Les premiers fragments d'Ardipithecus ont été trouvés en Ethiopie en 1992. D'abord classés Autralophitecus ramidus il a, en 1995, été renommé Ardipithecus ramidus.
Le manque de fossiles complets ne permet pas actuellement d'obtenir plus de précisions sur son mode de vie...
Les différents caractères d'Ardipithecus sont à la fois proche des Australopithecus et des grands singes. Cela s'explique simplement par le fait que, plus nous nous éloignons dans le temps, plus ces ancêtres se trouvent près du moment ou les hominidés et les grands singes se sont "séparés"...
Ardipithecus est donc à mi chemin entre les deux espèces... !
Age :
4.4 millions d'années
Taille :
1.10 m ? Poids :
? Localisation :
Afrique Orientale
Habitat :
Arboré Feux :
non


QUELQUES PRECISIONS
Les caractéristiques dentaires pourraient être plus utiles dans la classification de nos plus anciens ancêtres que des aspects comme la bipédie. C'est ce qu'affirment vendredi Yohannes Haïlé-Sélassié (Musée d'histoire naturelle de Cleveland), Gen Suwa (Université de Tokyo) et Tim White (Université de Berkeley) dans la revue Science.
"Kadabba" à part
En 2001, Haïlé-Sélassié avait annoncé la découverte dans la vallée du Moyen-Aouache (nord-est d'Ethiopie) des restes d'un hominidé vieux de 5,2 à 5,8 millions d'années et baptisé "Ardipithecus kadabba". Le chercheur l'avait présenté comme une sous-espèce d'"Ardipithecus ramidus kadabba", identifié, lui, en 1994, par son professeur, Tim White, à partir d'une mâchoire fossile de 4,4 millions d'années. White annonçait alors un nouvel australopithèque mais, quelques mois plus tard, le fossile changeait brusquement de nom pour devenir "Ardipithecus".
Aujourd'hui, Haïlé-Sélassié, Suwa et White reviennent sur le premier diagnostic. Ils estiment que les renseignements tirés des dents trouvées en 2002 suffisent pour faire du "kadabba" une espèce à part. Ils s'appuient surtout sur les canines aiguisées qui sont quasi identiques à celles d'un chimpanzé femelle. Ces dents, affirment-ils, présentent une caractéristique propre au dernier ancêtre des humains et des grands singes.
"Complètement irréaliste"
A leurs yeux, plusieurs autres hominidés contemporains à l'échelle de l'évolution auraient donc pu appartenir au genre "Ardipithecus". Ils pensent surtout à des "découvertes" françaises : "Orrorin tugenensis", mis au jour par Brigitte Senut (Muséum national d'histoire naturelle), Martin Pickford (Collège de France) et leurs collègues kenyans, à la veille de l'an 2000 (d'où son surnom d'"Ancêtre du millénaire"), et "Sahelanthropus tchadensis", alias "Toumaï", trouvé en 2002 par une équipe franco-tchadienne, sous l'autorité de Michel Brunet (Université de Poitiers).
Interrogés par l'AFP, Brigitte Senut et Martin Pickford ne cachent pas leur perplexité. S'ils disent avoir toujours pensé que le "kadabba" était une espèce à part, ils relèvent dans l'article une série d'anomalies et regrettent l'absence de toute comparaison avec d'autres primates du miocène moyen supérieur (de 5 à 8 millions d'années). Il est difficile, martèlent-ils, de comparer un fossile uniquement à un chimpanzé actuel, qui présente des caractéristiques "dérivées" (évoluées, dans sa propre lignée), et donc non primitives, en oubliant des espèces anciennes.
Mais c'est surtout l'idée de ne plus considérer la marche debout comme un critère essentiel pour identifier un hominidé qui les fait réagir. "On peut faire une liste de deux cents sous-caractères liés à la bipédie (cheville, genou, bassin, colonne vertébrale...). Si on change la place de la bipédie, s'insurge Martin Pickford, on change tout, et cela me semble complètement irréaliste."