Karine Dobrzynski, 01net., le 19/05/2004 à 16h30
Son créateur - qui dénonçait les fausses annonces envahissant les sites d'emploi - baisse les bras face à l'inertie du Gouvernement sur ce sujet. Le site sera vendu aux enchères, sur eBay, à partir du 1er juin.
Lancé en décembre 2002, le site Recruteursbidons.org dénonce les offres d'emplois fictives, qui pulluleraient sur les sites spécialisés. Benoît Eon, lui même consultant en ressources humaines au chômage, y accuse les recruteurs de procéder
Les nombreux témoignages dénonçant ces pratiques ont tous été transmis aux société incriminées, qui avaient quinze jours pour répondre. A défaut, elles apparaissaient dans la liste « mauvais élèves ». Bien que cela ait déplu à certaines sociétés, aucune n'est allée jusqu'au procès. « Je ne publie que des éléments tangibles et vérifiables. Cela décourage toute velléité de poursuites » , affirme Benoît Eon.
Le réseau a vite fonctionné et le site a rencontré un vrai succès. Après dix-sept mois d'existence, recruteursbidons.org accumule plusieurs millions de pages vues et fait l'objet de nombreux articles dans la presse et à la radio.
Malgré le soutien de députés...
Mais Benoît Eon ne s'est pas contenté de monter un site de mécontents comme il en existe beaucoup sur la Toile. Il a fait ce que tout citoyen peut faire pour défendre une cause : il a écrit à l'ensemble des députés de l'Assemblée. Si nombre d'entre eux ont simplement manifesté leur soutien, certains sont allés jusqu'à envoyer des questions écrites au Gouvernement.
Sur son site, Benoît Eon a publié les réponses de treize d'entre eux, comme Patrick Roy, député du Nord, André Gerin, député du Rhône ou encore Marylise Lebranchu, députée du Finistère. Manuel Valls, député de l'Essonne, a ainsi appelé le Gouvernement à « moraliser la diffusion des offres d'emploi et faire appliquer le code du travail afin de mettre un terme aux dérives considérées » .
André Santini, député des Hauts-de-Seine, a même adressé une lettre directement au ministre du Travail de l'époque, François Fillon. Malheureusement, Benoît Eon se contentera d'une réponse officielle : « La réglementation de la diffusion des offres d'emploi devra faire l'objet d'un réexamen afin de mieux assurer la protection des consommateurs de ces services vis-à-vis des pratiques frauduleuses [...]. »
Cela n'aura pas suffi pour compenser l'énorme travail que représente la maintenance du site. « La publication d'un témoignage, de sa réception aux vérifications d'usage, peut nécessiter dix heures de traitement. Cela devenait ingérable », se désole Benoît Eon.
Il a donc décidé d'y mettre un terme, fatigué de jouer les David