Aaah!
Long débat, que je suis ravie de voir s'ouvrir ici...
Je pense que ma réponse va être en plusieurs partie. Désolé, mais le temps est rare...
Déjà, j'aimerais discuter un peu sur
le sens de ces mots. "Scientifique" et "preuve". Parce qu'on n'entend pas forcémment la même chose.
Qu'est qu'un scientifique?
Et quand peut t'on dire d'une méthode, d'un raisonnement qu'il est scientifique?
Qu'est ce qu'une preuve scientifique? (en effet, c'est très discutable...)
Scientifique d'abord... Un scientifique est un chercheur qui tente de comprendre un phénomène, à partir de données et de variables parfois inégales (les découvertes sont souvent fortuites, et elles sont faites en "mesure" des connaissances de leur époque).
Mais ce terme générique regroupe des catégories de savants très différents, qui s'opposent souvent entre eux. Il ne faut pas s'imaginer tous les scientifiques dans un même groupe uni et aux avis figés. Beaucoup de courant s'opposent, et c'est ce qui fait évoluer les choses.
Il y a par exemple les sciences dures : physique, mathématique, mécanique, etc.
Et les sciences humaines : ethnologie, sociologie, archéologie, ou les conclusions sont beaucoup plus fines et controversées (ces sciences ayant pour objet l'humain qui n'est pas un sujet "exact"). (Oui, l'archéo fait partie des sciences humaines même si nous partageons les méthodes de travail des science dures)
Dans chaque discipline des courants s'opposent : par exemple en archéologie, je peux vous dire qu'il y a eu l'archéologie matérialiste, l'archéo hypothético-déductive, l'archéo post-processuelle, la New Archeology, etc...)
Voilà, donc pour dire le désaccord concernant les méthodes utilisées et les conclusions qui en découlent.
La science et le paranormal : Maintenant, la sensibilité du parterre scientifique vis à vis des sujets "paranormaux" varient selon les types de discipline mais surtout, cela dépend surtout de l'ouverture d'esprit du chercheur lui-même, c'est du cas par cas.
C'est vrai que nous n'avons pas encore parlé de culture. Selon la culture du chercheur aussi, évidemment, la sensibilité varie. Maintenant, sans parler de ça, ce que tu dis est totalement vrai : le sens commun veut que : "quand on ne voit pas, ça n'existe pas".

Arg quelle erreur. Mais bon, pour te donner un contre-exemple, nos professeurs nous rappellent toujours que "l'absence de preuve ne signifie pas preuve de l'absence". Dans notre discipline, ça veut dire qu'une lacune (d'objets par exemple) ne signifie pas qu'il n'y avait pas cet objet à cet endroit. Mais simplement qu'on a pu ne pas le trouver pour un tas de raisons très probables.
Maintenant, à propose de l'adjectif "scientifique" :A prori, quand on dit d'une étude qu'elle est "scientifique", le sens commun veut que cela signifie plus ou moins "fiable", voir "vrai". Ce n'a pas toujours été le cas, au contraire. Il fut une époque, il n'y a pas si longtemps, ou les scientifiques devait taire leur découverte, certains y ont perdus la vie)
Considérer quelque chose de "scientifiquement prouvé" comme vrai et fiable est une erreur grossière, la science étant une discipline en perpétuelle évolution, faite de retour en arrière, d'ajouts, d'incohérences et de lacunes, comme dit au-dessus. Il y a cependant des choses dont on peut être plus sur que d'autres.
Par contre, travailler le plus scientifiquement possible signifie étudier le problème à partir des données les plus "fiables", les plus "vraies" possibles. Mais "le plus scientifique possible" est en rapport direct avec l'avancée des connaissances du moment! C'est pourquoi les conclusions changent, les avis se rétractent, se complètent. Ces données sont les fameuses "preuves" dont nous parlons.
... bon, la suite plus tard