

| QUOTE (Sciences et Avenir) |
Jusqu’à présent, la théorie de la collision avec un astéroïde faisait quasiment l’unanimité, malgré quelques objections périodiques. Des chercheurs américains remettent à nouveau cette hypothèse en cause. En effet, ils viennent de montrer que le cratère, situé au Mexique, serait antérieur de 300.000 ans à la fin des de leur domination sur Terre, il y a 65 millions d'années. Pour la majorité des scientifiques, la cause était entendue : l'astéroïde de grande taille avait percuté la Terre, provoquant des effets dévastateurs et éjectant dans l'atmosphère des milliards de tonnes de poussières qui ont assombri et refroidi l'atmosphère pendant des années. Les traces d'iridium et d'osmium trouvées un peu partout sur la planète dans les couches géologiques correspondaient à cette époque et, surtout, la découverte de l'énorme cratère d'impact à Chicxulub au fin fond du Yucatan (Nord-Est du Mexique), avaient solidement ancré cette hypothèse. Gerta Keller et des collègues de l’Université de Princeton dans le New Jersey (Etats-Unis), ont tenté d’imaginer les types d’événements qui auraient pu survenir et entraîner la fin de tout un monde. Ils ont donc fait des mesures géologiques sur le cratère. Selon leurs estimations, ce dernier se serait formé, il y a environ 365 millions d’années, soit bien avant la fin des dinosaures. D’après Gerta Keller, une multitude d’événements plus complexes pourraient alors expliquer comment les dinosaures ont disparu de la surface de la Terre. Activité volcanique très intense, autres astéroïdes, réchauffement climatique, sont des explications tout aussi plausibles. Car il a bien fallu qu'il se passe quelque chose pour que disparaissent brusquement non seulement les dinosaures mais aussi 75 % des espèces vivantes sur la Terre... Cette extinction massive, la quatrième qu'a connue notre planète, a été cependant sélective : elle a éliminé 45 % des espèces marines vivant en surface, 20 % des espèces vivant en profondeur, 15 % des espèces d'eau douce et 20 % des espèces terrestres Les travaux de Gerta Keller, publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences du 2 mars, relancent donc le débat sur la, ou les causes, à l’origine du cataclysme qui a fait disparaître un grand nombre d’espèces à la fin de l’ère secondaire, et juste avant l’ère tertiaire. |