Comme promis, voici un petit résumé de la vie du Bouddha. On l'appelle "légende historique" car dans ce récit, vous le verrez, certains passages font indubitablement parti de l'Histoire et d'autres font indiscutablement parti de la légende. La frontière entre les éléments historiques et légendaires est si étroites que parfois, on renonce à démêler l'un de l'autre. "Bouddha" n'est pas un prénom, c'est un titre qui signifie "l'Eveillé", "celui qui a atteint l'Eveil". C'est pourquoi on dit "le Bouddha" et non pas "Bouddha". On ne parle plus Illumination, c'est dommage, parce qu'ici, en France, le mot a une connotation péjorative : un illuminé, c'est plutôt un fou.
Mais commencons par le début... Il y a plusieurs sources, la mienne est le Lalitavistara, traduit en français. L'abondance de la sculpture bouddhique va me permettre d'illustrer tout le récit. Vous allez voir, c'est sensationnel !
La Légende Historique du Bouddha
L'histoire se passe vers 560 av J.C. Dans le royaume de Kapilavastu vivaient un roi et une reine, Suddhodhana et Maya, qui appartenaient au clan des Sakya. Une nuit, la reine fit un songe dans lequel elle vit un éléphant blanc lui frôler le flanc avec sa trompe.
Le songe de la Reine Maya
Afin de connaître la signification de ce rêve, elle fit venir le sage Asita. Ce dernier lui expliqua que le songe signifiait qu'elle était enceinte. Et l'éléphant blanc (symbole royal par excellence) annoncait que cette naissance serait celle d’un enfant spécial. Celui-ci, suivant son choix de renoncer ou non au monde, pourrait devenir soit un monarque universel (un roi du monde en quelque sorte), soit un Buddha.
Au terme de sa grossesse, la reine fit un cours voyage avec sa suite pour se rendre en visite chez ses parents. Mais alors qu'elle traversait le jardin de Lumbini, elle sentit arriver les douleurs de l'accouchement. La légende raconte qu'alors, un arbre tendit ses branches à la reine comme appui. Sa soeur se pressa pour la soutenir aussi et alors la naissance miraculeuse eue lieue. Tandis que Siddhartha sortit, flamboyant, du flanc de sa mère, les dieux de tous les étages, les dieux des quatres points cardinaux, les génies des airs, des eaux, des arbres, tous arrivèrent, conduit par les grands dieux Brahma et Indra en personne, pour acceuillir l'enfant. Ils décorèrent les cieux de banderoles et des musiciens vinrent chanter pour lui. L'univers entier vint pour le feter. Car ils savaient tous que cet enfant allait devenir Bouddha.

La naissance de Siddhartha
Indra tendit ses mains, recouvertes d'un linge comme c'est toujours le cas pour toucher ce qui est sacré, pour saisir l'enfant. Sa conception et sa naissance n'avaient pas été ordinaire, ses premiers instants ne le furent pas non plus.
Indra et Brahma versèrent sur lui de l'eau chaude et de l'eau froide pour qu'il ai un bain tiède. L'enfant tenait déjà debout seul et pouvait parler. Après son bain, il fit quelque chose d'étranges : il se dirigea de 7 pas vers le Nord, 7 pas vers le Sud, 7 pas vers l'Ouest, 7 pas vers l'est, puis 7 pas vers le ciel et 7 vers les profondeurs. Ainsi, il pris possession de l'univers.
La légende raconte encore qu'au moment où Siddhartha naquit, 500 écuyer dont Chandaka le premier et 500 chevaux dont Kanthaka le premier vienrent au monde.
Chandaka devint l'écuyer préféré et ami de Bouddha et Kanthaka son cheval favori.

Les naissances simultannées. Ici, on voit le petit cheval Kanthaka et (assez mal) le bébé Chandaka dans les bras de sa mère.
Après que la reine soit revenue au palais, le sage Asita vint voir le petit prince, voir si le rêve prophétique ne s'était pas trompé. A la vue de l'enfant, la légende raconte qu'il fondit en larme. Inquiet, le roi et la reine lui demandèrent s'il y avait quelque chose de grave. Ce à quoi Asita répondit qu'il pleurait parce qu'il ne vivrait pas assez longtemps pour suivre l'enseignement de leur fils.

La visite d'Asita. Le vieux brahmane tient Siddhartha bébé dans ses bras.
Le roi fût très chagriné par cette nouvelle. Il ne voulait pas que son fils renonce au trône pour devenir un penseur religieux. Aussi, pour empêcher son fils de partir, il prit soin de lui cacher la Vérité.
Quelques jours après sa naissance, sa mère mourut et ce fût sa plus jeune tante Pajapati, celle qui avait aidé sa mère à accoucher, qui l'éleva. Jusqu'à 29 ans, Siddhartha vécût dans l'opulence et le luxe du palais. Entouré de jeunes gens, riches et beaux, de jeunes femmes, de jeux, de distractions. Lorsqu'il devait sortir du palais, sous haute escorte, les malades, mendiants et vieillards avaient interdiction de se montrer. Aussi ne voyait-il partout que l'opulence et la beauté. Mais son coeur n'était pas satisfait. Lassé des amusements, il se retirait souvent seul pour réfléchir. Ce qui faisait très peur à son père, le roi. Siddhartha, pressé par son père, prit pour femme la charmante Yasodhara et bientôt, elle tomba enceinte du petit Rahula. Cependant, peu de temps après, au beau milieu d'une nuit, Siddhartha eu ce qu'on appelle "la révélation de la Maya". Sa mère, au ciel des Dieux, lui souffla de sortir de nuit hors du palais. Il appela alors Chandaka et Kanthaka pour l'aider à s'enfuir et voir. Chandaka voulut d'abord le raisonner mais devant son obstination, il aida son maître à sortir dans la ville.

La sortie dans la ville. Les textes racontent que même des petits génies apparurent pour soulever les sabots de Kanthaka, le cheval, afin qu'il ne fasse pas de bruit. Ici, on voit Siddhartha sur son cheval et Chandaka l'écuyer, qui porte l'épée devant lui.
Ce qu'il vit ce soir-là changea toute sa vie. Il rencontra d'abord un vieillard. Surpris, il demanda à Chandaka : "Chandaka, qu'est il arrivé à ce pauvre homme ?"."C'est la vieillesse Seigneur", répondit Chandaka, "au bout de notre vie, notre peau se flétrit et nous vieillissons ainsi". A peine plus loin, ils rencontrèrent un malade. A nouveau, Siddharta demanda à son ami ce qu'avait ce pauvre homme. "Il est atteint par la maladie, Seigneur, et nul ne peut le guérir". Sur leur chemin, ils rencontrèrent encore un convoi funèbre. Horrifié, Siddhartha demanda à nouveau à Chandaka : "Mais qu'est-ce que ce cortège? Et pourquoi pleurent-ils tous ? "C'est la mort seigneur, c'est la mort qui nous emporte tous, tôt ou tard". Profondément boulversé, Siddharta ne savait plus dans quel sens réfléchir quand il aperçut un ascète. Presque nu et assis, il méditait. Le futur Bouddha s'adressa alors à lui et lui demanda ce qu'il faisait et pourquoi il était si démuni. Alors le moine lui expliqua qu'il avait renoncer au monde pour se consacrer à la méditation et la réflexion pour tenter de trouver un remède à la souffrance du monde.
A ce moment, Siddhartha compris que son destin serait celui-ci. Ce qu'il voulait, par dessus tout, c'était trouver la solution pour libérer ses amis et ses frères de la souffrance. Il fut très faché contre son père, de lui avoir volontairement caché toute la vérité. Il rentra au chateau, embrassa dans son sommeil celle qui fut sa femme et son fils qui venait de naître la même nuit et ourdit le plan de s'enfuir la nuit suivante. Les dieux endormirent tous les gens du château...

Ici, au centre, on voit Siddhartha, vêtu princièrement, poser un pied à terre, alors que les femmes sont endormies. La sienne, Yasodhara, est derrière lui et on voit à leur pieds des musiciennes assoupies sur leurs tambours. Ce mouvement de "poser un pied à terre" symbolise la Renonciation. Il va partir, quitter sa femme, son fils, son palais. C'est le pas décisif.
C'est ainsi que Siddhartha partit hors de Kapilavastu, avec Chandaka et Kanthaka. Au bout de quelques temps, arrivé au milieu d'une fôret, il rencontra un chasseur et lui demanda s'il voulait bien échanger son habit tripartite contre les anciens habits princiers. L'habit tripartite devint alors, et c'est encore le cas aujourd'hui, l'habit traditionnel des moines. Il enleva ensuite ses lourds bijoux et ses boucles d'oreilles (qui lui laissèrent à jamais en souvenir les lobes d'oreilles déformés) et il coupa sa longue chevelure. C'est l'acte le plus symbolique concernant son renoncement au monde. Selon les récits, ce sont les dieux qui recupérèrent ses cheveux, ou bien Chandaka, son écuyer. Après ceci, il renvoya son ami et son cheval à Kapilavastu. Tous deux pleuraient à chaudes larmes mais ils partirent vers le palais. Siddhartha commença alors son long périple au travers de l'Inde du Nord. De rencontres en discussions, il chercha conseil auprès des sages pour atteindre son but.
La suite bientôt promis !














