
Salut à vous !
Voilà un débat intéressant...
Si j’ai bien compris, le voyage astral, c’est la conscience (corps astral) se détachant de son corps physique et pouvant voir le monde environnant par elle-même (sans passer par une vision organique) tout en restant connecter par un cordon d’argent. Hum… L’idée peut apparaître séduisante… Pouvoir se déplacer sans aucune limite physique, traverser les murs, visiter des lieux interdits ou situés sur un autre plan. Quitter la prison corporelle et tenter l’aventure autrement. Cela induit que le « moi » est constitué de deux parties dissociables dans laquelle l’esprit (peu importe son appellation) domine la matière. Classique, quoi !
Tiens ! Puisque je suis là, j’aimerai vous poser deux ou trois questions sans réponses, histoires de faire avancer le débat…
Que devient donc l’esprit lorsque le corps physique meurt ? Une âme errante ? Et le cordon d’argent, qui n’est pas organique, reste-t-il accroché à l’esprit comme une ficelle à un ballon de foire ?
Et que pensez-vous des transes rituelles à travers lesquelles l’esprit disparaît complètement pour laisser divaguer le corps à des gesticulations incontrôlables ? Croyez-vous qu’un esprit errant s’approprie le corps étranger comme la main d’un marionnettiste manipule les ficelles d’une poupée ?
Et comment expliquez qu’un médium puisse retrancher son esprit pour laisser pénétrer son enveloppe charnelle par l’esprit d’un autre (mort qui plus est !) ? Pourquoi n’y a-il pas de conflits entre les deux esprits cohabitant ? Ou va donc se cacher l’esprit originel ?
Pensez-vous que les schizophrènes ou les gens atteints de tics / tocs sont habités par plusieurs esprits ?
Aaaaah… J’en ai plein des questions comme ça… Mais comme beaucoup, j’ai pas les réponses…
Tout ça pour dire que cette question de voyage astral me gêne et notamment la possibilité de s’introduire dans le corps d’un autre… J’ai entendu des imbéciles qui disaient (info ou intox) avoir réussis ce genre d’expérience inconsciente, sans bien sûr avoir demandé la permission avant. Pour moi, ça s’apparente à un viol. On nous donne un corps au départ, et je vois pas l’intérêt (sinon sournois) de vouloir le quitter pour en visiter un autre. LES CORPS HUMAINS NE SONT PAS DES SQUATS LIBRE D’OCCUPATION ! Et puis, je crois que si le voyage astral existe vraiment, c’est une utilisation de l’esprit finalement peu intéressante. J’y vois le désir de quitter un corps méprisé plutôt que la recherche d’une autre vision ou expérience du monde. Y’a de très bons bouquins pour cela et dans lesquels l’esprit peut tout aussi bien se balader…
Mais, bon… Je conçois que ce genre d’expérience peu être intéressante dans les limites du raisonnable. D’ailleurs, j’ai vécu quatre ou cinq expériences (que j’ai rejeté assez rapidement d’ailleurs) et qui pourraient s’apparenter au « voyage astral » (peut être même que c’est les prémisses d’une telle expérience ?). En gros, ça consiste à utiliser les techniques de relaxation instruite par le yoga pour arriver à un pseudo état de transe et mieux comprendre le fonctionnement de son corps. Assis, yeux fermés, ronronnement de la respiration, cloisonnement sonore et écoute des bruits internes du corps… Le processus amène plus ou moins les mêmes symptômes. Peu à peu, un voile sombre tombe, mais je sais que ceux ne sont pas les portes du sommeil : je suis parfaitement conscient de l’endroit où je suis et de ce que je tente de faire. Et puis, j’ai l’impression de m’enfoncer profondément à l’intérieur du corps, comme aspiré de plus en plus vite. Y’a des couleurs d’abord sanguines puis très claires encadrées par des formes tremblantes et sombres qui brouillent progressivement le « champs de vision ». C’est dur à expliquer mais c’est comme si je passais de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Je suis jamais allé au-delà, par peur, je crois (au tout simplement parce qu’il n’y a sans doute rien derrière), et j’ai toujours repris subitement conscience avant de sombrer dans je ne sais trop quoi… Le retour est plutôt brusque, avec un moment d’inconscience très bref, suivie de petits picotements pas forcément désagréable le long de la colonne vertébrale ou sur les membres. Ce dont je suis sûr c’est de ne pas avoir quitter mon corps mais plutôt de l’avoir visiter… J’ai aussi remarqué que ce genre de « voyage » était facilité par un état de fatigue prononcé. C’est grave docteur ?
M

ouais. J’en vois déjà qui se moquent. Mais cette expérience me fait penser qu’un « voyage interne » est plus intéressant qu’un « voyage externe ». C’est la compréhension de notre corps qui peut vraiment nous apporter la plénitude. L’esprit doit être utilisé non pas pour s’évader du corps mais plutôt pour le sonder et y chercher la source même de nos peurs. Mon expérience personnelle m’a appris que ce n’est pas à l’extérieur que l’on trouve des réponses mais au fond de soi (de son âme et de son corps, indissociable). Ces deux composants du « moi » sont interdépendantes. Notre esprit se forge de telle ou telle façon parce que notre corps est de telle ou telle façon. Ca marche aussi dans l’autre sens. Un esprit peut influencer le corps à suivre la voie qu’il a choisi de lui donné. J’ai du mal à croire que sans la chair, on arrive à percevoir le monde différemment. Ou alors, on le perçoit épuré…
Ce qui m’amène au dernier point de mon modeste avis de néophyte. Je rejoins Superbiboune sur le fait que nous appartenons à un Tout, une Energie, qui pour moi est à la fois matérielle et spirituelle. J’aime ainsi croire que nous ne mourrons vraiment jamais mais que nous sommes recyclés par cette Energie au cours du processus de notre mort. Corps et esprit indissociables avant sont alors séparés, digérés puis réinjectés dans la Nature sous forme diverses et variés. Un nouvel esprit (qui peut conserver certaine réminiscence de l’existence précédente) dans une nouvelle matière (qui peut conserver certaine cicatrice de l’existence précédente). Vous me suivez ?

C’est le principe de la réincarnation. Mais une réincarnation anarchique et hasardeuse. Le Tout mélange les cartes et les redistribue un peu partout sur la terre. Cela pourrait expliquer les affinités / répulsions plus ou moins fortes que l’on a avec des personnes, des matières ou des lieux et avec lesquels nous aurions partagé une existence antérieure… Et puis bon, j’aime bien l’idée de recyclage parce que si pour chaque nouvelle naissance (végétale, animale, humaine…) y’a un esprit originel, je te raconte pas le gaspillage ! C’est un peu abstrait tout ça, mais c’est difficile d’utiliser un « vocabulaire intelligible » pour parler de ce genre de chose.
J’espère quant même ne pas trop vous avoir saoulé…