Un p'tit topic pour ceux qui s'intéressent à l'art contemporain, aujourd'hui je vous propose de découvrir une artiste japonaise que j'affectionne : Yayoi Kusama.
Son histoire permettra de mieux comprendre sa pratique artistique c'est pourquoi je vous en fait un petit résumé :
Artiste japonaise née en 1929, Yayoi Kusama réalise ses premières oeuvres au début des années 50. Dés l'âge de 10 ans elle est victime d'hallucinations (points partout où elle regarde ), elle souffre d'une maladie psychiatrique. C'est alors que débute pour elle un travail "thérapeutique" avec l'art...Yayoi Kusama représente des environnements recouverts de points.
En effet, ces pois, ces mailles, sont le produit du délire imaginaire de l'artiste ce qui l'amena très vite à un état d'enfermement mental. La domination du régime militaire et le climat socio-politique japonais des années 40, renforçeront également chez Kusama, ces sentiments de rage, de frustration et d'instabilité émotionnelle. La seule issue lui permettant de se "libérer" de ces obsessions psychologiques (et sexuelles) est la pratique artistique, dans laquelle la répétition et l'accumulation de motifs agit sur elle comme une thérapie.
Au début des années 60 Kusama quitte le Japon pour les Etats-Unis et s'installe à New York jusqu'en 1972. En 1964 a lieu à la Galerie Gertrud Stein, la première installation environnementale de Yayoi Kusama: Aggregation: One Thousand Boats Show. Viendront les Infinity Mirrors Rooms, où l'accumulation, thème cher à l'artiste, prend toute sa résonance avec l'utilisation des miroirs.
C'est dans ces années soixante, à l'instar de nombreux artistes, que Kusama est attirée par les causes sociales et politiques radicales. Et au travers de ses happenings où la nudité symbolise l'amour, la paix et la nature (au moment même où dans les médias on ne voit et ne parle que des ravages causés par la guerre au Viêt-nam), elle délivre ses messages pacifistes, antimilitaristes et libertaires. Elle rentre ensuite au Japon où elle a tout de même acquis une certaine notoriété, même si les critiques et les curators japonais ne l'ont jamais véritablement soutenus quand elle travaillait aux Etats-Unis.
En 1977, elle part vivre dans un établissement psychiatrique privé (elle s'y trouve encore aujourd'hui) réputé pour ses thérapies basées sur la pratique artistique. Elle occupe un appartement où elle continue à travailler à l'intérieur même de l'hôpital et est sans doute l'unique patiente qui paie ses séjours avec l'argent des oeuvres qu'elle réalise sur place.
voici quelques unes de ses oeuvres :
Horse Play (performance, 1965), où l'on voit Yayoi kusama

Kusama Fashion Show at her studio, 1968

Repetitive Vision, 1996

Narcissus Garden, 1966-2000

Invisible Life, 2000

I'm here but Nothing, 2000

Les tulipes, 2004

et voici ma préférée
Fireflies on the Water, 2000

Une salle parallélépipèdique de 5 x 5 x 3 mètres, à laquelle on accède par une porte qui conduit à un bassin d'eau noire. Les quatres côtés de la salle sont couverts de miroirs et du plafond peint en noir pendent des dizaines d'ampoules colorées.
Vous pouvez constater l'évolution (dans le temps) purement technique de ses productions...
Je reste à disposition pour vos questions sur Yayoi Kusama, ou l'art contemporain!