour laver ses pieds. » (Lalitavistara, Chapitre XXVI, Action de tourner la Roue de la loi, p.335 et suiv.)


Après avoir reconnu que Siddhartha était bien de venu un Bouddha "parfait et accompli",, les cinq moines se convertirent et commencèrent les préparatifs du Premier Sermon.

user posted image
Voici une magnifique Préparation du Premier Sermon. Le premier moine apporte au Bouddha son tabouret, le second un chasse mouche, car nous sommes en plein mois de Mai (humide et moucheteux en Inde), et un 3ème le vase à eau pour laver ses pieds.

A la dernière veille de cette nuit-là, le Bouddha commença sa prémière prédication et mit en mouvement la "Roue de la Loi". C'est un acte très symbolique. La Roue est un symbole de la Loi Bouddhique et en sa mise en mouvement, le fait de la faire rouler préfigure la diffusion de la Loi sur le monde, un peu comme le Soleil répend sa lumière sur les êtres. C'est un moment très important car, pas seulement dans la légende mais aussi dans la réalité, c'est à ce moment que sont convertis les premiers moines bouddhistes et que nait la communauté des moines, Samgha. A cet instant précis, le Bouddha amorce un courant philosophique qui, vous le savez, conserve une vitalité étonnante encore aujourd'hui. Sans ce Sermon, tout ça n'aurait pas existé.

(Je m'atarde car je connait spécialement bien cette partie de la légende, c'est en effet le sujet de mon mémoire de l'année dernière : la représentation du Premier Sermon dans la sculpture.)

user posted image
Le Premier Sermon aux Parcs des Gazelles de Bénarès Les petites gazelles sont à coté de la Roue de la Loi.

Entouré par les cinq moines (et de nombreuses divinités sur le relief), Bouddha commença son exposé de la Loi, Dharma, par une réfléxion sur la voie moyenne.

Ces deux extrêmes, Religieux, sont [...] ceux où il ne faut pas s'engager.
1° Celui où, pour satisfaire ses désirs on recherche les aumônes, où l'on est bas, grossier, vulgaire, désagréable aux gens honorables, [...]
2° Et cette voie qui n'est pas la moyenne, où on maltraite son propre corps en le tourmentant [...]
Après avoir marché à côté de ces deux extrêmes, c'est avec la voie moyenne que le Tathâgata enseigne la Loi.» (Lalitavistara, Chapitre XXVI, Action de tourner la Roue de la loi, p.335 et suiv.)

Puis le Bouddha expliqua enfin le remède qui allait permettre aux hommes de vaincre la douleur et le cercle des réincarnations. Je vous le met, mais c'est très compliqué. J'ai mis des mois à comprendre, je n'ai pas encore tout compris et certains ont consacré leurs vies à comprendre toutes les implications et les replis du Dharma.
Je vais essayé de vous expliquer...

QUOTE
« Voici, Religieux les quatre vénérables vérités. Lesquelles, au nombre de quatre? La douleur, l'origine de la douleur, l'empêchement de la douleur, la voie qui conduit à l'empêchement de la douleur.
1 - Et là, qu'est-ce que la douleur ? C'est la naissance même qui est la douleur, la vieillesse même, la maladie même, la mort même, la séparation même d'avec ce qu'on aime et l'union même avec ce qu'on n'aime pas, voilà la douleur. Ce qu'on désire et qu'on n'obtient pas en le recherchant avec ardeur, cela même est la douleur. En un mot, l'objet des cinq prises (de possession par les sens) étant douleur, c'est ce qu'on appelle la douleur.
2 - Et là, quelle est l'origine de la douleur ? C'est ce désir qui se renouvelle sans cesse, qui va avec la passion du plaisir, qui çà et là réjouit ; voilà l'origine de la douleur.
3 - Et là, quel est l'empêchement de la douleur ? C'est l'apaisement sans qu'il en reste rien et l'empêchement de ce désir qui se renouvelle sans cesse, qui va avec la passion du plaisir et réjouit çà et là, se reproduit et est satisfait. Voilà l'empêchement de la douleur.
4 - Et là, quelle est la voie qui conduit à l'empêchement de la douleur ? C'est la vénérable voie médiane, composée de huit parties, telles que : la vue parfaite, jusqu'à la contemplation parfaite. Ainsi est dite la vénérable vérité de la voie qui conduit à l'empêchement de la douleur. Ce sont là, Religieux les quatre vénérables vérités. » (Lalitavistara, Chapitre XXVI, Action de tourner la Roue de la loi, p.335 et suiv.)


Pour les indiens de l'époque, je vous l'ai déjà raconté, la vie est douloureuse, tout le temps. Lors de l'Eveil, Bouddha comprend que si on souffre et si on se réincarne, c'est à cause de la soif, l'envie de vivre. Je ne peux pas vous expliquer en détail ici, ça met en jeu plein de notion très compliquées (les constituants du moi, la "fausse réalité" du monde etc...). Mais c'est le pivot de toute la reflexion. A partir de là le constat est simple. Si c'est l'envie de vivre qui provoque la souffrance, il suffit de supprimer cette envie pour supprimer la souffrance. Ainsi, c'est par la méditation que l'individu pourra atteindre le suprême détachement (par rapport au monde) puis le nirvana (plus de réincarnations).

Je laisse ici cet aspect très technique et compliqué. (Vous comprenez maintenant pourquoi le Bouddha a hésité à prêcher. Il a bien pensé que très peu comprendrait.) Ces quatres vérités constituent la base de l'enseignement bouddhique (de l'époque attention, aujourd'hui je n'y connais rien). Ainsi, la Roue de la Loi a bien été tournée et le Samgha, la communauté des moines, a été constitué.

A partir de ce jour et jusqu'à plus de 80 ans, le Bouddha va parcourir l'Inde et prêcher la Loi à ceux qui le souhaitent. Un des premiers converti après les cinq de bonnes castes fut le cousin du Bouddha, Ananda, qui devint son disciple favori. C'est lui qui a suivit Bouddha partout et toujours, et c'est aussi grâce à lui que, peu après le parinirvana du Bouddha, ses paroles et son enseignement furent fixées par l'écrit. Les autres convertis célèbres furent bien sûr son fils, Rahula. Il convertit aussi son père, et sa tante (c'est une longue histoire, Bouddha ne voulait pas de nonnes. En effet, la femme incarne le désir (charnel), ce justement à quoi le moine essaye de se détacher. Mais Pajapati (sa tante) étaient venues avec pleins d'autres femmes, rasées, attendant l'accord du Bouddha. Et c'est grâce à Ananda que finalement, Bouddha se laisse convaincre.)

La suite de l'histoire du Bouddha est longue, il fait de multiple rencontre. Celle d'Anathapindada qui lui fait l'offrande du jardin de Jetavana, celle avec son méchant cousin Devadatta qui envoye sur lui un éléphant drogué (on appelle cet épisode "la maîtrise de l'éléphant furieux"), la conversion du meurtrier Angulimala, les Miracles de Sravasti, l'offrande de la plantation de manguier par la prostituée, le nourisson de la femme morte etc... Vous voyez, c'est une légende riche en tout point.

user posted image
Les Miracles de Sravasti

Je vous raconterais ces petits épisodes au fur et à mesure, leur ordre n'a pas tellement d'importance. Vers la fin de sa vie, le Bouddha était assez malade. Pendant plusieurs mois, il continua tout de même, mais il était de plus en plus faible. Enfin, il alla en visite chez Cunda le forgeron, qui l'avait invité à manger. C'est, d'après les textes, après avoir consommé un "régal de porc" ou un "ragout de champignons" on arrive mal à le traduire, que le Bouddha s'éteint. IL faut savoir que les bouddhistes sont végétariens. Mais ils sont aussi obligé d'accepter toutes les invitations et ils peuvent manger de la viande si et seulement si l'animal n'a pas été tué à leur intention. Cependant, l'estomac du Bouddha n'était plus habitué à la viande et il était déjà malade. Le "régal de porc" provoqua littéralement une "diarrhée sanglante" qui acheva notre Bouddha.

Ses moines l'emportèrent, mourant, aux pays des Malla, ou il s'allongea sur sa dernière couche. Ananda pleurait, inconsolable. Presque à la mort, il converti Subhadra. C'est le seul personnage à être représenté de dos dans toute la sculpture. Car d'après les récits, Bouddha avait prononcé ces mots : "Pousse toi, moine, que je puisse voir Subhadra et qu'il s'asseye en face de moi".

user posted image
user posted image
Le Parinirvana

Alors le Bouddha entra dans le Pari Nirvana, la grande et Totale Extinction (de l'être), laissant ses moines "orphelins". De son vivant, on vénèrait le Triratna, les Trois Joyeux ou Trois Refuges que constituait le Bouddha, sa loi Dharma et sa Communauté. Une fois nirvané, les moines ne purent plus comptés que sur les deux autres refuges : leur Loi et leur communauté.

Le Bouddha fût incinéré selon une technique élaborée, reservées aux souverains en Inde.

user posted image
Le cerceuil du Bouddha Bouddha était entouré de bandelettes et oint d'huiles spéciales, il y avait plusieurs cerceuils les uns dans les autres si l'on en croit la légende. La crémation se faisait à l'intérieur de ces coffrets.

Ses cendres furent partagés en 8 parties entre huit royaumes.
user posted image
Le Partage des Reliques. Ici, les reliquaires où on met les cendres du Bouddha sont des petites statuettes le représentant.

Chacun éleva au dessus des cendres du Bienheureux un stupa. Quelques centaines d'années plus tard, le grand roi Asoka parti en quète des huits reliques et les sépara en 88 000 fragments. Sur lesquels on éleva autant de stupa.
user posted image

100Q3.bmp

J'espère de tout coeur que cela vous a plu. wub.gif Je reviendrait de temps en temps faire des petits ajouts sur les rencontres nombreuses qu'il fait durant ses longs pélerinages : "le Dragon Naga du temple en feu D'Uruvilva", "l'éléphant furieux", "Les miracles de Sravasti" etc. Mais voici la ligne principale de la légende historique du Bouddha.

A bientôt !
Trunks
LOOOOL superbib reserve ses places de posts, elle est super cette histoire, je saviat pas que bouddah avaitune telle histoire, par contre, je pense qu'il aurait pas du trop en vouloir a son pere, certes il lui as menti, ou du moins (cachait la vérité), mais c'etait en quelque sorte pour le proteger tongue.gif allez vite la suite de l'histoire biggrin.gif
Plume
Me suis-je embrouiller ou le bouddha a eu une femme et un fils ? blink.gif
Sinon je te remercie pour cette explication car je e connaissait pas du tout son histoire même si c'est un personnage qui m'a longtemps intréguée ! wink.gif
superbiboune
Oh oh ! Ne vous pressez pas les amis : là, vous avez à peu près 1/10ème de la légende du Bouddha.

C'est l'introduction ! tongue.gif Je n'ai absolument pas fini ! Le meilleur arrive !

Et oui, tu ne t'es pas embrouillé ! Bouddha a eu une femme avant de renoncer au monde et un fils aussi, Rahula. Quand celui-ci atteindra l'âge de sept ans, Bouddha va venir (c'est la suite !) chercher son fils et le faire rentrer dans l'ordre bouddhiste. Ce sera le plus jeune bhikshu (moine) !
Alors rester à l'affût ! L'essentiel de son oeuvre reste à venir.
superbiboune
Et voilà, C'est fini ! Deuxième et troisième partie postée ! laugh.gif
Dague d'Ebène
w00t.gif

Bien. J'ai pris le temps de lire ce joli topic sur l'une des figures les plus intéressantes de "notre" légende historique. Je trouve que le parcours de Bouddha est particulièrement fascinant. Les images choisies pour illustrer son itinéraire sont superbes (y'en a 2 qui s'affichent pas chez moi unsure.gif ) et permettent de mieux imaginer le contexte. Enorme travail ! Passion transmise avec succès !


Sur ce, je déclare officiellement Sbib : mon archéo-conteuse préférée wub.gif


Ni dans le ciel, ni au milieu des mers, ni à l'intérieur des cavernes des montagnes n'existe un lieu où l'homme se puisse libérer d'une mauvaise action qu'il a commise (Dhammapada)
Plume
Viii merci sbibi wub.gif de nous avoir si joliment raconté cette histoire, j'ai trouvé ca trés interessant !
Sinon moi toute les photos ce sont affichés sans problème unsure.gif
Ben il me tarde que tu nous raconte les peripécies avec l'éléphant et autre ... ! tongue.gif
This is a "lo-fi" version of our main content. To view the full version with more information, formatting and images, please click here.
Invision Power Board © 2001-2009 Invision Power Services, Inc.